Les sédiments de la vallée du Séraiïou
Déjà dans la résidence Baguëlen, le Séraïou coule, en aval de Léksono, dans une vallée remplie d'argile, de sable et de cailloux roulés, qui ont été enlevés, au Gg. Séndoro, au Gg. Soumbing et au Gg. Prahou, par cette rivière et par ses affluents. Ces bancs horizontaux de cailloux roulés se trouvent de 20 à 30 mètres au-dessus du niveau actuel du Séraïou. À Ja limite de Banioumas, au confluent du Toulis et du Séraïou, non loin de la désa Sigalou, la vallée de la rivière s'élargit considérablement, et à la hauteur du chef lieu de district Wonodadi, elle a une largeur de 8 kilomètres. Vers le Sud, la plaine est un peu mamelonnée; les roches marneuses tertiaires n’y sont pas à une grande profondeur sous les sédiments quaternaires; dans la partie septentrionale le terrain est plus plat. Les couches de cette plaine consistent en grande partie en matériaux volcaniques fins et grossiers, entremêlés, à la limite de la chaîne tertiaire, de fragments d’andésite et de basalte des couches tertiaires. La disposition est presque horizontale; mais toute la plaine a cependant vers l’ouest une pente douce, qui comporte en moyenne -4ÿ entre Bandiarnégara (288 m.) et Pourworëdio (42 m.) Cette pente fait déjà supposer que ces sédiments doivent avoir été apportés par l'ancien Séraïou (le quaternaire), et même à une époque où le niveau de cette rivière était de 20 à 30 mètres plus élevé que de nos Jours.
Au niveau de Pourworëdio, la plaine s’élargit encore d’une manière notable. Nous devons y voir le fond d’un ancien lac intérieur, où des matériaux volcaniques ont constamment été entassés, à l'Est par le Seraïou et au Nord par le Slamat et par les rivières qui descendent de cette montagne. C’est pour cette raison que la plaine de Pourworédio ne présente qu'une pente très légère, de 515 environ, vers le Slamat. Les couches horizontales de lapilli et de tufs sont bien visibles sur la route de Pourwokéërto à Adibarang; il n’est pas douteux qu'elles aient été déposées avec le concours de l’eau, bien qu'on n'ait pas trouvé jusqu'ici de coquillages d’eau douce dans ces sédiments quaternaires,
La cause du desséchement de ce lac ne peut être cherchée que dans l'érosion régulière et de plus en plus profonde de la chaîne située à l’ouest de Banioumas, par les eaux de la rivière Séraïou elle-même. Si l’on s'imagine la crevasse du Séraïou comblée de matières solides jusqu’à la hauteur de 7o mètres, la plaine indiquée comme quaternaire sur notre carte s’inonderait de nouveau peu à peu jusqu’au dessus de Pourwokérto et Pourbolinggo, et l’on verrait se reproduire la situation qui s’est présentée jadis.
A présent, ces sédiments quaternaires sont enlevés lentement, mais d’une manière sure et continuelle, par les rivières qui les charrient vers des endroits situés plus bas, et finalement vers la mer.