‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 162 sur 244 · II. Za chaïne frontière occidentale · texte numérisé non relu

II. Za chaïne frontière occidentale

Si de Nanggoulan on prend à l'Ouest, on rencontre une chaîne assez abrupte qui, à la frontière de Baguëlen, s'élève à l'altitude de 859 mètres, au signal Guëpak. Au Nord de ce point, se dressent encore quelques cimes, de 80 à 100 mètres plus élevées. Au Nord, on peut suivre cette chaîne jusqu’à la frontière de Kédou; au Sud, elle se prolonge jusqu'à la halte de chemin de fer Wodio, à la frontière de Baguëlen; au Sud-Est elle descend d’abord en pente escarpée; puis son pied incline doucement vers la plaine de loguia. Ce terrain peu accidenté, qui forme le pays mamelonné situé entre Nanggoulan, Péngasih, Brosot, Bantoul et Sëéntolo, consiste en calcaire marneux analogue à celui de Wonosari et du Gg. Séwou. La chaîne abrupte est constituée entièrement de brèches et de grès d’andésite, à l’exception cependant de quelques sommets calcaires isolés, entre Ngaran et Bësoleh (No. 621) et d’un terrain calcaire plus étendu, à la frontière de Baguëlen, entre Dionggrangan et Sébranti (Branti sur la carte topogr.). De même que le Gg. Séwou ce dernier terrain présente un grand nombre de cimes aigues en pain de sucre; et, par son altitude ainsi que par l'allure bizarre de ses petits sommets pointus, il attire les regards de fort loin. Cette chaîne calcaire porte parfois aussi le nom de ,,Gg. Këlier.” A l'Ouest de Ioguia, à 4 kilomètres environ du cheflieu, il s'élève encore dans la plaine un petit sommet calcaire pareil,

le Gg. Gamping, où il y a un four à chaux assez vaste. Ce monticule est représenté dans l'atlas de paysages qui est annexé au ,, Java” de JUNGHUEHN.

A mi-chemin entre loguiakarta et Nanggoulan, il s'élève aussi, dans la plaine, quelques petites cimes, savoir le Gg. Bérdio, deux monticules situés de part et d'autre de la route, qui consistent en andésite à pyroxène altérée; et au Nord de ceux-ci, le groupe de collines Tiéléring qui, paraît-il, est constitué de brèches désagrégées. A la surface, on n'observe que de l’argile brune et des blocs d’andésite.

Comme il est fort rare qu'on puisse observer nettement la direction et la pente des brèches dans la chaîne frontière, j'ai eu au début beaucoup de peine à constater que le calcaire de la plaine et le calcaire du Gg. Kéëlier, qui se trouve à l'altitude de 800 à 900 mètres, appartiennent au même étage. On l'avait bien supposé dès l’abord, parce qu'ils ont beaucoup d’analogie sous le rapport pétrographique, mais cela ne devint tout à fait clair que lorsqu'on eut reconnu, par l'observation d'un nombre suffisant de directions et d’'inclinaisons, que les couches brècheuses forment une ou plusieurs selles. De Nanggoulan à Sébranti, par Dionggrangan, on passe les couches que voici: d’abord des sédiments quaternaires de la rivière Progo, des bancs horizontaux de cailloux roulés, et de sable; puis, à l'Est de Sripit, des brèches et des argiles blanches arénacées, dont D. = 130°, I. — 10° au Sud-Ouest; la limite du calcaire se trouve un peu au Sud de Sripit. Au-delà de Sripit, des couches de brèches et de grès; à Karang aniar, D. = + 45°, |. = (15° à 30) au Sud-Est; cependant, à la hauteur du village de Kapoundoung la direction — 60°, l’inclinaison — 15° à 20 au Nord-Ouest. La ligne anticlinale se trouve donc déjà au Sud de Kapoundoung. La direction et l’inclinaison restent sensiblement les mêmes Jusque près de Dionggrangan; mais au-delà de cette localité, on arrive d'abord à un peu de marnes arénacées et tout aussitôt à un calcaire marneux blanc qui passe à un calcaire plus pur, formant de nombreux petits sommets et dont la pente douce est très nettement dirigée au Nord-Ouest. Cets petites cimes calcaires pointues reposent parfois sur de la marne, parfois directement sur la brèche. Vers l'Est, le Gg. Këlier a une paroi abrupte de 8o mètres de hauteur au moins ; et à l'extrémité de l'arête calcaire, près Sëbranti, la roche se redresse vers le Nord, de sorte que c’est plus ou moins en forme de plat qu’elle recouvre les brèches.

