‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 20 sur 60 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ProTlnee de SalCa.

§ I. — Province de Salta en général.

Situation astronomique et limites. — La province de Salta est ane des plus étendues de la Confédération argentine. Elle est comprise entre 24 et 26* 30' de latitude, 65'' et lO"" de longitude orientale, et mesure près de 5,000 lieues carrées. Ses limites sont : — au nord, ht province de Jujuy, dont elle est séparée par le ruisseau de Santa- Cruz, dans la vallée dePerico, celui de Las-Burras sur les plateaux du Despoblado, le Rio-Saladiilo dans la vallée de San-Francisco. — A

Touest, la ligne de faite de la Cordillère dé San-Francisco marque limite avec la Bolivie. — Au sud-ouest et au sud, les cordons transversaux des Andes , tels que ceux qui se détachent des sierras de Chango-Real et Quilmez, signalent celle de Catamarca. — Le canton de Golalao^ TAbra de Tafi, le RiodelTala, FUruefia, forment la limite de Tucuman, au sud et au sud-est. — Enfin, à Test, Salta confine avec Santiago, puis avec le Chaco par une frontière vague, sur laquelle s'élevaient autrefois les fortins de Pitos, San^Simon et San^Femando^ et qui arrive jusqu'à la Esquina-Grande sur le Rio- Vermejo. — La lieutenance d'Oran est tout à fait au nord-est et touche à la Bolivie ; — le Rio de Las Piédras au sud, la chaîne de Zenta à Touest, la sierra de Santa-Barbara, dépendance de celle de TAlumbre, à Touest, la séparent de Jujuy. — Cette frontière, très-complrquée, est d'une extension considérable, la province ayant une forme allongée de Test à Touest.

Aspect général. — Par suite des ramifications de la chaîne des Andes, qui la remplit presque tout entière, la province de Salta a l'aspect le plus varié. Elle présente, vers le nord et le nord-ouest, des plateaux qui se confondent avec ceux de Jujuy; — à l'ouest, de longues vallées bien peuplées et bien cultivées, telles que celle àeCalchaqm et les quebradas Del-Toro et Del-Escoipe; — au centre, la grande et large vallée de Lerma; — au sud, les Quebradas de Guachipas et Del^Tunal^ puis la vallée de San-Carlos, continuation de celle de Calchaqui, qui va se confondre avec celle de Santa-Maria, les cantons accidentés du Rosario de la Frontera ; — à l'est, la grande vallée du Rio-Lavayen^ les plaines du Campo-Santo^ puis la Sierra-del-Alumbre et ses versants accidentés, dont les pentes finissent par se confondre avec les savanes du Chaco; enfin les plaines d'Oran et du Rio-Vermejo^ et, au nord, la grande chaîne de Zenta, — Cette conformation du sol lui donne, sous le tropique, tous les climats, car l'on y trouve toutes les altitudes, depuis les champs d'Oran, qui n'ont pas plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, jusqu'aux vallées qui sont à 1 ,000, 1,S00 et 2,000 mètres, et aux plateaux qui atteignent de 3,000 à 3,500 ; aussi la province réunit-elle tous les produits du globe. De nombreux torrents et ruisseaux la sillonnent dans tous les sens et permettent une irrigation facile, et par conséquent une riche agriculture. Malheureusement, à cause de la rapidité des pentes, aucun n'est accessible à des embarcations ; deux rivières seules, le San-Francisco et le Vermejo, peuvent être utilisées pour la navigation. Les monta-

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gnes sont remplies de minéraux utiles pour les arts et l'industrie, et Ton y rencontre des gisements métalliques précieux. Leurs pâturages nourrissent de nombreux troupeaux.

Hydrographie. — Trois cours d'eau principaux traversent la province de Salta : ce sont le Juramento (Rio-Sfidado), le San-Francisco et le Vermejo. Nous avons déjà fait leur histoire (voyez tome I, pages 139, 129 et 133) : aous n'en résumerons donc que les principaux traits.

