II. Za Chaïne méridionale
Nous désignons exclusivement sous ce nom la chaîne qui existe dans la portion Sud-Est de loguia et qui s'étend depuis la frontière de Solo jusqu’à la côte Sud. Elle se termine à l'Ouest et au Nord par des
tranches abruptes et elle finit brusquement à la plaine, de sorte qu'on a incontestablement affaire ici à une faille, bien que la forme de la paroi escarpée, telle qu'elle se présente aujourd’hui, doive sans doute être attribuée à une érosion antérieure par les flots de la mer.
Au profil No. XV, que nous connaissons d’après la description de Solo, le terrain a été coupé depuis la chaîne de Diiwo jusqu'à la côte méridionale, tant pour montrer sa connexion avec les couches éocènes que pour faire voir la disposition relative des diverses couches miocènes. Toutes les couches inclinent au Sud; la pente des couches inférieures d’argiles et de brèches est de 20°, mais vers le haut, les couches inclinent de 30°, de 40° et même de 45 ; dans les marnes, la pente n'est plus que de 10°; elle est de 5° seulement pour le calcaire marneux; quant au calcaire du Gg. Séwou, presque horizontal, il est en pente très faible vers le Sud.
Aux roches éocènes de la chaîne de Diiwo, succèdent, au pied de la Chaîne méridionale, les roches qui ont déjà été décrites en Solo; ce sont des grès (No. 595) et des argiles grises, accompagnés parfois d'un grand nombre de petits fragments arrondis de quartz (No. 596). La direction des couches est de 85°; leur inclinaison, de 20° au Sud. Ces couches n'ont pas de fossiles; elles semblent consister en produits d'écrasement des couches éocènes ; et comme, plus haut dans la montagne, elles alternent avec des couches de brèches d’andésite et qu'on ne saurait établir une limite précise entre les couches inférieures et supérieures, elles ont été toutes rangées dans notre étage miocène inférieur m,. On ne peut voir le contact de ces couches avec les roches éocènes, puisqu'il est recouvert par le sable volcanique de la plaine. Toutefois, la stratification est discordante, car la direction des couches éocènes est de 70° et leur inclinaison de 40° au Sud.
Plus au Sud, jusqu'à la crête de la montagne, on trouve toujours les mêmes grès et argiles, alternant vers le haut avec des couches grossières de conglomérats qui vont en se redressant lentement. De ce point, on descend d’abord dans les mêmes couches (m,), pour lesquelles, près de Pisangan ou Balong, p. ex, D. — 90°, I = 45°; puis, on arrive à des marnes arénacées tendres (m,) en pente plus douce; ensuite, à des calcaires marneux divisés en dalles (m,,) et enfin au calcaire ou calcaire marneux (m,r) du Gg. Séwou.
Ainsi, bien que le Gg. Séwou soit constitué par les couches supérieures du terrain m,, celles-ci ne peuvent être séparées des calcaires marneux tabulaires, car les petites cimes du Gg. Séwou se composent aussi d'un calcaire très marneux, qui ne devient que par places plus pur et plus cristallin, exactement comme à Madoura et en Madioun. Et si ces couches, par leurs nombreux petits sommets, forment un contraste topographique si frappant avec les calcaires marneux tabulaires
très faiblement inclinés, il semble que c’est là uniquement un phénomène d’érosion qu’on peut attribuer à un plus grand degré de porosité des couches calcaires supérieures; ou bien, à cette circonstance que lorsqu'elles furent soulevées, elles n’'arrivèrent d’abord qu'à une petite hauteur peut-être au-dessus du niveau de la mer, et qu’elles furent dès lors en butte à l’action érosive des flots. Je rappellerai ici, qu'au Sud de Keédiri il se
trouve, en certains points, sur le calcaire, des produits ayant l’apparence
de grès et de conglomérats avec des coquilles brisées; et que par
suite, ce calcaire doit s'être trouvé sous l’eau à une époque plus récente.
Quoi qu'il en soit, il me paraît vraisemblable qu'en principe les effets de l'érosion et du transport habituels de la part des eaux de pluie et
des rivières, combinés avec la disposition sensiblement horizontale des couches, ont produit l'aspect bizarre du Gg. Séwou, et que si les plaques
sous-jacentes des calcaires marneux ont été moins rongées, c’est uni-
quement à cause de leur plus grande dureté.
