C. Andésites miocènes anciennes
Sous les roches miocènes et entre celles-ci, il apparaît en divers endroits, en Banioumas, des andésites, mais sur une étendue parfois tellement
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faible qu'on n’a pu les représenter sur la carte. Quelques-unes de ces roches éruptives ressemblent plutôt à des diabases qu'à des andésites et elles appartiennent peut-être à des roches plus anciennes (pré-tertiaires). D'ordinaire, elles sont recouvertes par des brèches grossières d'andésite; parfois aussi, par des marnes tendres. Les principaux gisements d’andésite sont les suivants:
Gg. Tampomas (No. 753). Une petite cime pointue, en pain de sucre, au Sud-Ouest de Bandiarnëgara, environnée de roches brècheuses du Gg. Lanang, du Gg. Séligour et du Gg. Plangon. A l'œil nu, c’est une roche grise, à nombreuses aiguilles de hornblende noire. Au microscope, c'est une véritable andésite à hornblende. En cristaux porphyriques, rien que des hornblendes vert foncé, décomposées en partie en grains noirs; pas d'augite; du plagioclase; pas de sanidine, ou fort peut en tout cas; enfin du minerai de fer. Dans la pâte, un verre limpide, fibreux par ci par là; des microlithes de feldspath et de petits grains noirs, sans doute de la magnétite en grande partie.
Gg. KXrawang. Deux petits sommets près du village de Gounoung alang, au Sud-Sud-Ouest de Bandiarnégara. Ils consistent en une andésite altérée, entourée de brèches.
Gg. Tlawoungan ou Radia (No. 754). Cime située à l'extrémité méridionale du Gg. Pawinian, avec deux sommets pointus, en forme de dents, des plus bizarres (Planche No. 13), qui déjà de loin attirent le regard; ils se trouvent à 74 kilomètres au Nord de Bandiarnégara. Echantillon gris clair, à cristaux vert sombre de hornblende. Au microscope, on voit une pâte de teinte claire, formée de microlithes de feldspath et d'augite, de grains de minerai de fer et de verre limpide. Cristaux porphyriques de plagioclase limpide, de hornblende, décomposée partiellement en grains, de pyroxène: augite et hypersthène, et de minerai de fer. C’est une andésite à pyroxène et à hornblende. Dans les formes de la hornblende, on trouve souvent un mélange de grains d'augite et de magnétite, deux éléments secondaires issus de la substance de la hornblende.
Ge. Watou kouwo. Sommet escarpé, au Nord du Gg. Tlawoungan, à la rive gauche de l’Ourang; il est entouré de marnes tendres. Consiste en andésite compacte, identique à la roche précédente.
Dans le lit de la rivière Ourang, près de la désa Sélatrt (No. 755). Le mont Pawinian (1250 m.) et le Gg. Pogok situé au Nord du premier, consistent en brèches d’andésite, environnées de marnes tendres. Dans le lit de l'Ourang, près Sélatri, il se montre cependant une roche éruptive compacte, dont on a recueilli l'échantillon No. 755. C'est une roche gris verdâtre qui contient des feldspaths brillants. Au microscope, on observe du plagioclase, quelques sanidines limpides, de l’augite et de la magnétite, en cristaux gros et petits; mais il n’y a pas de
pâte proprement dite. L'augite jaune verdâtre est en majeure partie décomposée. Par cette transformation, les cristaux sont d'abord devenus troubles dans les cassures: puis, il s’est formé de la chlorite verte et jaune et il s'est en même temps séparé du calcaire spathique. Tant par sa composition grenue et cristalline, que par la proportion de chlorite, cette roche offre beaucoup d’analogie avec une drabase ancienne. Néanmoins, elle peut être aussi une andésite à pyroxène profondément décomposée, à caractère cristallin. Le minerai de fer présente la forme découpée du fer titané, mais il est dépourvu du bord blanc de leucoxène; il se montre en formes qui rappellent un minéral rhomboédrique, plutôt qu'un minéral du système régulier. Si l'on traite les plaques par l'acide chlorhydrique bouillant, le minerai se dissout en laissant comme résidu de l'acide titanique blanc terne ou blanc brunâtre; c'est donc ou bien une magnétite à teneur d'acide titanique, ou bien du fer titané (ilménite), le dernier je suppose.
Le Gg. Tiondong (No. 756). À une grande altitude près de la frontière de Pékalongan, et au Sud de Kalibëning, il existe trois petites cimes abruptes, près du sentier qui conduit de ce village à Guëtas. Elles portent le nom de Gg. Tiondong et consistent en une roche gris jaunâtre, à cristaux foncés de hornblende. Au microscope, on reconnait une andésite à hornblende, avec beaucoup de hornblende et peu d'augite.
