‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 27 sur 60 · HOMMES · texte numérisé non relu

HOMMES

TOTAL

Caoitale

Famatina

Llanos de la Costa-Baja.

Llanos de laCosta-Arriba Guandacol..

Vinchina

Cosu de Arauco

Totaux

Sur ce chiffre, il j a seulement 39 étrangers. «- Il est à remarquer aussi que le nombre des femmes excède celui des hommes de 2,155. Un pareil phénomène s'explique parfaitement par les mœurs guerrières des départements de la Capitale et de Los Llanos, ce qui implique naturellement une plus grande cdnsommation d'hommes adultes. D'un autre c6té , les Riojanos voyagent beaucoup ; ils sont incessamment occupés aux transports dans les provinces voisines et au Chili , et l'on comprend qu'un recensement fait à jour |fixc présente ainsi un chiffre d'hommes inférieur à celui des femmes naturellement sédentaires.

Quant aux occupations de cette population, elles se répartissaient ainsi :

Agriculteurs • 2,230

Propriétaires de bétail ; • . • 1,054

Mineurs 264

Muletiers.. ..«•..,

Cordonniers. ......

Menuisiers et charpentiers.

Commerçants

Tailleurs

Bouchers

Maçons.

Chapeliers ,

On comptait en fait d'établissements publics :

Ëglises ou chapelles ,

Écoles • . .

MouUns à blé 32

Moulins broyeurs pour les minerais.. • . • 13

Mines en activité ?

Ce tableau a été publié dans le Nacional Argentino , en octobre 1856 , à Parena. — > Il rend assez bien compte de l'état de la province de la Rioja au commencement de 1855 , épo-

Sau-Juan et de Catamarca qui forment Teuceinte du bassin où s'élèfe, au milieu d'une sorte d'océan poudreux et salé, leur île sacrée, leur forteresse, la Sierra de Los Llanos. Ces pasteurs, ignorants de tout ce qui se passe en dehors de leur province, sont à la discrétion du premier chef qui, né dans le pays, sait par sa valeur et son habileté conquérir leur confiance, et lui sont dévoués jusqu'à la mort. Leur organisation sociale rappelle quelque chose de celle des clans des montagnes d^Écosse il y a deux siècles. Plusieurs familles, généralement rivales, y jouissent d'une influence énorme sur les populations, et leur action se retrouve au fond de toutes les agitations du pays. On sait bien que nous ne parlons ici que du peuple et non pas de la classe élevée, fort peu nombreuse il est vrai, qui ne diffère en rien du reste de la bourgeoisie argentine (1 j.

Gouvernement et administration. — Le pouvoir législatif réside en une chambre de députés nommés directement par le peuple dans chaque département, à raison d'un par fraction de quatre mille habitants ou qui n'est pas au-dessous de deux mille ; tous les citoyens sont électeurs à partir de l'âge de vingt ans. La chambre se renou- '^elle par moitié chaque année ; les sessions sont annuelles et durent trois mois, du 1" juin au 1" septembre. Le pouvoir exécutif est exercé par un gouverneur nommé par la

<|tiede calme et de traDquiUité, qui, raaUicureusement, ont été troublés bien des fois, à partir ^ 1857.

Mdgré cela, nous savons que depuis la population a assez augmenté, surtout dans les déptttements agricoles, pour qu'on puisse la fixer aujourd'hui aux chiffres suivants :

Département de la Capitale 5,000 âmes.

Département de Costa-Arriba de los Llanos 4,300

Département de Costa- Baja de los Llanos 6,700

Département de la Costa de Arauco O^hOO

Département de Famaiina 12,600

Département de Vinchina 3,000

Département de Guandacol 2,000

Total en 1803 40,000 dmes.

Les cantons les plus en progrès sont ceux de Famatina , par suite du déploiement qu'y ar pris rindostrie minière, et conséquemraent l'agriculture qui doit pourvoir au besoin des ouvriers des mines en activité. Celui d' Arauco prospère notablement par le développement ^'acquièrent tous les jours ses cultiu*es en céréales, en vignes et en arbres fruitiers.

(1] On troave des détails extrêmement intéressants et une sorte d'histoire philosophique drs de la province de la Rioja dans l'ouvrage que D. Domingo Sarmiento a publié en lft45, le nom de : Quiroga, ou CivilUation et Barbarie, — Ce volume a été traduit en fran - (atiparM. Giraud. enseigne de vaisseau. — Paris, 1863i chez Arthus Bertrand, 1 v. in-18.

