‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 83 sur 193 · ANDES AU SID DE MENDOZA. 28S · texte numérisé non relu

ANDES AU SID DE MENDOZA. 28S

f^ux genres Gripkœà, Turritella, Terebratula et Ammonites. Os i-oches sont probablement du même âge qiie les parties centrales e la série secondaire de l'Europe. Elles sont pénétrées et altérées ar des dykes et par des masses énormes d'une certaine roche plu- 't.onique qui a la texture du granit ordinaire , bien qu'elle ne renferme du quartz que rarement, car elle est surtout un composé d'albite et d'amphibole. La chaîne orientale consiste principalement ^n grès et en conglomérats d'une épaisseur considérable, dont les xnatériaux proviennent des ruines de la chaîne occidenUde. Les cailloux dont se composent les conglomérats sont la plupart des frag- « < mnents arrondis des schistes fossilifères ci-dessus mentionnés. La res- « < semblance générale que présente la série avec certains dépôts tertiaires «les côtes de la mer Pacifique, tant à l'égard du caractère minéralo- ^que que sous le rapport du lignite et du bois silicifié qu'elle renferme, porte à croire qu'elle est aussi d'origine tertiaire.* Non-seulement les strates sont associées avec des roches trappéennes et des tufs volcaniques, mais elles subissent en outre une altération due à «< un granit plus récent que celui de la chaîne occidentale , et formé <^ de quartz, de felspath et de talc. De plus encore, elles sont traversées par des dykes de ce môme granit, ainsi que par de nombreuses veines de cuivre , de fer, d'ai*senic , d'argent et d'or, qui toutes *^ peuvent être suivies jusqu'au granit sous-jacent. On a donc tout *^ lieu de supposer que la roche plutonique qui, dans les Andes du Chili, se montre à découvert sur une grande étendue est d'une date postérieure à celle de certaines formations tertiaires (1). » « D'après Pissis , qui a fait la géologie des provinces chiliennes ^e Santiago, Valparaiso et Aconcagua, « cette partie des Andes offre «les trois grandes classes de roches que l'on rencontre dans la na- « ture. Les formations endogènes y sont représentées par les ma- « tières volcaniques , les trachytes , les syénites et les granités ; les « formations exogènes , par différents conglomérats , des grès , des « argiles et des calcaires ; enfin la série métamorphique l'est par les «porphyres stratifiés, les plâtres et un très-grand nombre d'autres « roches plus ou moins modifiées.

« La* superficie de toutes ces roches s'altère lentement au contact «de l'atmosphère. Les parties anguleuses sont les premières qui se « décomposent ; elles tombent et le fragment de roche s'arrondit. La «décomposition, continuant de la circonférence au centre, produit

(1) Darwin, cité par Lyell, page 577. Ëléments de géologie.

2g6 CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOL.

(( une série de couches fendillées , concentriques, qui s'écaillent et (( forment la terre argileuse qui couvre presque partout les roches (( d'origine volcanique, et tous les porphyres, si communs dans les (c Andes.

« Les phénomènes chimiques qui s'effectuent pendant cette déoom- -<( position sont les suivants : l'acide carbonique de l'atmosphère « agissant par l'intermédiaire de l'eau sur le feldspath , s'unit aux «bases alcalines et les transforme de cette manière en carbonates <( alcalins et en silicates d'alumine. D'un autre côté le protoxyde de fer « qui entre dans la composition du pyroxène, de l'amphibole et du « péridot, absorbant Toxygène dissous dans l'eau, passe à l'état de a peroxyde et détruit ainsi la combinaison qui formait ces espèces « minérales. A cette dernière cause est dû le changement de couleur <( que l'on remarque entre les parties intactes de la roche et celles qui «sont altérées. »

C'est ainsi que M. Pissis explique la formation de cette terre argileuse et saline qui abonde dans les Cordillères et donne cette poussière si Une et si fatigante qui se lève sous le pied des mules et enveloppe les voyageurs d'épais nuages de poudre, alors même qu'il n'y a pas un souffle de vent. C'est cette môme terre qui forme le sol du bassin de Cuyo, et d'une foule d'autres plaines au pied des Andes. Son extrême finesse, qui la fait ressembler à de la cendre, son goût salin, sont des caractères tranchés qui frappent tout d'abord.

Les roches métamorphiques occupent la majeure partie du relief des Andes. « Ainsi que nous l'avons dit, continue M. Pissis, elles « pourraient être classées dans les roches porphyriques, relativement à «leur ensemble. Mais, nous le répétons, leurs caractères varient k «l'infini et offrent toutes les transitions, depuis les grès feldspathiques «jusqu'aux porphyres les mieux caractérisés. Les couches les moins « alttTées, celles qui conservent encore quelques signes de leur struc- «ture primitive, présentent des conglomérats formés de gros frag- « ments de roches roulées unies par une argile durcie ou des grès « verts composés de petits grains de feldspath liés entre eux par une «pâte de couleur obscure. Ces roches, examinées dans une grande « étendue, changent souvent de caractère ; les grains feldspathiques se « réunissent en petits groupes où se montrent des indices de h, « forme cristalline. Une matière brune homogène remplit les inter- « valles qu'ils hdssent entre eux ; et la roche se transforme enfin en « un poi'phyre pétro-siliceux composé de gros cristaux d'albite dissé- « minés dans une pâte de couleur violet foncé. Les bancs compo-

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