‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 25 sur 60 · IMPORTATION · texte numérisé non relu

IMPORTATION

Piastres fortes.

De Bolivie 3,514

; Da Chili 517,023

Oh littoral 275,328

Total. ... * 795,865

La différence de la valeur entre l'importation et l'exportation , qui est de 208,098 piastres

«Clé soldée eii espèces.

En 186b, la proportion avait bien changé, grâce au progrès accompli dans la province. On

^nlnit U vaieur des exportations aux sommes suivantes :

Voies de communication. — Par suite de la disposition de ses chatnes de montagnes, les communications de Tintérieur de la province de Catamarca ne peuvent se faire qu'à dos de mulet. La Capitale peut cependant avoir une route carrossable jusqu'à la Rioja, distante de 49 lieues, comme elle en a une pour Cordova, qui est à 118 lieues au sud. Cette dernière route traverse le désert des Salines dans une longueur de 28 lieues ; c'est la partie la plus difficile du voyage, seulement faute de fourrage et d'eau, car le sol est plat. Un service de diligences y est maintenant établi et fait un voyage par semaine. On communique avec Tucuman et Santiago del Estero, par la vallée de Paclin et la Cuesta del Totoral. La distance est de 63 lieues pour Tucuman et de 66 pour Santiago. — On va à Salta par Andalgala et Santa-Maria ; toutefois, la distance reste la même que par Tucuman, c'est-à-dire de 135 lieues et le chemin est plus mauvais. Rien d'affreux, en effet, comme les côtes de la Chilca, au-dessus de Singuil , avant d'arriver à Andalgala, et, comme celle de la Negrilla, sur la route d' Andalgala aux mines de las Capillitas. — On va de Santa- Maria à Belem (40 lieues) par le Cainpo de los Pozuelos et Gualfin. — De Belem, oji communique avec Andalgala ou Poman en traversant le désert des Salines (30 lieues). Pour aller de la Capitale à Belem, il faut traverser le sud de la Sierra d'Ambato par là quebrada de la Goncepcion, puis gagner Poman et traverser le désert, en tout 60 lieues; De cette ouverture on peut aller directement à Tinogasta (70 lieues) et aux Andes, par le désert, la pointe de los Colorados et Copocabana. — Le chemin du Chili part de Tinogasta et passe par Anillaco, la Troya, la Tamberia, le Machaco , la Cordillère de la Èstanzuela et Barrancas Blancas. Il y a 133 lieues de ce bourg à Copiapo. La route de Belem à Tinogasta (22 lieues) passe par la côte {cuesta) deZapata, qui pourrait être facilement améliorée. (Voyez l'Itinéraire général.)

Piastres fortes.

Vins cl caux-de-vie 40,500

Bétail en pied, bœufs , mules et ânes 37,000

Fourrages ^ 1,200

Cuivre (9,300 quintaux) 158,100

Total 250,800

La valeur moyenne annuelle de l'exportation, pendant la période décennale précédente, n'avait été que de 58,776 piastres : elle avait donc presque quadruplé en 1860. — L'exportation des liquides employait 2,003 nmlets; le service des mines et fonderies de cuivre , 1,600. — L'importation des objets de fabrication d'outre-mcr avait augmenté en proportion; depuis, ce mouvement commercial s'est maintenu.

PROVINXE DE CATAMARCA. 378

Population. — La population de la province de Catamarca est formée, comme celle de Salta et de Jujuy, du mélange des conquérants espagnols avec les indigènes de la contrée, c'est-à-dire avec les Iribus calchaquies connues alors sous le nom de Quilmès, Calianès, Andalgalas, Gualfinès, Tinogastas, Fiambalas, etc., toutes de race Quichua, et dont le nom est resté aux centres de population qu'elles habitaient et qui ont été l'origine des villages modernes. — Les deux races ont fini par se mélanger si intimement, qu'il ne reste plus d'Indiens purs que dans quelques rares cantons de la montagne; Tusage de la langue quichua a presque entièrement disparu, tout le monde parlant maintenant espagnol dans la province. Le chiffre de la population doit atteindre aujourd'hui près de 80,000 âmes; elle a beaucoup augmenté dans ces dernières années , tant par son accroissement naturel que par le mouvement d'immigration qu'a déterminé l'industrie minière (1).

(I) Eo 1825, le Congrès national argentin estimait la population de la province de Catamarca à 30,000 âmes , en lui demandant un contingent de 400 hommes de troupes de ligne pour l'armée. — En 1830, on portait ce. chiffre à 3r),000. — De cette époque à 1854 , nous De coDDaissons aucun recensement provincial ; mais , cette année-là, D. Benediclo Ruzo en éraloait la somme totale à 56,000 âmes, ainsi réparties :

Ville de Gauroarca. . ^ 5,000

Annexes de la Capitale (Anejos) 7,000

Département de Piedra-Blanca 10,000

Département de TMto G,000

Département d*Ancaste 8,000

Déparlement d'And.ilgala (avec Ponian) 5,500

Département de Santa-Maria 4,400

Département de Belem 4,000

Département de Tinogasta 5,500

Total 56,000 âmes.

Dis ans se sont écoulés depuis cette époque, et, d'après le mouvement de population du fli^partement de la Capitale et de ses annexes , mouvement qui s'est accompli également dans \n aotreSy nous croyons pouvoir la porter aujourd'hui aux chiffres suivants :

Ville de Catamarca 6,000

Campagne de la Capitale 11 ,000

Département de Piedra-Blanca 15,000

Département de r Alto 8,000

Département d'Ancaste 11,000

D^nrteroeDt d'Andalgala 8,500

Département de Santa-Maria 6,500

Département de Belem 6,000

Département de Tinogasta 8,000

Total. ........ 80,000 âmes.