Dans le lit de ta rivière Guintoung, à proximité du village de Pandanaroum, il affleure, au pied d'un mur brècheux escarpé, une roche éruptive (No. 757), environnée de marnes tendres; elle est d'une structure fine et grenue et de teinte gris verdâtre. Au microscope, elle présente un magma grenu d'augite vert jaunâtre, de plagioclase et de très jolis agrégats de minerai de fer qui, traités par l'acide chlorhydrique bouillant, se comportent comme le minerai du No. 755 et qui appartiennent probablement à l'ilménite. L'un de ces agrégats est représenté dans la Fig. 39. Une forte partie de l’augite a été décomposée en chlorite et calcaire spathique. La roche a donc, comme le No. 755, beaucoup de ressemblance avec une diabase; mais elle peut être aussi une andésite à pyroxène grenue, cristalline, fortement décomposée.
No. 740. L'andésite à pyroxène à caractère ancien, qui est située entre du schiste siliceux et du grès vert, dans le Kali Toulis, vis-à-vis Watou malang, a déjà été décrite en Baguëlen. Il est probable que c'est une couche interposée entre des schistes et des grès éocènes.
Dans le terrain miocène, à l'Ouest du Slamat, viennent au jour des andésites en divers endroits il est vrai, mais toujours sur une petite étendue seulement; entre autres, près de la cime Boulourémpak, dans le cours supérieur de la rivière du même nom, au Sud du village Diati lawang. Elles sont toujours recouvertes par des brèches et, vu leur
faible étendue, elles n’ont pu être représentées sur la carte. Ce sont peut-être pour une partie des bancs interposés.
B. Ze terrain miocène.
On verra sur la carte que les roches miocènes peuvent se poursuivre depuis la limite de Baguëélen, au Sud de Bandiarnëgara et de Banioumas, jusqu’à Tülatiap; ainsi que, par Adiübarang et Madiënang, jusqu'à la frontière de Chéribon et des régences du Préanguér. Un grand terrain miocène sépare les deux dépôts volcaniques du Slamat et du Rogodiambangan-Prahou. Au nord du chef-lieu Banioumas siélève, dans 12 vallée une “colline: basse,\s qui. consiste ken roches marneuses; la grande île Nousa Kambangan et un monticule, le Gg. Sélok, à la côte près Adirédia, appartiennent également au terrain tertiaire. Il n’est pas douteux que les roches miocènes s’étendent sous la plaine alluviale de Banioumas méridional et occidental. À la surface, il semble que principalement les roches marneuses tendres aient été emportées par la mer et par les rivières, et qu'il se soit déposé, à la place, des sédiments d’alluvion.
Lors de la description topographique, nous avons déjà donné quelques altitudes. Le terrain tertiaire est en partie un pays de collines, en partie pays de montagnes. C'est surtout dans le voisinage de la ligne de partage des eaux des côtes Nord et Sud de Java, qu'il existe des cimes de plus de 1200 mètres de hauteur. Le mont brècheux Gg. Pawinian a une hauteur de 1250 mètres, le Gg. Midangan a 1040 mètres.
La composition de ce terrain est analogue à celle des résidences déjà décrites. Les roches miocènes reposent ou sur des schistes anciens (comme près Mérden et près du Gg. Midangan), ou sur des roches éocènes (comme près du Lawang awou et dans le Kali Toulis), ou encore sur de l’andésite compacte. Sur ces roches anciennes reposent des brèches et des conglomérats, soit isolés et déposés alors en couches peu distinctes, soit en alternance avec des grès de tetes vertes et grises et disposés dans ce cas en couches plus ou moins nettes. Les fossiles sont toujours extrêmement rares dans ce terrain; on ne trouve que quelques foraminifères dans les plaques microscopiques. Sur ces couches reposent, tantôt en concordance, tantôt en stratification discordante, des roches calcarifères tendres, des marnes qui alternent avec quelques argiles privées de chaux, des roches blanches kaoliniques, et parfois encore des couches de conglomérats à fragments d'andésite. À ces dépôts succède le calcaire, qui est excessivement rare en Banioumas. Cette roche n'apparaît qu'au Gg. Karang, à l'Ouest d’Adibarang, dans une très petite cime près Randégan, sur l’île Nousa Kambangan, à la côte vis-à-vis de Tülatiap; et plus à l'Ouest près de la Kinder-zee, où
l’on trouve la grande et belle grotte Mésiguit séla. Nous rangeons les brèches et grès inférieurs dans notre étage m,, les marnes tendres dans m,, le calcaire dans m,.. Sur la carte, on a indiqué la limite de m, et de m,, autant que cela a été possible sans un levé détaillé. Mais, dans un terrain qui présente relativement peu de bonnes tranchées et où, par suite de plissements et d’inégalités, les brèches anciennes apparaissent de la manière la plus irrégulière sous les marnes et entre celles-ci; où l'étage m, renferme aussi des brèches et des conglomérats; où l’on doit, comme en Banioumas, se contenter presque uniquement de la qualité des roches et de leur disposition, puisqu'on n’a rencontré de fossiles que dans le calcaire ; dans ur tel terrain, le tracé d’une limite d’étages n'a qu'une précision relative.