Le Juramento se forme des neiges des Nevados ou sommets glacés d'Acay et de Cachi. H parcourt la vallée de Calchaqui tout entière du nord au sud, en se grossissant de tous les ruisseaux et torrents qui viennent des montagnes qui l'enserrent. A partir de Molinos, il prend une direction sud-est jusqu'à recevoir le Rio de Santa-Maria, et bientôt rencontrant la pointe nord de la sierra d'Aconquija, il incline à l'est, puis à l'est-nord-est et devient le Rio de Guachipas dans la quebrada de ce nom, puis le Rio-del-Pasage, à l'endroit où il coupe la route du Pérou. Refoulé vers le sud par la sierra del Alumbre, il remonte une dernière fois vers le nord jusqu'au fortin de Pitos pour redescendre encore vers le sud et aller enfin gagner le Pârana, 300 lieues plus bas, à travers les plaines de la Pampasie aigentine. Son cours entier embrasse 430 lieues.

Le San-Francisco est formé par la réunion du Rio-Grande de Jojuy et du Lavayen. Ce dernier est formé par le Rio-Vaquero, torrent né des contre-forts du plateau andin central, et descend dans les plaines du Gampo-Santo, où il prend le nom de Rio- Mojotoro. Là il reçoit quelques petits affluents qui le grossissent beaucoup à la saison des pluies et devient le Rio-Lavayen. Celui-ci, depuis Tembouchure du torrent de Las-Pavas ou Saladillo, jusqu'à celui de Santa-Rita, qui vient de la sierra del Alumbre, sert de limite entre Salta et Jujuy. Dans la lieutenance d'Oran, leSan-Frandsco appartient par ses deux rives à la province de Salta, il y est navigable lors des grandes eaux.

Le Vermejo coule sur le territoire d'Oran et est navigable les trois quarts de l'année à partir de cette ville, et toute l'année à partir de Las-Juntas, endroit où, vingt lieues plus bas, il reçoit le San-Francisco.

Indépendamment de ces rivières principales, il y a une foule de ruisseaux fort utiles par les ressources que leur bon aménagement fournit à Fagriculture, tels ceux : de Poma^ de Molinos, de Anços-

taca^ d'Amblaillo^ gui grossissent le Juramento dans la vallée de Calchaqui ; le Rio de la Silleta^ considérable, formé des eaux des quebradas del Toro et del Escoipe et du Rio-Arias^ qui passe à Salta ; des torrents Blanco^ de Las-Piedras et de Yatasto, qui vont, les premiers au Juramento, et les autres vers le sud-est au Rio-de-los-Horconés, lequel se perd dans la province de Santiago del Estero ; enfin^ tous les petits afQuents du Lavayen. — On comprend d'ailleurs qu^un pays si accidenté, placé presque sous le tropique et où Tété les pluies sont fort abondantes, soit largement arrosé.

Orographie. — Les ramifications dérivées des Andes couvrent la province tout entière, et s'étendent dans toutes les directions. On peut cependant y reconnaître plusieurs systèmes principaux. — D'abord, celui de la Cordillère, qui forme la paroi occidentale des vaUées de Calchaqui et de Santa-Maria, puis le plateau qui commence à Acay et s'étend jusqu'aux vallées d'Humahuaca et de Lerma ; le cordon, à Test de ces vallées, formé par les chaînes de Zenta, de Calilegua et leurs prolongements vers le sud ; enfin la sierra del Alumbre, et ses dépendances de Fautre côté du San-Francisco ; en dernier lieu, les petites lignes secondaires au sud du Juramento.

Les systèmes du nord se détachent du grand plateau bolivien ; ils circonscrivent de longues vallées dites quebradas^ par lesquelles on peut les gravir ; leurs plateaux atteignent jusqu'à 4,000 mètres d'altitude, e\\<d&Nevados, qui en forment les crêtes, arrivent à 6,000, tels que ceux de Caclii, d'Acay, le Cerro Negro, entre Salta et Jujuy. En allant vers le sud, les sommets les plus élevés atteignent à peine 3,000 mètres ; à Test, ceux de la sierra del Alumbre ne dépassent point 2,500. Les chaînons, situés de l'autre côté du Juramento, ne sont que des montagnes peu élevées. (Voyez d'ailleurs pour la distribution des chaînes montagneuses de Salta, tome I, page 395.)