COHF. AKGBXT»B. -* T. III. 2G

chambre à laquelle on adjoint un nombre égal de nouveaux députéâ appelés exclusivement pour cette élection. Ses fonctions durent trois années et il ne peut être réélu ayant un pareil intervalle de temps. D est assisté d'un conseil de gouvernement composé de son ministre secrétaire, toujours à son choix, du président de la chambre de justice, d'un membre de la municipalité [cabildo] et de Tancien gouv^* neur.

he pouvoir judiciaire incombe à une chambre de justice composée de trois juges et d'un fiscal (accusateur public). Ces magistrats sont élus par le gouvernement sur une proposition en triple faite par le conseil d'État. Les tribunaux inférieurs sont réglés par la municipalité. La capitale, indépendamment delà chambre de justice, a un juge de première instance pour le civil et le crihi'mel^ un notaire public et deux juges de paix. Chaque département possède également un juge de première instance et un défenseur des pauvres et mineurs, et desjugesdepaix dans les principaux districts. Il y a déplus des juges des mines et des juges des eaux dans les cantons qui en ont besoin.

Hes municipalités sous le nom de cabildos sont installées dans toUs les départements. Les fonctions judiciaires, départies à quelques-uils de leurs membres, relèvent de la chambre de justice; toutefois Toi^anisation du corps municipal est restée encore incomplète jusqu'à ce jour.

ha police est aux mains d'un chef particulier pour chaque département ; il a sous ses ordres des commissaires pour, un certain nombre de districts et un corps de gendarmes spéciaux.

hsL force armée se compose d' un régiment de garde nationale de cavalerie et d'une compagnie d'infanterie par département. Il est difficile d'en dire le chiffre ; tous les Riojanos sont soldats, et au besoin la province pourrait mettre sur pied six mille hommes de milices mobiles.

Culte et clergé. — La province, au point de vue ecclésiastique, dépend du diocèse de Cordova. Elle est administrée par un vicaire général {vicario foraneo) et toutes les cures départementales sont pourvues ; il y a même quelques succursales qui ont des prêtres. On compte deux couvents dans la capitale : celui des Franciscains, qui a quatre moines ; celui de Saint-Dominique, qui n'en a qu'un. L'instruction religieuse n'est guère plus avancée que Tinstruction primaire, car, excepté dans la capitale, àFamatinaet à Arauco, on ne compte d'école nulle part. Sous le rapport de V instruction publique i la province de la Rioja est la dernière de la République argentine ; tout y est à créer. — En 1858, il avait été question d'y appeler des

prêtres lazaristes et des sœurs de Charité pour y organiser l'éducation pour les deux sexes ; des démarches ont été faites dans ce sens, mais les troubles politiques du pays les ont empêchées d'aboutir.

Revenus et budget. — Le revenu total de la pro\ince atteint à peine .dix mille piastres, et il faut que le gouvernement national vienne au secours de son budget, qui est d'ailleurs mis sur le pied le plus modeste, car il ne dépasse point 25,000 piastres. On a décrété la contribution directe à raison de quatre pour mille; on a le produit des patentes, du droit de marque et d'abattage des bestiaux, le produit du papier timbré, la dénonciation des mines, etc.; mais dans une province aussi incomplètement organisée que celle de la Rioja et qui consomme peu, ces ressources financières sont aléatoires. — Quant aux terres publiques^ elles se trouvent dans les mêmes conditions que celles de Catamarca; elles n'ont de valeur que si l'on y peut pratiquer l'irrigation, et pour cela il faut creuser des puits, construire des represas^ faire des barrages dans les gorges des mohtiignes, toutes choses qui demandent de la dépense et de l'activité dans les travaux. Ce n'est qu'avec le temps, et surtout à l'aide de la paix, que la richesse de la province pourra s'accroître, et que son autonomie devra s'appuyer sur des ressources propres et non sur les subsides du gouveruemeot national.

§ n. — Province de la Rioja en particulier. — Départements. —

Districts. — Centres de population.

La province de la Rioja est aujourd'hui divisée eu sept départements ; ce sont ceux de la Capitale, à l'est du dernier rameau des Andes ; — les deux de Los Llanos^ Costa-Arriba et Costa^Baja dans la Sierra de ce nom ; — celui de la Costa de Arauco^ à la pointe nord de la Sierra de Velasco, limitrophe avec Catamarca ; — celui de FawuUina^ dans la longue vallée de ce nom ; — celui de Vinchina^ entre la Sierra de Famatina et les Andes; — enfin celui de Guandacol dans les hautes vallées du massif andin, confinant avec la province de

Sao-Juan.

