‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 85 sur 193 · SIERRAS DE BELEM ET D*AGONQUIJA · texte numérisé non relu

SIERRAS DE BELEM ET D*AGONQUIJA

d'un tout autre aspect, d'un tout autre caractère que celles qui constituent la sierra de la Rioja.

La petite vallée, longue d'une lieue au plus et large de 2 à 300 mètres, qui sépare ce groupe de la chaîne riojane, établit une diiEérence complète entre les deux formations. — En effet, au nord commence la sierra de la Rioja, composée de roches de cristallisation, granités, gneiss, micaschistes, remarquables par une très-grande quantité de disthène, quartz en quelques endroits très-pur et donnant de magnifique cristal de roche, tandis qu'à quelques pas au sud, après cette petite vallée, se dressent tout à coup les buttes strar tifiées des Colorados, d'une composition minéralogique tout à fiait distincte. Ce phénomène géologique est certainement très-remarquable. Ce qui caractérise encore cet endroit, c'est une source saline qui sort du milieu des • grès, tandis que les roches cristallines de la sierra de la Rioja ne laissent passer que des eaux exquises qui, sur tout le versant oriental, donnent naissance à des sources nombreuses dites ùjos de agua, près desquelles se groupent des habitations.

8' — Dans les vallées de Tinogasta et de Copocahana toutes les petites chaînes secondaires très-basses sont également des roches de cristallisation comme celles de la Rioja. Ces grandes vallées, de forme ovaLaire, sont enserrées à l'ouest par les contre-forts de la grande Cordillère, au nord et à l'est par les cordons qui s'en détachent et présentent une grande variété de grès, de calcaires, mais très-peu du porphyre si abondant dans le cordon central. Quant au calcaire saccharoîde analogue à celui de la sierra de Cordova, il est absent.

9** — La sierra de Bélem , dépendance de VAtajo vers le sud, est encore un terrain talqueux de gneiss et de micaschiste ; ses prolongements vers le nord pénètrent jusque dans la province de Salta, et constituent d'abord la sien^a de Cliango-real ^ qui, à une hauteur de 4,000 mètres, offre d'énormes quantités de sables bkncs qui deseendent à l'ouest vers la vallée de la Laguna-Blanca et en exhaussent continuellement le sol. La chaîne granitique qui borde le bas de la vallée de Santa-Maria et a plusieurs névados, appartient au même système. C'est la sierra de Quilmes.

En continuant encore vers le nord, cette même chaîne forme la paroi occidentale de la vallée de Calchaqui et se termine par les grands oévados de Cachi et d'Acay, qui doivent dépasser 6,000 mètres, et 6Ù le Rio-Juramento prend sa source. Dans cette partie reparaissent

les porphyres noirs, car cette chaîne s'unit alors au grand massif central des Andes. Il y a aussi beaucoup de roches évidemment volcaniques, surtout près du cerro d'Acay. De vrais basaltes se montrent sur différents points de la vallée, particulièrement à l'Oratorio de la Piedra-Pintada, après la Troya (d<îfilé) de la Flécha. Au delà sont les plateaux du Despoblado et la Puna de Jujuy. La sierra de Bélem a des gisements d'or, d'argent et surtout de cuivre.

10<> — VAtajo^ qui va rejoindre le massif de l'Aconquija, est granitique. La roche très-compacte est surtout remarquable par les gros cristaux de feldspath blanc qu'elle renferme. La hauteur de la montagne est de 3,300 mètres; elle offre quelques plateaux avec des pâturages passables pour l'entretien des troupes de mules employées au charroi des abondants minerais de sulfure de cuivre qu'elle renferme. A las Capillitas, on a exploité des -gîtes aurifères, mais il sont pauvi*es, et l'exploitation des oxydes, sulfures et carbonates d<

cuivre y est beaucoup plus avantageuse. Les montagnes de la Né^

grilla, qui sont le prolongement de l'Atajo à l'est vers l'Aconquija^^ sont des calcaires, peut-être de l'époque jurassique, lesquels ont été^ traversés par des filons de granit qui les ont percés de bas en haut^ Les mineurs de las Capillitas disent même y avoir trouvé des coquilles fossiles, dont il nous a été impossible de voir le moindre échantillon.

11« — Le massif d'Aconquija, fort remarquable en ce qu'il forme un gros carré à crêtes neigeuses, qui présente toujours le même aspect de quelque côté qu'on le regarde, est le point principal du système extraandin, si l'on peut se servir de cette expression ; aussi les habitants le désignent-ils sous le nom expressif de Clavillo, cheville ouvrière de la chaîne. En effet, il envoie deux très-grands rameaux vers le sud : l'un, le plus occidental, est la sieiTa d'Ambato, qui forme le rebord oriental de la grande saline de Catamarca et la paroi occidentale de la vallée de ce nom ; l'autre, la sierra del Alto, qui, sous la désignation d'Ancaste, va mourir bien loin dans le sud, aux abords du grand bassin des salines.

12** — La sierra d'A?nbatOy fort élevée, puisque les plus hauts sommets atteignent presque 4,000 mètres, se compose d'un entassement de chaînes secondaires longitudinales qui circonscrivent entre elles de petites vallées très-abmptes et presque impraticables. Aussi présente-t-elle à l'œil un aspect tout différent des autres grandes chaînes, qui en général s'élèvent droites comme des murailles, principale-

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