Lorsqu'on se rend, de loguia à Pioungan, en direction orientale, on arrive, à 2 kilometres avant d'entrer dans ce dernier village, qui se
trouve au pied de la tranche occidentale escarpée de la Chaîne méridio-
nale, et après avoir passé la rivière Opak, au contrefort antérieur Blitaran qui se rattache en forme de presqu'île aux montagnes voisines.
Les couches arénacées blanches du Gg. Blitaran (No. 604), qui, d'après l'examen microscopique, consistent en grande partie en verre ponceux, pyroxène, minerai de fer et feldspath, ont une direction de 170° et une pente de 20° vers l'Est. Ce sont ici les couches les plus inférieures visibles du terrain. Au Nord du Gg. Blitaran, se dressent dans la plaine encore quelques petites cimes brècheuses; dans le lit de la rivière Opak (No. 597) et au pied de la colline Sourouh (No. 508), près du village de Diëéragoung, il y a une couche de basalte, d'environ 2 mètres d'épaisseur, qui affleure entre des couches arénacées (No. 599). La direction y est de 150 à 165°; l’inchinaison, de 15 à 20°. versel'Est.
À Pioungan, après avoir passé la rivière Gaweh, on trouve des argiles dont ONE SCT ro au Sud-Est. (Side ice, pointion, sravitila paroi abrupte, on trouve d’abord des argiles de teintes grises et blanches, qui alternent plus tard avec 3 ou 4 bancs épais d'un conglomérat grossier d’andésite où de brèche. La direction y est plus W.—E., et l'inclinaison y est de 10 à 15° au Sud. Du point le plus élevé, d’où l'on a une vue superbe sur la plaine, on descend d’abord dans des argiles et des brèches altérées; puis jusqu'au village de Boundèér, dans “lésmarnes, tendress (um) dont D—,85°,à2,00:.et l.\= 16" au. Sud: C’est en ce point même que commencent les calcaires marneux tabulaires, dont les couches sont nettement à découvert dans la rivière Oïo; D. — 80°, I. — 15° au Sud. Mais un peu plus loin, la pente descend
à 10° et mème à 5°. Le plateau de Wonosari consiste tout entier en ces couches en pente douce; c’est à 14 kilomètre au Sud de Boundèër (au poteau 17), quon a pris le calcaire marneux No. 629. Depuis Wonosari (poteau 23) jusqu'à Tranggounan (au poteau 30), on reste dans ce terrain plat; et près de ce dernier village, commencent les: petites cimes de calcaire marneux du Gg. Séwou, qui se prolongent jusqu'à la côte Sud (No. 630). Presque partout les plaques de calcaire: marneux sont légèrement inclinées au Sud; au poteau 264 seul, la disposition a éprouvé un dérangement local, et l'on y a mesuré D. = 150, Pr A ARONES TE
De Pioungan, une route se dirige au Nord à travers la plaine, vers Soroguëdoug; au bord de la chaîne, la direction des couches est, ou bien W.—E., ou bien S. W.—N. E., avec une pente vers le Sud ou le. Sud—Est. A l'extrémité Nord-Ouest de la chaîne, à l'Est de Kalasan, on a D: — 45, l— r10°"au S: E.La-chaîne y consiste envargiles, grès (Nos. 606 et 607) et brèches (No. 605); ces dernières contiennent beaucoup de fragments de ponce qui font qu’elles sont faciles à travailler. Aussi dès les temps les plus reculés, près de l'emplacement du monument antique Ratou boko, on les a exploitées pour en faire des moellons, des. dalles et des pierres tumulaires. Les tranches droites, rentrantes ou en saillie, à proximité de Ratou boko, appartiennent probablement à une ancienne carrière de l’époque hindoue. Près du village de Diétis, au Sud-Est de Soroguedoug, on a trouvé dans des argiles un tronc d'arbre silicifié (No. 608) et du bois pyritisé (No. 609). Mais on n’y a pas découvert de fossiles.