Il importe de faire observer que les couches marneuses tendres sont, dans le voisinage des brèches, fréquemment plissées d’une manière très irrégulière, ainsi que c’est le cas, entre autres, sur le sentier de Karang poutiang à Adibarang, dans la vallée de la rivière Dérmadui.
La disposition des couches est généralement telle qu'une série de plissements se succèdent, formant ainsi des selles et des bassins. Çà et là cependant, les couches sont comprimées irrégulièrement. Plus à l'Ouest, ainsi que nous le savons par la description de Baguëlen, les couches du Gg. Midangan sont en pente générale vers le Nord (Profil No. XXI). Près de Méërden, les marnes tendres qui reposent sur les schistes inchnent d’abord de 30° au Nord, leur direction étant de 90°; puis au Sud; puis encore, au Nord. Sur la petite colline, au Nord de Banioumas, on a trouvé un bel affleurement dans la vallée de la rivière Krindung, près de Kaliouri, où l’eau passe en cascade sur des marnes, des grès marneux et des calcaires marneux; D. — 118, I. — 17° au Nord. Un peu plus au Nord, sur la grande route de Banioumas à Soukaradia, DE rvor = s Nau Nord Dainsidestmarnes tanlestudenbe nioumas, au bord septentional de la chaîne près du village Klinting, D'— 74, 1 — 32 au Nord. Au bord/méridional de la même chaine, dans des marnes au Nord de Soumpiouh, D. — 95°, I. — 4 au Sud; plus au Nord encore, jusqu'à Mountang, D. change et varie de 65° à 55”, I. de 6° à 10° au Sud. Un peu plus à l'Ouest, dans des grès, au Nord de Karäng diati, D. — 82°, I. — 30° au Sud. A l'Ouest de Banioumas, jusqu’à la crevasse du Séraiou, les marnes inclinent au Nord au bord septentional. Dans la crevasse même, affleurent des grès et des conglomérats, dont la pente est alternativement au Nord et au Sud, ainsi qu'on l’a représenté dans la Fig. 40; la direction y est de 120° environ. AÀ l'Ouest de la crevasse du Séraïou, on trouve dans la chaîne, entre Goumilir et Diati lawang, un noyau de brèches et de grès, flanqués de marnes des deux côtés. Les couches sont disposées en forme de selle; et à Diérouk légui, dans des marnes et des argiles (No. 768), on a
déterminé D 1982 à/178° 11 —"0 à 107 au Sud; près de la ligne de partage des eaux, dans des grès calcareux durs de teinte sombre (No. 767), D. — 112, I. — 12° au Sud; du côté Nord, près de Këétangoung, Dre, d 37 aur Nord'@Outre les!marnes, on trouve ici encore des roches blanches argileuses et kaoliniques, qui ne font pas effervescence avec l'acide chlorhydrique. A la rive droite du Séraïou, en face detPansan seul 5 dau: Shd-Est.
Dans la chaîne située entre Diati lawang et Adibarang, les couches forment encore une selle, avec un noyau de brèches au milieu, qui se prolonge jusqu'à la crevasse du Séraïou. Du côté Sud, au village de Karang douren, les mesures donnèrent D. — 131°, I. — 30° S. W. Au mont Mountiou, près de Larangan, une roche kaolinique blanche (No, 766) alterne avec les marnes, les grès et les argiles. L’échantillon No, 765 est originaire du mont Bandamoulé, au nord de Karang douren, et consiste en petites couches alternatives de grès et d'argile ; on y a déterminé D. = 81°, I. — 26° au Sud. Au village de Pésarem, se trouvent des marnes No. 764; à Kali poutih, il se montre de la brèche d’andésite ainsi que de l’andésite compacte. Au flanc septentrional du mont, on trouve de nouveau des grès et des marnes, et on y a constaté entre autres Ds ee 22 neNondeBSt: mais pour la direction, il se présente de nombreuses déviations locales; c’est ainsi p. ex. qu'on a mesuré des directions de 6° et de 28”. Au Sud d’Adiibarang, on peut voir un bon profil au mont Gaïam à la rive droite de la rivière Tadioum. Des marnes et des grès marneux y alternent avec des roches argileuses dépourvues de calcaire; D. — 118, I. — 39° au Nord-Est.
