‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 14 sur 60 · TERRITOIRE DES MISSIONS · texte numérisé non relu

TERRITOIRE DES MISSIONS

Le territoire actuel comprend ce que Ton appelait auti^efois les Mimons occidentales^ ou à l'occident et sur la rive droite du fleuve

rMi,qiii depuis tombèrent en ruine. U ne subsista plus que les villages indiens ou réductions aiMMBoes au nord du Parana.

knoX les guerres d'Artigas, le gouvernement de Buéaos-Ayres, qui représentait râncicnne

admmtstnition centrale espagnole, voulut régler les questions de l^Ent^re-Rios, en le divisant en

dm paodes provinces. Le directeur, D. Gervasio Pos^das, par décret du 10 septembre 1814,

MiigDa pour limites à l'Entre-Rios proprement dit : — le RiotCk>rriente8, la partie supérieure

do Rio-Guaquiraro, désigné sous le nom d*Aracachy, le ruisseau de Curusu-Cuatia jusqu'à

m embouchure dans leliirinay et la ligne de celui-ci à TUruguaj. — Tout le reste de la Mé-

npotamie argentine, jusqu'aux limites du territoire portugais, devait former la province de

ûorrieDtes.

Les deux provinces ayant pour capitale, -—la première, le bourg de la Concepcion-del-Urupaj, — la seconde, la ville de Corrientes, devaient être séparées de l'intendance de Buénos- Afrei, et administrées chacune par un goqvemeur intendant, avec les mêmes facultés, droits, pnrogatives et dépendances que les autres provinces de l'État.— En cas de guerre extérieure, ^ gMTemeur de Corrientes devait résider à Candelaria. Ce Hptùt ne dura que trois ans, puisque, par suite des guerres de la Bande-Orientale, les Btimiis entre le Parana et l'Uruguay furent entièrement détruites par les Portugais, d'une IHrt, Francia de l'antre, et leur population presque complètement anéantie. Pendant ces événements, Corrientes étendit sa frontière du sud jusqu'au Guayquiraro et au Ibeoreta, ce qui fit perdre & TEntre-Rios une assez grande portion de terrain, mais fit une ioBle moins vague que ceUe que le décret directorial établissait. Son gouvernement, au rai- Seo dis guerres d'Artigas et des Portugais, ne put exercer aucune autorité sur les Missions, ^ d dot se limiter à l'administration de la province. Après la chute d'Artigas, en 1820, et l'ocmçÊÊJmk de la Bande-Orientale entière par les Portugais, auxquels succédèrent, deux ans plus iHtI, les Brésiliens, une petite fraction de ce qui restait de la population indienne des MislîoBS s'établit sur le Mirinay et fonda le village de San-Roquito, sous la direction d'un certain eoloiiel D. Felipe Aguirre, qui s'intitula gouverneur.

n parait que le gouvernement national de 1826, regardant le décret de Posadas comme non «vena (il n'avait en effet reçu qu'une exécution incomplète), considéra de nouveau le territoire des Missiona comme une province à part, puisqu'il l'autorisa à envoyer deux députés au eoogrès général argentin siégeant à Buénos-Ajrres. Ces députés furent D. Manuel Pinto et D.Vieente Ignacio Martinez.

Les événements des années suivantes et la guerre avec le Brésil empêchèrent le gouver- WflDent central de donner suite à cette organisation nouvelle. Corrientes, graduellement, poussa sa juridiction de l'autre côté du Mirinay, et fonda le bourg de la Restauracion. Plus Ivd il nomma des autorités à la Cruz et à Santo-Tomé, sans pouvoir cependant passer plus atant par suite de l'opposition du Paraguay.

Le traité de limites du IS août 1852, entre la Confédération et le Paraguay, qui tranchait

cette question en assignant i cette république tous les terrains au nord du Parana et du Ver-

ncio, i la Confédération le territoire des Missions, au sud du Parana, n'ayant pas été ratifié,

b question est restée sans solution, et, nous le répétons, ne peut être résolue que par le Gou-

femement national. Lui seul, une fois la question réglée définitivement avec le Paraguay, peut

mégner de nouveau ce territoire à Corrientes ou en faire une province nouvelle, si la nation

le joge convenable. L'exécution stricte de l'ancien décret directorial rendrait à l'Entre-Rios

■a aises grand territoire, dont il a fait tacitement le sacrifice dans l'intérêt de la paix des

deox provinces , mais qu'il pourrait réclamer à son tour si la totalité des Missions était de

•Mvean assignée à sa voisine.

Par suite de l'extinction des communautés indiennes qui peuplaient le pays, et étaient les propriétaires légitimes du sol que leurs ancêtres avaient cultivé, et où ils avaient bâti des vil-

constance pour envahir les Missions occidentales. — Un autre passage signalé par une lie, celui de San-Lucas, se trouve sous le même parallèle que cet ancien bourg. Toute la partie du fleuve Uruguay qui s'étend de la vieille Esiancia de Mercedes située à moitié chemin entre Santo-Tomé et la Concepcion jusqu'à San-Javier, est remplie de rapides et offre des gués assez nombreux aux basses eaux. Les deux rives de ce fleuve sont semées de ruines des anciennes fermes de la Compagnie.

Saint-François-Xavier (San-Javier) est situé $ur la rive même du fleuve. Un certain nombre d'habitants s'y sont installés et s^y occupent de la récolte de l'herbe maté qui abonde dans les environs. — Au-dessus de ce bourg, le Rio-Uruguay, dont la direction est devenue orientale, fait vers le nord un coude, connu sous le nom de vuelta del norte; c'est à ce point qu'il se rapproche le plus du fleuve Parana, de manière à ne plus laisser entre lui et son puissant voisin qu'un espace de dix-huit lieues, occupé par une plaine assez accidentée, mais au milieu de laquelle il ne sera peut-être pas difficile de creuser un jour un canal, pour réunir les deux fleuves. Au nord de San-Javier commencent les bois qui se continuent jusqu'à la frontière du Brésil. Au milieu de ces forêts vivent des Indiens Tupis et quelques Guaranis redevenus sauvages.

Les cantons voisins du fleuve Parana sont ceux de Candelaria^ Santa-Aria^ Loreto, Sanrlgnacio^Mini et Corpus. — Candelaria, San-Ignacio et Corpus sont sur la rive même du fleuve , Santa- Ana et Loreto à deux lieues environ. Ces villages sont complètement abandonnés et dans le cas des précédents ; des broussailles presque impénétrables couvrent leurs ruines. — A Candelaria les Paraguayens ont construit une caserne où ils conservent quelques troupes pour appuyer leurs prétentions à l'occupation du territoire. Le point de Candelaria est important parce qu'à cet endroit le Parana n'a que 700 mètres de large et que le passage y est plus facile que partout ailleurs. — Après l'expulsion des jésuites, Candelaria était devenue la capitale des Missions et la résidence de son gouverneur.

Dans les environs de Candelaria, un petit cordon montagneux porte le nom de Sierra del Imatu, chaîne de l'aimant, à cause des minerai» de fer magnétique qu'on y a trouvés.

Le terrain des cinq bourgs paraniens que nous venons de citer est accidenté, coupé de ruisseaux et semé de bois et de prairies ; les bois surtout abondent. Les p&turages dépourvus de sel n'y sont

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