Si de Sëbranti on rebrousse chemin par Sékidang, Koutoguiri, Parakan et Sëntoïo, vers Sripit, on arrive à des brèches inclinant d'abord au N. W., puis au S. E., puis encore au N. W. et enfin, de nouveau au S. E. Cependant, la selle inférieure n’est pas fort développée ; elle existe probablement aussi entre Dionggrangan et Karang aniar, mais on ne peut l'y voir. Entre Parakan et Séntoïo, la limite du calcaire

marneux se voit un moment sur la route. Sëntoïo et Wadas se trouvent encore dans la brèche, mais très près de la limite du calcaire. A Wadas, on trouve un peu de minerai de manganèse (pyrolusite) (No. 626), déposé paraît-il à la limite des brèches et du calcaire marneux.

Au Sud de Parakan, entre Péndém, Péreng, Ngrantia et Këdoung tangkil, on peut parfaitement mesurer la direction et l’inclinaison en différents points; les couches supérieures des brèches, pour lesquelles D. — 60°, IL. — 15° au Sud-Est, y sont fines et arénacées, de teinte blanche, et elles contiennent de petits fragments de ponce (No. 617). Elles sont recouvertes de toutes parts par le calcaire (No. 618), en stratification tout-à-fait ou sensiblement concordante.

Plus au Sud encore, au mont Këliripan, près du village de Pénggoung, le contact de la brèche et du calcaire marneux devient de nouveau très distinct ; de même que pour le calcaire, pour les brèches blanches D. = 70°, 1 = 15° au Sud. Il se trouve ici entre les brèches et le calcaire, des couches silicifiées gris-clair, d'une épaisseur de 300 mètres au moins; c’est une sorte de schiste siliceux, formé d’argile ou de marne silicifiée. A la limite de ce schiste et du calcaire, on rencontre un dépôt de pyrolusite (No. 625), d'une épaisseur de + m. à 1 mètre; cette couche mince est exploitée depuis quelque temps, mais elle ne paraît pas se continuer d'une manière régulière.

Dans la partie orientale de ce terrain calcaire mamelonné, la direction des couches est le plus souvent de l'Ouest à l'Est. C'est ainsi que dans la petite colline calcaire sise au Sud de Bantoul, on a mesuré D — 9019: — "107 du Sud; et, à l'autre :bord du Progo près de Pengkol, on a constaté même direction et même inclinaison. Dans le terrain de calcaire marneux situé au sud-ouest de Iloguia, au bord occidental de la petite rivière Bëédouk, on a même pu mesurer D. = 110’; L — 10° au Sud. Entre Nanggoulan et Séntolo, au point où le calcaire apparaît sur la rive droite du Progo, il existe des plaques de calcaire marneux qui y. sont fort bien à découvert. Sur une vaste dalle plane, ONE Der 080 ro: à ‘15° ‘au Sud... On voit. doncique la pente de ces couches calcaires a lieu de toutes parts vers le Sud- Est ou vers le Sud.

Dans la portion méridionale de la chaîne frontière, les couches brècheuses ont une direction de 45° à 60°; celle-ci atteint même 70° à 90° vers l'extrémité méridionale, Au nord de Nanggoulan, la direction en divers points est variable; entre Diétis et Ngaran, les couches sont à peu près horizontales; à l'Ouest de Këdoung rong, dans la rivière Tinala et près de la grotte Oupas, la direction des couches de brèches est de go et leur inclinaison de 20° au Sud. Les parois verticales des brèches, près de la grotte, ont de loin, et même de près, tout

à fait l'apparence de murs de calcaire; la cause en est que la brèche contient beaucoup de débris de coquillages, que les eaux pluviales, qui filtrent à travers la roche, parviennent à dissoudre en abandonnant à la surface des parois une couche légère de tuf calcareux (No. 635). Celle-ci présente parfois des empreintes de feuilles. On trouve même çà et là de petites stalactites de calcaire; et, sur les collines voisines. de la grotte, il y a des coquilles terrestres modernes enveloppées entièrement d’une couche de tuf calcaire (No. 636). On rencontre aussi, dans. la paroi brècheuse (No. 614), au Nord de Këdoung rong, à l'endroit où se trouve la grotte de Krèngsèng, des coquillages calcaires et des fragments de corail que les eaux de pluie finissent par dissoudre pour les déposer en d’autres points sous forme de tuf calcarifère.