L'ciamen de la p^Tiode décennale de 184 G à 1857 exclusivement a donné pour la pade la Capitale :,3,964 baptêmes et 1,176 enterrements , par conséquent une augmenta-

a74 DESCRIPTION DES PROVINCES,

Les Catamarqueilos sont d'un naturel paisible et rangé; point brillants, mais solides et bons travailleurs. Les femmes s'y font remarquer par leur activité et leur application à toutes les occupations utiles. Ces qualités se rencontrent surtout dans les cantons où Ton fait de Fagriculture, car, dans ceux où la population se borne à l'élève du bétail, la paresse habitiielle du pasteur se retrouve comme dans la région pampéenne. Quoique l'industrie manufacturière ne soit pas encore développée, on rencontre, chez les ouvriers des villes et villages, une habileté de main notable ; il ne leur manque qu'un bon enseignement pour exceller dans tous les arts mécaniques.

Gouvernement et administration. — La province de Catamarca se constitua à part en 1821, et, en 1822, adopta un statut provincial qui l'aconduite jusqu'en 1835, époque à laquelle elle a promulgué la constitution particulière qui la régit aujourd'hui. — Le Pouvoir législatif est exercé par une chambre de représentants nommés directement par le peuple, à raison de quatre pour la Capitale, deux pour . ses annexes, Capallan et Valleviejo, deux pour chacun des autres départements de la province. Leurs fonctions durent deux années ; ils sont rétribués par l'État, et toujours rééligibles. fly a deux sessions par an. Tune du 5 au 31 mai, l'autre du T' septembre au 30 novembre.

Le Pouvoir exécutif est exercé par un gouverneur élu par la chambre des représentants, à laquelle on adjoint quatorze électeurs spéciaux nommés, comme les députés ordinaires, à raison de deux par chaque département, moins la Capitale. La durée de sa magistrature est de trois ans, et il n'est rééligible qu'après l'intervalle d'une période administrative. Il est assisté d'un ou plusieurs ministres, secrétaires à son choix. Une disposition particulière lui enjoint de faire, pendant son administration, une visite générale de la province.

Le Pouvoir judiciaire incombe à une chambre de justice composée d'un président et de deux assesseurs. Les magistrats sont nommés par la chambre législative ; leurs fonctions durent trois années, et ils sont rééligibles. Il y a, en outre, un procureur général (fiscal général) relevant de la chambre de justice. La magistrature inférieure, telle que celle des juges de première instance et des juges de paix, est nommée par les Municipalités. Celles-ci existent dans chaque chef-lieu de dé-

lion naturelle Je 2,788 habitants. Le mouvement ascendant a éu!^ beaucoup plus marque dam la période actuelle, et il y a eu en uulrc quelque immigration, tant des provinces voisines que de l'étranger. ^

PROVINCE DE CATAMARCA. 375

partement; leurs attributions sont fort étendues, car, outre leurs fonclioDs habituelles, elles ont droit d'exercer une surveillance sur les actes de la chambre de justice et du pouvoir exécutif, et d'adresser à la chambre législative leurs observations. Les municipaux sont nommés par tous les chefs de famille du chef-lieu.

Un règlement de Police fort étendu, fort complet et même sévère dans quelques-unes de ses parties, a été voté par la chambre législative en 1856. Cette branche de l'administration est confiée à un chef de police générale pour toute la province ; celui-ci a sous ses ordres un commissaire par département, qui est le juge de première instance, et par district un sous-commissaire, lequel est en même temps juge de paix.

Vmtruction publique est médiocrement développée. On compte un collège d'instruction secondaire dans la Capitale, une maison spéciale pour les orphelines (educandas)^ et deux écoles primaires soutenues par l'État. Le couvent des Pères franciscains fait suivre des cours d'humanités à quelques jeunes gens. -^ Il y a des écoles de garçons daus chaque chef-lieu de département, mais point dans les districts. La dissémination des petits centres de population, hameaux et estancias, rend difficile la création d'établissements d'instruction primaire en nombre suffisant.

Culte et clergé. — Grâce à l'existence d'un couvent de franciscains contemporain de la fondation de la Capitale, le service du culte est bien fait dans toute la province. Non-seulement toutes les cures paroissiales sont pourvues, mais beaucoup de succursales ont des desservants. Dans tous les centres de population de quelque importance, il existe une chapelle desservie parle vicaire ou le curé, le plus proche.

Force armée. — Catamarca n'a point de frontière indienne à sur-

leiller. Le service militaire se réduit à celui de la garde nationale,

qui compte 14,000 hommes inscrits, infanterie, cavalerie et artillerie.

— La seule force armée qui soit sur pied habituellement se compose

* des piquets de gendarmerie ou celadores employés par la police.

Revenus et budget. — Avant 4853, la province se faisait un releou de 20,000 piastres avec les produits du droit de transit, de douane et de la dlme. Tous ces impôts ayant été abolis, on en est réduit aujourd'hui aux ressources fournies par la contribution territoriale, les patentes, le papier timbré, les droits de marque, d'abatage du bétail, etc... — Toutes ces sommes réunies dépassent de peu le chiffre précédent ; mais le revenu va croissant, et le budget de

appartiennent; elle a de plus quelques pensionnaires qui payent une modique pension. Le collège^ dont les études sont tout à fait iiicomplètes, vit également de ses ressources propres. Il possède quelques biens-fonds ; entre autres Testancia de la Merced, dans la vallée de Paclin, et celle de la Concepcion, dans la quebrada de ce nom. Les franciscains vivent du casuel du culte et d'aumônes.