Depuis Tulatiap jusqu'à Adibarang, les couches, considérées d’une manière générale, forment donc deux selles, séparées par un bassin près Diati lawang. Le calcaire No. 769 du Gg. Karang se trouve sensiblement sur la ligne de faîte de la selle septentrionale, en partie sur des brèches, en partie sur des marnes; les dernières renferment des fossiles peu distincts. Il importe de faire remarquer que la direction principale des couches, qui est à peu près de l'Est à l'Ouest, à l’est de Banioumas, s'infléchit davantage vers le Nord-Ouest, à l’ouest de cette localité; cette direction concorde donc avec celle des arêtes des chaînes, de sorte que la plupart des directions qu'on a mesurées dans les couches approchent de 135°. Cette direction reste dominante dans toute la partie occidentale de Banioumas jusqu'à la frontière de Chéribon, mais il existe de nombreuses déviations locales; c'est ainsi que près d’Iratan, au Nord-Ouest de Diërouk légui, D. = 47°, I. — 26° au Nord-Ouest; et au Sud de cette localité, près de Sawangan, D. = 160”, PS6 a Est
Aux environs de Madiënang, les couches forment un bassin. Au mont Guëguer Kondang, entre Wanarëdia et Madiénang, on a constaté D.= 1107,
I. — 20° au Nord-Est; entre Madiënang et Karang poutiang, les marnes inchinent au Sud-Ouest; à 3 kilomètres au Nord-Ouest de cette localité, à proximité du passage de la rivière Ti Radia (affluent du Tu Kawoung), on a D. — 130°, |. — 30° au Sud-Ouest. Au-dessus de Madiénang, sur les frontières de Chéribon et de Tégal, on trouve partout des brèches. Les couches situées au nord de Madiëénang ont été coupées au profil No. XXIV, qui se rapporte à la résidence de Tégal. Entre Karang poutiang et le mont calcaire Gg. Karang, les marnes et les grès sont plissés et comprimés de la manière la plus irrégulière, probablement par suite du voisinage des brèches dures sous-jacentes. À l'est de Karang poutiang, près du hameau Siampel, on a observé
D—=Wrio,. L—=V27tauSud Ouest: c'est donctencoressensiblement la direction normale; plus à l'Est cependant, on a D. — 30°, I. — 15° à l'Ouest; et -un peu "plus loin encore, D.1— 30°, I="20% à MES
Il existe donc ici une petite selle secondaire. Près du village Dérmadn, DANS, l—35 à to au Nord. à2/kilomètres plus ARESE D /=S0r I. — 15 au Nord-Ouest; et un peu plus loin encore, D: — r100?, [. — 20° au Nord. On ne peut reconnaître ici aucune régularité.
L'île Nousa Kambangan consiste essentiellement en grès et en conglomérats de matériaux d’andésite ; au bord septentrional n’affleurent pas de marnes, mais il se montre un peu de calcaire à la Kinder-zee, près de la jolie grotte à stalactites Mésiguit séla et vis-à-vis de Tulatiap, près des villages Bandiar, Taman et Brambang (No. 770). Il existe ici aussi une grotte dans le calcaire. Celui-ci semble reposer en discordance sur et contre les grès et les brèches. On ne saurait voir cependant s’il y a, au nord de Nousa Kambangan, une faille qui sépare ces couches des marnes qui affleurent plus au Nord, ou bien si ces couches se prolongent régulièrement sous l’alluvium; ïl me semble que la première hypothèse est vraisemblable. Dans la partie orientale, les couches de grès (No. 762) inclinent presque toutes au Sud; la direction y varie de 80° à 92°; l’inclinaison, de 20° à 30° au Sud. Entre Brambang et la côte Sud, dans une petite rivière, on a rencontré des couches de’ grès vert (No.!761) “dont D = 5 1130 autsudEst ide sorte qu'il s'y présente aussi des anomalies dans les directions précitées. Près de Brambang, en un seul point, les couches paraissent incliner au Nord; mais on n’a pas bien pu s'en convaincre, car les couches y sont mal à découvert. Ce mesurage n’a pas pu s'effectuer davantage sur les calcaires, qui paraissent avoir une disposition sensiblement horizontale et qui forment le prolongement du calcaire près Kali poutiang, dans le Préanguer.