Constitution physique du sol. — Les sierras qui composent le système orographique de Salta appartiennent généralement au porphyre pour le grand massif andin, aux gneiss et autres roches métamorphiques pour les cordons secondaires, aux grès et aux calcaires pour les chaînons les plus orientaux ; en quelques endroits on trouve des terrains volcaniques nombreux. Les marbres abondent, ainsi que les matériaux nécessaires aux constructions. Dans presque toutes les chaînes on rencontre des minerais d'or, d'argent, de cuivre, de nickel, de fer, de plomb, etc. (Voyez tome II, page 425.) Aussi l'industrie

minière aura-t-elle un avenir immense dans ce pays, lorsque la population pourra fournir les bras nécessaires à ses travaux.

La partie centrale de la province offre dans quelques-unes de ses yallées d'immenses dépôts de cailloux roulés et soudés ensemble par une sorte de ciment argileux ferrifère de couleur jaune et assez dur. Les eaux se sont ouvert passage au milieu de ces masses de débris, comme si des lacs intérieurs, brisant leurs parois par suite de quelques commotions du sol, y avaient vidé leurs torrents. Il est en effet probable qu'une partie de la grande vallée de Lerma a formé jadis le fond d*un vaste lac, car il serait difficile d'expliquer autrement le vaste dépôt de terre argileuse qui en couvre aujourd'hui la superficie, dépôt sous lequel on retrouve l'énorme lit de cailloux roulés qui forme le fond de tant de vallées andines.

Le sol, partout où il est muni d'une couche de terre végétale suffisante , est très-fertile ; cette fertilité augmente dans les vallées, grâce à leur humidité ; les plateaux montagneux ne sont pas trop dénudés, et il y a encore assez d'humus pour nourrir un épais gazon. Les plaines à l'orient de la montagne ont un sol argilo-sableux analogue à celui de la province de Santiago-del-Estero, mais il est moins sec. L'agriculture peut donc s'étendre presque indéfiniment dans cette province, et suffire, non-seulement aux besoins locaux, mais encore aux exigences de l'exportation.

Tremblements de terre. — Comme les deux provinces précédentes, Salta ressent de temps à autre des tremblements de terre. Jusqu'à présent ils n'ont pas été très^-violents, aussi n'a-t-on pris encore aucune précaution particulière dans la construction des maisons. Parmi les plus remarquables dont on ait conservé le souvenir, on cite celui du mois de septembre 1844, qui a fait craindre une destruction entière de la ville, mais en somme n'a produit que peu de dégâts ; ceux de 1858 ont été faibles, de même qu'un dernier arrivé en 1862. En résumé, les secousses éprouvées dans la partie orientale des Andes sont fréquentes, mais heureusement légères. Cependant l'histoire rapporte que la florissante ville d'Esteco , sur le Rio de Las Piedras, a été complètement détruite en 1692 par un phénomène de ce genre, que le sol s'enfonça et que des torrents d'eau bouillante, sortis du sein de la terre, achevèrent la ruine de cette malheureuse cité.

CiiMAT. — Située entre 24 et 26 et demi de latitude, la province de Salta devrait avoir un climat très-chaud ; l'altitude du terrain en

a décidé autrement. Il n'y a de climat vraiment tropical que dans la lieutenance d'Oran et dans le département du Campo-Santo ; partout ailleurs le climat est très-tempéré et même froid. Nous dirons seulement que, au-dessous de 1000 mètres, on peut y cultiver la plupart des plantes tropicales , et en particulier la canne à sucre ; que , de 1000 à 2500, la culture des céréales, de la vigne et de la plupart des arbres fruitiers d'Europe est possible. Au-dessus, il n*y a plus que les plantes fourragères, l'orge et les pommes de terre, qui réussissent bien. L'hiver est sec et frais; il gèle souvent à une altitude de 1100 mètres, et à plus forte raison au-dessus, mais ces gelées sont trèscourtes et le soleil est chaud dans la journée. La saison des pluies commence au printemps «t dure jusqu'à l'automne ; les orages alors sont journaliers, les tourbillons de vent et la grêle les accompagnent de temps à autre. A cette époque, les rivières grossissent et forment des torrents impétueux dont les eaux produisent les crues du San-Francisco, du Yermejo et du Juramento.