Le département de la Capitale se compose de la ville de Rioja {Ciudad de Todos los-Sajitos de la Sueva-Rioja) et de sa campagut, qui est fort étendue. — La ville de la Rioja est située à peu près pai' 29* 20' de lat. Sud, 69* 30' de longitude, et 510 mètres d'altitude,

daûs la plaine qui naît aux pieds de la Sierra de Velasco, au débouché de la quebrada de Sanagasta, d'où naît le ruisseau limpide qui l'arrose et en fait une oasis pleine d'ombre et de fraîcheur au milieu du désert. Fondée en 1591, par D. Juan Ramirez de Velasco, gouverneur du Tucuman, elle fut primitivement divisée en quatre-vingtune cuadras carrées, savoir : neuf en tous sens pour la \ille, puis les réserves nécessaires pour les couvents des Jésuites, des Franciscains, des Dominicains, des Pères de la Merci, la paroisse, les chapelles, et celui destiné aux cultures du terrain communal. La Rioja resta longtemps stationnaire : au commencement du dix-huitième siècle , ce n'était encore qu'un village ; mais dans les premières années du dixneuvième, elle avait pris une certaine importance dont elle est déchue depuis. Il est facile de voir à ses édifices, à ses maisons, qu'elle a été plus prospère qu'aujourd'hui. En effet, la place est entourée de bâtiments qui ont été assez beaux, mais qu'on ne répare pas. SL la pai^oisse, le couvent de San-Francisco, celui de Santo-Domingo ^ l'église de San-Nicolas entretenue par la famille Gomez, sont encore en bon état, le couvent et l'église de la Merced sont tombés en ruines; l'hôtel de la Monnaie, ancienne maison des Jésuites, est mal entretenu, et il n'y a plus aucun édifice particulier de quelque apparence. Ce qui est resté magnifique, c'est la végétation des orangers qui remplissent les cours et jardins intérieurs et dont les fruits sont exquis, ce sont les arbres fruitiers qui prospèrent dans le sable granitique et épais de cette oasis, où les rigoles dérivées du ruisseau qui l'arrose maintiennent une utile fraîcheur. — Quant au commerce, il est fort restreint et se réduit presque à l'exportation du vin- et des oranges pour Cordova, en échange des objets de fabrique européenne importés du littoral. L'hôtel de la Monnaie est encore outillé de manière à rendre quelques services , et on y a frappé dernièrement une certaine quantité d'argent. (Voyez tome II, page 410.)

L'avenir de la ville de la RiojH consiste principalement dans le progrès de son agriculture, car sa situation actuelle l'empêche de devenir, d'ici longtemps, un point commercial d'une véritable importance. Elle ne le deviendra qu'après l'achèvement du chemin de fer de Rosario à Cordova, lequel doit amener, comme conséquence nécessaire, l'amélioration de la route nationale de la Rioja, qui peut être rectifiée et même rendue carrossable sans grandes difficultés. 11 serait toujours indispensable, dès aujourd'hui, .de faire un bon sentier à mulets du chemin qui conduit à Famatinapar la Sierra, car ce département est le plus riche et le plus actif de la province; et ses

relations avec la Capitale sont rendues fort rares par l'absence d'une route praticable à tous. Sur 25 lieues que l'on compte entre les deux villes, il y en a 12 qui sont affreuses et que l'on pourrait cependant améliorer sans trop de frais. D'un autre côté, les communications entre les provinces de Cuyo et celles du Nord ne peuvent se faire que par la ville de la Rioja, et cette circonstance, lorsque le pays sera mieux peuplé, en fera un point extrêmement fréquenté par tout le transit de l'ouest.

Les environs de la Rioja sont très-fertiles, lorsqu'on peut y étendre l'eau du ruisseau ; sans cette condition, pas de culture. Malheureusement ce charmant cours d'eau s'épuise presque aussitôt, après avoir arrosé tout au plus une lieue carrée de terrain. La quebrada qui mène à Sanagastaj village d'Indiens dans la montagne, est très-boisée, et l'on pourrait y augmenter les cultures de blé et de vignes qui y réussissent bien. Cette gorge conduit sur les plateaux de la Sierra de Velasco, où l'on s'occupe exclusivement de bétail, seule industrie possible aux habitants de Sanagasta.

La plaine qui forme la campagne de la Capitale est couverte de bois clair-semcs, où l'on trouve quelques fermes obligées d'abreuver leurs animaux à l'aide des puits que l'on y creuse. Mais tout le long de la Sierra, il y a des sources naturelles ou des filets d'eau qui ont permis d'y établir quelques hameaux, ainsi Tutcun et San-Cristoval^ et f assez nombreuses estancias telles que celles A'Ainpiza^ del Estan- JMe, del Carrisal^ àHAmilgancho^ qui sont des chefs-lieux de districts. Ces établissements ont quelques cultures en blé, maïs, vignes et arbres fruitiers; mais leur industrie première est le soin des troupeaux. — La population du département de la Capitale est de 5,000 toies, dont 3,000 pour la ville proprement dite, et 2,000 pour sa campagne, fort vaste en effet, puisqu'elle va du Rio-Salado, décharge du bassin des salines de Catamarca, à Los-Colorados, c'esti-dire sur une longueur de près de 40 lieues, et, qu'à Test, elle atteint li juridiction de Cordova.

