‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 94 sur 193 · JO · texte numérisé non relu

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gunes de forme arrondie et d'esteros aux eaux claires et du meilleui goût, se trouve une lagune isolée, extrêmement salée, et d'où ce^-mîe village a tiré son nom. Elle pourrait offrir quelque utilité, non pouiM'-^r-jr l'extraction du sel, car celui qu'importe le commerce est abondant et à»^ à bas prix, mais comme emploi médicamenteux. On sait combien le^-^^es bains d'eau salée sont toniques et activent la circulation des fluides ^^es blancs.

A 13 lieues au sud-sud-est de Goya, près du Rio-Batelito, dans If^^-Ka propriété de D. INIanuel Diaz, se rencontrent deux lagunes parfaite — ^^^ ment rondes, voisines l'une de l'autre, et dont l'eau, dans la saison»: ^^ sèche, exhale une forte odeur de soufre. Une sorte d'écume, d'uL*: -^ blanc jaunâtre, garnit alors leurs rives, écume onctueuse et comm^ -^^ savonneuse au toucher. Durant cette saison , elles ne nourris— -ssent aucun animal, et la partie de la rive mise à nu par la retrait^^ — ^ des eaux , partie de nature argileuse , est comme tapissée d'une ma^^tière gluante de mauvaise odeur. Lorsque les pluies sont abondant — tes, les lagunes s'emplissent à déborder, leurs eaux sont alors moîiL^ minérales, et on y voit des caïmans et des ^^apibaras (carpinchoey — Mais, au bout de quelque temps, les écailles des premiers blanchiai— sent et le poil des seconds jaunit. Les nègres , les indiens et les mê^ tis qui se baignent dans ces eaux deviennent un peu plus clairs. Quelques personnes attaquées de maladies cutanées ont essayé de s'y baigner, et s'en sont fort bien trouvées. Nous regrettons que le temps ne nous ait pas permis de faire l'analyse de cette eau qui peut

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rendre de très-grands services dans cette partie du pays, d'autant plus qu'on ne laisse pas que d'y voir quelques maladies de peau rebelles aux traitements ordinaires et qui réclament l'emploi de ces sources minérales.

La province de Santiago del Estero a le Rio-Saladillo, déversoir général du grand bassin des Salines. Pendant six mois de l'année , alors qu'il ne reçoit pas le Rio-Dulce, ce cours d'eau est saturé de sel et paraît présenter la même composition chimique que l'eau du lac Asphaltite, moins le bitume. C'est donc une véritable eau minérale.

A 20 lieues ouest-nord-ouest de cette ville, dans le coude que forme lejRio-Dulce, qui vient de la pro\ince de Tucuman, on trouve, à 5 lieues de la rivière, une eau minérale sulfureuse au milieu de la plaine. Cette eau est chaude, limpide; la source est éloignée de toute élévation de terrain. Les gens du pays vantent beaucoup ses vertus ^t s'y vont baigner dans leurs maladies. Cette sourctî n'est qu'à quelcjues lieues de la paroisse de Rio-Hondo.

Nous ne connaissons aucune source minérale dans le massif de Cordova. Dans la sierra de Sfui-Luis, sur le chemin de San-Francisco, nous avons découvert nous-mCme une eau ferrugineuse trèsclaire. Elle sort de dessous un énorme rocher de couleur rougeatre, tant il est pénétré d'oxyde de fer. L'eau est à la température ordinaire, extrêmement limpide, d'un goût d'encre très-marqué. Elle dépose du carbonate de fer sur toutes les roches des environs. Mes guides m'afflrmèrent qu'il y avait plusieurs de ces sources dans le voisinage, mais que l'on n'en usait point. Cette eau ne se trouve qu'à 3 lieues de San-Francisco, mais le chemin di". la cote du Palmar qu'il faut franchir est très-mauvais. On pourrait remployer fort utilement comme tonique et restaurante dans une foule de maladies asthéniques.

L'eau du lac Rebedero excessivement salée et un peu amère, a les mêmes propriétés que l'eau de mer et peut être employée comme elle. Dans la région des Andes, les sources minérales sont nombreuses. Les Indiens en citent quelques-unes au sud de la province de Mendoza, mais les renseignements qu'ils donnent sur elles sont trèsvagues.