Catamarca est situé par 28® 12' de lat. sud, 68** 48' de long, occ, et S30 mètres d'altitude. Le climat y est chaud, le ciel pur, dix mois de Tannée; il n'y pleut que l'été. La population atteint aujourd'hui 6,000 âmes.

Le département, ou plutôt la campagne de la Capitale est divisée en cinq sections : celles du Nord, de l'Ouest, du Sud, de l'Est, enfin celle du Sud-Est ou de los Pozos (des puits).

La section du Nord ne comprend qu'un district, celui de Cholla, dans la montagne, village qui renferme un sanctuaire très-fréquenté de Notre-Dame de la Conception. On y fait un peu d'agriculture et l'on y élève du bétail.

La section de l'Ouest en compte trois, également situés sur le versant oriental de l'Ambato : la Toma^ los Ojos de Agua et los Angeles, Ce sont de simples hameaux composés de quelques maisons; l'industrie y est la même qu'à ChoUa.

La section du Sud comprend les cinq districts de Coneta^ Miraflores^ Villa-Prima, Capallan et Chumbicha. Tous ces points sont des villages avec chapelle situés au pied de l'Ambato, sur une longueur de vingt lieues à compter de la Capitale. On y fait de la culture, grâce aux ruisseaux qui viennent de la Sierra, et l'on y récolte des quantités considérables de blé et de maïs. La vigne y réussit trèsbien également; Chumbicha surtout offre une magnifique végétation et de très-belles cultures. Les fermes à bétail sont situées à l'ouest de ces villages, sur les penchants' de l'Ambato et jusque dans ses gorges. Il est extrêmement difficile de pénétrer dans cette montagne, laquelle, au lieu de présenter, comme presque toutes les dépendances du système andin, une sorte de muraille soutenant des plateaux, forme une série de sillons dirigés du nord-ouest au sud-sud-est, dont il est presque impossible de franchir les arêtes. Il n'y a d'accessible que la gorge de la Concepcion, qui mène à Poman, et celle de la Cebila, près de Chumbicha, qui sépare l'Ambato de la Sierra de Mazan.

La section de Test traverse la grande vallée de Catamarca tout entière, et embrasse jusqu'au versant de la Sierra d'Ancaste, compre-

PROVINCE DE CATAMARCA. 379

nant ainsi neuf districts : la Chacarita , près de la ville; — San-Isidro^ \illage de l'autre côté de la rivière, sur le premier emplacement de la Capitale. — Le Rio-del-Valle est une rivière qui a peu d'eau dans la saison sèche, mais elle est sujette à de fortes crues pendant Tété ; aussi les cultures doivent-elles être tenues un peu éloignées de ses bords. Toutes ses eaux sont absorbées par Tirrigation ; le surplus, lors des crues, va se perdre dans les sables. — Valle-Viejo^ Sumalado^ Porco^ sont des hameaux à une courte distance delà rivière; Santa- Rosa et Partezuelo se rapprochent de la montagne. Portezuelo est un village à l'entrée de la vallée de Paclin. Santa-Criiz et Gnaycamas, villages avec chapelle, touchent à la Sierra d'Ancaste, que l'on nomme aussi Del- Valle^ parce qu'elle forme la paroi orientale de la grande vallée de Catamarca. Cette vallée, qui renferme tout le départment rural de la Capitale, a ainsi près de trente lieues de long sur une largeur qui atteint jusqu'à quinze lieues à son extrémité sud.

La section des Puits ou du sud-est renferme la vaste plaine aride qui termine la province vers le sud ; les eaux du Rio-del-Valle n'y arrÎTent en aucune saison. Il n'y croît que des broussailles, des mimosas de diverses espèces, enfin tous les arbres peu élevés de la plaine intérieure argentine. On y entretient quelque bétail que l'on abreuve à l'aide de l'eau, généralement un peu saumâtre, des puits qu'on y creuse. C'est par cette plaine, toujours altérée, que passe la route do Catamarca à Cordova. Elle est desservie par des postes organisées dans lesestancias échelonnées jusqu'au grand bassin des Salines où le désert devient absolu sur un espace de vingt-huit lieues. — La campagne de la Capitale compte aujourd'hui \ 1,000 habitants.

Le département de Piedra-Blanca est situé au nord du précédent et dans les longues vallées qui s'étendent, du sud au nord , jusqu'au massif central de l'Aconquija ; aussi le partage-t-on en trois canones ou canons, gorges allongées qui sont celles de Piedra-Blanca, de Pucarilla et de Paclin. — Le canon de Piedra-Blanca, d'une faible altitude, situé entre la Sierra de Gracian et le nord de l'Ambato, est parfaitement arrosé par le Rio-del-Valle. On y cultive la canne à sucre, le tabac, le coton, les arbres fruitiers de toute espèce. C'est la plus riche et la plus belle vallée de toutu la province et aussi la plus peuplée : sur une longueur de sept lieues et une largeur qui va jusqu'à deui, tout le terrain est cultivé et couvert de villages et de fermes. On y compte six centres de population avec chapelle : San- Antonio^ Callecita, Rosario^ Collagasta^ Pomancillo^ la Piierta.