Entre Këdoung rong et Kali bawang, à la limite de la plaine, les couches ont de nouveau une inclinaison différente ; près de Diourang,

on trouve des marnes dont D. — 30°, I. — 20° au Nord-Ouest; dans un petit cours d’eau près Tégal wérou, D. — 80°, I. — 35° au Nord; et plus au Nord encore, au village de Soudimoro, D. = 70°, I. — 7 au

Nord. Il est plus ou moins incertain si ces couches doivent bien être rangées dans l'étage brècheux m,; elles appartiennent peut-être encore au terrain de Nanggoulan, qui y fait son apparition en une bande étroite juste au pied des brèches; mais nulle part je n’ai rencontré de nummulites. Dans la chaîne à l'Ouest de Kalibawang, le Gg. Gémbolo de la carte, la brèche se montre de nouveau de toutes parts, et elle se: rattache à celle du Gg. Watou poutih, en Këdou, au Sud de Boroboudour. Ces couches inclinent de nouveau vers le Sud, et leur direction est à peu près de 90°.

On voit donc que la direction et l’inclinaison des brèches varient partout; l’aspect de la coupe devra donc varier aussi suivant l'endroit où elle a été faite.

Le profil No. XVII a été tracé depuis le calcaire de Sébranti, en passant par Parakan, jusqu’à la rivière Progo, à Séntolo. Nous y voyons les brèches formant deux selles, recouvertes des deux côtés par le calcaire marneux; celui-ci prend donc des deux côtés la même position et a incontestablement de part et d'autre le même âge, bien que l’un des massifs soit plus élevé que l’autre de 8o0o mètres. Sous le calcaire du Gg. Kéëlier, s'étendent quelques marnes tendres; et, entre les brèches à nombreux fragments d’andésite, qui par altération prennent une teinte rouge, et le calcaire marneux près Parakan, Péreng et Sentoïo, reposent des grès blancs arénacés fins ainsi que des brèches à fragments de ponce, qui ont la même disposition que les marnes. et qui probablement appartiennent tous deux à notre étage m,. Je n'y ai pas trouvé de fossiles; en tout cas, l’étage n’est: pas très épais: Le calcaire du Gg. Kélier contient quelques coquillages fossiles et des

fragments de corail (No. 610), dont quelques espèces ont déjà été déterminées par M. MARTIN (Sammlungen des geol. Reichsmuseums, Home Il bp: 3752).

Profil No. XVIII. Afin de pouvoir indiquer encore plus en détail la disposition du calcaire du Gg. Kélier au-dessus des brèches, on a, au profil No. XVIII, coupé aussi cette chaîne du Nord au Sud; aux extrémités, le calcaire a été légèrement soulevé, vers le Sud à l'extrémité septentrionale, et vers le Nord à l'extrémité méridionale ; le calcaire a donc la forme d’un plat; mais, sauf aux extrémités, l’inclinaison des couches se fait continuellement au Nord-Ouest, ainsi qu'on peut le voir au profil No. XVII A l'Ouest du Gg. Kélier, ce dernier profil a été prolongé jusqu'en Baguëlen. Dans cette résidence et immédiatement sous le calcaire, il se présente des brèches entre lesquelles se dressent quelques cimes d’andésite.

Dans le calcaire du Gg. Këlier sont creusées quelques grottes, dont la plus connue est la grotte de Sibëndo, exactement sur la limite de Baguëlen et de loguia. Lors de la guerre de Java, elle paraît avoir servi de lieu de refuge à Diépo Néëgoro.

Epaisseur des étages. L'épaisseur du calcaire est, au plus, de 150 mètres; celle des marnes est peut-être de 20 (?) mètres; l'épaisseur des brèches ne peut être indiquée exactement; mais, dans tous les cas, elle est considérable et atteint probablement 800 mètres au moins. Une preuve que le calcaire s'étendait primitivement plus loin, c’est l'existence de petits sommets isolés près Bësoleh, au Nord de Ngaran, qui jadis formaient probablement un ensemble avec le Gg. Kélier.

