‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 87 sur 193 · ANDES DE SALTA ET DE JUJUY. 29S · texte numérisé non relu

ANDES DE SALTA ET DE JUJUY. 29S

sanl occidental et ses vallées intérieures souffrent de la sécheresse , taudis que le versant oriental est arrosé par des pluies fréquentes et nourrit une magnifique végétation. Ce versant, et celui de la chaîne de Zenta dont nous allons bientôt parler, sont les deux endroits qui produisent les plus magnifiques bois de construction dans tout le territoire argentin.

Toutes les montagnes qui s'étendent entre la ville de Tucuman et le Juramento font partie du système de TAconquija. Sur tout ce versant nous n'avons vu que des roches talqueuses, c'est-à-dire des hyalomictes, des gneiss, quelquefois des feldspaths purs, des pegmatites. Le granité, abondant sur TAtajo, devient plus rare de ce côté. Il y a même en certains torrents des cailloux roulés de nature volcanique bien tranchée, comme ceux que Ton rencontre de Tautre côté de 1 "* Aconquija, dans les vallées de Santa-Maria et de Cdchaqui. Mais 1**5 calcaires et les grès reparaissent aux approches du Juramento ^t se trouvent dans toutes les collines et hauteurs qui s'étendent vers l'*t».st, à gauche du Rio-Sali, depuis Tucuman jusqu'aux derniers «reliefs du terrain, près des rives du Juramento, dans la petite sieira u Remate.

15* — Les deux lignes de montagnes qui circonscrivent la grande allée de Salta appartiennent à deux massifs différents : — Tocciental formant pour ainsi dire le mur de soutènement du plateau e la Puna et du Despoblado ; l'oriental formant les chaînes de Zenta t de Calilegua.

Le cordon oocidenUd, traversé par les deux longues quebradas Je/ ^Toroeidel £'6Co/}ye, est presque exclusivi^nu'ut formé de grès jusqu'à la vidlée de Calchaqui, dans laquelle, de l'autre côté du Juramento, l^eparaissent les porphyres et les roches ignées de la Cordillère. Le versant ouest des plateaux de ÏObispo et de Cachi-pampa a cependant Cjuelques terrains de gneiss, mais ce sont de petites collines peu éle- "Vées et très-circonscrites. Quant aux névados dcl Cdstillo et Néyi^o^ deux des principaux pics de ce système, nous les croyons également de grès, mais fortement mêlé de calcaire, du moins d'après la nature des cailloux que roulent les torrents qui en descendent. Ces grès variés sont stratifiés en beaucoup d'endroits, ainsi que nous avons pu le reconnaître dans les escarpements de la quebrada del Escoipe qui traverse de l'est à l'ouest la partie méridionale de ce massif. Les vallées de Salta et de Jujuy, qui ont une altitude moyenne de 1230 mètres, reposent sur une couche de cailloux roulés d'une énorme

épaisseur. Ces galets sont liés entre eux par une terre argileuse jaune très-dure, et proviennent des montagnes voisines. Ce sont des grès et des calcaires saccharoïdes.

16® — La sierra à' Htimahuaca^ celles de Zentaeiàe Calilegua^ qui forment les parois orientales des vallées que nous venons de nommer, sont également des grès mêlés de calcaires 'cristallisés de diverses couleurs et du plus bel aspect, ce dont on peut juger par les galets semés à leurs pieds. Tout ce massif, coupé de nombreux cours d'eju, est très-déchiré , excepté à sa partie supérieure, où, à des élévations qui varient entre 3 et 4000 mètres , il présente les plateaux et les cirques particuliers aux régions des Andes. Les versants orientaux des chaînes de Zenta et de Calilegua s'abaissent assez doucement vers la vallée du Rio -San -Francisco et sont couverts d'épaisses forêts comme les pentes de l'Aconquija vers la plaine de Tucuman ; mais, ainsi que nous venons de le voir, leur structure géologique est différente. L'Aconquija appartient au terrain talqueux caractérisé par les micaschistes, les quartz, les feldspaths et les gneiss ; au contraire tout le gros massif qu'enserre le Rio-San-Francisco est du grès trèsquartzifère, sillonné en beaucoup d'endroits de calcaires saccharoïdes. Ce massif, placé sous le tropique, a un climat très-pluvieux l'été ; aussi la végétation y donne-t-elle un aspect tout autre aux vallées. — Celles-ci, principalement le long du San-Francisco, quoique en moyenne à 800 mètres plus bas que Jujuy et Salta, présentent, sous une assez mince couche de terre végétale et un sous-sol d'argile jaune, les mêmes masses de galets qui paraissent former le fond de tous les terrains un peu horizontaux de cette région.

17" — La sierra del Alumbre^ dont la hauteur ne doit pas dépasser 2S00 mètres, paraît être de formation analogue, car ses derniers rameaux qui, vers le sud, viennent toucher au Juramento, présentent les mêmes roches. On y a trouvé de l'alun, d'où le nom qui lui a été donné, et l'on y connaît une source abondante de bitume. Le versant oriental qui s'abaisse vei's le Çhaco est couvert de bois et donne naissance à un assez grand nombre de ruisseaux qui n'arrivent pas Jusqu'au Vermejo, mais se perdent dans des bas-fonds marécageux de la plaine aux environs de l'Esquina-Grande.

18® — Quant aux plateaux qui constituent la Puna de Jujuy ^ la partie orientale appartient à la môme formation, ainsi que l'indiquent les roches des montagnes qui bordent la longue vallée d'IIumahuaca ; le grès et toutes ses variétés y dominent encore. Ce grand plateau se

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