‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 163 sur 244 · C. Dépôts quaternaïres et modernes · texte numérisé non relu

C. Dépôts quaternaïres et modernes

Ainsi que nous l’avons déjà fait observer, le pied du Mérapi aboutit au Sud à la plaine de loguia; celle-ci est limitée à l'Est par la Chaîne Méridionale ; à l'Ouest, par la chaîne qui forme la frontière de Baguëlen ; au Sud, cette plaine de Ioguia (114 m. d’alt.) descend, mais en pente très douce, par Bantoul vers la mer. Le long de la côte, depuis Mantiüngan jusqu'aux embouchures des rivières Opak et Progo et la frontière de Baguëlen, on trouve une lisière de sable marin, une rangée de petites dunes, derrière lesquelles s'étend un vaste marécage à l'Ouest de Brosot jusque près de la frontière de Baguëlen; ce marécage doit son origine à l'obstacle apporté à la décharge des eaux des rivières par les dunes et par les vagues, et il fait partie des ,,marais côtiers” bien connus ailleurs.

A la surface, la plaine de loguia consiste entièrement en sable volcanique et en pierres, entremêlés, près de la limite des collines tertiaires, de fragments et de produits d’altération des couches tertiaires. Dans la vallée du Progo, au Nord de SEëntolo, les grès tuffeux et les conglomérats quaternaires sont disposés horizontalement sur du calcaire marneux. Il semble que lors des inondations antérieures du Progo, il s’est déposé près Sëntolo, sur les collines basses de calcaire marneux, des sédiments de matériaux volcaniques, et l’on trouve çà et là dans cette couche supérieure les ossements des animaux qui ont péri par ces inondations. C’est ainsi que RADEN SALEH a trouvé des ossements de mammifères fossiles à Kalisono, au Sud-Est de Sëntono, et à Baniounganti, à l'Ouest de cette localité (Nat. Tijdschr. van Ned. Indië Tome XXIX 1867 p. 423 et 434). D'après lui, ces ossements se trouvaient ,,sous une terre calcareuse et sous du grès tendre” (1. c. p. 434); d’après M. VAN DIiJK, Sous une couche de calcaire” (Tijdschr. van Niverheid en Landbouw

in Ned. Indië, tome XIII 1867 p. 192 et Jaarboek van het Mijnwezen 1872 I p. 183). J'ai visité ces localités et l’on m'a simplement signalé comme lieu d’origine de ces os la terre meuble quaternaire superficielle (sable volcanique altéré), mais je n’y ai plus trouvé de restes fossiles. En aucun cas les ossements fossiles n’ont été rencontrés dans le calcaire marneux tertiaire; il est probable qu'ils étaient recouverts par de la terre quaternaire, imprégnée comme cela se présente souvent de tuf calcaire quaternaire ou moderne, ce qui lui donne parfois l'aspect d’une couche calcaire tertiaire compacte. C’est à Baniounganti qu'on a recueilli autrefois les restes fossiles No. 633; le No. 634 a été trouvé près de Kalisono ; tous les deux viennent de terre meuble voisine de la surface.

Il est extrêmement difficile d'établir ici la limite précise entre les terres alluviales, les marécages côtiers, etc., et le terrain quaternaire plus ancien; surtout entre loguia et Mantiingan, où le sable volcanique s'étend en pente douce jusqu'aux dunes. Conformément à la description de Baguëlen et Banioumas, on a admis, comme cette limite, l'altitude de 10 mètres environ.

D. Charbon, Mineraïs.

1. Or. Nous avons déjà fait mention de l'existence d’un peu d'or aux environs de Soroguëédoug. Une partie des parcelles d’or trouvées dans la plaine ont été ouvragées ou fondues ensemble en petites boules, probablement dans d'anciennes orfèvreries. La poussière d’or qui s'y trouve mêiée contient des grains de cinabre qui attestent la provenance de Bornéo ou de Sumatra. Il faut peut-être attribuer aussi à d'anciennes orfèvreries l’or qu'on a rencontré dans de petites crevasses de la montagne, mais il n'est pas tout-à-fait impossible que les brèches tertiaires contiennent elles-mêmes un peu d’or, à l'état très divisé. Il provient, ainsi que les grains de quartz des brèches, de filons de quartz aurifères des schistes anciens ou bien de quartz de granite.

2. Charbon. Vu leur mauvaise qualité, les charbons du terrain de Nanggoulan n'ont aucune valeur sous le rapport technique.

3. Pyrolusite. Le minerai de manganèse qui s’est déposé, près du village Wadas (No. 626), à la limite des brèches arénacées blanches (m,?) et du calcaire marneux (m,), ainsi qu'au mont Këliripan (No. 625) entres les marnes silicifiées (m,) et le calcaire (m,), se présente en une petite couche de + m. à 1 mètre d'épaisseur. A cause de son prix peu élevé, ce minerai n’a aussi que peu de valeur technique; de plus il est probable qu'il ne se présente pas en une couche régulièrement continue, mais tantôt plus, tantôt moins épaisse, et peut-être même interrompue en certains endroits.

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