Salubrité. — C'est à la suite de cette saison des pluies que le dessèchement des lagunes et des terrains inondés vient, comme dans la province de Tucuman, causer des fièvres intermittentes, qui ont même un caractère plus grave dans la vallée de Lerma, près de Cobos, et surtout de la lagune Del-Buey. La négligence apportée dans le système des canaux d'irrigation, dont les eaux sont abandonnées à elles-mêmes lorsqu'elles ont arrosé le champ voulu, contribue beaucoup aussi à créer des flaques stagnantes dont l'effet est pernicieux. — La maladie syphilitique nous a paru avoir un caractère plus grave que sur le littoral ; le goitre est fréquent dans quelques vallées et dans la capitale même. Quant à la pneumonie adynamique de la région andine, on en voit des cas tous les ans, et, de plus^ elle s'y montre quelquefois à l'état épidémique. En général, les maladies observées dans la province de Salta ont un caractère d'adynamie prononcé. Avec une meilleure hygiène publique, la plupart de ces affections disparaîtraient, et déjà la capitale est plus salubre depuis que l'on a mieux soigné les canaux ou tagaretes qui l'entouraient en partie.

Végétation. — Elle est en raison directe de Taltitude et du degré d'humidité, et de l'épaisseur du sol. Les graminées occupent les plateaux et les flancs supérieurs des montagnes, les bois remplissent les quebradas ou gorges et couvrent les versants inférieurs. Les cédrels, les noyers silvestres^ les lauriers, sont les arbres les plus communs

dans Fintérieur de la province; sur les contreforts du plateau et dans les plaines du Chaco, on trouve les grands arbres des pays tropicaux, le quina-quina, le pacara, le lapacho, le cébil, etc.; ce dernier d'une qualité supérieure pour la tannerie. Cette végétation est encore 'plus belle et plus variée dans la lieutenance d'Oran. (Vby. t. I, p. 421 et 423, la Végétation de la région des Andes et de la région tropicale,)

Agriculture. — L'agriculture est fort avancée à Salta. Elle s'exerce sur trois classes de produits : les céréales et les fourrages, les fruits et légumes des pays tempérés, les plantes tropicales. — Dans toutes les vaJlées d'une altitude entre 1000 et 2000 mètres, les céréales telles que le blé, le mais, réussissent parfaitement ; il en est de môme du lin, de la ponune de terre, de tous les légumes d'Europe et de la qoinoa, plante alimentaire particulière aux Andes. Les arbres fruitiers y fiructifient également bien, quoique leur culture soit assez négligée ; la vigne prospère et donne un vin très - alcoolique justement apprécié.

Les champs de luzerne ou al foi f ares sont fort soignés et d'un rapport considérable, vu leur nécessité absolue pour l'entretien et l'engraissement du bétail que l'on envoie au Chili et en Bolivie, et des milliers de chevaux et mulets consacrés aux transports, les pâturages naturels ne suffisant point à cela dans une partie de la province. — • Qaant à la troisième classe, aux produits tropicaux, ce sont avant tout la canne à sucre, puis le tdi)ac, le coton et l'indigo qui les constituent ; mais on ne s'occupe guère que de la canne à sucre, qui constitue une industrie agricole spéciale dans le départementde Campo- Santo , et que l'on commence à développer dans ceux de Los-Cerrillos et du Rosario de la Frontera ; on ne produit de coton et de tabac que ce qu'il en faut pour les besoins locaux, et même l'indigo est tout àfoit abandonné, quoiqu'il ait jadis été à Cobos Tobjet d'une culture taci^Te. Les grandes plantations de canne à sucre du département du Campo-Santo sont très-bien tenues, dirigées avec intelligence et produisent beaucoup. On y emploie des Indiens Matacos et Chiriguanos, qui y viennent travailler à l'époque de la récolte.