Après avoir rappelé encore qu'on a représenté au profil No. XVII, à la limite de m, et m,, le minerai de manganèse qu’on rencontre, non pas exactement à Parakan, mais au Nord et au Sud de cette localité, près de Wadas et de Pénggoung (Gg. Këliripan), nous allons passer à la description microscopique succincte de quelques roches du terrain tertiaire de Ioguia, tant éruptives que sédimentaires.

Description microscopique.

a. Roches du terrain de Nanggoulan.

Nous rangeons aussi dans ce terrain les roches éruptives, qui près de Télogo kidoul, Wareng, Kalisonggo et le Gg. Moudiil, apparaissent sous les marnes et dont la masse enserre de nombreux fragments pierreux. Ce sont ces fragments qu'on a rencontrés lors des petits sondages pratiqués pour rechercher le charbon, ainsi que M. VAN DIJK l’a signalé dans son rapport. Il se peut aussi qu’on ait rencontré par ci par là la roche compacte elle-même, puisqu'elle forme probablement la base du terrain de Nanggoulan ; à moins qu’on n'ait été arrêté par des couches interposées. On ne saurait donc dire au juste l’âge de cette roche éruptive, si elle est éocène ou oligocène; tout ce qu'on sait, c'est

qu'elle est plus ancienne que les couches de Nanggoulan qui la recouvrent.

Le No. 584 a été pris au village de Kalisonggo; le No. 585 à Wareng; le No. 586 à Télogo kidoul, à l'Ouest de Diëtis; le No. 587 vient du Gg. Moudil. Tels sont les points où cette roche éruptive a été trouvée à l'état de masse compacte. Le dernier échantillon seul, celui ‘du Gg. Moudul, s'écarte des autres et est peut-être moins ancien; les 3 premiers sont des roches vert-grisâtre, à cavités remplies de calcaire spathique, de serpentine et de chlorite, ce qui indique l’altération ou la décomposition de quelques-uns de ses éléments. Par désagrégation totale, la roche s’émiette en un produit arénacé, de teinte claire, fait qui se présente très rarement chez les andésites et les basaltes.

No. 584. Roche à l’état compacte dans une petite rivière, au Sud de Kalisonggo. Pâte de baguettes de plagioclase et de grains d’augite brun-clair serrés entre les cristaux de plagioclase; la substance de l’'augite est en partie encore fraîche, en partie décomposée en chlorite. Puis, du minerai de fer. A l’état de gros cristaux, on trouve uniquement quelques olivines changées totalement en une serpentine vertbrunâtre, et qu'on ne peut reconnaître comme telles qu’à leur forme. La roche est un basalte altéré, qui, par sa forte décomposition, rappelle des roches plus anciennes, notamment de la diabase à olivine.

No. 585. Vient du village de Wareng, et a été détaché de gros blocs gisant dans un gravier arénacé altéré. (C’est encore la roche la moins altérée de cette espèce; elle est gris-sombre, à feldspaths brillants et à augites foncées. Au microscope, on reconnaît néanmoins que l’altération est assez profonde. Il y existe une pâte dans laquelle il y a de grands cristaux porphyriques de plagioclase limpide, d’augite verte encore fraîche en grande partie, et d’olivines entièrement serpentinisées. La pâte contient du plagioclase, de l’augite, du minerai de fer et de petites particules vert-terne, les unes de la chlorite issue d'augite, les autres de la serpentine issue de cristaux d’olivine. Done, basalte altéré.

No. 586. Vient du voisinage de Télogo kidoul, à l'Ouest de Diëtis. À l'œil nu, roche grise à nombreuses taches blanches formées de calcaire spathique; au microscope, elle ressemble à la précédente; les olivines y sont toutes décomposées en serpentine et en calcaire spathique. Pasalte altéré.

No. 587. Du Gg. Moudiil. Roche terne, vert-grisâtre, très altérée. C’est une andésite à pyroxène, à pâte microlithique dans laquelle il y a un verre brun. Beaucoup de chlorite et d’hydroxyde de fer. On n'a pu y découvrir de l’olivine; aussi la roche a-t-elle plutôt l’habitus d’une andésite.

