ANDES DE MENDOZA ET DE SAN-JUAN
(c ses de fragments roulés éprouvent des changements analogues et a &e transforment en poudingues à base porph\Tiqiie. Les change- « Clients que nous venons d'indiquer s'obstTvent surtout dans le (c "voisinage des roches syénitiques. Là, la roche poi'phyrique présente tt <ies traces de fusion d'autant plus manifestes que Ton s'approche « davantage de la ligne de contact. Ici elle est criblée de petites ca- «c -^ités tapissées de cristau3;»d'épidote et occupées par des nodules de <t la même substance. D'autres fois ces mêmes cavités, au lieu d'é- <t jpidote, contiennent du carbonate de cuivre ou du calcaire. En «- d'autres endroits le porphyre se convertit en une roche amygda- « lolde qui contient un très-grand nombre d'espèces minérales, piu'mi « lesquelles on remarque surtout des nodules de zéolithe, de la chaux t*^ spathique, un silicate vert formé de quai't^ hyalin, et diverses ^ agates dont quelques-unes sont des plus belles teintes. Prî^ de ^< oette môme ligne de contact, la roche syénitique enserre aussi des «^ fragments de porphyre de toute dimension et quelquefois si nom- ^ l>reui qu'ils ont formé une sorte de brèche à base de syénite. *^ -Ailleurs ces fragments si^ sont dissous dans la masse fondue, et il en •^ ^st résulté une roche qui pai'ticif e du caractère des deux autres : ** C^est un porphyre vert-clair qui contient une multitude d'aiguilles ^* ci ""amphibole. »
Telle est la description faite par cet auteur des roches qui compot principalement l'arête centrale des Andes, la Cordillère propre- -it dite ; ces espèces minérales se retrouvent depuis l'extrême sud ^^ la Confédération jusqu'aux plateaux boliviens, mais surtout dans i^s provinces de Mendoza et de San-Juan.
S® — En effet le cordon des Paramillos , contre lequel s'adosse la ^^l^Vc de Mendoza, offre à la fois des porphyres, des givs, des schistes cies calcaires. Ce calcaire constitue un marbre noir veiné de blanc, ^ l'on exploite poiu* faire de la chaux, à 6 lieues de Mendoza, aux ^ros de la Cal. — On le retrouve dans toute la chaîne la plus orien- *^^e, celle de Zonda jusqu'au Rio de San-Juan, et dans l'étroite ^Uebrada qui conduit de la ville à la vallée de ce nom. D'autres cal- ^<iaii*es, mais de coulem' blanchâtre , se rencontrent sur divers points ^e ce même cordon ; ils y sont souvent en contact avec des grès 7)resque toujours de couleur rouge et assez friables. — Un phénomène à noter, c'est l'immense quantité de gros galets arrondis et roulés qui sèment le pied de tous ces chaînons et les vallées intérieures ; les torrents coupent profondément leurs débris entassés, et
en font voir l'énorme épaisseur; le fond des vallées en est entièrement constitué. En beaucoup d'endroits ce fond est recouvert d'une coïKîhe de ten^e très-argileuse , mais que l'irrigation rend extrêmement fertile.
Le chemin qui mène du sommet des Paramillos à Uspallata traverse un terrain rempli de schistes ardoisiers dont beaucoup sont en décomposition. — C'est dans ce même cordon des Paramillos qu'existent les mines de plomb argentifère exploitées jadis, et de nombreuses veines de minerai de cuivre que l'on commence à travailler sur une assez grande échelle. Le sol de la vallée d'Uspallata présente des laves et un tuf volcanique ancien ; de ses collines, les unes sont entièrement schisteuses, les autres sont formées de débris, de détritus de toutes les roches des montagnes voisines.
La route du Chili traverse la masse centrale de la Cordillère et l'on peut y reconnaître toutes les roches que nous venons d'énumérer plus haut, mais surtout les porphyres bleuâtres et les syénites rouges, qui n'y sont toutefois que par filons : la masse principale de la Cordillère est composée de ce porphyre. Cependant on trouve d'abondants calcaires aux environs du pont de l'Inca, et un peu plus loin, dans la partie de la vallée de las Cuevas^ nommée Yesera, des masses considérables de sulfate de chaux cristallisé. Les rochers de la Cumbre offrent des conglomérats noirâtres ressemblant au basalte par leur aspect extérieur. M. Pissis nous a dit les considérer comme des grès; M. Darwin en fait des conglomérats porphyriques.
3** — La chaîne du Pié<le-Palo^ dans la province de San-Juan, est un gros massif triangulaire moyennement élevé et complètement isolé des autres chaînes, dont le sépare à l'ouest la vallée d'Angaco, et au nord celle du Rio-Sanjon , décharge du trop plein des eaux des vallées de Jachal et de Vinchina. Ce massif est essentiellement composé du même marbre noir, si abondant dans le cordon de Zonda, et de schistes argileux dont beaucoup se décomposent avec la plus grande facilité. On y a trouvé des indices de minerais de cuivre.
