‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 99 sur 224 · Dépâts marins · texte numérisé non relu

Dépâts marins

1. La côte Nord. Si de quelque point de la route postale de Kopo à Sérang on se dirige au Nord, on peut d'ordinaire établir une limite assez tranchée entre les tufs blancs quaternaires et l'argile alluviale sombre de la côte. De la disposition relative des courbes de niveau, de 10 et de 20 mètres d'altitude, sur les feuilles détaillées de la carte topographique, on peut conclure que la plaine du littoral passe, par un seuil peu élevé, au terrain ponceux. Tout près de la limite, la couverture d'argile marine est encore très peu épaisse; et la plupart des aqueducs entre les sawahs ont été creusés jusque dans les tufs. Au lieu d'argile, on y trouve, en nombre d'endroits, des plaques minces d'un calcaire très particulier, qui reposent directement sur les couches de tuf. Ces plaques consistent en masses réniformes, ordinairement spongieuses à, la surface (No. 2109). Dans les préparations microscopiques, on ne voit aucune trace de structure organique; on n'y voit pas autre chose que du carbonate de calcium cristallin, dans lequel il y a des aiguilles de feldspath, des grains d'augite et des taches d'hydroxyde de fer. Ces masses sont donc du sable grossier des tufs ponceux, aggloméré par un ciment calcaire abondant. On les extrait pour les employer comme gravier sur les routes.

Plus au Nord, on trouve de toutes parts de l'argile qui, le long du rivage méridional de la baie de Bantam, forme une zone large de 5 kilomètres.

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Entre Tanguerang et Sérang, sur une longueur de plusieurs kilomètres, on fait parfois usage comme macadam pour la route postale de limonite sombre, presque noire ou brun rougeAtre. Ce minerai (No. 2110) repose en plaques minces sur les tufs ponceux ; il n'existe pas seulement au contact de l'alluvium, mais on le trouve même sur les plateaux jusqu'à 50 h 60 mètres d'altitude. Il est probable qu'avec l'aide de la végétation, les combinaisons ferriques qui sont issues par altération de la. magnétite des tufs ponceux se sont concrétionnées à la surface; c'est une espèce de minerai des marais (Raseneisenstein) . Le gisement e&t trop peu épais et trop irrégulier pour pouvoir être signalé sur la carte. Dans la portion Nord-Est de Bantam, entre le Tii Oudioung et le Tii Dourian, existent des terrains bas, probablement d'anciens lits de rivières, qui actuellement se déchargent difficilement et sont ainsi devenus marécageux. Ils se recouvrent çà et là d'un peu d'argile fluviatile ; mais cette couverture est toujours irrégulière et peu épaisse. Les iles du golfe de Bantam sont toutes des îles coralliennes très basses. Le long de la presqu'île Nord-Ouest de la pointe St.-Nicolas, le versant volcanique se dresse directement dans la mer, formant les saillies des caps. Dans les anses intermédiaires, on trouve ordinairement une bande étroite de sable de mer.

2. La cote Ouest. Le long de la côte occidentale de Bantam, du côté Nord de la presqu'tle de l'Ouest, à la 2* pointe de Java ou Tandioung Alang alang, on rencontre une large bordure de sable marin, mais il n'y a pas de dunes ; à la côte de la Welkomst-Baai, on trouve des marécages à bois de palétuviers.

Le long du pied occidental de la chaîne de Hondié, la zone de sable marin a une largeur de 500 à 700 mètres ; mais plus au Nord elle se rétrécit et au pied du Batou hideung cette largeur ne dépasse pas 50 mètres. A l'est de la y pointe de Java ou Tandioung Lësoung, la bordure côtière devient plus large et consiste en une digue de sable marin avec marécages en arrière. D'ici jusqu'à l'ancien chef-lïeu de section Tiaringuin, l'alluvium marin passe insensiblement, vers l'intérieur, aux sédiments fluviatiles récents du Tii Liman et du Tii Boungour, Les matières solides que charrient ces rivières ne forment pas un delta avancé, mais comblent lentement la Peper-Baai qui doit s'être étendue jadis jusqu'à l'est de Pérdana.

Au nord de Tiaringuin, la zone de sable marin a encore une largeur de iioo mètres, de 700 mètres, à Sousoukan, de 200 mètres à Pasaouran, et de 50 mètres seulement au Tandioung Kramatkêling. Vers le nord, la bande s'élargit de nouveau; à Aniërkidoul, p. ex., elle est large de 1400 mètres, et de 2000 mètres à l'ouest de Tiilëgon. A partir de cet endroit, elle se rétrécit rapidement; et près de Mérak, le manteau du volcan s'élève directement dans la mer. Au sud de l'emboii-

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chure du Pasang tenang existent, sur une longueur de près de a^ kilomètres, des dunes hautes de 5 à 7 mètres.

Le long de la côte occidentale, il y a presque partout formation de corail. Les tles basses près Tiaringuin et celles des Peper-Baai et Welkomst-Baai sont des tles coralliennes. Dans l'ile des Mouettes ou Poulou Peutiang, près de la 1= pointe de Java, affleurent des marnes, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut.

3. La côte Sud. A la côte méridionale, à chaque angle saillant, depuis les confins des Préangucr jusqu'au cap Oungkal kaler, au sud de Baïah, la chaîne tertiaire se dresse à pic dans la mer; le long des anses seules on trouve des bandes étroites de sable marin. De ce cap jusqu'au mont Païoung, situé sur la presqu'île occidentale, on peut suivre une bordure de sable de mer non interrompue. Celle-ci est d'abord étroite ; jusqu'à 4 kilomètres au nord de Tiihara elle n'a qu'une largeur de 50 à 100 mètres; mais bientôt elle s'élargit jusqu'à 1500 à 2000 mètres. Cette transition correspond sensiblement à la limite de l'éocène et du néo- tertiaire, probablement parce que la dernière chaîne disparaît, en pente douce, sous la mer.

