ÉPOQUES OU PÉRIODES GÉOLOGIQUES
Les fossiles sont, dit-on, des médailles frappées au coin de Tépoque à laquelle ils ont été déposés : or, dans le bassin de la Plata, ces fossi-
de molliuques. — Les roches qui composent ce terrain sont des schistes généralement biens ou noirs, quelquefois verdàtres (phyllades), se modifiant autour des masses granitiques ou syéoitiques c^ les traversent en certains endroits... , des grès trcs-altérés par leur contact avec les roches primitives, etc., des calcaires noirâtres, etc. — Le terrain silurien a été divisé en trois séries : inférieure, moyenne et supérieure, toutes caractérisées par leurs fossiles. Dans la Bobème existe un bassin silurien plus remarquable encore que celui du pays de Galles, et cpii a été tr軫pécialement étudié par M. Barrande.
Pendant la formation de ce terrain et de tous ceux qui Tont suivi, la croûte du globe se rompait en certains endroits et permettait Tissue de matières en fusion dont la chaleur modifiait puissamment les couches sédimenleuses voisines ; de là Texpression de uictamorphic|iies, c*est-À-dire métamorphosées, appliquée à un grand nombre de roches ainsi altérées pu* ce phénomène : tels les marbres qui ne sont autre chose que des calcaires rendus plus compactes et comme fondus sous Tinfluence du contact de roches d'origine ignée poussées Hors du sol dans leur voisinage. D'autres fois, au lieu de matières en fusion injectées à tra- ^vers les terrains de sédiment, c'étaient des matières volatiles qui les pénétraient, en codifiaient complètement la nature, ou y introduisaient des parties métalliques. L^ gisements Uiinéraux sont regardés comme produits de cette manière.
Quelques géologues ont cherché à caractériser, par une qualification particulière, la nature driginaire de toutes les roches, en appelant :
Endogènes, celles qui sont originaires de l'intérieur du globe et en sont sorties à l'état de ffiinon ignée : tels les granités, les trachytes, les porphyres, les basaltes, etc., etc.
Esogènes, c^est-à-dire d'origine extérieure, celles qui se sont formées par voie de sédixnent, comme il s* en forme tous les jours à l'embouchure des fleuves, dans les lacs, dans les sners... : tels les divers conglomérats, les grès, les schistes, les calcaires, etc., etc.
Métamorphiques, celles qui ont été modifiées par le contact des roches endogènes, lesquelles leur ont communiqué leurs caractères, et dont elles ne diilerent plus ((ue par leur stratification marquée. Tels sont les gneiss, les quartz, les micaschistes, etc., etc. Les terrains composés de ces roches sont tellement abondants sur le globe et tellement en rapport ayec les granités, qu'on les range souvent parmi les terrains primordiaux, et c^ue l'on en a fut une période de transition, la période gneissique. Mais, comme nous l'avons dit plus haut, toutes les roches de sédiment peuvent devenir métamorphiques.
Vorigine des montagnes est due aux fractures survenues par suite du refroidissement de récorce du globe. Par un mouvement de bascule, un côté de la partie fracturée s'inclinait et l'autre se relevait, de manière à former la ligne culminante de la chaine de montagnes, pendant que le premier, en s' abaissant, formait lu bassin des mers. Quelquefois de nouvelles matières, sorties du sol, venaient diviser la partie centrale de cette chaîne, en élevant ainsi une série de roches ignées au milieu d'une série de roches de sédiment. Cv. phénomène est surtout visible dans la grande cordillère des Andes. Les premiei-s soulèvements ont produit naturellement des montagnes peu élevées, puîs(iue lu croûte solidifiée était moins épaisse ; celles qui ont suivi ont été d'autant plus hautes qu'elles ont été formées dans des périodes plus réceute^s, et que cette même écorce, par suite d'un refroidissement continu, avait acquis plus d'épaisseur. Revenons aux époques géologiques.