La Sierra de Los-Llanos et le vaste bassin au milieu duquel elle selèveont été divisés en deux départements, l'un occidental, c'est celui de Costa-Arriba, la côte haute, l'autre oriental ou de Costa- BiUA, la côte basse ; tous les deux se ressemblent par la conformation du sol et des lignes de collines qui les sillonnent, leurs petites vallées boisées au fond desquelles on trouve des sources, des étargs artificiels et un peu d'humidité. Quelques hameaux y sont disséminés

dans les localités les plus favorables à Tagriculture, quoique celle-ci se limite à la production au mais, d'un petit nombre de légumes et arbres fruitiers. L'industrie première est presque exclusivement l'élève du bétail; nous savons déjà quels sont les instincts, les habitudes et les occupations de la population qui les habite. Ces deux départements n'ont d'autre commerce que celui que leur procure la vente des animaux qu'ils élèvent, l'exportation des cuirs secs, des crins, de la laine, de la graisse provenant de la consommation ; enfin la confection des fromages. — A la pointe sud de la Sierra, on a ouvert quelques mines d'argent et de cuivre, mais les travaux n'ont pas été continués , par suite de la difficulté de rcBContrer des ouvriers et de l'éloignement d'un grand centre de population.

Le département de Costa- Arriba de los Llanos est divisé en cinq districts. — La paroisse est à Catuna del Norte^ pauvre hameau vers l'extrémité nord du cordon le plus élevé de la Sierra ; Patquia est une estancia sur la lisière de la plaine et un point indispensable de passage pour la Capitale. Il en est de même de Hedionda; — Chepes^ au sud, un village avec église ; San-Antonio et San-Isidro sont de simples hameaux avec chapelle.

Le département de Costa-Baja de los Llanos^ à l'est du précédent, a pour chef-lieu la paroisse de Tama^ qui n'a que quelques maisons, mais est le centre d'un canton assez peuplé. Le village de Polco est situé à l'est, au bord des salines de Cordova. Catuna del Sur ou Santa-Rita est un petit village au milieu de la Sierra moyenne ; non loin de là on trouve Testancia d'0//a, où fut assassiné le fameux général Peûalosa, en 1863. On compte encore, outre un bon nombre d'estancîas, les villages d^Ambilei A' U lapes; ce dernier, sur la route qui mène au cœur de la Sierra de San-Luis. — La population totale des deux départements est de 11,000 âmes, dont 6,700 pour celui de Costa-Baja, et 4,300 pour celui de Costa-Arriba.

Le département de la Costa de Arauco, la côte d'Arauco, occupe l'extrémité nord de la Sierra de Velasco et les chaînons qui l'unissent, au nord-est, à celle de Mazan, à l'ouest, à celle de Famatina. Les versants de ses montagnes regardent la plaine des salines de Catamarca. Ce département renferme quelques vallées bien arrosées, entre autres celle de Los Sauces^ où l'on trouve le hameau de ce nom et la paroisse Concepcion de Arauco. Ces cantons sont très-fertiles ; ils abondent en céréales, oliviers, vignes, etc., etc. — Les plantations d'oliviers ont été faites en 1822, parles ordres de D. Nicolas Davila,

alors gouverneur de la province, qui imposa à chaque propriétaire d'en planter un nombre déterminé , et par cette sage mesure enrichit leurs familles et le département. — On y compte encore les TJllages de Mazan^ Angullon^ Machigasta^ les cultures de Pasinche. — Population : 6,500 habitants.