À titre de curiosité minéralogique, il faut encore faire mention de la présence d’un peu d'or dans la plaine de Soroguëdoug, au pied de la chaîne. Dans de petites crevasses de la chaîne même, aux endroits où les débris de la roche altérée ont pu, pendant de longues années, être rassemblés par les eaux, on trouve aussi, en lavant le sable, un grand nombre de petits grains de quartz, entre lesquels l’œil découvre quelques rares grains d’or.
Il est possible que cet or ne se rencontre pas uniquement dans la plaine quaternaire, mais qu’il se trouve aussi, à l’état très divisé, dans les brèches” et qu'il soit originaire, ainsi que les granulations quartzeuses, de filons de quartz situés, soit dans les schistes chloriteux et les schistes à serpentine du terrain crétacé, comme dans la chaîne en arrière de Diiwo, soit dans des schistes encore plus anciens ou dans le granite. Comme les schistes crétacés de Java ne paraissent pas être aurifères, la dernière hypothèse est la plus probable.
[Il importe de distinguer cette poussière d'or des parcelles et des grains qui présentent des traces nettes de manipulation ou de fusion, et qui ont été trouvés aussi dans une petite rivière de la plaine, voisine
de Soroguëdoug, en même temps que de la poudre d’or non travaillée et quelques petits grains de cinabre et d'argent. La présence de ce dernier or est purement locale: il peut provenir d’un des temples hindous voisins, détruits actuellement; mais il se peut aussi qu’il vienne d’une orfèvrevrie qui jadis aurait existé en cet endroit, et l’on peut même se demander si tout l’or en quantité d’ailleurs fort insignifante, que l’on rencontre près de Soroguëédoug, ne provient pas d’anciennes orfèvreries. Les grains de cinabre même rendent l’origine exotique de cet or très vraisemblable, car nulle part ce minéral n’a été trouvé à Java; il n’a été rencontré qu'à Sumatra et à Bornéo. Le quartz peut être un produit d’écrasement des grès éocènes; mais ceux-ci à leur tour doivent leur teneur en quartz aux filons quartzeux des schistes ou au quartz des granites.
Un terrain aurifère d’une si extrême pauvreté ne saurait naturellement avoir une valeur technique.
Epaisseur des étages. En tenant compte des inclinaisons moyennes qui ont été mesurées, on obtient pour l'épaisseur des divers étages (voir Profils Nos. XVI et XV), ainsi qu’on l’a déjà exposé à propos de Solo:
DORA CRE Re Ce Eu A ns à 2500 à 3700 mètres.
PO SRE RER SR PR A nie HO 4 1 25017)0% pout lésCalearretmarneux M... SORA CI2S ON NE pour le calcaire du Gg. Séwou AUS FAOOE APE 2 O NUE
Ensemble 3300 à 4450 mètres.
L'épaisseur de l'étage m, est donc ici très considérable et elle est peut-être encore plus forte qu'on ne l’a indiqué. Au niveau du village de Ngalang, la distance entre les brèches et la plaine de Solo, mesurée à vol-d’oiseau en longeant le mont Padangan, n’est pas inférieure à 9000 mètres; la pente des couches varie de 20° à 45°; de sorte que, si on compte une inclinaison moyenne de 30° seulement, l'épaisseur de l'étage brècheux ne peut y être inférieure à gooo m. X sin. 30° — 4500 mètres. Si l’on y ajoute celle des étages m, et m,, qui ont ensemble une épaisseur de 750 à 800 mètres, on arrive à plus de 5000 mètres pour l'épaisseur totale de tout le terrain miocène. Nous trouverons plus loin, en Chéribon, une épaisseur tout aussi considérable pour les sédiments miocènes.
La composition minéralogique des couches miocènes est analogue à celle des mêmes couches décrites déjà ailleurs; seulement, l'étage brècheux (m,) y contient beaucoup de couches d’argiles; les brèches et les grès y renferment beaucoup de matériaux ponceux; preuve que durant la période de formation de cette section la plus ancienne du terrain miocène, il y eut des éruptions volcaniques qui amenèrent de
la ponce. Toutefois on ne peut plus reconnaître les points d’éruption qui l’ont émise.