4** — Toutes les autres chaînes longitudinales de la province de San-Juan présentent les mêmes séries de roches, mais les quartz y sont plus abondants, surtout aux cerros de Gualilan^ où ils ont offert des gisements aurifères qui ont été exploités. Les cordons secondaires de cette province sont le prolongement vers le nord des chaînes des Paramillos, de Zonda, de Tontal, etc. Us circonscrivent les grandes vallées de lathal^ de Mogna^ de Valle-Fertil^ qui, aux endroits où elles
SIERRA DE FAMATINA. 289
de l'eau potable, renferment une population active, industrieuse, qui commence à se préoccuper vivement des richesses minérales qvi i Tentourent. C'est de l'autre côté de Jachal que toutes ces chaînas longitudinales, par suite de l'exhaussement graduel du terrain, se réunissent pour s'épanouir dans le grand plateau central de la Cordillère, qui va, en s'clargissant continuellement, se joindre à ceux de la Bolivie et du Pérou.
Ce plateau conserve en beaucoup d'endroits son caractère porphyrique ; toutefois les roches y varient beaucoup en forme et en couleur. Certains espaces par leur teinte verte simulent une végétation absente ; d'autres , couverts de débris de syénites rouges, frappent l'œil parleur coloration éclatante. Les pics les plus élevés ou névados, appartiennent aux porphyres bleu foncé ; plus loin des roches de grès tranchent sur le ton généralement obscur du sol par leur extrême blancheur. Mais ce qui est certainement le plus remarquable comme caractère extérieur, c'est l'abondance des grès rougeâtres en décomposition qui constituent des montagnes entières et ont le plus ^^^^gwlier aspect.
Parmi les calcaires qui se rencontrent à ces grandes hauteurs, quelques-uns sont fossilifères : nous avons vu des ammonites recueillies sur les plateaux de la cordillère de Copiapo , de même qu'aux environs du Tupungato, le géant de la cordillère chilienne ^^ peutrutre de toutes les Andes, on a trouvé des griphœas^ carac- ^rtstîques du terrahi jurassique ancien. On peut dire toutefois que Ces restes sont peu nombreux dans les Cordillères.
5** — Le versant oriental du grand plateau argentin cesse d'être
PorphyTique , ou du moins les porphyres bleus y sont rares, et sont
'"^^ïiplacés principalement par les grès, abondants surtout dans
Aes provinces de la Rioja et de Catamarca. Ainsi tout le contre-
*ori: du Machaco^ qui borde la vallée de Tinagasta, est formé de
-ïs, que traversent cependant d'endroits en endroits des filons de
îss, comme on peut le voir par les gros fragments de cette roche
^^*i sèment le lit du torrent de la Troya. Le prolongement de ce
^^€3on vers le sud forme la sierra de Famatina.
^* — Celle-ci , composée de gneiss et de micaschiste à son bord 5^^^ rieur, n'a plus que des calcaires et des conglomérats argileux ^*^s son centre. Le névado de Famatina, dont la hauteur atteint et tuasse même 6,000 mètres, paraît être une roche calcaire fortement ^lée d'argile. Toutes les croupes qui font partie du Cerro de la
dô
2M CONSTlTrTION PHYSIQUE DU SOL.
Méjicana,, montagne traversée de nombreux filons d'or, d'argent et de pyrites de cuWre, qui semblent venir du névado lui-même, sont des conglomérats argileux en pleine dissolution, qui recouvrent un calcaire gris-bleu très-compact. — Il faut noter que ces gisements métalliques sont ici à une hauteur de 4,300 à 4,600 mètres. — Toutes les québradas de ce district minéral sont remplies de ces débris de conglomérat argilifère uni par un ciment calcaire très-diur. Les roches de cette nature donnent à beaucoup de ces hauteurs une couleur orangée particulière, — couleur qui est considérée dans cette partie des Andes comme le signal presque certain de gisements aurifères.
Rien d'ailleurs de plus varié que la composition géologique de la chaîne de Famatina, dont nous étudierons les mines en leur lieu. Notons seulement la couleur noire du cerro de Santo-Domingo qid fait partie du même massif, qui est presque entièrement composé d'oxyde et de carbonate de fer, et traversé de filons d'argent disse-* minés dans une gangue argileuse. — Les petits contre-forts orientaux de cette haute chaîne, quoique appartenant au terrain talqueux, c'estr à-dire formés de gneiss et de micaschiste, offrent des calcaires granuleux ; les gorges [québradas) qu'y ont creusées les torrents s'ouvrent au milieu d'une épaisse couche de cailloux roulés qui représentent les mêmes roches que les montagnes voisines. — La vallée prindpale, ou de Famatina, ainsi nommée du bourg qui en est le cheflieu, s'étend entre la sierra de ce nom à l'ouest et celle de la Rioja, qui forme sa paroi orientale. Elle n'offre aucune trace de grands ' bouleversements ; les pentes sont douces, peu déchirées ; on dirait plutôt une vallée d'érosion qu'une vallée de soulèvement.
7** — ^Vers son milieu cette grande vallée est traversée par une petite série de collines granitiques, lesquelles naissent au nord du cirque de VAngulo, qui unit transversalement la chaîne de Famatina à celle de la Rioja, près du village de Pituil^ et se terminent à Nonogasta. La même formation se reproduit trois lieues plus à Test dans la sierra de la Rioja^ cordon de quarante lieues de long et large de huit, très-abrupt des deux côtés, et qui porte à son sommet un large plateau élevé de 2,500 mètres au-dessus de la plaine. Cette chaîne finit au sud par la pointe des Colorados, ainsi nommée des buttes qui s'élèvent isolément près de son extrémité, buttes composées d'une roche rouge formée par un grès grossier très-argileux et en pleine décomposition. Cette] roche est stratifiée horizontalement, et