Le département de Famatina est extrêmement étendu en longueur, puisqu'il touche presque à la limite de Catamarca, au nord, et à celle de Sftn-Juan au sud. Il est renfermé dans la vallée de ce nom formée àTouest par la Sierra du Nevado, à l'est par celle de Velasco ; le système transversal de Palman, qui unit ces deux chaînes au nord, y renferme les deux petites vallées de Las Campanas et à'Angulo où sont les deux villages de ce nom. — Celui de Las Campanas, à 1,600 mètres d'altitude, est remarquable par les pierres schisteuses qu'on y trouve et qui, heurtées avec un corps dur, rendent un son métallique rappelant celui de la cloche. Le canton a de la réputation pour son agriculture et surtout les excellentes pommes qu'il produit. On y fidt aussi de fort bon vin. — Angulo n'est qu'un misérable hameau entouré de quelques cultures assez médiocres. — Ces deux vallées sont séparées de celle de Famatina par le Portezuelo de la Aguadita, dontl'altitude peut être de 2,800 mètres ; on arrive ensuite aux champs hCarrisal^ où il y a une chapelle, puis au grand village de Famatina^ (jui n'a pas moins de trois lieues de long, car c'est une série de maisons et de cultures qui ne finissent que lorsque l'eau qui donne la vie 4 ces habitations a été complètement absorbée. On voit dans ce village une bonne église récemment construite par les habitants euxmêmes, sous la direction de leur curé. Tout ce canton est très-peuplé et bien cultivé, grâce aux courants d'eau qui viennent du Nevado et , du fond de la vallée. On compte 15 lieues de l'église aux mines, en Panontantle ruisseau; le sentier, fort mauvais, pourrait être facilement amélioré. — Entre le village de Famatina et le bourg de CAi- 'ttito ou Villa Argentina de Famatina^ chef-lieu du département, rttend un désert pierreux de six lieues, où il n'y a que des brous-

Les cultures reprennent à Chilecito sous l'influence bienfai- «ttite de l'irrigation fournie par les ruisseaux qui viennent de la face orientale du Nevado et de ses dépendances. L'altitude de ce bourg est de 1,100 mètres ; tout y réussit, l'olivier, l'oranger, le grenadier; les cultures sont étendues et variées et leurs produits excellents. Une ibtilé de hameaux entourent le chef-lieu : Sarmientos^ San-Nicolas^

408 DESCRlinriON DES PROVINCES.

Anguinan Tancienne paroisse, car Chilecito est de création moderne, Malligasta^ gros village avec une église.

Une petite chaîne de collines granitiques partage en deux la vallée de Famatina, depuis le Portezuelo de la Aguadita jusqu'à Nonogasta, La portion orientale est aride ; on y compte cependant les villages de Pituil et de Tinimuqui. Ce manque d'eau est extrêmement fâcheux, caria couche de terre végétale étant très-épaisse, le sol y serait d'une extrême fertilité par suite de la régularité des phénomènes météorologiques du climat. Il en est de même du bas de la vallée, qui ne forme qu'une immense travesia à partir des villages de No^ nogasta et Bichigasta. Le premier est renommé pour ses vins ; le second, moins important, cultive également la vigne, et l'on y fabrique du patay ou pain de caroubier, grâce à l'immense quantité d'arbres de cette espèce que renferment les bois clair-semés de la vallée, laquelle en cet endroit a près de six lieues de large. ABichigasta débouche le val de Guachin^ qui est bien arrosé ; c'est aussi de ce point que se dirige la route de Yinchina par la côte de Saûogasta, qui permet de traverser la chaîne de Famatina pour pénétrer dans les vallées plus rapprochées des Andes. — De Chilecito dépend le canton du minéral où l'on arrive en douze heures de route par les plus affreux sentiers du monde. Nous l'avons décrit en détail (tome II, page 394). Les travaux s'y continuent avec une certaine activité ; l'argent qui en provient est porté, partie au Chili, partie à Cordova. Le bourg de Villa- Argentina est bien supérieur en activité à la capitale elle-même ; c'est le point le plus commercial de la province, le véritable centre des affaires et des relations avec l'intérieur ou l'étranger. — Population : 12,500 âmes.

Le département de Vinchina occupe les vallées situées entre la Sierra de Famatina et les Andes, telles que le Valle Hermaso au nord, celui del Jagtië à l'ouest, enfin la principale, celle qui donne le nom au chef-lieu, où coule le Vermejo formé des eaux de ces deux vallées supérieures. La source de cette rivière est dans. les neiges du Nevado del Bonete. Les vallées supérieures ne peuvent donner que des pâturages ; aussi y entretient- on du bétail. Dans celle de Vinchina, dont l'altitude moyenne parait être de 2,000 mètres, on cultive les céréales, la luzerne, les arbres fruitiers. — La paroisse forme un groupe de maisons autour de Téglise ; les habitations et cultures se continuent en descendant le Vermejo. Comme ce point est sur le trajet direct de la Rioja et de Chilecito au Chili, on y a établi un bu-

reaude douane nalionale. — Les hameaux de lasBurras et de Saho- ;asto sont sur le versant occidental de la chaîne de Famatina; celui ixiJaguë dans la vallée de ce nom, au pied de la Cordillère du Leoncito. L'altitude est trop considérable pour qu'on y puisse avoir d'autre industrie que l'élève du bétail. Il possède d'assez grands enclos de luzerne, où l'on engraisse celui qui doit passer la Cordillère. — Population : 3,000 habitants.

