ÂMinerais de cuivre, de sinc et de plomb
Nous avons déjà vu, lors de la description géologique, que les andésites et les basaltes anciens ainsi que les roches de l'étage brècheux sont souvent riches en pyrite. En quelques points, on trouve aussi des minerais sulfurés d'un valeur plus grande, mais leur gisement est toujours irrégulier, local, et sans importance au point de vue économique.
JUNGHUHN a déjà signalé /a blende du plateau de Pasawahan. Les couches brècheuses y sont riches en veines irrégulières et espaces nidiformes, remplis de quartz, dont la partie centrale se compose de cristaux limpides assez gros. Dans cette masse quartzeuse se trouvent partout des cristaux de pyrite, et en quelques endroits elle est parsemée de petits cristaux de blende. On a rencontré aussi de gros fragments de blende au milieu des veines.
Plus à l'Est, au Nord du pasanggrahan Rambaï, dans le bassin du Ti Bouni, on rencontre des veines qui, à côté de blende, renferment aussi de la galène et de la pyrite cuivreuse. Ces gisements ont été explorés en 1888 par l'ingénieur des mines HOOZE; et, au ,,Jaarboek van het Mijnwezen” de 1888, partie scientifique, p. 116, il est fait mention de quelques analyses d'échantillons de minerai qu'on y a recueillis.
A la surface, le terrain consiste en des marnes et calcaires marneux des étages m, et m,; mais la plupart des rivières ont creusé leur lit jusque dans la brèche sous-jacente; et en divers points, elles ont dénudé l’andésite et le basalte anciens.
À l’est de Nagrak, dans le lit du Tu Karang et de ses affluents, la roche éruptive ancienne apparaît sur une grande étendue. L’affluent
Ti Tiouktiroukan 1) se précipite, en une série de cascades et de rapides, par dessus cette masse rocheuse compacte ; et sur une longueur de 300 mètres, 1l présente, en amont de son confluent, une chute de plus de 70 mètres. La roche y est donc admirablement dénudée; et sur cette faible distance, on a trouvé 8 veines de minerai. Allant du Nord au Sud, on trouve la veine No. 1 à la cascade supérieure, où D. — 127° à 128° et L — 63 à 67 au Nord-Est. A la surface, cette veine a 7 centimètres d'épaisseur et consiste en diverses couches de quartz, dont quelquesunes sont imprégnées de blende avec un peu de galène, de pyrite cuivreuse et de pyrite de fer. À une profondeur plus grande, la veine gagne un peu en épaisseur; elle atteint jusqu'à 15 centimètres, et contient des fragments de la roche voisine, avec un petit cordon de minerai, de 4 à 6 centimètres d'épaisseur.
No. 2 et No. 3. À 20 mètres de distance des veines précédentes, on en a trouvé deux autres, ayant respectivement 4 et 10 centimètres d'épaisseur, situées à 15 centimètres de distance l’une de l’autre ; D. = 100”, I — 75 au Nord. Les veines consistent en quartz, qui est imprégné de pyrite cuivreuse et de blende.
No. 4. À douze mètres en aval des Nos. 2 et 3, on rencontre un filon irrégulier, qui a environ 0.73 mètre d'épaisseur, mais dont on n’a pu déterminer ni la direction ni l’inclinaison. Cette masse consiste en quartz, dans lequel sont disséminés de nombreux fragments de la roche voisine. C'est principalement dans le voisinage de ces fragments que le quartz s'imprègne de petits cristaux de pyrite cuivreuseet de pyrite de fer.
No. 5. À 60 mètres plus en aval, on trouve un filon vertical épais de 1.3 à o.6 mètre, dont D. —:140° à 160 et qui est dénudé sur une longueur de plus de 50 mètres. La roche consiste en quartz et calcaire spathique, entre lesquels il y a de nombreux fragments de la roche voisine. Ces fragments sont entourés, totalement ou en partie, de séparations irrégulières de pyrite cuivreuse d'un jaune éclatant; dans le quartz on observe encore des granulations de marcassite et, peut-être, de pyrite arsénicale. On a pulvérisé un morceau de cette gangue et on y a signalé des traces d’or et 0.42 % de cuivre.
No. 6. À cent cinquante mètres au Sud du point où l'on a trouvé la première fois le No. 5, on aperçoit une veine, dont l'épaisseur est de 35 à 60 centimètres et dont D. — 160. Comme elle se trouve sous l’eau, on n'a pu en déterminer exactement la composition.
No. 7. Entre le gisement du No. 6 et le confluent de la rivière avec le Tu Karang, il apparaît encore une veine, dont D. — 1r10°: elle a, à peu près, 85 centimètres d'épaisseur; mais comme elle se trouve encore sous l’eau on n'a pu en recueillir des échantillons.
1) Faute d'espace, le nom de cette rivière n'est indiqué sur la carte que par le signe *.
