‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 95 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Polta. — IVorias. — Po»BlbUiié des palts ariéftiens.

Puisque nous venons de parler des eaux minérales^ nous croyons devoir dire ici quelques mots d'un genre de fontaine qui n'existe ceiliiinement pas encore dans le pays, mais dont on commence à se préoccuper vivement; nous voulons parler des puits artésiens. C'est principalement dans les provinces andines que, depuis que Ton a entendu parler des immenses bienfaits de leur application en Algérie, au désert du Sahara, on a pensé à en faire l'expérience. Un Nord-Américain a même organisé une compagnie à cet effet dans la province de Catamarca.

Le climat des provinces des Andes, surtout de leurs vallées basses et de la grande plaine intérieure entre les Cordillères et le massif central, ressemble beaucoup à celui de la portion de l'Algérie située de l'autre côté de l'Atlas : un hiver absolument sec, quelques pluies Tété. Et même, les provinces de Mendoza de San-Juan ignorent presque ce que c'est que la pluie. La culture n'y est possible qu'à l'aide de l'irrigation; aussi les populations sont-elles exclusivement établies le long des cours d'eau, d'où l'on tire des rigoles qui vont arroser les cultures. Mais nous savons combien ces cours d'eau sont généralement rares , et déjà , à très-peu d'exceptions près , tous les ruisseaux des vallées sont utilisés. Dans la grande plaine sans eau dont nous parlons, on creuse aussi des puits pour en tirer l'eau destinée au bétail. Ces puits vont jusqu'à 35 mètres de profondeur, mais presque toujours moins. — Près des montagnes ils arrivent souvent jusqu'au lit épais de galets roulés qui forment une sorte de blocage sous la terre argilo-sableuse qui les couvre ; dans la plaine, ils ne tra- "versent que cette dernière couche assez meuble, et donnent le plus souvent de l'eau par 10 ou 20 mètres de profondeur. Cette eau, qui provient des infiltrations du sol, est toujours un peu saumàtre. Dans le bassin des Salines, l'eau se trouve à 2 ou 3 mètres, mais elle est tout à fait impotable.

Dans quelques endroits de la plahie intérieure, les habitants ont établi des norias, des roues à chapelet pour se procurer un peu d'eau d'irrigation à l'aide d'un puits, mais ces norias sont infiniment peu répandues. On aime mieux se livrer à l'industrie facile de l'élève du

bétail qui trouve encore à vivre malgré l'aridité de la plaine, et, pressé par la soif, revient de lui-même, à une heure fixe, boire au puits de Testancia, dont on extrait Teau dans un seau de cuir. On voit que ce sont tout à fait les habitudes des déserts de l'Afrique et de l'Arabie. Les mêmes besoins, les mêmes climats engendrent les mêmes coutumes et les mêmes industries. Les represas^ qui sont des étangs artificiels, sont faites avec intelligence, mais se sèchent quelquefois : en outre, elles ne sont possibles que là où il pleut, et nous savons qu'il ne pleut pas partout.

L'introduction de puits forés donnant en tout temps des eaux jaillissantes serait donc d'une immense utilité et pourrait, si la nature du sol permettait de les établir, changer pour ainsi dire la face d'une grande partie de la plaine argentine et improviser des oasis au milieu du désert.

Maintenant quelles sont les conditions de ce sol ? Cette question pourra être résolue en partie si l'on se rappelle la description que nous en avons faite. Nous disons en partie, parce que la solution de ce problème exigerait : d'abord des études plus complètes, plus minutieuses que celle que nous avons pu faire ; ensuite l'expérience, car bien souvent toutes les théories du monde échouent devant elle.

Il est admis dans la science que l'eau qui forme les nappes souterraines, à des profondeurs plus ou moins considérables, provient des infiltrations des eaux pluviales dans les terrains stratifiés, dont les couches, très-souvent obliques, laissent passer lentement les eaux provenant de la pluie, de la grêle, de la .neige ou même d'inondations de lieux plus élevés. Ces eaux se réunissent dans des cavités intérieures, et lorsque par un trou étroit, percé perpendiculairement, on vient à leur donner issue, elles jaillissent hors de terre avec plus ou moins de force, suivant la pression qu'elles éprouvent des autres masses d'eau qui arrivent par les mêmes canaux intérieurs, de distances souvent très-éloignées. Cela est si vrai, que les tremblements de terre qui amènent des dislocations dans les couches du sol font quelquefois tarir subitement un puits foré.

Les terrains de sédiment sont ceux où les nappes d'eau souterraines sont les plus nombreuses et les plus abondantes. Dans les terrains primordiaux, qui par leur nature ne sont pas stratifiés, mais paraissent provenir d'une fusion particulière ancienne, il n'y a que des failles, des fissures par où descendent très-rapidement les eaux météoriques ; c'est ce qui rend les sources nombreuses, mais peu abondantes dans ces ten\ains. Les puits forés n'y réussissent générale-

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