Le département de Guandacol est formé des hautes vallées au sudouest de Vinchina, en se rapprochant de la province de San- Juan. On y cultive des céréales et surtout la luzerne, car, comme le département précédent, c'est un de ceux qui possèdent le plus A' invemadas ou localités destinées à Fengrais des troupeaux que l'on élève pour les vallées chiliennes de Huasco et de Capiapô. Guandacol^le chef-lieu, est un pauvre village dont la majeure partie de la population est indienne. La chasse du guanaque et de la vigogne , la poursuite du chinchilla, occupent une partie de ses habitants ; l'autre s'adonne au som des troupeaux. Le district le plus agricole est celui de Los Hornillas^ qui a de beaux champs de blé. On en trouve également au Paso del Medio sur le Vermejo ; les cultivateurs y soignent quelçues vergers. — Population : 2,000 habitants.

§ III. — Histoire abrégée de la province de la Bioja.

Sous les successeurs de Viracocha, l'empire des monarques Incas s'étendit à toutes les régions des Andes, jusqu'au 33* de latitude. En s*éloignant du centre^ cette domination devenait de moins en moins sensible ; elle atteignit pourtant les vallées de la province de la Rioja, ainsi que l'attestent les traces d'anciennes exploitations minières que Ton retrouve en diverses vallées, et que les gens du pays ont, à toute époque, attribuées aux délégués des Incas ; les noms quichuas d'une foule de localités ; enfin la persistance de ce langage chez quelques montagnards qui ne se sont pas encore confondus avec les colons de race espagnole et leure métis. — Les habitants des vallées hautes appartenaient aux tribus calchaquies comme, ceux de la province Yoisine. Les Espagnols de la conquête les désignèrent d'abord 80US le nom de Diag\iitas ; ils donnèrent celui de Juris et d'Escalonis aux Indiens qui vivaient sur les versants orientaux de la Sierra de Velasco et dans les plaines qui s'étendent à leurs pieds.

Les expéditions parties du Pérou pour le Chili firent connaître aux conquérants les divers passages des Andes, la configuration de leurs plateaux, celle des gorges qui en descendent, et les mirent souvent en rapport avec les nations qui les habitaient et qu'ils cherchèrent tout d'abord à soumettre.

Nous avons vu, dans l'histoire des précédentes provinces, comment les vallées intérieures de Jujuy, de Salta et de Catamarca furent conquises, comment furent colonisées les plaines de Santiago del Estero et de Tucuman; celles de la Rioja eurent leur tour vers 1890, c'est-àdire un demi-siècle après la découverte du Tucumaù par les Européens, n est vrai qu'avant cette époque on avait déjà visité le pays : Aguirre, Zurita, Abreu, Mercado, etc., y avaient poussé des reconnaissances, mais ce ne fut qu'après la première grande guerre calchaquîe, que Juan Ramirez de Velasco, alors gouverneur de Tucuman, se résolut à fonder un établissement permanent sur les terres des Diaguitas. Le 20 mai 1591, il jeta, avec les cérémonies accoutumées, les fondements de la ville de Rioja, et réduisit en commanderîe les Indiens de la contrée (1). La vallée de Famatina et les cantons de la

(i) On possède encore Pacte de fondation de la ville de la Rioja , et le plan de la ville tel qu'il fut alors tracé. Nous extrayons de cette pièce les passages suivants :

« Ceci est le plan de la cité de Tout les Saints de la Nouvelle-Rioja , — laquelle fonda « Sa Seigneurie le gouverneur Juan Ramirez de Velasco, capitaine général et justicier-chef « de ces provinces de Tucuman , Juris , Diaguitas et Gomechiogones , avec tout ce qui leur « appartient, depuis la Cordillère du Chili jusqu'au Rio de la Plata , pour le roi catholique •( D. Philippe II, notre seigneur, le 20 mai 1591. — Ladite ville a neuf cuadres de large et « autant de longueur, en tout quatrc-vingl-unc, y compris celle de la place ; le notaire royal « ici présent m*a ordonné de remettre son plan au Cabildo (municipalité) , justice et guuver- « nement, pour qu'ils soutiennent en justice et possession tous ses citoyens et habitants. Les « noms des impétrants sont placés sur les cuadras et les concessions (solares) qui les parta- « gent. Sa Seigneurie le Gouverneur leur dit, au nom de Sa Majesté, qu'ils étaient servis et « confirmés dans leurs possessions. »

Il y eut ainsi de distribuées :

Deux cuadres pour la Compagnie de Jésus ;

Deux cuadres pour le couvent de Saint-Dominique ;

Deux cuadres pour le couvent de Saint-François ;

Deux cuadres pour le couvent de la Merci ;

Demi-cuadre pour l'église paroissiale ;

Quart de cuadre pour l'hôpital ;

Quart de cuadre pour la chapelle de Sainte-Lucie ;

Quart de cuadre pour la chapelle de Saint-Sébastien ;

Quart de cuadre pour la chapelle de Saint-Pierre-Martyr ;

Sept cuadres au sud pour la ville (la municipalité) ;

Dix-huit cuadres au sud et au nord pour le terrain communal (êgido).