ÂifOfAUX SAUVAGES ET DOMESTIQUES. — Le règuc animal présente eiactement les mêmes classes et les mêmes espèces que dans les provinces précédentes. Le jaguar ne se trouve que sur les lisières du Chaeo. Le guanaque et la vigogne se montrent sur les grands plateaux et leurs versants supérieurs. Le caïman se multiplie dans le

274 DESCRIPTION DBS PROVINCES.

vers la Bolivie et les ports du Pacifique, afin de o'avoir point à payer les droits de transit à travers les provinces de Tucuman, Santiago, Gor-

faciles, Tanteur , D. Juan de Dios Usandiyaras, ministre da gonfernement aaltais» liHàami que tons ces chiffres deTaient être augmentés de 30 O/o*

Coanmeree entre Salte et la BeHHe.

Eiportatioiu Importation.

1845 124»283 2,417 Piastres fortes.

Totaux 1,519,149 15,507

Les principaux et presque les seuls articles d'importance sont la coca, le diocolat, le café et les chapeaux de paÛle.

Les articles d'exportation de plus d'intérêt sont : les mules , le bétail en pied , les chevaux, les juments, les ânes, les cuirs tannés, qui forment les trois quarts de cette exportation ; le reste est fourni par des marchandises étrangères qui sont réexportées.

Dans ces dix années, on a exporté :

Mulets et mules 63,092

Bceufs et vaches . 16/)79

Chevaux 2,574

Juments 4,545

Ânes * 2,558

La grande différence qui existe dans la valeur du chiffre comparé des exportations entre l'année 1853 et la suivante^ provient de ce qu'en 1853 on exporta 11,230 mulets, tandis qu'en 1854 00 n'en exporta que 4^80, ce qui donne une différence de 6,750. En 1852 , l'exportation avait été de 7,551.

Coauneree entre Hmltm et rOeéaa PacU^pe.

Exportation. Importation.

1845 23,671 117,995 Piastres fortes.

Totaux 188,158 1,736,169

dova et Santa-Fé, dans la route pour Buénos-Ayres. Depuis rabolition des douanes intérieures, ils se sont mis au commerce avec le littoral ; mais la longueur et le mauvais état des chemins et les troubles qui agitent de temps à autre l'intérieur du pays sont des obstacles qui en ralentissent sensiblement le développement.

Voies de combiunication. — En effet, la province de Salta est séparée du port fluvial de Rosario par une distance de 350 lieues à franchir en charrettes ou en troupes de mulets : c'est Tancienne grande route du Pérou, assez commode pour les simples voyageurs, mais terrible par sa longueur et les frais qu'elle exige pour le transport des marchandises. Il faut aux caravanes presque quatre mois pour y arriver; tandis que quinze jours suffisent pour le trajet en diligence, si

L'importation a consisté en marchandises ; Texportation en or et argent monnayé ou en taire. L'argent en barre a monté à 14,391 marcs dans ces dix années. Il provient de quelques mines faiblement exploitées de Salta, de Jujuy et de Catamarca. Les autres produits de Salta ne peuvent être conduits par la Cordillère du Despoblado pour aller à Gobija, ou celle de San-Frandsco pour aller à Gopiapo. Les marchandises qui viennent du Pacifique sont des articles de fabrication européenne.

Commeree entre Salta et le littoral ar9entin«

Exportation. Importation.

1S4S 10,465 31,498 Piastres fortes.

1M6 5,870 lZsOS2 —

1849 150 llZ;2iS —

1854 ♦î.Hl 32,576 —

Totaux. . 123,627 529,100

Les artides d'exportation ont été uniquement des cuirs secs et tannés et des peaux de duDchilla. L'importation a consisté en effets de manufacture étrangère et en maté.