Le cafton de Pucarilla fait suite à celui de Piedra-Blanca, mais le terrain est plus élevé. On y cultive le blé^ le maïs, la vigne, le tabac, les arbres fruitiers de toute espèce. Dans la partie la plus haute et sur le versant septentrional, vers Singuil, on ne s'occupe guère que de bétail. Use partage en trois districts : Rinconada^ Bolson eiSinffuil. Par jcette dernière estancia passe le chemin de Catamarca à Andalgala, fort mauvais si Ton prend par la côte de Chilca, mais qu'on évite en allongeant un peu la route et en passant par celle de Carapunco et le hameau de Billavil, chemin qui contourne par le sudouest le massif central ou Clavillo de TAconquija.

Le cafion de Paclin^ qui commence au Portezuelo, est humide et boisé. Sa rivière arrose, outre cette vallée, les districts de Portezuelo, de Santa-Cruz et de Guaycamas, qui appartiennent au déploiement de la Capitale. La route de Catamarca à Tucuman le traverse et le quitte à la Merced pour franchir la côte du Totoral et gagner le revers oriental des derniers rameaux des Andes. On y cultive principalement les céréales et le tabac, et on y élève du bétail. — Six districts: Yocan^ village ; los Amadores^ estancia ; la Merced^ où il y a une chapelle ; Paclin^ la paroisse; San- Antonio, estancia; Balcosna, hameau. — io,000 habitants.

Le département de TAlto occupe toute la Sierra de ce nom, depuis la frontière de Tucuman et de Santiago. Cette Sierra n'est pas très-élevce; aussi est-elle partout couverte d'excellents pâturages et de belles forêts sur ses versants orientaux. On y cultive un peu les céréales; toutefois l'industrie principale est celle de l'élève du bétail : bœufs, chevaux, moutons, chèvres, et surtout mulets. L'agriculture occupe les petites vallées ouvertes sur la plaine orientale. Il y a quelques tanneries, et l'on y fabrique des selles et harnais de chevaux. — Ce département se divise en deux pailies : la montagne avec trois districts : Alto^ la paroisse; Guayamba^ hameau; Bilismano^ hameau avec une chapelle ; la plaine, avec trois districts également : Manantiales^ village avec chapelle ; Ohanta et /ew Canas^ estancias situées aux bords de ruisseaux dont les eaux sont consommées pour la culture. — 8,000 habitants.

Le département d*ANCASTE ressemble au précédent; on y a les mômes cultures et les mômes industries. Il occupe tout le sud-est du rameau le plus oriental de TAconquija, et a une partie dans la Sierra et l'autre dans la plaine. La partie montagneuse compte trois dis-

.PROVINCE DE CATAMARGA. 381

tricis : Ancaste, la paroisse^ Icdna et Motegasta^ chapelles. — On en compte cinq dans la plaine : San- Francisco^ village ; Chorro et JRatnblon^ estancias; Rosario^ chapelle; Anjulé^ hameau. — Population : 11,000 habitants.

Le département DEL-FuERtE de Andalgala est ainsi nommé d'un fort qui y fut autrefois construit par les Espagnols au milieu du pays des Anddlgalas, Tune des plus braves tribus calchaquies de la contrée. Il se trouve au pied austral du massif de TAconquija et à la naissance de l'Ambato, au bord du vaste désert de la Saline catamarquaise, tît embrasse les vallées de TAtajo au nord et celle de Poman au sudsud-est. — Le bourg d' Andalgala est un gros village qui progresse singulièrement depyis . dix années par suite de la grande activité imprimée à l'exploitation des mines de TAtajo ; c'est le centre de population le plus important de la province après la Capitale. Le comïiierce y est très-développé, en conséquence de la grande quantité de iiaarchandises d'outre-mer qu'on y exporte pour Tusage des mineurs, li'autre part, l'agriculture y est fort avancée, et on en exporte des quantités considérables de vins, d'eau-de-vie, de figues sèches, etc. Tous les cuivres qui sortent des usines de Bisbis, d'Amanao et de la Quebrada de Cholla y passent. La position d'Andàlgala, au pied du tïiassif énorme du Clavillo d'Aconquija, toujours couronné de neige ^t souvent de nuages orageux, est des plus pittoresques. Fertilisé par l^s ruisseaux qui en descendent, son sol, formé en partie d'un sable granitique à gros grains, est parfait pour la culture des arbres fruitiers et de la^igne, qui y donnent des produits de qualité supérieure. l-*^ seul fléau à craindre est la sauterelle, qui s'y montre de temps à ^Utre.

Le désert des Salines s'étend au sud et au sud-ouest et y couvre un ^^pace de quatre cents lieues carrées. La pente de ce vaste bassin est ^ers le sud-est; il forme un cirque entouré partout de montagnes ^cnt l'ouverture est, aux Quebradillas^ dans la province de la Rioja, ^^ l'altitude générale du sol est réduite à trois cent cinquante mètres, ^^'est par là que passe TArroyo-Saladillo, qui paraît la décharge de ^^ partie sud du bassin au temps des pluies.

Le département d' Andalgala se divise en deux sections, Andalgala

^t Poman. La section d'Andalgala se subdivise en cinq districts : le

tïourg dont nous venons de parler ; — Cholla^ village à l'entrée de la

^ebrada de ce nom, par laquelle on va aux mines de las Capillitas,

^û gravissant la rive côte de la Negrilla. On y trouve la fonderie de

38l DESCRIPTION DÉS PROVINCES.

