Or
1. ioguiakarta. Dans la description dq cette résidence, nous avons •dit qu'aux environs de Soroguëdoug, on a trouvé un peu de poussière d'or dans la plaine et encore çà et là dans de petites tranchées de la chaîne brécheuse tertiaire, mais toujours à la surface. Cette poussière était entremêlée de morceaux d'or ouvragés et de cinabre, ce qui fait conjecturer que cet or a été introduit de Bornéo et de Sumatra et qu'il a été travaillé dans d'anciennes orfèvreries.
Toutefois, comme tes brèches de Soroguëdoug renferment des grains de quartï, il n'est nullement impossible qu'elles recèlent des matériaux de filons de quartz aurifère, provenant de schistes anciens ou de granité, et elles pourraient ainsi fort bien être elles-mêmes devenues aurifères dans une faible mesure.
Ce gisement n'a aucune valeur au point de vue technique.
2. Banioumas. Dans le voisinage de Tiilatiap, on a rencontré dans le temps un peu de poussière d'or dans l'alluvium, mais d'une manière toute locale ; les indigènes se sont occupés de la laver. On trouve sur le gisement des communications détaillées dans le „Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indië, XVIII 1859, pp. 379 à 409. Cette poussière renfermait aussi des fragments ouvragés, et de plus des grains de cinabre et de platine. Ce dernier minerai surtout, qui, dans tout l'archipel, n'existe que dans les sections Sud et Est de Bornéo, rappelle si clairement cette tle, qu'on ne peut douter de l'origine exotique de l'or de Tiilatiap. Il est donc fort probable que la présence de poussière d'or dans le sable alluvial de la côte de Tiilatiap doit être attribuée à l'existence antérieure d'une orfèvrerie en cet endroit.
DigmzcdbyGoOglC
3. Sourakarta. Un troisième gisement d'or a été signalé dans le Kali Dianglot (cours supérieur de la rivière Koulour), à la limite de Solo et de Patiitan (Madioun). Près du villi^e de Dianglot, de l'andésite massive est dénudée dans la rivière ; elle contient un filon rempli de brèche d'andésite altérée, avec pyrite et kaolin, de i^ mètre d'épaisseur, et des géodes et cordons peu volumineux, formés d'un peu de minerai de cuivre et de pyrite avec quartz. Entre Dianglot et Mipitan sont disséminés, à la surface du sol, des morceaux de quartz, qui semblent provenir de filons de la brèche et ont été déposés par des sources thermales. Ils sont aurifères, mais dans une faible mesure: et près de Mipitan de l'or a été lavé jadis par les indigènes dans un petit affluent du Kadouwan, venant du Sud ; mais la quantité en était toujours fort minime. (Voir Fennema, Jaarb. Mij'nwezen 1880, Il p. 82 et suiv).
4. Kra-wang. Un quatrième gîte aurifère, dans cette résidence, est uniquement signalé ici parce que, dans le temps, il en a été fait mention, avec beaucoup d'éclat, dans une brochure du contrôleur FOKKENS „Goud op Java". Au contact de l'andésite de la chaîne du Parang, en Gandasouli (Krawang), les argiles miocènes sont transformées en roches schisteuses, argileuses et siliceuses noir sombre, dures, qui contiennent un peu de pyrite et çà et là des cristaux de quartz. Il est clair qu'en cet endroit ont circulé des liquides, de l'eau tenant en dissolution du sulfate ferreux et de l'acide silicique, qui ont donné lieu à la formation de ces minéraux. On a trouvé par l'analyse que la pyrite était légèrement aurifère, et on en a conclu que la chaîne du Parang devait contenir de l'or en quantité suffisante pour être exploité.
Toutefois, la teneur des schistes en pyrite est déjà insignifiante; on peut donc, au point de vue technique, égaler en toute sécurité à zéro la proportion d'or qu'ils contiennent.
Rapports anciens sur la présence de Par à Java. Voilà toutes les localités où l'on connaît de l'or à Java ; et il résulte de ce qui précède qu'en, se basant sur la constitution géologique, on peut affirmer avec une certitude complète que jamais Java n'a été riche en or.
Il est important de fixer l'attention sur ce point; car d'anciens rapports disent parfois que Java serait ,, riche en or", ou l'aurait été. On trouve de pareilles relations, entre autres chezCLAUDIUS Ptolemaeus, dans le Ràmâyana, dans d'anciens documents chinois, et dans une inscription sur une pierre de Java de l'an 654 Çaka = 732 après J. C. (Kern dans les Bijdr. Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned.-Indie, 4e série X, pp. 137 et suiv.)
Dans les annales de la dynastie des Tang (de 618 à 906 après J. C), on trouve, entre autres, sur Java, ce qui suit: l) ,,Le pays produit de
t) Orogneveldt, dans Verhandelingen van het BataviaAsch Genootichap, Deel XXXIX, p. 13
dbyGoogle
l'écaillé, de l'or et de l'argent, des cornes de rhinocëros et de l'ivoire, et il est très riche."
Mais comme Java n'a assurément jamais fourni ni des carapaces de tortues (caret) ni de l'ivoire (dents d'éléphants), on a voulu sans doute désigner des articles de commerce qui ont été introduits du dehors ; et tel peut avoir été le cas pour l'or et l'argent. Il est probable que cet or était originaire de Bornéo ou de Sumatra, et les auteurs anciens, qui rencontrèrent à Java des orfèvreries i) où l'on travaillait ce métal avec art, se seront imaginés qu'il provenait de l'tle elle-même, ainsi qu'ils l'ont admis pour l'écaillé et pour l'ivoire. De tous les articles mentionnés plus haut, la corne de rhinocéros peut seule avoir été fournie par Java (Ouest); tous les autres doivent y avoir été introduits.