A Lujan , à 5 lieues sud de la ville de Mendoza , au milieu de la couche épaisse de galets qui forme le lit de la rivière, sont deux trous d'où sort en abondance une eau moyennement chaude, mais sur lesquels la rivière passe en été; aussi n'avons-nous pu les voir. Les habitants voisins s'y baignent quelquefois en hiver. Des médecins du

lieu nous ont assuré que cette eau contenait des sulfates de soude et de magnésie, mais nous ne savons pas si l'analyse qualitative et quantitative en a été faite.

BorboUon est un endroit à 3 lieues de Mendoza, où, au milieu d'une sorte de cirque formé de buttes argileuses très-salines et de cailloux roulés, sort une source très-abondante d'une eau parfaitement douce et limpide. Le trou principal, d'où l'on voit sourdre l'eau à travers la vase est d'une grande profondeur; avec une corde de 20 mètres, on n'en a pas trouvé le fond. Cette eau se réunit en un ruisseau que l'on emploie à l'irrigation; elle n'a du reste rien de particulier au goût, quoique tous les terrains aux environs soient trèssalins. Le phénomène le plus remarquable est sa température. Elle était de 26 degrés le 11 février 1837, et cependant elle nous sembla froide lorsque nous nous y baignâmes. Tous les récits furent unanimes pour nous assurer que cette température était toujours égale, et qu'en hiver il en sortait une épaisse buée qui mouillait tous les eu\ irons, ce qui d'ailleurs s'explique parfaitement par la différence de température de toutes les sources avec celle de l'air extérieur en hiver. Cetia eau n'a jamais été employée que pour bains hygiéniques et n'est pas considérée dans le pays comme minérale. Mais il est impossible de ne pas la ranger parmi les eaux thermales , puisque la température moyenne de Mendoza est au plus de 15 degrés, et l'on sait que les sources représentent généralement la température moyenne des pays où elles sont situées.

Dans la chaîne des Paramillos , sur le chemin d'Uspallata , à 13 lieues de Mendoza, se trouvent les eaux minérales de Villa-Vicencio^ dans une quebrada près de l'endroit de ce nom. Le chemin est exécrable pour y arriver, et il n'y a que de mauvais ranchos (chaumières) où vivent en été quelques familles. Les bains consistent en deux trous naturels remplis d'eau sulfureuse. On se baigne dans celui dont l'eau est le plus chaude, car il y a quelque différence de température entre les deux bassins. Ces eaux s'emploient, soit en bains, soit en boisson, contre les douleurs rhumatismales et les obstructions. Leur mauvaise situation les empêche d'être plus fréquentées.

jNous connaissons déjà les eaux légèrement salines et acidulés du Pont de rinca dans la Cordillère. (Voyez pag. 200.) Elles sont fort abondantes, leur température est de 34% et la localité est certainement des plus remarquables, mais il se passera bien des années avant que, le chemiu de la Cordillère étant ouvert en tout temps, ou

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y ait constmit les bâtiments nécessaires pour recevoir des malades et des voyageurs.

Dans la province de San-Juan, on trouve les eaux de VilUctim^ à 3 lieues de cette ville et près du village de TAlbardon. Ces eaux sont tout à fait analogues à celles de Villa-Vicencio , mais mieux placées ; elles sont fréquentées par un assez grand nombre de malades atteints de rhumatismes et de maladies cutanées. Il n'y a, dans le voisinage, aucun bâtiment où Ton puisse s'abriter, et il faut s'y installer une tente. Ces sources se trouvent sur le penchant de la croupe entièrement nue du chaînon de Villicum qui forme la paroi occidentale de la vallée d'Angaco.

Nous ne connaissons pas d'eaux minérales proprement dites , au point de vue médical, dans la province de la Rioja; mais les ruisseaux qui descendent de la sierra de Famatina sont chargés de sels métalliques, et le goitre est très-commun dans cette vallée.