A la période silurienne succéda l'époque devonienne, ainsi nommée de ce que les terrains attribués à cette époque sont très-abondants dans le comté de Devonshire. Ils se séparent nettement des terrains siluriens eu ce ({u'ils sont avec eux en stratification discordante, c*esl-
les sont-ils assez nombreux, ont-ils été tirés d'un assez grand nombre de localités diverses, pour que Ton puisse établir!' identité absolue de
à-dire que, lorsque les deux terrains se touchent, leur stratification est en sens différent Fuu de Tautre, ce qui prouve qu*ils n^ont pas été formés ensemble. C*est d*ailleurs la stratification qui sert principalement à distinguer les formations.
Le terrain devonien a été partagé en supérieur et inférieur. Il commence par des débris, des poudingues grossiers alternant avec des grès. Cette formation occupe des espaces immenses. Nous avons vu combien elle était conunune dans TAmérique du Sud, surtout dans les Cordillères, où en maint endroit elle se trouve en contact avec le porphyre. Le vieux grès rouge, old red Sandstone des Anglais, fait partie de ce terrain, qui a été désigné par les Allemands sous le nom de todtliegende ; il contient aussi des calcaires. Les grès schisteux de la portion supérieure renferment de Tanthracite. — Ses principaux fossiles sont des . mollusques appartenant aux genres Spirifer et Orthis. -^ La période pendant laquelle ce terrain s*est formé a dû être excessivement longue, car il embrasse des couches très» puissantes, et la plupart des géologues regardent la révolution qui a donné naissance aux grès de cette époque comme une des plus générales et des plus importantes qui aient agité la surface du globe. — On réunit quelquefois la période devonienne à la période silurienne, à cause de Tanalogie des roches des deux terrains.
Époque carbonifère, — C*est la période pendant laquelle les parties émergées de rérorre terresti-e se sont couvertes de forêts, dont les débris forment aujourd'hui les couches de houille qui servent si puissamment aux besoins de l'industrie. L'atmosphère terrestre devait être alors chargée de plus de gaz acide carbonique qu'à présent ; la chaleur générale était également beaucoup plus forte, puisque toutes les plantes dont les empreintes ont été trouvées dans des terrains se rapprochent de celles qui vivent exclusivement aujourd'hui dans les parties les plus chaudes de la zone torride. Ce sont des plantes d'une organisation fort simple, mais qui devaient avoir une très-grande taille. La température du gloI)e devait être encore fort élevée, les pluies très-fréquentes, le ciel généralement nébuleux: — Les roches sont encore des grès et des calcaires, tantôt compactes, tantôt schisteux, mêlés souvent à des matières bitumineuses. — Parmi les fossiles commencent à apparaître les poissons; mais les plus nombreux sont toujours des mollusques.
Ces trois terrains, silurieu, devonien et carbonifère, ont été appelés terrains paléozoîqtirs, parce qu'ils renferment les animaux les plus anciens de la création.
Époque triaslque. — Les terrains de cette époque ont été nommes trias, parce qu'ils renferment' trois parties principales : un grès de couleurs diverses dit grès bigarré; des marnes irisées, ou couches tantôt calcaroïdes, tantôt argileuses, très-souvent mélangées et de couleurs riolctte, verdàtre ou bleuâtre ; enfin un calcaire conchjUen, c'est-à-dire renfermant }>eaucoup de coquilles. Les troncs de végétaux qu'on y trouve appartiennent gêné» ralement à des conifères. — Les principaux fossiles sont des encrinites, des cératites, des avicules, etc., etc. On commence même à y voir des reptiles.
Époques liasique et Jurassique. — Ces deux époques ont donné lieu à la formation de beaucoup de roches diverses, mais particulièrement des grès et des calcaires. La faune est très-riche en espèces animales. Il existe déjà des oiseaux et des insectes ; mab ce qui caractérise surtout ce terrain, ce sont les grands reptiles : ichthiosaure, plésiosaure, mégalosaure, etc., etc., tous très-grands sauriens, ayant de l'analogie avec les crocodiles dont on trouve de nombreux débris... — Les coquilles principales sont les gryphées, mollusques ressemblant à des huîtres, les ammonites, espèce de grands nautiles, etc. ; et, parmi les végétaux, des plautes de la famille des conifères, des cycadées, etc., etc. — Cette |)ériode, d'après la puissance de ses dépôts, parait avoir été excessivement longiu*.