Sédiments novaires
I* Péridotite et Serpentine.
lia roche la plus ancienne de Leitimor, c'est la péridotite, et non le granité comme je le pensais jadis; des roches plus anciennes encore, telles que le schiste micacé et le gneiss, qui sont très répandus dans Pîle voisine de Céram, ne viennent au jour nulle part à Ambon.
La plus haute montagne de Leitimor, le Horiel (562 m.) consiste en une roche éruptive basique, vert sombre, qui s'étend vers le sud jusqu'à la côte méridionale, de Labouhan Ihouresi jusque près de Lea hari, et vers le nord jusqu'à la Waï lia (affluent supérieur de la Waï Rouhou), où celle-ci coupe la route d'Ambon à Routoung. A l'est, ce massif confine au grès; à l'ouest, au granité du Sirimau. La pointe sud-ouest de la baie Ihouresi, que l'on appelle Tandjoung Haour, consiste aussi en péridotite, de même que le premier îlot à proximité de ce cap; mais le second îlot, situé plus loin dans la
mer, se compose en haut de granité, sous lequel, à en juger d'après l'apparence sombre de la roche, git de la péridotite; par suite des forts brisants, il fut impossible d'atteindre en chaloupe cet îlot, de sorte que je ne pus m'assurer si le granité y a pénétré la péridotite sous forme de filon, comme au cap Seri.
Le deuxième grand massif de péridotite est celui du mont Nona^ au sud-ouest d'Ambon; il s'étend à l'ouest jusque près d'Amahousou, au nord jusqu'à la vallée de la rivière Batou-gantoung ; à l'est, jusqu'au-dessus de Malaman; et au sud, jusqu'il la côte du sud, près de Seri. IjCS cimes Nona, Siwang, Apinau, Halinoung, Batou gouling, Kramat et Amahkora appartiennent à ce domaine ; mais la roche ferme n'affleure pas partout, car en nombre de points elle est recouverte par des matériaux meubles et du calcaire corallien.
Entre ces deux grands terrains de péridotite se trouvent deux montagnes de la même roche, tout h fait isolées au milieu du domaine du granité; ce sont le Loring ouwang à l'est de Kousoukousou sereh et VEri samau près de Mahija. Comme il n'était pas impossible que ces deux montagnes fussent reliées, et formassent une seule large arête, je suis descendu de l'église de Mahija dans la vallée de la rivière I^aouroung, profonde de plus de 100 m., du côté nord de l'Eri samau, et j'ai constaté qu'il n'y avait pas de liaison entre ces deux montagnes, mais que du granité était interposé entre les deux. Au nord de Mahija et au sud-ouest du Loring ouwang émerge encore du granité environnant un petit sommet de péridotite, peut-être mis à découvert par érosion du granité.
Un cinquième massif de péridotite est situé plus à l'ouest; il commence près de la rivière Wemi, s'étend le long du littoral jusqu'au Tandjoung Hati ari, un cap que la mer a percé en tunnel en deux points (fig. 14, annexe III), et se dirige à l'ouest par le Gounoung Rousi vers la vallée de la Waï Jowang; il s'élève à 346 m. d'altitude ; mais, à son tour, il est recouvert en grande partie par des matériaux meubles et du calcaire corallien.
Le sixième et dernier terrain de péridotite existe î\ l'extrémité occidentale de I/citimor, au versant nord du mont Kapal; mais à cause du terrain qui le recouvre, il est visible seulement en une bande étroite le long de la côte. Le cap Batou Kapal en fait partie.
Age de la péridotite.
Cette roche éruptive vient, il est vrai, en contact avec la diabase, le granité et le grès en beaucoup de points, mais, par suite de la forte altération des roches et de la densité de la végétation, le contact immédiat n'est visible nulle part avec une netteté suflBsante. En un point seulement, le rapport de la péridoiite et du granité peut s'observer avec une netteté parfaite, notamment près du cap Seri à la côte du sud.
Tandjoung Seri, à 600 m. à l'est du kampong Seri, se termine en 3 pointes de granité A, B, C (fig. 12, annexe III), qui se succèdent dans une direction de 95® et émergent de la mer en parois escarpées et lisses, bien que peu élevées (*). Entre ces points existent deux anses I et II, dans lesquelles la péridotite se montre en très gros fragments; il est probable que jadis elle remplissait totalement ces anses. Au contact du granité, la péridotite est totalement métamorphisée et transformée en une roche dure, à grain fin, de la nature de la coméenne; surtout à ces endroits-là où des filons de granité ont pénétré dans la péridotite, p. ex. en a. En certains points, où la péridotite recouvrant la paroi de granité a été enlevée par les eaux, sont restés suspendus çà et là des restes de la roche dure de contact, qui donnent l'impression d'inclusions (fig. 13). A un exarhen plus précis, on remarcjue toutefois que ces parties ne pénètrent pas profondément dans le granité, mais que, pour ainsi dire, elles y adhèrent tout simplement ; ce ne sont donc nullement des inclusions, mais des restants de la roche de contact, érodée pour la plus grande partie. I^a roche qui existe exclusivement h la limite de la péridotite et du granité, je ne l'ai trouvée nulle part plus épaisse que de Vi ni.
(1) Ces parois lisses sont couvertes, jusiju'à 2 ou 3 m. au-dessus du niveau de la mer, de milliers de coi^uilles vivants, très petits, qui, d'après la détermination du Prof. O. BoETTOER de Francfort, appartiennent aux 4 espèces suivantes: