SIERRAS DEL ALTO ET D'ANCASTE
ment du côté occidental. En conséquence elle n'a point de plateaux. Les roches qui la composent sont des calcaires et des grès compactes. Les premiers d'une couleur noirâtre, veinée de blanc, donnent une excellente chaux. La sierra d'Ambato est coupée de l'est à l'ouest par une ouverture assez large, dite Abra de la Cebila^ près des cultures de Chumbicha. Cette vallée forme la séparation des deux provinces de Catamarca et de la Rioja. L'autre partie sud de la sierra, qui prend alors le nom de sierra de Mazan et se termine à la Punta-Négra , a des micaschistes , des gneiss, des granités ; les environs sont semés d'un sable granitique à gros gi-ains ; le sous-sol est très-fertile , dès qu'il est arrosé, car il y a de très-belles cultures à Chumbicha. La Pitrita-Negra^ qui renferme beaucoup de calcaires cristallins, s'iuiit à la pointe nord de la sierra de la Rioja par une série de collines formées de cailloux roulés et dites cennllos. Cette série d'ondulations paraît avoir formé le bord du lac intérieur, remplacé aujourd'hui par la saline de Catamarca, et qui se serait écoulé en partie par le ravin qu'occupe le ruisseau du Salado qui coule dans les environs d'Amil- ,^[ancho. Cette extrémité de la sierra d'Ambato, dite sierra de Mazan, -^a d'excellents minerais d'étain que Ton commence à exploiter.
13** — Les sierras de \Alto et ^Ancaste bordent la paroi orientale ^e la vallée de Catamarca ; elles sont beaucoup moins élevées que celle ^'Ambato, moyennement abruptes du côté occidental , et leur versant oriental s'abaisse assez doucement vers les plaines de Santiago del Estero et de Tucuman. Elles appartiennent au système du mica- ^histe ; mais les roches y sont si variées qu'il est impossible d'en déterminer le caractère général. Dans cette chaîne le sol perd le caractère qu'il a dans tout le système des Andes, c'est-à-dire cet aspect pulvérulent qui a quelque chose de la cendre. Les détritus des roches y forment une terre jaune, compacte, recouverte de cet humus noir qui abonde sur le versant oriental. Le climat y est différent aussi , il est beaucoup plus humide que dans les Andes, qui sont éminemment sèches. La végétation de ce côté est donc splendide.
La Cuesta (côte) du Totoral^ par où passe la route de Tucuman, offre quelques calcaires granuleux traversant le sol par veines, mais surtout des feldspaths roses analogues à ceux que Ton trouve dans la sierra de Cordova. Il y a d'ailleurs beaucoup de rapports entre la constitution physique de ces deux systèmes, qui sont seulement séparés par le désert des salines, large en cet endroit de 30 lieues, depuis la Punta de la Orqueta^ dernier relief sud de la sierra d'Ancaste ,
jusqu'aux collines de la poste dcl Sauce^ premières élévations de la sierra de Cordoya vers le nord.
14** — La sierra à'Aconquija forme à son centre le gros massif carré dont nous avons parlé. La plate-forme qui couronne le faîte de cette grande montagne embrasse une vallée dans laquelle sont plusieurs lagunes et que fréquentent en été les guanacos, les cigognes et d'innombrables canards. Cette haute vallée a une dizaine de lieues de long sur deux de large. Ses rebords occidentaux et orientaux sont d'inégale hauteur : le premier, le plus bas, a, suivant M. Campbell, 4,414 m^ très, l'oriental 4,692. Ni l'un ni l'autre ne voient jamais se fondre la neige de leurs anfractuosités. Nous croyons cependant ces altitudes un peu faibles, car il est remarquable qu'à cette hauteur et sous une pareille latitude (27°), la neige se consente indéfiniment. Il est vrai que, comme il y a très-souvent des orages dans l'Aconquija, la neige doit s'y renouveler à mesure qu'elle fond.
n n'est pas très-difficile de gravir au sommet de la montagne a Ton choisit une bonne saison. La pente est extrêmement rapide du côté du Campo de los Pozuelos^ grand cirque sablonneux et aride de la province de Catamarca, compris entre la pointe de Balastro^ la sierra de Chango-real, le cordon de TAtajo et cette même chaîne de l'Aconquija ; mais on y monte par le côté méridional qui regarde Andalgala. C'est l'Aconquija qui forme toute la paroi orientale de la vallée de Santii-Maria, depuis le Rio-Juramento.
La constitution physique de la sierra d'Aconquija appartient encore aux roches métamorphiques de cristallisation, comme l'Atajo, comme la sierra d'Ancaste. C'est toujours du gneiss, des micaschistes, des granités. Cependant, à sa jonction avec l'Atajo, nous avons retrouvé quelques traces du poi^phyre noir de la Cordillère, et dans les cailloux roulés de la vallée Santa-Maria nous avons vu des trachytes et môme des ponces. — Des vallées latérales, larges et profondes, celle de Tafi au nord, celle à'Aconquija au sud, isolent complètement ce puissant massif, lequel envoie dans ces deux directions les chaînes secondaires qui, d'une part, touchent au Juramento qu'elles forcent à couler vers le nord, et, de l'autre, réunies et confondues avec la sierra d'Ancaste, s'abaissent vers le sud au niveau de la Pampa. Il est à remarquer que plusieurs localités du voisinage du massif de l'Aconquqa sont réputées pour produire la tembladera chez les animaux. (Voyez page 219.)
Ce qui caractérise surtout l'Aconquija, c'est la limite bien tranchée qu'il établit entre le climat des Andes et celui de la plaine. Son ver-