La composition des couches est la même que dans d’autres résidences. L'étage inférieur m, contient des brèches et des conglomérats grossiers, alternant avec des grès, la plupart privés de calcaire, sans fossiles et
contenant toujours beaucoup de débris d’andésite. Là-dessus se trouvent des roches tendres, marnes, argiles et grès fins, parfois à empreintes peu distinctes de coquilles. Nulle part, dans toute la résidence, je n'ai pu trouver de beaux fossiles. Le membre supérieur m, du terrain est un calcaire marneux qui, le plus souvent, renferme aussi du gravier d'andésite ; toutefois certaines variétés sont cristallines et consistent presque entièrement en grains purs de calcaire spathique. Quelques échantillons ont été examinés au microscope.
No. 758. Fragments de teinte sombre, originaires de la brèche, au nord du village de Kadiépit (au Sud-Ouest du pasanggrahan Sikounang). C'est un basalte, avec quelques grandes augites et assez bien d’olivine, qui ne présente qu'un commencement de décomposition et est encore en grande partie très fraîche. PBasalte.
No. 759. Fragments gris verdâtre, des brèches de la crevasse du Séraïou, près du hameau Garti. Au microscope, on voit que c’est un mélange grenu et cristallin de plagioclase et d’augite vert clair, celle-ci transformée en partie en une chlorite terne, vert sombre brunâtre ; une partie de cette chlorite est peut-être issue d’hypersthène, mais celle-ci n'existe pas à l’état inaltéré. Peu de minerai de fer et pas de pâte. C’est encore un fragment de drabase ou d'une andésite augitique totalement cristalline.
No. 760. Fragments gris clair, à aiguilles noires de hornblende, originaires de la brèche du Gg. Sélok, à la côte près d’Adirédia. Feutrage de microlithes gris clair, à gros cristaux de hornblende vert sombre, dont une partie à bord noir; du plagioclase, du minerai de fer, de l’apatite et fort peu d’augite vert clair. Véritable andésite à hornblende.
No. 761: Grès vert sombre, à grain fin, de l’île de Nousa Kambangan, au Sud de Brambang. Contient des fragments et des grains de plagioclase, d’augite, de minerai de fer, ainsi que de la chlorite et de l'hydroxyde de fer; mais il n’y a pas de calcaire spathique. C’est un grès d'andésite, non calcarifère.
No. 767. Roche noir foncé, dure et à grain très fin, qui fait effervescence avec les acides; a été prise près de la frontière des districts de Diati lawang et Tülitiap, à proximité du point culminant de l’arête située au Sud du village de Randégan; cette arête consiste, en grande partie, en brèches, avec lesquelles cette couche fine alterne peut-être, mais elle peut aussi leur être superposée. Au microscope, cette roche se présente encore comme un gravier d'andésite, consistant essentiellement en petits éclats de plagioclase, augite et minerai de fer, avec de lrchlorite LeWunpheuwde/spath. calcaire. C'est un grès, d'andésite, calcarcière. CDansécettenroche. et#édans celle, qui-.précède, on n'a pu découvrir des foraminifères.
No. 766. Roche terreuse blanc pur, recueillie près Larangan et consistant
essentiellement en kaolin. La couche alterne avec des argiles et des marnes ordinaires. Au microscope, on voit une pâte blanche, trouble, qui consiste entièrement ou presque entièrement en fibres et lamelles incolores de mica, et dans laquelle se trouvent quelques petits cristaux de feldspath. Elle résulte probablement de la décomposition d'un gravier extrêmement fin de roches feldspathiques ou d’un limon riche en feldspath. Donc, argile blanche. D'après une analyse chimique faite par le Dr. CRETIER à Batavia, cette roche contient SiO, — 64.71, AMOS— 13.10, 1C20 —=5 42 M0 = 16, H,0 6533 Totlog bus C'est donc une roche argileuse ou kaolinique très riche en anhydride silicique et un peu marneuse.
No. 763. Fragments noir sombre, originaires d’une brèche du mont Tioulaméga, à la limite entre Banioumas et Chéribon, au-dessus du pasanggrahan Tiinongkob, au hameau de Tiülimous. C’est une andésite à pyroxène, avec beaucoup d’hypersthène et sans olivine.
Les roches Nos. 747, 748 et 750 à 752 du Kali Toulis ont déjà été décrites à propos du terrain de Worawari, en Baguëlen.
On voit, par ce qui précède, que parmi les fragments éruptifs des brèches, 1l existe des roches très diverses, de la diabase (ou de l’andésite cristalline), du basalte, de l’andésite à hornblende et de l’andésite à pyroxène. Nous avons déjà constaté le même fait pour d’autres résidences.