Malbran. De Cholla dépendent Tancien majorât de Guazan, magnifique propriété, créé primitivement par les jésuites, et les belles cultures ^Ingamano^ sur la limite du désert ; Bisbis et Amanao^ dans les quebradas de ce nom, sont des fonderies de cuivre en activité, (Voyez tome II, page 413, industrie minière de Catamarca.) — BUlavil^ à Test du chef-lieu dans une jolie vallée, est un hameau agricole situé sur la route de la côte de Carapunco, par laquelle on

peut aller, soit à Tucuman par Monasterio et la côte d'Aconquija, soit à Catamarca par Singuil.

La section de Poman est sur le revers occidental de la Sierra d'Ambato, dans une série de gorges formées par ses contre-forts. La vallée où se trouve cette paroisse forme trois districts : Poman^ Mutquin et Bincon de Malcasco^ deux villages avec églises ; on y remarque aussi les cultures de Colpes et Pisapanaco. Des estancias au voisinage de la saline y élèvent quelque bétail, qui s'y nourrit principalement de la feuille et du fruit du caroubier [algarrobo). — Il part de Poman deux routes qui traversent le désert, l'une pour Belem, l'autre pour Tinogasta. La route du Fuerte longe l'Ambato vers le nord. — Population du département d'Andalgala : 8,300 habitants, dont 2,000 pour la section de Poman.

Département de Santa-Maru. — Au nord de la province, de l'autre côté de la Sierra del Atajo et entre les chaînes de l'Aconquija et celle de Quilmez. Il se divise en deux parties, la vallée de Santa-Maria proprement dite, la seule partie qui soit cultivée, et le cirque désert de los Pozuelos, avec les quebradas de la Sierra de QuUmez, où il n'y a que de rares estancias. — La vallée de Santa-Maria est arrosée par la rivière de ce nom qui va se jeter dans le Rio Guachipas (Juramento), et par plusieurs ruisseaux descendant des montagnes qui formentses parois. Son altitude est considérable, de 1,800 à 2,300 mètres ; aussi le climat y est très-variable, chaud le jour et froid la nuit, quoique sa latitude soit entre 26" 40' et 27° 30'. — Elle produit des céréales, du maïs, des fourrages, des pommes de terre, tous les arbres fruitiers de l'Europe moyenne. Le pommier, le poirier et le pêcher y prospèrent. On y récolte un vin rouge très-capiteux.

Le département se divise en huit districts. — Santa-Maria^ la paroisse, située par 1,900 mètres d'altitude, bourg très-peuplé, moins toutefois qu'Andalgala et entouré de belles cultures. — Ingetiios del Paso, à trois lieues sud du chef-lieu, où sont les fonderies de cuivre de la maison Laforne> qui possède les mines principales de

PftOVlNGIi: DE CATAMARCÂ. 383

Las GapiUitas. Quoiqu'il y ait 27 lieues entre ces deux points, il est avantageux d'avoir établi là les fonderies à cause de Tabondance du bois, de Teau et des ressources de toute espèce que fournit le canton. Le district S!Ampachango^ au sud-est du bourg, a également une fonderie et surtout de grands potreros (pâturages de luzerne) pour les mulets occupés aux charrois. — San-José^ gros village avec chapelle, et la Punta de Balastro^ centre de culture en céréales, formant deu3^ autres districts sur la rivière. Balastro est la pointe sud de la Sien*a de Quilmez et le point de bifurcation des routes de Gatamarca et de Belem. Las Mojarras, Andalguala^ Yapesj sont des estancias dans la montagne. Ony élève surtout des mulets. Au Fuerte Queniadoy près de Santa-Maria, on trouve d'anciennes fortifications indiennes. Dans la quebrada de Quilmez, d'où sort la rivière qui coule d'abord du nord au sud, puis fait un coude presque à la pointe de Balastro, pour couler du sud au nord, se voient d'autres traces des anciennes habitations du pays, Calians, Quilmes, qui y défendirent si longtemps leur indépendance.

Le cirque sablonneux de los Pozuelos occupe le sud de ce département, n n'a pas moins de 15 lieues de diamètre, est absolument dé- ^rl et le vent y souffle souvent avec furie. Il faut cependant le tra- ^erserpour aller aux mines del'Atajo ou à Gualfin, premier village de la vallée de Belem. Population du département, 6,500 habitants.

Département de Belem. — Dans les dépendances de la Sierra del A.t«jo, laquelle détache au sud un grand rameau formant la chaîne i^ Belem et ses cordons qui, par celle de Chango-Réal, vont s'unir grand massif des Andes. La vidlée de Belem, qui s'ouvre sur le sert des salines, est large, bien arrosée et très- fertile. La culture et *^^^ productions y sont les mômes qu'au fort d'Andalgala. Le département se divise en cinq districts: — la Paroisse, située danslapar- ^^^ la plus large de la vallée; — Londres^ au sud-ouest du chef-lieu, ^^run ruisseau qui y débouche ; — San-Femando, au nord de Be- ^^m; — Gualfin^ au nord de San-Fernando, sur la partie supérieure ^« la quebrada et à l'endroit par où l'on peut pénétrer dans le cir- ^iie de los Pozuelos, ou se diriger sur le nord-ouest. — Le cinquième ^iistrict est formé par la vallée de la Laguna-Hlanca , tout à fait réparée de la précédente et au nord-ouest. Les cultures de toute espèce s'étendent jusqu'au-delà de San-Fernando, à 10 lieues nord du chef-lieu* A Gualfin, on ne s'occupe guère que de bétail. La vallée deLaguna-Blanca, à 40 lieues de Belem, n'est occupée que par des

pasteurs et des chasseurs de \igognes et de guanaques. On y cultive cependant la pomme de terre et la luzerne, mais en petite quantité. Le pâturage naturel est bon et Ton y met à se refaire les bestiaux et les bêtes de somme qui doivent faire les voyages de la Cordillère. C'est là que l'anglais Ledgers avait élevé les alpacas et lamas qu'il .a transportés si heureusement en Australie. Belem est à 70 lieues de Catamarca, 30 d'Andalgala et 34 de Tinogasta, avec lequel il communique par la côte de Zapata. — Population : 6,000 habitants.