Les 3 premières roches présentent des caractères particuliers, et se

distinguent de tous les autres basaltes par le haut degré de décomposition et la désagrégation arénacée, qui sont uniquement propres aux anciens basaltes du terrain de Nanggoulan. Autant que j'ai pu m’en assurer sur le terrain, la roche du Gg. Moudiil elle aussi est plus ancienne que les marnes de Nanggoulan, mais elle s’écarte des 3 autres.

No. 588. Fragment incohérent du grès marneux, dans l’affluent Pourou de la rivière Songgo, dans le voisinage du charbon. En échantillons, c’est une roche inaltérée, grise, à grain fin; au microscope, elle présente une pâte microlithique dans laquelle il y a une très grande quantité d’hypersthène, une moindre proportion d’augite, du minerai de fer et du plagioclase; il y a parfois un bord foncé mince autour des pyroxènes. Quelques cristaux d’hypersthène y sont enveloppés d’augite et l’ensemble constitue alors un seul cristal. Andésite à pyroxène.

No. 589. C'est la marne grise, pointillée de blanc, à orbitoïdes et nummulites du village mème de Kalisonggo. Dans les plaques microscopiques, on voit distinctement des fragments d’une roche éruptive altérée, ressemblant fort au dasalte des Nos. 585 et 586; ils se trouvent dans une pâte de calcaire spathique à orbitoïdes.

No. 590. Encore une marne, analogue au No. 5809, mais enlevée dans le voisinage du charbon, à des blocs incohérents du Kali Pourou. Elle contient aussi beaucoup de petits fragments d’une roche éruptive désagrégée, et, dans la pâte, des microlithes de feldspaths.

No. 591. Marne, à petites nummulites et autres fossiles, du voisinage de Pengkol kidoul. Contient un gravier fin de basalte désagrégé ainsi que quelques fragments altérés plus gros, dont la pâte contient des microlithes de feldspath. Le tout se trouve dans une pâte de calcaire spathique, presque dépourvue de pétrifications.

b. Àoches de la Chaïne méridionale.

No. 597. Roche à l'état de masse compacte, dans la rivière Opak, sous des collines de grès et près du village de Diéragoung, dans la plantation de café de Soroguëdoug. En échantillons, c’est une roche sombre, d’un grain fin, à grandes augites. Au microscope, on voit des plagioclases porphyriques limpides à inclusions de verre grenu noir, ainsi que des augites fraîches. La pâte consiste en un mélange de bâtonnets longs et étroits de plagioclase, d’augite en grains, de particules troubles et vertes de serpentine, de chlorite et de très beaux agrégats de minerai de fer. Entres ces particules, il y a un verre brun-foncé, parfois à l’état de grains noir, et rempli d’agrégats capillaires extrêmement fins de minerai de fer. Les particules vertes, troubles, sont probablement issues d’olivine. La roche est un 4asalte décomposé, ayant les caractères d’une roche ancienne, diabase à olivine ou mélaphyre.

No. 598. Enlevé au pied de la colline Sourouh, très près de la roche précédente. Forme, entre des grès, une couche de 2 mètres

d'épaisseur environ. A l'examen microscopique elle ressemble tout-à-fait à la roche qui précède; les olivines sont décomposées; à la place, on trouve de la serpentine et du calcaire spathique. Dans la pâte, il y a du verre grenu noir. C’est un basalte altéré à caractères de mélaphyre.

No. 600. Roche sombre, en masse compacte non loin du pasanggrahan Mantungan, à la côte méridionale de Ioguia. L’andésite compacte y affleure en quelques endroits; elle est recouverte par des brèches sur lesquelles il y a du calcaire. C’est une andésite à pyroxène avec augite fraîche et des particules nombreuses de chlorite décomposées. en une substance trouble, verte, et issues probablement d’hypersthène ; puis encore, du calcaire spathique.

No. 6o1. Des brèches, au monticule Gg. Diati malang près de Mantingan. Andésite à pyroxène commune, avec augite et hypersthène. Ressemble au No. 600, sauf que l’hypersthène est déjà totalement décomposé.