Le reste à l'ouest pour terrain de culture, etc.

Cet acte et le plan accepté furent signés par les membres du Cabildo , alcades et commissaires dont les noms suivent :

côte d'Arauco étaient alors comme aujourd'hui assez peuplés; il ne fut pas difficile de soumettre ces tribus agricoles auxquelles les commandeurs {encomenderos)^ peu nombreux, peu exigeants, n'imposé* rent qu'un service facile; aussi ce ne fut pas là que les révoltes furent fréquentes et obstinées ; conquérants et vassaux s'entendirent assez à l'amiable, et le pays resta généralement paisible. L'action de missionnaires facilita singulièrement cette fusion ; saint François Solano fut l'apôtre de ces vallées ; il fonda, dit-on, le couvent des Franciscains à la Rioja, et l'on y montre encore avec respect un oranger décrépit qu'on assure avoir été planté par ses mains. Dans la quebrada qui mène à Sanagasta, se trouve une sorte de petit cirque pittoresque où la tradition place le lieu qui servait au baptême des Indiens de la montagne et aux prédications du pieux missionnaire.

Cependant, vers 1630, la grande guerre Calchaquie, provoquée par les brutalités du gouverneur du Tucuman , Albornoz , entraîna toutes les tribus de cette race, et la province de la Rioja tout entière fit cause commune contre le tyran. Des flots de sang coulèrent, presque tous les colons espagnols périrent ainsi en entraînant une foule d'Indiens dans leur ruine. Avec les secours venus du Pérou, Avendaôo et Negrete rétablirent la paix, troublée encore peu de temps après par Bohorquez, que toute la population indienne des Andes acclama comme Inca, en 1633 ; mais ce soulèvement fut le dernier, et depuis cette époque la province de la Rioja fut tranquille. Ses vallées, isolées du reste du Tucuman, furent gouvernées sans bruit par quelques grands propriétaires qui devinrent les seigneurs de leurs cantons et y constituèrent, sous l'approbation royale, des majorats qui durèrent jusqu'à l'émancipation du bassin de la Plata. A partir du commencement du dix-huitième siècle et surtout dans la période qui s'écoule de 1780 à 1807, le pays progresse à tous les points de vue ; l'agriculture se développe et écoule avec avantage ses produits 8ur les marchés de Cordova et de Buenos-Ayres ; on commence à

Le capitaine Pedro Lopez Ccnteno. — D. Francisco Maldonado de SaaTedra. — D. Antonio Altarez. •— D. Fernando Rocamoro. — D. Pedro Tello de Sotomayor. — D. Juan GoeTara de Castro. — D. Baltazar de Avila. — D. Francisco Robledo.

D. Domingo de Oraso, gouverneur de la ville.

D. Pedro de Soria Medrano, trésorier de Sa Majesté.

D. Marco de Rojas de OgCicndo, comptable du trésor royal.

D. Melchor de la Vega, alguazil-major de la ville et de sa juridiction.

D. Juan de Signero, majordome de la ville.

D. Damian Perez de Villaréal, alcalde de la Hermaudad.

Gontre-signé : Le capitaine-général ,

D. Juan Ramirf.z de Vklasco.

donner plus d'importance à l'exploitation des mines, et à comprendre la richesse de celle de Famatina, déjà soupçonnée depuis longtemps.

De 1590 à 1776, la province de la Rioja fit partie du gouvernement du Tucuman, et fut administrée par un lieutenant-gouverneur. Lors de la création de la vice-royauté de la Plata, on la mit dans le ressort de l'intendance de Cordova, position qu'elle garda jusqu'en 1 820, époque à laquelle toutes les provinces argentines actuelles se constituèrent en gouvernemertt particulier sous le régime fédéral.