Département de Tinogasta. — Le plus occidental de la province et accolé à la grande Cordillère. Il se compose d'une série de grandes vallées, tantôt longitudinales, tantôt ovales, d'une altitude qui n'est jamais inférieure à 1,000 mètres et atteint même 2,000 en certaine localité. On y fait de l'agriculture : les céréales et les vignes sont l'objet d'une culture spéciale ; la principale industrie cependant est d'élever et surtout d'engraisser du bétail pour lui faire passer les Andes et pourvoir à l'approvisionnement de la vallée de Copiapo au ChiU.

Il est divisé en six districts : Tinogasta^ le chef-lieu, village considérable, situé au milieu d'une belle et large vallée, par une altitude de 1,200 mètres; Barrial hameau, situé entr^ le précédent et Copocahana^ grande réunion de cultures et de maisons qui vont jusqu'à la limite de la Rioja, où l'on trouve une population assez considérable, de belles propriétés, entre autres celles de D. Adrien Villegas et une église supérieure à celle du chef-lieu. San-José^ au nord de Tinogasta, renferme un bureau de douane, qui contrôle le commerce avec le Chili. Tout près on y oit Anillaco, dans la vallée d'Anucan à l'ouest de San- José; c'est un ancien majorât où l'on remarque les ruines très-bien conservées d'une forteresse indienne qui existait à l'époque de la conquête. Enfin vient Fiambala , \illage et succursale au nord d'Anillaco, célèbre par l'excellence et le rendement de ses cultures en blé et ses eaux thermales. Ce point est en outre important par sa situation sur un des débouchés de la cordillère de San-Francisco ; le terrain a été étudié au point de vue de la possibilité d'y faire passer un chemin de fer. Le commerce du département de Tinogasta, se fait principalement avec le Chili. C'est par là que passent les deux routes de Barrancas-Blancas et de San-Francisco, par lesquelles on peut franchir la barrière des Andes et atteindre les côtes du Pacifique. — Population: 8,000 habitants.

. PROVINCE DE GATAMARCA. IBS

§ III. — Histoire abrégée de la province de Catamarca.

La province de Catamarca, lors de la découverte, était le centre de la résidence de la nation Galchaquie, qui reconnaissait la suzeraineté des monarques incas. Ses tribus, toutes agricoles et répandues sur les divers ruisseaux fournissant à Tirrigatiou des vallées actuelles, étaient gouvernées par des caciques (curacas)^ vassaux de Tempereur deCuzco; on y parlait le Quichua, dont l'usage a persisté jusqu'à nos jours chez quelques rares montagnards des départements de Tinogastaetde Belem. Ces tribus portaient les noms qui sont presque tous restés aux vallées et aux villages actuels. Les Catamarcas habitaient les vallées de Belem et de Piedra-Blanca ; les Gualfinès la quebrada de ce nom ; les Tinogastas, les Fiambalas , les Andalgalas, les Capallanès, les localités qui sont connues sous cette désignation.

L'expédition d'Almagro au Chili , après la mort de l'Inca Atahualpa, fut la cause de Tenvahissement du pays des Calchaquis par ses lieutenants. Nous avons raconté, en parlant des provinces précédentes, l'histoire de la colonisation du Tucuman ; nous ne dirons donc ici que ce qui est spécial à Catamarca, d'autant plus que cette province est celle où les Espagnols tentèrent leurs premiers établissements, celle où la guerre entre les conquérants et les Calchaquis fut la plus acharnée, celle enfin qui fut colonisée la dernière, puisque la Capitale actuelle ne date que de 1680.

En 1543 Diego Rojas, cherchant à faire des établissements dans le Tucuman, et encouragé sans doute par la soumission qu'avaient montrée les populations du Pérou soumises aux Incas, pensa que la conquête du pays des Calchaquis, qui avaient quelque chose de la civilisation péruvienne, serait facile. D'après cç qu'on peut inférer du récit des historiens de la conquête, il pénétra dans la vallée de Belem par les plateaux du Despoblado, la vallée de Calchaqui, celle de Santa-Maria, le cirque de los Pozuelos et Gualfin. Assez bien accueilli par les Indiens, il se fait conduire par eux vers le sud-est, découvre la Sierra de Cordova, où il périt en combattant les Indiens Comechingonès. Son lieutenant Mendoza pénètre jusqu'au Rio-Parana et retient au Pérou par le même chemin.

Juan Nuùez de Prado hérita des découvertes de Rojas et de Men-

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doza, et, en 1850, s'interna à son tour dans les vallées calchaqiiies. A l'endroit où s'élève aujourd'hui le village de Londres, il bâtit une ville à laquelle il donna le nom de Barco. Quelques-uns prétendent que cette fondation eut lieu dans la vallée de Calchaqui , près du Molinos actuel. Nous pensons , d'après les fondations ultérieures , que ce fut dans la vallée de Belem. — Quoi qu'il* en ait été , il est ^ certain que les habitants du pays le reçurent d'abord pacifiquement et que son établissement se fit sans grandes difficultés. Le conquistador Villagran, à son retour du Chili, contesta les droits de Prado et lui substitua Aguirre, en iS83. Celui-ci voulut aussitôt, selon l'usage des conquérants, réduire les populations en coramanderies, et répartit ainsi, dit-on, 86,000 Indiens ; mais alors les Calchaquisse soulevèrent et repoussèrent victorieusement les envahisseurs étrangers. La ville de Barco fut détruite, et Aguirre, obligé de fuir des vallées remplies de peuplades si énergiques, fut bâtir dans la plaine, sur les bords du Rio-Dulce, la ville de Santiago-del-Estero.

