CHAPITRE IV
Matières mtnérAlea exploitables de la ConfédératloB.
Au point de vue pratique, l'énumération et l'étude des substanc minérales exploitables répandues sur ce vaste territoire sont ass importantes pour que nous leur consacrions ici quelques développ ments qui se compléteront d'ailleurs dans le tableau des industri des provinces relativement à la production.
La Mésopotamie argentine ne présente que peu de minéraux su ceptibles d'une exploitation lucrative, en dehors des couches les pli
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usuelles, telles que la pierre à chaux, le plâtre, les grès, les terres à briques et poteries. Quelques agates, cornalines et améthystes du haut Uruguay ont seules quelque valeur comme objet d'exportation. La sierra des Missions paraît renfermer des minerais de cuivre, de fer, de mercure, des marbres et du charbon de terre. Mais ces gisements n'ont jamais été reconnus d'une manière exacte et ne sont qu'indiqués. Nous ne pouvons donc qu'appeler l'attention sur leur existence et sur les avantages qu'offrira un jour leur exploitation, lorsque cette belle contrée se sera repeuplée.
La plaine du Chaco ne présente que le singulier phénomène de la masse ferrugineuse d'Otumpa considérée provisoirement comme un aérolithe fort incomplètement connu, et sur laquelle nous nous sommes étendu assez longuement (page 272).
Les Pampas, surtout vers le sud, ont des lagunes salées dont on pourrait tirer parti pour l'exploitation du sel marin. Nous connaisns déjà celle de las Salinas Grandes^ où jadis des expéditions réières allaient de Buénos-Ayres chercher du sel. La plaine intérieure a le lac Bebedero qui peut senir au môme sage.
Elle est en outre riche en sels à base de soude : nitrates, ^Jlfates, sous-carbonates, chlorures, etc., etc. Tous ces sels, abonsurtout dans le bassin de Cmjo et dans celui des salines, pourient donner lieu à des exploitations régulières et avantageuses. En ^aucoup d'endroits du bassin des salines, le sel commun cristallise la surface du sol dans les petites flaques d'eau qui se sèchent, et ^Dn extraction n'offre aucune difficulté. Les habitants des environs ''usent d'aucun autre. L'abondance des bois, dont les cendres sont Xes-mémes très-riches en carbonate de potasse et de soude , pour- ^t faciliter un jour l'établissement de véritables usines pour Texploition de cette industrie.
Partout les argiles grossières et fines, utiles pour les briques, les arreaux, les poteries de toute sorte, sont abondantes. Mais les gisements minéraux importants se trouvent dans la région ^^:iiontagneuse.
Le système au sud de Buénos-Ayres n'a présenté jusqu'à présent
aucunes traces de gîtes métalliques quelconques. Il pourra seulement
^tre exploité pour la pierre à bâtir, loi^aque le pays sera assez peuplé
J)Our que l'on trouve quelque avantage à s'occuper de cette industrie.
2Sa proximité de la mer faciliterait singulièrement les transports. Les
it)ches compactes et susceptibles d'un très-beau poli que l'on y ren-
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contre, peurent fournir d'exceUents matériaux pour les constructions de luxe.
Le massif central est autrement riche en minéraux; nous les ayons déjà indiqués en faisant sa description ; nous ne ferons que les récapituler ici, nous réservant de parler de leur exploitation en traitant de rindustrie des provinces.
Le massif de Cordova, indépendamment de la pierre à chaux ordinaire, excessivement abondante, a, sur ses versants les plus orientaux et presque au niveau de la plaine, de magnifiques marbres de toutes couleurs; l'un d'eux est tout à fait translucide, et pounrait, dès aujourd'hui, être l'objet d'une exploitation lucrative.
Le département de Soconcho^ à lo lieues sud de la ville de Cordova, possède des minerais de cuivre très-abondants : oxydule, carbonates vert et bleu, pyrites, etc. Le district de Guayco^ au cœur de la sierra, renferme de nombreux gisements de plomb argentifère, dont l'extraction occupe déjà des centaines de bras et des capitaux importants. Tous les jours on y découvre des mines nouvelles. On peut dire d'ailleurs que toute la sierra est métallifère.