Par l'organisation que sa situation géographique et des habitudes séculaires lui avaient faite, la population de la Rioja devait accepter avec enthousiasme ce système qui favorisait ses instincts d'autonomie locale et de gouvernement isolé ; et sous ce régime, elle devait être aisément entraînée par tous les hommes hardis qui voudraient se mettre à sa tête. C'est en effet ce qui arriva; les querelles départi commencèrent et dégénérèrent bien vite en guerre civile, d'autant plus acharnée que dans une société peu nombreuse, où tous se connaissaient , la neutralité était difficile, "et qu'il fallait se prononcer en faveur de telle ou telle des parties contendantes. La lutte des fédéraux et des unitaires lui fut particulièrement funeste, car, placée sur le passage des provinces de Cuyo à celles de Tucuman, elle devait avoir à supporter bien des fois là présence des troupes de tous les partis, qui, obligées de la traverser, l'épuisaient de réquisitions de toute sorte, et surtout cherchaient à s'y recruter.

En 1822, la rivalité des familles qui se disputaient le gouvernement fit invoquer par l'une d'elles l'assistance d'un homme hardi et énergique qui commençait à jouir d'une grande influence sur los pasteurs des Llanos : c'était Facundo Quiroga. Ce chef effaça bien vite les gouverneurs qui l'avaient appelé, et jusqu'à l'époque de sou assassinat à Barrai\ca-Yacu, en 1833, il fut le chef réel et absolu de la province, et sous le régime imposé par lui, une partie de la bourgeoisie dut se cacher ou fuir. Les travaux des mines d'argent de Famatina, où les étrangers avaient commencé à affluer sous Timpulsiou d'une compagnie puissante , formée en 1825, furent abandonnés; l'agriculture languit faute de bras, le commerce disparut. La guerre de 1829 à 1831, où ce chef déploya une valeur et uue activité qui ont rendu son nom si célèbre, consomma la ruine de la province , épuisée d'hommes, de chevaux et de bétail. Elle se remettait de ces rudes épreuves, lorsqu'en 1840, Brizuela, devenu son gouverneur, la mêla de nouveau aux querelles du littoral et la força à prendre parti

pourLavalleetLamadrid. Le triomphe du parti fédéral, dont le principal chef dans le sud-ouest de la république, était le général Benavidès, gouverneur de San- Juan, mit fin à cette lutte, dont la Rioja souffrit cependant moins que les provinces voisines, et^elle arriva assez tranquillement à répoqueoù fut promulguée la constitution nationale de 1853. Sous rinfluence du régime nouveau, la constitution provinciale fut votée le 23 mars 1835, proclamée et jurée neuf mois après. Cette constitution, acclamée par tous, semblait devoir mettre un terme aux guerres locales. Elles recommencèrent pourtant dès 1857 et nécessitèrent plusieurs fois Tintervention du gouvernement national. Comme du temps de Quiroga, les partis qui se disputaient le pouvoir s'appuyèrent sur un chef des Llanos dont Tinfluence et la célébrité égalèrent presque celle de son prédécesseur dans cette voie. C'était le général D. Angel Peùaloza, Tidole des masses populaires de la province et surtout des Llanistas, dont il partageait la vie et les jeux. Son caractère doux et affuble, si loin de celui de Quiroga, attirait d'ailleurs de nombreuses sympathies. — Jusqu'à la fin de 1863, époque de sa mort violente , Penaloza a été le personnage le plus bruyant de l'ouest de Içi république argentine, et les soldats riojanos ont joué le principal rôle dans les troubles si fâcheux dont cette région a été le théâtre (1). On comprend combien toutes les agitations dont nous venons de résumer si brièvement l'histoire, ont dû nuire à la province de la Rioja, et pourquoi le développement intellectuel et social y marche moins vite que dans les autres parties de la république argentine.

(I) Les événemenls dont nous venons de parler sont i-éccnts , et on s'expliquera que devant des questions encore brûlantes, la Ulchc de l'écrivain soit délicate ; iilors surtout que le travail que nous nous sommes imposé ne comporte qu'un résumé sommaire dos principaux faits de l'histoire des provinces, et une appréciation philosophique générale de leur ensemble. — Si une question de principe sérieuse, telle que celle de la Fédération ou de l'Unité, a "servi lie devise aux deux grands partis qui ont agité la République Argentine pendant tant d'années, nombre de rivalités locales, de famille à rainille, de propriétaire à propriétaire, •Thommc à homme, enfin une multitude de questions personnelles se sont abritées sous le nasque de ces deux opinions , pour satisfaire leurs rancunes et venger les froissements de lears intérêts ou de leur amour-propre. Ainsi s'expliquent ces troubles sans cesse renaissants dans les provinces isolées , où les étrangers sont peu nombreux , le commerce peu actif , rinstruction générale peu étendue, où l'absence de besoins, l'oisiveté, r ignorance des classes popalaires les prédisposent à subir toutes les influences qui flattent accidentellement leurs passions ou leurs préjugés.

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