Cinq ans après, en 1S58, Juan Ferez de Zurita reprit les projets d' Aguirre , et , après avoir traité avec les Indiens, alla fonder, dans les mêmes vallées de Belem, les villes de Londres, de Caûete et de Cordova(l).

Les années suivantes, Castafleda, qui remplaçait Zurita, s'étant départi de la modération de son prédécesseur, vit tous les Indiens se soulever contre lui, et en tête leur cacique D. Juan de Calchaqui, le même qui avait fait alliance avec Aguirre et avait embrassé le christianisme. Les trois établissements espagnols furent détruits, Castaûeda s'enfuit à Santiago-del-Estero. Aguirre , alors en voyage au Pérou, courut au Chili chercher des secours, et avec ce qu'il ramena, put, non-seulement sauver Santiago, mais encore fonder Tucuman par les mains de Villar oel son lieutenant.

Pendant longtemps, les Espagnols, renonçant à créer des établissements dans les vallées de Catamarca, se limitèrent à ceux qu'ils avaient à l'est de la Sierra d' Aconquija et au passage qu'ils venaient de conquérir dans les vallées d'Humaguaca et de Lerma, par la fondation des villes de Salta et de Jujuy. Ce ne fut que vers le commencement du dix-septième siècle qu'ils revinrent à l'idée d'occuper les vallées intérieures. — De 1570 à 1620, on avait eu avec les Cal*

(1) Zurita donna le nom de Londres, qui est resté à la colonie , en mémoire du mariage de Philippe H avec Marie, fille de Henri VUI, reine d'Angleterre. Canete était le nom du vice- roi du Pérou qui, en 1660, érigea le Tucumanen gouvernement particulier, indépeDdant de celui du Chili, dont il avait relevé jusque-là.

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chaquis de petites guerres suivies de longues trêves ; on leur avait envoyé des missionnaires, ils s'étaient habitués à commercer avec les chrétiens, qui, peu à peu, s'étaient introduits dans leurs vallées et avaient fait accepter à plusieurs tribus le régime des commanderies. Les gouverneurs Mercado, Peftaloza et Alonzo de Ribera étaient panenusà y fonder quelques colonies, entre autres celle de San-Juan de la Rivera de Londres, restauration de l'ancien Londres du siècle précédent.

L'imprudence et la stupidité du gouverneur Felipe Albomoz, en 1627, qui froissa brutalement la susceptibilité de ces braves montagnards en maltraitant les caciques venus de leurs vallées saluer son avènement, excita de nouveau une guerre affreuse. — Un soulèvement général eut lieu depuis Guandacol, dans la province de la Rioja, jusqu'à Humaguaca. Tous les établissements de la campagne furent ruinés et les Espagnols obligés de se renfermer dans leurs villes où la famine, les maladies et les attaques des Indiens les décimèrent. Les secours venus du Pérou leur permirent de reprendre l'offensive et ils exécutèrent de terribles représailles contre les Calchaquis. Luis de Cabrera parvint à faire une paix momentanée qui permit d'en réduire 40,000 en commanderies. Ces mesures ne produisirent toutefois qu'une paix momentanée : les hostilités recommencèrent sous les successeurs d' Albomoz, qui employèrent tour à tour la force ou les négociations pour dompter la population indienne. Le gouverneur Gfl Negrete venait d'obtenir quelques succès à ce point de vue, lorsque, en 1655, la présence d'un imposteur espagnol nommé Bohorquez, qui se disait du sang des Incas, vint ranimer les espérances des Caldiaquis et leur faire croire à la chute de leurs oppresseurs. Bohorquez ne sut pas profiter de son ascendant sur les tribus, ni bien diriger les forces imposantes qu'il avait à son ser\ice et qui l'acclamaient comme le successeur des Incas. Son armée finit par se débander ; il se reodit alors aux Espagnols, et ceux-ci profitèrent de leur triomphe pour exiler 11,000 Calchaquis dans les provinces voisines et même jusqu'à Santa-Fé. Quelques tribus qui ne voulurent pas se soumettre furent détruites.

Cabrera, qui venait de faire cette terrible exécution, ne pacifia pomt pour cela le pays. Neuf ans après, en 1664, la guerre recommença : Mercado, qui était venu reprendre le gouvernement de Tucoman^ résolut de la terminer à tout prix, et fit des préparatifs en conséquence. La plupart des tribus, effrayées par les souvenirs de la guerre de 1 655 , se soumirent ; mais les Calchaquis de la Sierra de

Quilmës ne voulurent traiter à aucun prix. Retirés dans leurs forteresses préparées pour une lutte à outrance , ils bravèrent longtemps les attaques des Espagnols qui finirent cependant par les prendre par famine. La plupart alors préférèrent la mort au servage. On vit des Indiennes briser leurs enfants contre les rochers et se lancer après eux dans les précipices. Les Ac/ilians (1) et les Quilmès, les derniers représentants de Tindépendance nationale, furent détruits; le peu qui restait de leurs guerriers fut transporté avec leurs familles à cinq lieues sud de Buénos-Ayres, où ils formèrent le village de Qiiilmez et se confondirent avec les colons. Ce fut la fin des guerres calchaquies et de cette vaillante et illustre nation. Toutes les tribus, dès lors , acceptèrent le christianisme ; au régime des encomiendas fut substitué une sorte de métayage quia duré jusqu'à l'époque actuelle. Par un mélange continu avec les colons d'origine européenne, les Indiens purs ont disparu et [ont été remplacés par une race métisse qui constitue l'immense majorité des habitants de la province.