Le contre-fort oriental de la chaîne des Andes de San-Francisco a les eaux très-chaudes de Fiambala qui ont beaucoup de réputation dans toute la province de Catamarca. Ces eaux situées près de ce village assez peuplé reçoivent un certain nombre de malades. On les emploie dans les paralysies ; mais leur usage n'a d'autre règle que la routine, car il n'y a point de médecin dans le canton. Elles sont légèrement sulfureuses, à ce que l'on nous a assuré, et de plus salées et légèrement amères au goût , ce qui indiquerait des propriétés analogues à celles des eaux qui contiennent des hydrosulfates de soude, des carbonates et des chlorures du même alcali.

Dans la sierra de Chango-Real^ qui fait face à la précédente, mais à Test de la vallée de la laguna Blanca, à une quinzaine de lieues au nord-nord-ouest de Gualfin, on trouve une source minérale qui parait offrir les mêmes propriétés que celles de Fiambala.

Le goitre est très-répandu dans la province de Catamarca. On remarque que l'usage de l'eau des puits creusés dans la plaine aux pieds de l'extrémité de la sierra A'Ancaste^ non loin du bassin des Salines, les fait disparaître. Aussi envoie-t-on exprès les personnes qui commencent à en être atteintes aux estancias de cette partie de la province. Ces eaux renferment donc des iodures et peut-être du brome. Elles sont salines, un peu amères, et il faut du temps pour se faire à leur usage.

Dans la province de Salta, près du bourg du Rosario de la Fronterày dans le massif oriental qui va border les rives du Juramento, se trouve une source sulfureuse très-fréquentée à cause de son effica-

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cité bien recoiiaue dans les maladies cutanées , scrofuleuses et syphilitiques. Une fondation pieuse pounoit là aux besoins des pauvres qui vont chercher la santé à ces bains , lesquels , avec ceux de Fiambida, sont les plus connus et les plus visités de toute la Confédération.

A 5 lieues de la ville de Jujuy, dans la quebrada du Rio-de-los- Reyes, on rencontre les bains del Agua-Caliente qui consistent en trois sources minérales chaudes sortant de dessous une grande roche ^ calcaire. L'eau en est très-claire ; elles forment de petits bassins etf" le trop-plein s'écoule dans un ruisseau également très-clair qui un peu au-dessous et vient de la Cordillère. Elles passent pour con — Mzar*\i tenir de la magnésie et du carbonate de fer, mais aucune analyse^-st ^^^s sérieuse n'en a été faite. On l'emploie principalement en bains, mai:.£^i^ai sans méthode, et fort peu de personnes en usent.

Enfin dans la vallée de San-Francisco, sur le versant occidental df> -d la sien'a del iVlumbre, non loin de la source de bitume dont nous.^ cdu; avons déjà parlé, il y a une eau saline, formant une sorte de bassines: i -îd, qui est réputée pour guérir le goître. Cette infirmité étant très-fré?^rKh?. quente dans la province de Jujuy, quelques personnes en font venr.«i:»Qi> pour leur usage; mais, située de l'autre côté du San-Franciscc^ ^j^^ rivière qui se passe avec difficulté en tout temps, cette source bienc^s/?. faisante rend beaucoup moins de services qu'elle ne pourrait le fais: ^ si la communication était plus facile. 11 est probable qu'elle renferDK=7^ les mêmes principes que les eaux de la pointe d'Ancaste, dont nomjE^ avons parlé plus haut.

Telles sont les eaux minérales actuellement connues du territoire argentin, soit que nous ayons pu les visiter nous-même ou quïï nous ait été possible de nous procurer sur elles quelques renseignements. Nous n'avons certainement indiqué qu'une bien petite partie des sources médicamenteuses que renferme cette contrée, mais cette indication suffit pour faire juger des services qu'elles pourraient rendre si elles étaient mieux connues, et si quelque médecin instruit en faisait l'analyse et en décrivait l'action thérapeutique. Dans un pays où manque la population et où le peu qu'il y a ignore souvent les plus simples règles de l'hygiène , on ne doit pas s'attendre à trouver une installation quelconque auprès des eaux minérales les plus efficaces : les gens qui les visitent s'arrangent comme ils peuvent, sous des tentes ou une chaumière construite à la hâle, ou se logent dans les environs, si par hasard il y a quelque habitation à portée.

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