No. 602. Bloc des brèches situées près d’un tombeau indigène, sur une colline au-dessus de Mantiingan. C’est une andésite à pyroxène avec de l’augite et de l’hypersthène. De petites particules cristallines vertes, troubles, sont peut-être des olivines décomposées; peut-être aussi des transformations d'hypersthène. La roche contient de la chlorite et du spath calcaire.

No. 603. Bloc enlevé à la brèche près Matingan, à la côte Sud de loguia. C’est une andésite à pyroxène fort décomposée, avec beaucoup de chlorite, des grains d’épidote et du calcaire spathique. Ressemble ainsi complètement à certaines diabases, mais contient quelques grands cristaux bruns de hornblende. Il est possible que ce soient en réalité des diabases du terrain schisteux de Düiwo, dont nous trouvons ici des. fragments en inclusions dans la brèche; mais il se peut tout aussi bien que ce soient des andésites à pyroxène tertiaires anciennes et très altérées.

No. 610. De la brèche, entre Pioungan et Boundëér. C’est un 4asalte ou une andésite à pyroxène olivintifère, avec peu d'hypersthène et assez peu d’olivines serpentinisées.

No. 604. Grès blanc-grisätre du Gg. Blitaran, à l'Ouest de Pioungan. Ne renferme pas de chaux. Au microscope, la poudre lévigée présente les éléments de l’andésite : plagioclase, augite, minerai de fer, particules troubles de pâte; et puis du verre ponceux, filamenteux, devenu poreux par la présence de bulles d’air.

No. 605. De la montagne, en arrière de Soroguédoug. Roche grisclair, extrêmement légère, à gros fragments blancs de pierre ponce. BE poudre lévigée contient beaucoup de particules ponceuses, ainsi que de l’augite, du plagioclase et des particules de pâte. C’est la même roche que la précédente, mais à fragments ponceux plus gros.

No. 606. Grès gris-clair, alternant avec le No. 605. La poudre lévigée contient la poussière d’andésite ordinaire, mais sans fragments de ponce. Grès d'andésite. |

No. 629. Calcaire marneux, au Sud de Boundèër (près du poteau 17, sur la route de Pioungan à Wonosari). Contient des globigérines, des rotalinidées, des textularidées, des gypsina et d’autres espèces; il n'y a pas d’orbitoïdes.

No. 630. Calcaire marneux d'une des cimes les plus septentrionales du Gg. Séwou, près de Tranggounan. Renferme des foraminifères peu distincts, parmi lesquels de petites amphistégines.

c. ÆAoches de la chaîne frontière occidentale. |

No. 611. Du Gg. Bérdio, petit sommet dans la plaine, à 12 kilomètres à l'Ouest de loguia. Sur le versant du mont, gisent de nombreux blocs d’une roche éruptive gris-verdâtre qui présente quelques gros feldspaths blanc-terne. Contient de l’augite très claire, fraîche en grande partie, et beaucoup de chlorite qui paraît y provenir de la décomposition d’hypersthène. Donc, andésite à pyroxène, plus ou moins altérée.

No. 612. Fragments de la brèche au versant Ouest du Gg. Prahou, près du village de Louwing (à l'Ouest de Nanggoulan). Echantillons noirfoncé. C'est une andésite à pyroxène assez fraîche; les petits cristaux d'hypersthène présentent cependant un commencement de chloritisation.

No. 613. De la brèche au versant Ouest du Gg. Prahou, et de la rive gauche de la rivière Kamal, au Sud de Sélomirah. C’est une andésite à pyroxène, à feutrage microlithique.

No. 615. Fragments de la brèche du village de Pring apous (près Klangon) non loin de la frontière de Këdou. Roche gris-clair, avec quelques grandes hornblendes. Au microscope, c’est une andésite à pyroxène avec quelques cristaux de hornblende brun-sombre, à inclusions d’apatite à bord noir.

No. 616. Fragments de la même brèche, de Pring apous; ils sont noir-foncé et à grains fins. Andésite à pyroxène avec verre brun, quelques petites olivines serpentinisées et quelques hornblendes décomposées en grains noirs.

No. 621. Calcaire marneux jaune-gris, à fossiles, d’au nord de Ngaran. Renferme beaucoup de foraminifères, parmi lesquels des operculines de la taille de 24 mm.; puis, des débris de roches éruptives (hornblende, augite, feldspath, magnétite et particules de pâte) ainsi que beaucoup d’hydroxyde de fer; le tout dans un magma de spath calcaire.