E. Zes roches volcaniques.
1. Le Go. Prahou. Cette grande chaîne volcanique a déjà été décrite en Baguelen; comme on le sait, le Kali Toulis forme la limite des deux résidences de Baguëlen et Banioumas, et une portion du Gg. Prahou appartient donc à cette dernière, notamment le Gg. Pangonan et tout ce qui est situé au Sud et au Sud-Ouest de cette montagne. La roche (No. 771) du village de Paguëntan et qui est originaire du Gg. Bismo, a été également décrite au chapitre Baguëlen.
2. Le Gg. Boutak (2222 m. d’alt.) avec les cimes Timbang, Alang et Diimat ou Pékaraman, qui font partie de la portion méridionale d’un cirque de cratère de 14 kilomètre de rayon.
Ce volcan, ainsi que les suivants, se trouvent tous sur la ligne de partage des côtes Nord et Sud de Java. Une bonne description exigerait absolument une carte précise à l'échelle 1 : 20.000 avec courbes de niveau de 10 en 10 mètres. Nous ne pouvons donc que signaler quelques-uns des points principaux.
Sur le versant du Gg. Boutak, on trouve d'abord un endroit où se dégage de temps en temps un peu d’anhydride carbonique ; il est situé dans un espace cratériforme au pied du Gg. Dimat. L'activité est toujours faible, et même, dans ces dernières années, elle a presque cessé.
Cette mofette insignifiante, qu'on nomme Pëékaraman, a acquis une certaine célébrité sous le nom de ,,vallée de la mort de Java,” réputation qu’elle ne mérite d’ailleurs aucunement. Près Kouningan, (résidence de Chéribon), dans la vallée du Ti Sanggaroung, jaillit une source thermale qui dégage une quantité beaucoup plus grande d’anhydride carbonique.
D'autre part, un peu plus à l'Ouest, dans la vallée d’une petite rivière, qui vient du voisinage de Télogo Dringou, on rencontre une grande source thermale, ainsi qu'une solfatare. Cet endroit se nomme ,,Tiondro di mouko”’; JUNGHUHN lui donne le nom de Sëgoro wédi (ou Kawah dringou), et il donne celui de Tiondro di mouko à la source thermale Kawah kidang. Le bassin a un diamètre de 7 mètres environ; il est rempli d'eau bouillante, tenant en suspension des particules d’argile et de soufre qui lui donnent une teinte blanc-grisâtre; et cette eau bout ou bouillonne sans cesse. Le Tiondro di mouko et le Kawah kidang ne sont, à proprement parler, que des sources boueuses, des sources thermales qui amènent de l'argile en même temps que de l’eau chaude. Que ces sources boueuses existent ici en terrain volcanique, tandis qu'elles sont en terrain sédimentaire en Sourabaïa, en Rémbang et en Sémarang, cela n’a pas grande importance; seulement la nature de l’eau est tout-à-fait différente, car les premières sources ne dissolvent que des éléments de roches volcaniques altérées, tandis que les autres contiennent des matières des sédiments tertiaires (sel de cuisine, iode, etc.).
Au-dessus de cette source s'ouvre un petit cratère, un lac, nommé Télogo Dringou, entouré d’un bord circulaire qui, d’après JUNGHUHN, a un diamètre de 560 mètres. Au bord de ce lac, on trouve beaucoup de calamus (acore) auquel le lac doit son nom (dringou sign. calamus).
Enfin, au Sud de ce cratère, sur la route de Batour à Diëng, non loin du hameau Pékasiran, il existe encore un petit puits de cratère escarpé, à parois presque verticales et avec un petit lac au fond; il est nommé Soumour Diolotoundo, mais n’a pas été signalé par JUNGHUHN. Les parois de ce cratère, qui est encore plus petit que le Télogo Dringou, consistent en grande partie en lave compacte (No. 772) de teinte gris clair à gros feldspaths. Au microscope, c’est une andésite à pyroxène commune, sans olivine.
Les points d'éruption situés au versant du Gg. Boutak ont été décrits à propos du Gg. Prahou (Diëng) par JUNGHUHN et d’autres auteurs ; ils se trouvent néanmoins déjà en dehors du massif du Prahou proprement dit.
3. Le Go. Këndéëng, entre le Gg. Boutak et le Gg. Sikoutung, est probablement un point d’éruption séparé, bien qu’on ne puisse y voir un cratère distinct.
4. Le Gg. Srkoutiing présente vers le Nord une dépression cratériforme à 2 lacs, que nous décrirons dans la résidence de Pékalongan.