Le massif de San-Luis a ses lavages d'or des vallées de la Carolina, de la Canada-Honda^ de Ylntigua, du plateau de los Cerros Blan- COS. Tous les ruisseaux qui descendent de cette sierra sont au reste plus où moins aurifères. Les veines quartzeuses qui traversent les montagnes de ce massif renferment, en beaucoup d'endroits, ce métal précieux, surtout -vers la partie la plus élevée de la sierra ; elles ont donné lieu à des exploitations, malheureusement irrégulières , mais qui peuvent être reprises avec fruit. Indépendamment de l'or, on trouve également dans cette sierra du fer, de l'antimoine, du plomb et surtout du cuivre. Le petit système de San-Francisco est extrêmement riche en oxyde de cuivre très-^uirifère, qui commence à être exploité.
Les petites sierras de las Palomas et du Gigante ont offert des minerais de cuivre, qui paraissent être très-abondants,
La sierra de los Llanos renferme les mêmes gttes métalliqoes que les massifs de Cordova et de San-Luis : or, argent, cuivre, plomb et fer. Quelques mines y sont exploitées déjà.
La petite sierra de Guazayan renferme des grès d'un grain extrêmement fin, des albâtres, et ce magnifique marbre translucide qui se trouve dans certaines localités de la sierra de Cordova.
Le système des Andes renferme à lui seul presque tous les miné^ raux et métaux connus. Au point de vue de l'exploitation minière.
W on peut le diyiser en trois bandes. — La plus orientale, qui , partant
' du pied du massif central andin, près de Santiago (Chili), par
33® de latitude sud, va atteindre le mer à Tquique (Pérou) par 20*,
embrassant tous les contre-forts occidentaux : cette zone renferme
p irîncipalement les minerais d'or, d'argent, de cuivre et de fer. — La
i:»^Lnde centrale, comprenant la Cordillère dite de ias Cumbres (des
ii^utes cimes), essentiellement ix»rphyriqiie, n'a aucune mine en tra-
%'"idi.il d'exploitation ; cependant on y a rencontré des échantillons de
e^.:».ivre et d'argent, et en quelques endroits, il y a. du soufre pur
tK:*«s-eiploitable. Les plateaux portent des lagimes, sur les bords
d^^squelles le sel cristallise et n'a besoin que d'être extrait à la pioche
^ t à la pelle. Le carbonate de soude, très-pur, y est également abondant
la superficie du sol. — Enfin la bande, ou versant oriental, renferme
us les minéraux du versant occidental et des contre-forts chiliens.
ne foule de gisements sont encore inconnus, et donneront lieu plus
à une immense et riche exploitation minière ; mais, pour le
*^^>^Xoment, nous ne citerons que ceux qui ont été ou sont encore au-
urd'hui l'objet de quelques travaux.
Au sud de la province de Mendoza, sur le territoire désert occupé à
auprès exclusivement par les Indiens Pehuenches, est la montagne de
Vïycn,dont on a exploité le minerai de cuivre, du temps de la domi-
9tion espagnole, et qui, explorée dernièrement, a offert de nombreux
cihantiUons de minerais de cuivre, de nickel, de cobalt et de plomb.
Non loin du fort de Sau-Rafael, sont des salines très-abondantes,
afférentes sources de bitume, des gîtes très-riches de cristal de
X)che, agates, calcédoines, améthystes, cornalines, des marbres de
mtes couleurs, enfin de l'anthracite, qui, analysée, donne un gaz
éclairage d'excellente qualité.
Près de Mendoza, dans la sierra des Paramillos^ il y a en ce motentde nombreuses mines de cuivre en exploitation, et une fonderie lans la vallée A'Uspallata. Ce minerai est principalement du carbonate et de la pyrite. Dans cette même vallée, on a exploité autrefois ^u plomb argentifère, et il s'était môme formé pour cela, en 4825, ^ne société puissante qui comptait un grand nombre d'actionnaires. Xies événements politiques la forcèrent à suspendre ses travaux, qui n'ont pas été repris depuis.
Les cerros de la Cal, sur le chemin de Villa-Vicencio^ ont de l)eaux marbres noirs. Ces marbres se retrouvent dans toutes les sierras autour de la ville de San-Juan. Le petit massif isolé de los Cerrillos, près de cette ville, a des minerais de plomb qui ne sont pas exploités.