Le total du commerce général de Salta pendant cette période a donc été, en chiffres offîdeb, de 1,830,934 piastres fortes pour l'exportation , et 2,280,776 pour l'importation. Mais, m tenant compte de la contrebande qui a eu lieu et de Tinexactitude des comptes rendus , M. Usandivaras pense qu'il faut élever annuellement ces chifTres-là à 238,461 pour l'exporttiioD, et 324,407 pour l'importation, c'est-à-dire que la province aurait été obligée de déposer 85,927 piastres de son capital. {Nacional Àrgentino du 1 mars 1856.)

lloas n'avons point les chiffres des années suivantes , mais il est probable qu'ils ont beaueoop augmenté par suite du mouvement général d'affaires qui a eu lieu dans toutes les pro- «ioeea argentines. Cest principalement le commerce avec le littorid qui s'est accru , et qui s'aecroKrm, surtout avec la navigation, déjà établie, du Vermejo.

Ton ne fait pas de séjour. — La route de Copiapo, par la cordillère de San-Francisco, est de 200 lieues; celle de Cobija, port de Bolivie , est également de 200 lieues, par la cordillère du Despoblado, et ces deux routes ne peuvent être abordées que par des mulets. À partir de Salta, pour aller \evs le nord, il faut absolument se servir de ces animaux, aucune route n'ayant encore été rendue carrossable. — Le chemin du Pérou passe par Jujuy, la vallée d'Humaguaca, Potosi, etc. Il est très-fréquenté et n'offre aucune difficulté sérieuse. La bétail est introduit en Bolivie et au Pérou par les plateaux du nord,. qui ont des pâturages suffisants pour les animaux.

La ville de Salta communique avec le littoral par un service hebdomadaire de diligence, qui passe par Tucuman, Santiago-del-Ëstero et Cordova. La distance totale est de 374 lieues. Jusqu'à Tucuman, la raute ne sort pas de la montagne, mais les voitures y peuvent partout circuler, et Ton en a amélioré quelques parties. On peut, en obliquant à l'est, aller directement à Santiago-del-Estero, et gagner ainsi l S lieues ; mais ce chemin, qui passe par des cantons mal peuplés, n'est point encore très-fréquenté. A partir du Juramento, il est presque constamment en plaine ; cette rivière se passe à ^é à la poste Del-Pasage. Un pont est absolument nécessaire en cet endroit. (Voyez l'itinéraire général.)

; Les différents points de la province communiquent entre eux par des sentiers fort accessibles pour les mulets, et les grandes vallées ont des chemins carrossables. La route d'Oran, qui ne compte pas moins de 80 lieues, est praticable aux voitures dans la saison sèche ; mais, lors des pluies d'été, les communications deviennent difficiles; il faut passer sur les versants de la sierra de Calilegua, et chercher les gués les moins mauvais à travers les nombreux affluents du San- Francisco que les orages gonflent alors outre mesure, et dont les eaux charrient d'énormes troncs d'arbres.

La communication principale et la plus utile pour la province de Salta est celle qu'offre le Rio-Vermejo. La navigation à vapeur y est établie aujourd'hui, mais cela ne suffit pas ; il faut que des bateaux pesamment chargés le descendent pour porter les produits encombrants de la province, tels que les cuirs secs et tannés, les laines, les minerais de cuivre, les bois de construction et d'ébénisterie, etc., au littoral. Ces bateaux seraient dépecés à Corrientes ou dans les autres ports du Parana et de la Plaia, et les marchandises de retour seraient rapportées par les bâtiments à vapeur, qui, au besoin, remorqueraient des embarcations plus légères. La sécurité de la na-

PROVINCE DE S\LTA. 277

Yigation du Yermejo dépend du maintien des bonnes relations avec les Indiens qui vivent sur ses rives, et la politique des Saltefios a touîours été celle de la paix avec leurs tribus.