Notes ACemlonriorme, dans le/ht du Ti Karang un peu en aval du confluent de la petite rivière nommée tantôt, un rebord de 1 à 2 mètres de hauteur: L'épaisseur est de 2 mètres; D. — 155° et I. — 50 à 60 au Nord-Est. Le profil du filon est recouvert, presque totalement, de gros cailloux roulés, de sorte qu’on n'a pu déterminer, dans ses détails, la composition de la roche. Toutefois, la masse principale y consiste aussi en quartz, avec fragments de la roche voisine, et, à proximité de cette dernière, des séparations irrégulières de pyrite cuivreuse et de fer. Tout près du toit on a recueilli des morceaux qui contiennent aussi des minerais oxydés et dans lesquels on a signalé la présence de He OS oNdercuvresetide 10219" deuter;
En amont, on a exploré avec soin le lit du Ti Karang et on a trouvé la roche éruptive compacte à l’état massif sur plus de 1000 mètres d'étendue. Nulle part on n’a rencontré les veines du Tii Tiouktiroukan qui devraient y affleurer vu leur direction. Mais, bien que le lit de la rivière soit couvert partout d'une très grande quantité de cailloux roulés, qui rendent très difficile l'exploration du fond tout entier, on peut cependant déduire de ce résultat négatif et de l'absence de tout caillou roulé pouvant provenir d'un filon métallifère, que les filons n’ont qu'une faible étendue.
On a exploré aussi la vallée du Tu Dolog, au nord de Nagrak ; mais la roche compacte n'y affleure nulle part, et l’on rencontre seulement, çà et là, des brèches dans la partie inférieure.
Au nord-ouest de Nagrak, on a trouvé une veine de minerai près du hameau Tikadou, dans la brèche. La petite rivière Ti Kadou, qui se joint au Tu Lengka, un affluent de droite du Ti Dolog, s’est creusé un lit, en amont de ce hameau, jusque dans la brèche, et forme par dessus cette roche une cascade de 15 mètres de hauteur. Au pied de cette cascade, la veine est dénudée sur 18 mètres de longueur; la direction est en moyenne de 5°; la pente, de 70 à 75° à l'Ouest. L'épaisseur varie de 2 à 7 centimètres, et, en certains points, la veine se divise en deux cordons, qui se réunissent plus loin. La masse du filon consiste en morceaux de brèche, agglomérés par un ciment abondant de quartz et de calcaire spathique. Dans la masse quartzeuse sont compris des cordons irréguliers et des concrétions de galène et de blende et très peu de pyrite cuivreuse. Dans un fragment riche, on a signalé 6 grammes d’argent par tonne, ainsi que 22.6 % de plomb, 25.63 % de zinc et 0.42 % de cuivre. On a exploré soigneusement le Tu Kadou et ses affluents, mais on n’y a pas trouvé d’autres veines. Vu la direction Nord-Sud de la veine, on a examiné aussi les affluents situés plus au Sud; mais déjà dans le Tii Langkop, à 1700 mètres plus au Sud, on a trouvé, directement sous les marnes, la roche éruptive compacte, de sorte que la brèche y fait défaut. Comme partout ailleurs, la roche compacte est riche en pyrite de fer.
Dans une région écartée, à la côte méridionale de Java, pauvre en combustibles naturels, on ne peut songer à l'établissement d’une industrie métallurgique compliquée pour extraire le plomb, le cuivre et le zinc de:
leurs minerais sulfurés. L'exploitation minière y serait seulement possible si
l’on y trouvait, en grande masse, un minerai riche qu'on pourrait transporter à peu de frais, après l'avoir purifié par un procédé simple, vers un port voisin, d’où il serait expédié, par navires, vers l’un des. centres d'industrie métallurgique de l'Europe. C'est ainsi que les »Vivian Copperworks” de Swansea, dans le sud du pays de Galles, travaillent presque exclusivement des minerais qui y sont transportés. d'autres parties du monde, principalement de l'Amérique du Sud.
Mais il résulte de la description précédente qu'on n’a pas la moindre perspective de rencontrer dans cette contrée de grandes masses de minerai. Celui-ci n’est disséminé dans les filons qu'à l'état sporadique, et les filons eux-mêmes ne semblent avoir qu'une faible étendue, car aucune des veines mises à nu n’a pu être retrouvée dans une vallée voisine.
La carte montre que la situation des gisements est défavorable en ce qui regarde le port de Tandioungpriouk, le plus voisin. Pour atteindre la station de chemin de fer la plus rapprochée, celle de Soukaboumi, il faut traverser la ligne de faîte au moins à 1000 mètres d'altitude.
Bien qu'il soit probable que de pareils dépôts locaux de minerai seront trouvés en d’autres points encore, dans les andésites et brèches anciennes, il ne faut pas s'attendre cependant à voir ces découvertes donner lieu à une exploitation minière.