No. 628. Roche située entre Iloguia et Bantoul, à l’autre bord de la petite rivière Bëdouk; sa direction est de 110°; son inclinaison, de 10° au Sud. C’est un calcaire marneux à globigérines, etc., et à débris

de coquillages. Beaucoup d’hydroxyde de fer et quelques particules altérées de roches éruptives.

No. 622. Calcaire marneux entre Parakan et Séntoïo. Calcaire assez pur, mais devenu cristallin On ne peut y voir que beaucoup de lithothamniums.

No. 619. Calcaire marneux du Gg. Këlier, près Sébranti. Contient quelques globigérines et de très jolies petites orbitoïdes, à chambres médianes spatuliformes; diam. — 34 à 4 mm.; épaisseur — 1.3 mm.; la chambre centrale et la première chambre qui la suit sont relativement grandes ; ensemble, elles ont 0.27 mm.de longueur et 0.20 mm. de largeur. Onze disques latéraux, ayant de 23 à 25 tours de spire, qui vers le bord sont distants de 0.06 mm. à 0.08 mm. Enfin, l’algue calcaire acicularia.

B. Les roches volcaniques.

LA MMe rat.

Le versant méridional de ce volcan est compris dans la résidence de loguiakarta. Du sommet, la montagne descend très régulièrement vers la plaine de Iloguia, de sorte qu'il est tout aussi difficile qu'en Solo de tracer ici une limite entre le massif volcanique et le terrain en plateau indiqué comme quaternaire sur la carte. Néanmoins, il n’y a là rien que de très naturel, car les couches de la plaine, les supérieures du moins, ont été enlevées au volcan et déposées plus bas parles rivières, ce qui devait amener, une transition régulière du versant de la montagne à la pente douce de la plaine. D'autre part, il est hors de doute qu’à l’époque quaternaire la mer pénétrait bien plus avant dans l’intérieur du pays qu'à l'époque actuelle, et qu’elle baignait le pied du Méërapi; de sorte que les couches inférieures de la plaine peuvent très bien avoir été déposées sous la mer.

Au versant méridional du Mérapi, il n'existe qu’un seul gradin antérieur, le Gg. Plawangan, qui s'élève par deux cimes abruptes au-dessus du versant volcanique environnant et qui est évidemment un point d’éruption plus ancien. Entre ces deux sommets passe la rivière qui prend le nom de Kali Tiodé près Wringuin et Këémbangan (plantation de Boulous). Le Plawangan se trouve au Sud-Est de Bangkong, le village le plus élevé sur cette face du versant du Mérapi, et d’où un sentier, à la rive gauche de la rivière Krasak, conduit au sommet de ce volcan.

Roches. J'ai reçu dans le temps, de la part de M. l'ingénieur VAN HEUCKELUM, un échantillon (No. 631) du Plawangan; c’est une roche gris-clair, à nombreuses augites noires. Au microscope, c'est une andésite augitique, sans hypersthène. Les augites sont changées, sur les bords et dans les cassures, en une matière brune ; et la magnétite a été en partie décomposée en hydroxyde de fer. Les petites augites de la pâte microlithique sont également devenues brunes.

À la surface, le versant du Mérapi consiste en sable meuble et en pierres, avec de rares coulées de lave dans les profonds ravins. Les laves et les fragments d’andésite du versant méridional sont fins, poreux, faciles à travailler en partie; aussi en a-t-on fait usage déjà à l’époque hindoue pour en tailler les pierres des tiandis (temples) près Prambanan. Et de nos jours encore, il y a à Iloguia des indigènes qui vont chercher les variétés tendres et poreuses du: Mérapi pour les tailler et les façonner en objets d'usage domestique, tels que des dalles, des tenons, etc.

No. 632 est un échantillon des pierres du temple de Lorodionggrang près Prambanan; c’est une roche terne, grise, à grain fin et peu poreuse, qui, au microscope, présente une pâte microlithique à verre brun; en cristaux porphyriques, il y a du plagioclase, de l’augite, du minerai de fer et quelquesolivines. C’est une andésite augitique olivinifère.

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