‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 138 sur 216 · IO21I · texte numérisé non relu

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la question. S'il est prouvé plus tard que ces fossiles sont réellement pliocènes, il faudra détacher de notre quaternaire une partie qui serait plus ancienne; mais provisoirement je réunis tout dans le quaternaire.

Les sédiments quaternaires de Java ont toujours le caractère de plateaux, et ils ont une altitude de 100 à 110 mètres environ, de 120 m. au maximum. Il est dès lors bien possible que, pendant un certain temps, la mer quaternaire ait eu un niveau de 100 mètres au moins plus élevé qu'à présent (ou que le sol ait été d'autant plus bas). Il est vrai que la partie supérieure du quaternaire doit souvent être regardée comme le pied légèrement incliné des volcans; mais en des points où il n’y a aucun volcan dans le voisinage, dans le nord de Krawang par exemple, on rencontre, adossée aux collines tertiaires, une bande de matériaux quaternaires ordinaires, sable, argiles et pierres, en bancs horizontaux, qui se prolonge a l’ouest et à l'est vers Batavia et Chéribon, et peut difficilement s'y être déposée autrement que dans la mer. Mais si les sédiments le long de la côte Nord, jusqu'à une centaine de mètres d'altitude, sont en tout ou en partie des dépôts marins, il faut naturellement que la mer ait pénétré aussi dans les golfes (p. ex. de Madioun et de Kédiri), et qu'elle y ait déposé des sédiments, recouverts plus tard de dépôts fluviatiles.

Si les choses se sont passées ainsi qu’on l’a supposé ci-dessus, il faudra que les sondages, effectués dans ces golfes, fassent rencontrer, de bas en haut:

1. Des dépôts d’eau douce, horizontaux ou légèrement inclinés, apportés par les rivières dans les anses d’où la mer s'était retirée durant la période de soulèvement (jonction avec l'Asie).

2. Des dépôts horizontaux d’eau salée, consistant en matériaux volcaniques déposés par la mer, à l’époque où celle-ci occupait de nouveau les golfes et une grande partie de la côte Nord, ainsi qu'une petite partie de la côte Sud; donc, durant la période d’affaissement.

3. Des sédiments d’eau douce, horizontaux ou très faiblement inclinés, abondonnés par les rivières sur les dépôts marins, lorsque la mer se fut retirée des anses à la suite d’un exhaussement du sol (ou d’une baisse lente du niveau de la mer). Ces sédiments se forment encore de temps en temps, entre autres lors des éruptions du Kélout et du Mërapi.

Matériaux des sédiments quaternaires. Nous pouvons donc, parmi les sédiments quaternaires, distinguer des dépôts marins, fluviatiles et lacustres; mais les matériaux sont presque partout les mêmes; la très grande majorité est constituée de débris volcaniques, — cendres, sables, pierres, alternant parfois avec de l'argile fine et des couches de kaolin, et en Bantam, avec beaucoup de tufs ponceux — entremêlés çà et là seulement de quelques produits de désagrégation, et de cailloux roulés de la chaîne tertiaire avoisinante.

Nous avons fait ressortir clairement tantôt que le long des côtes Nord et Sud, ainsi que dans les anses, les matériaux peuvent être, en partie, des sédiments marins. Mais il est incontestable que la partie supérieure a été, presque partout, apportée par les rivières et doit être considérée comme du quaternaire fluviatile pur, parce que l'inclinaison vers la mer que manifestent les sédiments des vallées de l’intérieur du pays, correspond tout-à-fait à la pente ou à la chûte des rivières qui les traversent. Nous en avons un bel exemple dans la plaine de Bodionëègoro, en Rémbang, qui a été déposée, au moins dans les couches supérieures, par la rivière Solo et ses affluents.

Les sédiments lacustres enfin se sont formés dans des bassins fermés, qui ou bien existaient déjà, à l’état de dépressions dans les couches tertiaires, ou bien n’ont été formés qu’à la suite de projection de matières volcaniques. Par défaut de décharge, ces bassins sont devenus d’abord marécageux; ensuite ils s’inondèrent complètement. Dans les lacs ainsi formés se déposèrent des couches horizontales de débris volcaniques; et presque toujours une rivière, en rongeant les bords du lac, a donné une issue à ses eaux et l’a mis totalement ou partiellement à sec. Ces anciens fonds lacustres forment maintenant de hauts plateaux très fertiles, dont quelques-uns sont aussi très salubres.

Anciens bassins d'eau douce. Les principaux bassins d’eau douce ainsi mis à sec sont :

1. La plaine de Bandoung, de 680 m. d'altitude, le plus vaste haut-plateau de Java; il est divisé par une arête brécheuse en deux parties, qui ont toutefois la même altitude. La moitié orientale est encore, en partie, marécageuse ; la décharge s'effectue par le Tu Taroum.

2. La plaine de Garout, est environnée par un terrain volcanique de plus de 700 mètres d'altitude. Primitivement, le niveau du lac arrivait au moins à cette hauteur; ce lac a été comblé surtout du côté Sud, de sorte que la plaine descend actuellement de 700 à 500 mètres (à 600 m. sur les bords). Le Ti Manouk a creusé son lit dans le bord septentrional jusqu'au niveau de 400 mètres, donc à une profondeur de 300 mètres; et il a totalement mis à sec le lac qui s'était comblé lentement, jusqu'à une hauteur considérable, de matériaux des volcans voisins.

3. La plaine de Souméedang, au nord de la précédente, est bien plus petite. Aux bords, on trouve des couches horizontales de cailloux roulés et de tufs de matériaux volcaniques. La plaine est à 460 m. d'altitude et est arrosée par le Tu Péles.

4. La plaine au sud de Télaga s'étend au pied Sud du Tiérimai, contre la chaîne tertiaire; elle est longue de 9 kilomètres et a, en moyenne, 2 kilomètres de largeur.

5. La plaine de Banioumas, ou vallée du Séraïou a été primitive-

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ment un lac, qui s'est comblé des produits du Slamat et des matériaux que la rivière Séraïou a apportés des volcans Soumbing, Sëndoro et Prahou. Après que le Séraïou eut percé l’arête tertiaire à l’ouest de Banioumas, le lac fut mis à sec. L’altitude de cette plaine, à l’est, près de Pourworëdio, où l’ancienne rivière Séraïou débouchait dans le lac, est d'environ 50 mètres; au bord septentrional, au pied du Slamat, elle est à peu près de 70 mètres; et au bord méridional, à Banioumas, elle n'est que de 16 mètres.

6. La plaine d'Ambarawa, au pied septentrional du Télomoïo, avait d'abord une décharge au Nord-Est, par le vallée du Tountang; celle-ci fut obstruée par une coulée de lave de l'Oungaran, et la plaine fut inondée. Elle s’est maintenant desséchée en grande partie par une tranchée que la rivière Tountang a creusée dans la coulée, et que l’on a agrandie depuis. Seule la partie moyenne de la plaine est encore marécageuse et porte le nom de Rawah Péning. L’altitude est de 460 mètres.

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