5. Le Gp. Rogodiambangan (2175 m. d’alt.) est un volcan à dépression cratériforme en fer à cheval vers le Sud-Est; le rayon est de 0.9 kilomètre environ. Au pied méridional de cette montagne existe une grande plaine marécageuse, qui s'étend de Baloun à Témpouran, sur une longueur de 4, et une largeur de 14 kilomètres. Au bord Sud de cette plaine se trouve le Gg. Krakal, que je crois devoir considérer comme le restant d'un grand cirque ancien. Le rempart annulaire a un rayon de 3 kilomètres; ce serait là le cirque d’effondrement de l’ancien Rogodiambangan, et la plaine de Baloun serait le reste de l’ancien fond de cratère, tandis que le Rogodiambangan actuel se serait édifié après l'effondrement, à l'extrémité septentrionale du rempart. À l’ouest de Témpouran, jaillit dans la plaine une belle source thermale. Au Gg. Krakal, on trouve des produits d’éruption incohérents, des couches de lapilli; au versant méridional du Rogodiambangan, des conglomérats volcaniques meubles, de la cendre et du sable désagrégés en argile. En février 1861, après des pluies abondantes et persistantes, il se produisit, au-dessus de Baloun, une grande descente de sable et de pierres délayés par l’eau, ce qui occasionna des inondations de la part du Kali Ourang, du Kali Mérawou et même du Kali Séraïou. Des pierres qui descendirent alors jusque près de Baloun, on a recueil un échantillon (No. 773) d’une teinte gris sombre. Au microscope, on reconnaît une andésite à pyroxène fraîche, avec beaucoup d’hypersthène et quelques hornblendes noires.
6. La cuve de Karangkobar touche, au Sud, à l’ancien cirque du Rogodiambangan ; c’est un cratère d’effondrement, dont les monts environnants le Wangui, le Kranguéan et le Taman constituent la portion orientale demeurée debout, et dont le rayon est de 14 kilomètres. Près de Karangkobar, on trouve beaucoup de déjections meubles, lapilli, cendres et sable.
7. Le 7e/ogo lélé, au Sud-Ouest de Karangkobar, est un petit point d'éruption près Sélatri; il a un cratère en fer à cheval, où est la source d'un affluent du Mérawou.
8 et 9. Le Go. Bromo et le Gp. Bèsèr—Gg. Dioukoung, à l'Ouest du Rogodiambangan, situés tous les trois à la limite de Pékalongan; d’après leur forme, ce sont aussi des points d’éruption indépendants, à cratères probablement; mais du côté Sud, on ne les a pas explorés d'une manière complète. -
10. Un espace en forme de cuve, au village de Kasinoman, au Sud-Ouest du Gg. Bromo, est probablement un point d’éruption distinct ; les couches de lapillil y semblent pencher vers le dehors, à partir d’un certain centre. Toutefois, sans de bonnes cartes, il n’est guère possible de bien décrire ce terrain, ni le terrain volcanique tout entier, entre Kalibénmg et Karangkobar.
La plaine près Kalibëning n’est pas un fond de cratère, mais un terrain adossé aux roches tertiaires, qui s’est trouvé temporairement inondé, parce que les montagnes environnantes (Dioukoung, Bèsèr, cratère de Kasinoman) y projetèrent des produits d’éruption qui entravèrent l'écoulement des eaux. Dans son cours supérieur, la rivière Pékantiangan a creusé actuellement le terrain volcanique, au Sud de la plaine, à une grande profondeur, et elle y a de la sorte régularisé à nouveau la décharge des eaux. Dans la vallée de cette rivière, il existe une source thermale importante, à 2 kilomètres environ au Sud du pasanggrahan Kalibëning.
ri ethr2 EC Gr. Slzmat et le Gp: Pénousoupan.- Cé cône, d'une hauteur imposante et d'une forme très régulière, s'élève au Nord de Banioumas et de Pourwokérto, sur la frontière de Tégal. D’après les dernières mesures, le sommet est à l'altitude de 3472 mètres et il n’est donc, à Java, dépassé que par le Sémérou (3676 m.). Au Sud, son pied aboutit à la plaine quaternaire de Pourwokërto et de Pourbolinggo; à l'Ouest et à l'Est, il touche à la chaîne tertiaire.
D’Adibarang à Boumiaïou, en Tègal, il y a une grande voie carrossable. Le plus haut point de cette route se trouve près Patougouran, à 378 mètres d'altitude; c'est exactement la limite des brèches et du terrain volcanique; seule, une petite cime brècheuse se dresse, tout près de la ligne de partage des eaux, à l'Est de la route, et elle est environnée de matériaux volcaniques ; tout le reste de la chaîne tertiaire est situé à l'Ouest du chemin.