A l'est et à l'ouest du chef-lieu de district Malimping se sont élevées de véritables dunes. Sur une distance de plus de 15 kilomètres, cellesci ont constamment plus de 10 mètres de hauteur, et portent de nombreux sommets de 15 à 20 mètres. Du côté de la mer, ces dunes présentent toujours une paroi assez escarpée; vers l'intérieur, elles descendent en déclivité douce. Près de Binouwangueun, elles sont moins hautes; et à 7 kilomètres plus à l'Ouest on ne trouve plus qu'une bande basse de sable marin.

On a déjà vu, par la description des résidences précédentes, que les vraies dunes sont rares à Java, et que nulle part elles n'atteignent une hauteur supérieure à 35 mètres. Comparé au Sable marin des régions tempérées, le sable desséché de l'île paraît se fixer plus vite par des plantes rampantes; d'autre part, la violence moins grande des vents dominants paraît aussi peu favorable à la formation des dunes.

A l'ouest de Binouwangueun, la plage est moins large ; à l'endroit oij la chaîne de Hondié se rapproche du rivage, la zone sableuse n'a pas plus de 50 à 100 mètres de laideur. Sur la presqu'île occidentale cette zone est de nouveau notablement plus large; il y existe également des dunes, mais elles n'ont pas plus de 5 à 10 mètres de haut.

Les rivières qui coulent vers la côte Sud n'ont une embouchure directe que là oiJ la montagne s'élève immédiatement dans la mer. Où il existe une bordure de sable le long de la côte, la rivière forme en arrière de celle-ci une lagune, ordinairement assez profonde, qui parfois passe à l'Est et à l'Ouest à une vaste plaine marécageuse. Chez les rivières plus importantes, cette lagune est en communication avec la

mer par une embouchure peu profonde, qui se déplace souvent. Fréquemment même il n'existe pas d'embouchure apparente; l'eau filtre alors lentement à travers le sable côtier. Ces lagunes se comblent peu à peu de limon et de sable apportés par les cours d'eau, et les dépôts marins se recouvrent ainsi de sédiments fluviatiles.

Ceci s'observe très bien au sud de Malimping, et la limite des dépôts des rivières est là où le sol est encore propre à l'aménagemenl de rizières inondées.

Presque partout, il se forme des coraux le long de la côte Sud; et en quelques points le corail moderne a été incontestablement soulevé jusqu'au dessus du niveau des plus hautes marées actuelles.

Un pareil point a déjà été décrit à propos du terrain houiller de Batah. Si à partir de Tiihara on suit le rivage vers l'Ouest, on trouve sur des centaines de mètres carrés des bancs de corail mort, épais de 3 à 4 mètres, reposant sur des gcès quartzeux éocènes. Aux plus hautes crues le grès et le pied des coraux sont seuls submergés ; la surface du banc corallien reste toujours à sec, et elle s'est recouverte d'une végétation luxuriante de broussailles. Ailleurs, on trouve sur de vastes espaces du corail mort qui est encore submergé à marée haute, mais est à sec la moitié du temps. Il est incontestable qu'il ne peut pas s'être formé jusqu'au niveau actuel de la manière ordinaire.

Le long de la côte Sud n'existent que quelques ties.

L'île Palou Manouk ou Rots-eiland, à l'embouchure du Pamouboulan, consiste, à la pointe méridionale, en couches calcaires tertiaires; cette île forme le prolongement de la chaîne calcaire de la terre ferme, dont elle n'est séparée que par un détroit large de 200 mètres.

Les îles Poulou. Tindiil ou Trouwers-eiland et Pouhu Déli ou Klapper-eiland se trouvent à l'ouest de Binouwangueun, à une distance de 22 kilomètres l'une de l'autre, et à une distance de la côte de 12 ?i 13 kilomètres. Ce sont toutes deux des îles coralliennes; celle de l'Ouest, Poulou Déli, est la plus jeune; elle consiste en un cirque de débris de coraux et de sable marin, qui a, au plus, deux mètres de hauteur. A l'intérieur existe un terrain bas, marécageux, sensiblement au niveau de la mer.

Poulou Tindiil est plus haute, accessible de toutes parts, et couverte entièrement de cocotiers.

II. Dépôts fluviatiles. A l'intérieur de la résidence, les dépôts récents ont peu d'importance. On trouve, il est vrai, le long de ta plupart des rivières, des dépôts de conglomérat peu cohérent, de sable et de gravier ainsi que d'argile plus ou moins arénacée ; mais ces bandes sont généralement étroites et les couches n'ont qu'une faible épaisseur- Dans le lit de la rivière la roche sous-jacente est d'ordinaire dénudée;

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et après chaque bandiir, le lit du cours d'eau se déplace par ci par là, de sorte que les jeunes sédiments sont mis en mouvement et que le terrain sous-jacent apparaît de nouveau.

Dans le district peu peuplé de Tiilangkahan, ces zones étroites d'alluvium fiuviatîle, qui s'étendent çà et là le long des rivières, fournissent la seule occasion pour l'aménagement des sawahs, et c'est presque toujours en de pareils endroits que l'on rencontre les villages clairsemés.

Le peu que l'on connaisse relativement aux sources thermales de cette résidence a déjà été communiqué lors de !a description du terrain quaternaire.

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