— Dans la vallée de Pismanta, les cerros de Gualilan et de Cacht ont de Tor, et l'on y a commencé quelques travaux. Dans les environs de Jachal, il s'en trouve également. Quant aux indices de cuivre, on en trouve pour ainsi dire partout.
Les andes de la Rioja offrent de Tor, de l'argent, du cuivre, du fer, du nickel, de l'étain, du plomb, du cristal de roche en abondance. C'est incontestablement la partie de la Confédération la plus riche en métaux précieux. Le district minéral de Famatina renferme plusieurs travaux en activité ; mais là, comme partout, manquent les bras et les capitaux pour donner à ces exploitations toute l'extension dont elles ont besoin pour devenir lucratives. Les matières utiles pour la construction des briques réfractaires et les creusets infusibles y abondent également.
Dans la province de Catamarca, la sierra de Belem a offert beaucoup d'échantillons d'or, d'argent, de cuivre et de fer. Un certain nombre de gîtes préeieux ont été signalés dans la sierra de Quilmes qui borde, à l'ouest, la vallée de Santa-Maria. Les sulfures de cuivre si riches de YAtajo sont en pleine exploitation ; et le district minéral de las Capillitds a déjà envoyé sur les marchés d'Europe des cuivres de la meilleure qualité; le minerai y est si riche, que malgré les énormes frais de transport, pour 300 lieues à dos de mulet, cette exploitation est fort lucrative. La même chaîne offre également de l'or, de l'argent et du nickel ; mais le travail du cuivre est le plus profitable de tous.
La sierra à' Aconquija a des minerais d'argent qui ont été exploités jadis. Cette chaîne est cependant moins riche que les autres, et a été d'ailleurs fort peu examinée au point de vue minéral.
Les chaînes si nombreuses de Salta et de Jujuy ont une immense quantité de gisements minéraux dont on commence seulement aujourd'hui à se préoccuper : Or, argent, cuivre, antimoine, fer, plomb, etc. Il y a eu des fonderies de cuivre à San-Antonio de los Cobres^ près de la Cuesta d'Acay, c'est-à-dire au cœiu* de la Cordillère. Tout récemment, plusieurs mines de cuivre dans les environs de Chicoatia ont été dénoncées. On trouve également des kaolins trèsfins pour la porcelaine dans les environs de la ville de Salta. — Le plateau de Jujuy a les minerais d'or de la Rinconada qui sont exploités, et qui se présentent d'ailleurs dans presque toute la Puna. On a trouvé du fer près àUlumahuaca, de l'argent dans les montagnes de Tilcara... Le cuivré s'y rencontre partout comme dans les Andes de Salta; mais, nous le répétons, cette région, comme la précédente, est à peine connue au point de vue de l'exploitation métallurgique.
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La haute chaîne de Zenta a offert des minerais d'or et d'argent auprès d^fruya et de Santa-Victoria ; des pépites ont été rencontrées dans les torrents qui en descendent. — Nous ne parlons pas de tous ies marbres, de toutes les roches cristallines qui se présentent dans ces provinces, ni des matières minérales de toute espèce à employer dans les arts et l'industrie . Le détail en serait trop long et se retrou- ^v'crd lorsque nous traiterons de ces mômes provinces.
Enfin le massif de YAlumbre^ le dernier et le plus oriental des ^^kndes, quoique fort peu examiné jusqu'à présent, a pourtant donné .es indices d'or et de cuivre. Il y a dans le voisinage du Rio-San- 'rancisco, sur son versant ouest, une source abondante de bitume
Ç^^reà)^ et sur le vei'sant oriental on trouve de l'alun [alwnbre) en :B:*oche qui pourrait donner lieu à une exploitation avantageuse.
Telles sont en résumé les principales productions minérales du s^ol argentin; richesses encore enfouies et presque ignorées en masure partie, mais qui, exploitées aloi's que le pays aura grandi, déta^'elopperont d'immenses industries. Bien peu de contrées offrent de areilles ressources métalliques, il ne s'agit que de les mettre en «iU\Te pour en tirer d'incroyables bénéfices. Le difficile est de commencer, d'organiser les ateliers; mais vienne la population, et tout ourra se faire et se fera certainement.