Les marnes arénacées m,, qui affleurent distinctement au Nord de Boundèër, n'y ont pas une épaisseur très forte; elle est cependant plus grande qu’en Patutan où, sur la carte, on n’a pu représenter ces marnes comme un étage distinct.
Le calcaire marneux, blanc-grisâtre à blanc pur, de l'étage m,, est analogue à celui que nous avons appris à connaître dans le Sud de Solo, de Madioun et de Këdiri.
Origine de la chaïne de Diiwo et de la Chaïne méridionale.
Profil No. XV. Un coup d'œil sur le profil No. XV et sur la carte de la chaîne de Duwo, fait voir que vers le Sud les schistes anciens (s), les couches éocènes (e) et les 3 étages du terrain miocène se succèdent régulièrement. Néanmoins, vers le Nord, il se trouve en contact avec les schistes du calcaire en pente douce qui, vers l'Est, enveloppe même complètement les schistes anciens. La paroi abrupte de la Chaîne méridionale devait donc exister déjà au moment où ce calcaire s’est déposé, et ce fait prouve déjà que l'hypothèse d’un soulèvement unique ne suffit pas pour expliquer la position de ces couches. Nous sommes forcés d'admettre, — que les anciens schistes et le terrain éocène eussent déjà subi un plissement antérieur ou non, — qu'après le dépôt des étages m, et m, il y eut un soulèvement, par lequel le bord septentrional de la Chaîne méridionale actuelle se dégagea des flots; qu'autour de la chaîne de Duwo il resta une mer profonde, dans laquelle put se déposer le calcaire m,, tandis que plus au Sud, du calcaire fut déposé sur les couches déjà faiblement inclinées des étages m, et m,. Il se produisit ensuite un soulèvement nouveau qui éleva le calcaire du Gg. Tougou, au Nord de Diiwo, au moins à 250 mètres, et celui de la Chaîne méridionale au moins à 300 mètres d'altitude (au signal Douwour).
Profil No. XVI. Au profil No. XVI, qui a été pris un peu plus à l'Est et qui représente une coupe de la plaine de Solo, passant par le signal Panggoung (786 m.) et le signal Dowo (467 m.), jusqu'à la mer, on reconnaît que le calcaire m, s'y trouve, en certains points, à près de 900 mètres d'altitude, de sorte que le dernier soulèvement, c’est-àdire celui qui s’est fait après le dépôt de m,, doit avoir atteint ici au moins cette hauteur.
Comme nous ne trouvons pas actuellement, dans l’intérieur de la chaîne de Diiwo, de couches miocènes sur les schistes anciens, nous devons admettre, ou bien qu'elles ont été totalement entraînées par les eaux, ou bien qu’elles n’ont jamais existé. Dans ce dernier cas, nous sommes forcés de supposer que déjà à l’époque éocène les schistes de la chaîne de Diiwo formaient une île; que celle-ci a éprouvé, après
le dépôt des couches éocènes, un léger soulèvement, et que les couches éocènes ont bien été soulevées en même temps aux bords Sud et Ouest des schistes, mais non, ou du moins plus faiblement, à leur bord septentrional. En ce qui concerne le soulèvement des étages m, et m,, on doit admettre encore une fois qu'au bord septentrional des schistes, les couches de cet étage n'ont pas participé au mouvement, mais qu'il en a été autrement au bord méridional; en d’autres termes, qu'il existe au Nord des schistes une faille importante, qui sépare les couches soulevées des étages m, et m, de celles quine l'ont pas été. C'est plus tard qu'eut lieu le dépôt de m,; et par un dernier soulèvement, le calcaire a fait son apparition dans le Gg. Séwou tant au Nord de la montagne que beaucoup plus au Sud. De cette manière, on peut se rendre compte de l'absence des couches miocènes des étages m, et m, au flanc Nord de la chaîne de Duwo, tandis que, vers le Sud, elles se présentent au complet, dans l'ordre de succession régulier.
Tel est, dans ses grandes lignes, l'historique de l’origine de la chaîne de Diiwo et de la Chaîne méridionale; nous admettons donc l'existence d'une faille considérable au Nord de la première (voir Profil No. XV), et des soulèvements répétés, au moins deux, peut-être trois ou même quatre, qui se produisirent à des époques différentes.