A l'Est du volcan, un sentier conduit de Pourbolinggo à Bélik, en Tégal, en passant par Bobotsari. Le défilé, au Sud de Bélik, est à 830 mètres d’altitude; les roches tertiaires ne s'étendent que peu à l'Ouest du défilé et elles sont environnées ou recouvertes de déjections meubles du Slamat. Juste à la limite, on voit sur la route ces couches de lapilli, disposées très régulièrement sur les couches tertiaires ou contre celles-ci; l’affluent supérieur de la rivière Klawing y a creusé un ravin très profond dans ces matériaux incohérents.
Le grand terrain volcanique, situé entre les deux défilés en question, est habituellement considéré comme appartenant tout entier au Slamat ; mais il s’en faut de beaucoup que tous les produits soient issus d’un seul et même point d'éruption. En effet, à l'Ouest du Slamat, ül s'élève un ancien volcan effondré qu’on appelle Gg. Sémboung dans sa partie méridionale, et Gg. Pénousoupan plus au Nord, en Tégal. Moins ancien que ce volcan, qui consiste en matériaux d'andésite et essentiellement en produits fins incohérents, est le grand cône du Slamat, qui a été édifié par des matériaux basalfiques, tant sous forme de lapilll que de coulées puissantes de lave; ces dernières sont, en plusieurs endroits, si rapprochées de la surface, qu'on peut les voir
dans le lit des rivières. Tel est le cas aussi bien en Banioumas que du côté Nord en Tégal.
La grande diversité dans la nature pétrographique du sol se décèle par une grande différence dans la fertilité, surtout pour la culture du café. Tandis que, au flanc méridional du Slamat proprement dit et au flanc septentrional, en Tégal, le café réussit très mal, le haut pays de Boumiaïou est un des meilleurs districts à café de toute l’île de Java. Ceci doit être attribué principalement aux terres meubles et légères du Gg. Sémboung-Pénousoupan, qui appartiennent, comme celles du Pasourouhan, aux meilleurs sols pour les plantations de café. Le Slamat est bien moins propre aux cultures, à cause de son sous-sol pierreux, formé de coulées de lave fissurées, par lequel, en outre, filtre toute l’eau qui y tombe. Et pour qui ce concerne le côté méridional de la montagne, il vient s'y ajouter encore cette circonstance défavorable, que les vents alisés du Sud-Est s’y font sentir dans toute leur force et font tomber les fleurs. Néanmoins, la raison principale de la grande différence dans la fertilité doit être cherchée dans la disparité complète de la composition des deux terrains volcaniques.
Le terrain situé au-dessus du défilé Patougouran appartient au volcan Sémboung-Pénousoupan. Le versant méridional de celui-ci se trouve en Banioumas; mais, à la surface, il est en partie recouvert par des produits basaltiques plus récents du Slamat. JUNGHUHN énumère différentes coulées de lave du versant méridional; elles sont toutes basaltiques. L'une de ces coulées s'est échappée du cratère dans une direction Sud-Ouest, et se termine au Sud d’'Adibarang, contre les collines tertiaires. Elle y est à découvert dans la vallée de la rivière Tadioum; il y a, dans cette lave, une grande crevasse, dirigée du Nord au Sud, profonde de 5 à 6 mètres, remplie de sable et d'argile incohérente, qui a fait donner à cet endroit le nom de ,,Watou bëlah”’ (la pierre fendue en deux).
Un échantillon de cette lave, No. 774, est une roche gris sombre, à gros feldspaths et à cavités nombreuses; au microscope, elle contient du plagioclase, de l’augite et de l’olivine fraîche, dans une pâte microlithique d’augite, de plagioclase, de minerai de fer et de verre grenu noir. C’est un dasalte.
Toutes les roches du Slamat proprement dit sont des basaltes. PRÔLLS (Neues Jahrbuch für Minéralogie 1864 p. 429 et 430), LORIE (Bijdrage tot de kennis der Javaansche eruptiefgesteenten p. 138 à 145) et BEHRENS (Beiträge zur Petrographie des Indischen Archipels IT 1882, p. 25) les ont aussi considérées comme telles. Le premier a trouvé de 494 à 534 % d'anhydride silicique dans les basaltes du Slamat.
Le cratère de cette montagne a la forme d’un fer à cheval, d'un rayon de 360 mètres environ, ouvert au Nord-Est. Dans la partie méridionale, existe un puits profond; c’est le cratère actuel, d’un
diamètre de plus de 280 mètres, et d’où s'échappe continuellement de la vapeur d’eau. Dans ces derniers temps, le Slamat n'a plus eu d’éruptions importantes, de sorte que le cratère n'a pas changé sensiblement de forme depuis que JUNGHUHN en a publié un croquis.
Les roches du Gg. Sémboung-Pénousoupan seront décrites dans la résidence Tégal. Elles appartiennent, non aux basaltes, mais aux andésites à pyroxène.
F. Dépôts quaternaïres et modernes.