Le centre de la population de la province de Catamarca était toujours la vallée de Belem, où l'on avait rétabli la ville de Londres et bâti San-Femando. Ce point était isolé et loin des établissements de Tucuman et de Santiago. Mendoza, gouverneur du Tucuman, se décida à créer un établissement dans la belle vallée de Catamarca, au milieu des Indiens Catamarcas et Capallanes. Une cédule royale, en date du 16 août 1679, l'y autorisa, et Tannée suivante, à l'aide d'un groupe de quelques habitants de Londres, il fonda une ville nouvelle sur la rivière deValle-Viejo, sous le nom de Ciudadde San-Femando de Catamarca. Le H février 1684, le Cabildo de la nouvelle cité ordonna la délimitation de sa juridiction, et quelques années après, par suite des inondations de la rivière, on fut obligé de la transporter sur remplacement qu'elle occupe aujourd'hui. — Depuis cette époque jusqu'à celle de l'indépendance , la province de Catamarca a joui d'une paix profonde, et l'on ne cite aucun fait particulier de son histoire. — Le couvent de franciscains actuel fut établi dès l'origine, et ces Pères, qui ont beaucoup contribué à la civilisation des indigènes, y ont toujours joui d'une considération méritée. -

En 1784, l'évéque de Cordova, San Alberto, y fonda la maison

(1) Les historiens de l'époque appellenl ces Indiens Âcalianès, Acalians. — Sur les dénombrements du village de Quilmès, citô parle Registro esladistico de Buenos- Ayres, ils sont nommés Calianès.

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des Orphelines ; à peu près à la mâme époque , les donations des fidèles permirent de créer le collège.

Lors de l'établissement de la \iee-royauté de la Plata, en 1776, la province de Catamarca fut assignée à l'intendance de Salta, et fut administrée , selon l'usage, par un lieutenant gouverneur. Après 1810, elle continua de dépendre de Salta jusqu'en 1819, époque où eDe s'attacha un instant à la République éphémère de Tucuman. Elle se sépara de cette dernière le 2S août 1821 par une déclaration solennelle, et, se constituant en province fédérale à part, choisit pour son premier gouverneur D. Nicolas Avellaneda Itula. — Depuis, elle s'est trouvé mêlée à tous les troubles qui ont agité l'intérieur de la Confédération argentine et aux querelles des unitaires et des fédéraux.

Son voisinage de la Rioja la fit participer malheureusement aux agitations si fréquentes de cette province, et Quiroga y exerça une grande influence jusqu'à l'époque de sa mort. Les Catamarquais recrutèrent largement ses armées pendant la guerre de 1829-1831. Les violences du parti fédéral de cette époque devaient amener une réaction : elle eut lieu dans la guerre de 1840, époque à laquelle son gouvernement, alors aux mains des unitaires, se déclara pour le général Lavallc, et fit cause commune avec les provinces de la Rioja, de Tucuman et de Salta, également soulevées contre le gouverneur de Buenos-Ayres. Les désastres de Lavalle au Quebracho Herrado, à Cordova et à Tucuman, et la retraite forcée du général Lamadrid, laissent alors Catamarca exposée aux attaques d'Oribe, qui détache sur cette province une colonne de douze cents hommes aux ordres du colonel Mariano Maza. Le gouverneur Cubas est vaincu, fait prisonnier et égorgé ; la plupart des prisonniers subissent le même sort , et une épouvantable persécution a lieu contre les ennemis de l'omnipotence du général Rosas. Cette campagne, et le régime de terreur qui la suit, font régner un calme absolu dans la province jusqu'en 18S2, époque à laquelle la chute de la dictature à Monte-Caseros et renonciation des bases d'un véritable gouvernement national dans la déclaration [Acuerdo) de San-Nicplas, rallient la majorité des Argentins sous le drapeau de la Constitution nationale votée l'année suivante à Santa-Fé. De cette époque à 1861, la province de Catamarca jouit d'une paix profonde : elle fit surtout des progrès sous les administrations Molina et Navarro ; ce fut alors que l'exploitation des riches minerais de cuivre de l'Atajo vint y faire naître l'esprit d'entreprise et d'asso-

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dation, et y développer une prospérité jusqu'alors inconnue. Malheureusement la lutte qui eut lieu en 1861 sur le littoral, et qui devait s'y borner, fut imprudemment propagée dans les provinces du nord. Une courte guerre eut lieu entre Catamarca et Santiago -del- Estero, Tucuman y fut mêlé, la Rioja y joua bientôt le principal rôle, et, pendant presque deux années, le pays fut troublé profondément, sans que pourtant, grâce à Dieu, il n'y ait eu aucune des réactions, des vengeances qui avaient souillé les deux grandes guerres de 1831 et 1841. — Aujourd'hui la province se remet rapidement de ses secousses dernières et reprend son activité agricole et commerciale des années précédentes. Les efforts du gouvernement national pour la relier au littoral par des voies de communications meilleures, par l'établissement de postes et de diligences, facilitent singulièrement ce retour aux travaux féconds de la concorde et de la paix.

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