On s'est occupé, dans ces derniers temps, d'ouvrir une route carrossable de Salta à la Esquina-Grande, aujourd'hui Colonie-Rivadavia, sur le fleuve. Cette route passe par Cobos, contourne la sierra Del-Alumbre, et vient toucher à l'ancien fort de San-Femando, où finit le pays habité. Il reste encore 50 lieues de désert à parcourir, moitié à travers des bois peu épais, moitié à travers des plaines^ puis les marécages du Rio-del-Valle à éviter. Ce chemin est reconnu tout entier, et parcouru aujourd'hui à dos de mulet ; mais il faut qu'on achève de le rendre praticable aux charrettes. La Esquina se trouve ainsi à 100 lieues de Salta, et seulement à 40 d'Oran. Ce port est préféré à celui de Las-Juntas, parce qu'on peut y arriver en toute saison, tandis que plus haut il y a quelques bas-fonds, lesquels, à l'époque de l'étiage, rendent difficile la marche des grosses embarcations jusqu'à l'embouchure du San-Francisco, et surtout jusqu'à Oran. Il deviendra nécessairement un grand entrepôt de commerce, non-seulement pour la province de Salta, mais encore pour celle de Jujuy et tout l'ouest de la Bolivie. L'immense département de Santa-Cruz de la Sierra, et la province de Tarija, y trouveront leurs débouchés naturels. Déjà, depuis six années, le commerce de la lieutenance d'Oran avec ces provinces a triplé.

Population. — La population de la province de Salta s'est formée comme à Tucuman et à Santiago-del-Estero, par le mélange des conquérants avec les tribus indiennes, qui l'habitaient. Presque toutes ces tribus étaient de race calchaquie, portaient le quichua et reconnaissaient l'autorité des monarques Incas de Cuzco. Cependant le sang caucasien ne tarda pas à prédominer dans les familles appartenant à l'aristocratie, et aujourd'hui les traces du premier mélange sont entièrement effacées dans les hautes classes, mieux effacées même que sur le littoral. En revanche, on les reconnaît facilement dans le peuple des campagnes, et même, dans quelques cantons de la montagne, les habitants sont des Indiens presque purs. Le total de la population dépasse aujourd'hui 80,000 âmes (1). La plus grande partie se livre à l'agriculture et au commerce ; la minorité s'occupe d'industrie pastorale.

(1) La population de la province de Salu était éfaluée en 1825 à 40,000 âmes. En 1854 , le vicaire apostolique du diocèse, D. Manuel Antonio Castellanos, dans un rapport au ministre

Les habitants de cette province (Salteflos) sont intelligents, laborieux, doués d'un remarquable esprit industriel et commercial, et ont des dispositions notables pour les sciences physiques et mathématiques. Ils aiment Tordre et la tranquillité; c'est, depuis l'année 1824 , la province argentine qui a été la moins agitée par les troubles civils , la seule où le sang n'ait presque jamais coulé. Elle est restée étrangère aux prises d'armes de 1830, 1840 et 1861, et a profité habilement de son éloignement du littoral pour ne point se mêler dans toutes les déplorables querelles qui ont tant de fois désolé les champs argentins. Les rudes épreuves par lesquelles elle passa pendant la guerre de l'indépendance, de 1810 à 1819, ont été une leçon qu'elle a montré ne point avoir oubliée. Grâce à ses calmes habitudes, elle a été depuis cette époque le refuge des émigrés de tous les partis, non-seulement de la République argentine, mais encore de la

de la justice et des cultes, Testiinait à 64,800. D'après nos calculs , elle atteint aujourd'hui ao moins 80,000 âmes, et serait ainsi répartie :

1884. tSmM.

Département de S ViUedeSalta. . . . 8,000 j 10,000 K^^nn

la Capitale. ( Campagne de SalU.. 6,000 I **'"^ 8,000 j ^'''"^

Département de La Caldera 600 1,000

<— dei Campe Santo 1,200 2,500

— de Anta. . ! 2,000 2,500

-^ det Rosario de la Frontera 6,000 8,000

— . deCandelaria 1,500 2,000

— de San José de los CerriUos. . . . 3,400 4,000

— delRosario de los CerriUos. . . . 4,500 6,000

— de Chicoana 2,000 3,000

— de Guacfaipas 3,000 4,000

— de 8an.Carlos 4,500 6,000

~ del Carmen 3,000 3,500

. » de los Molinos 3,500 4,000

^ de Cachi !...... 4,000 4,500

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