‹ Description géologique de l'île d'AmbonChapitre 38 sur 62 · Nerita plicata L · texte numérisé non relu

Nerita plicata L

La première espèce existe en nombreux exemplaires; les trois autres ne sont représentées que par quelques exemplaires seulement. Ces or^nismes vivent dans ce qu'on nomme ,,la zone de reflux", entre les hautes et les basses eaux; parfois aussi plus haut, de sorte que dans ce cas ils ne reçoivent que les éclaboussures des brisants.

tJn des plus gros fragments, adhérant au grand bloc de péridotite en a, fig. 12, est long de l'/i à 2 m. et présente 2 petits filons de granité, dont a a 3 et 6 5 à 6 cm. d'épaisseur (fig. 13a); le dernier s'amincit vers le sud (I72 cm.) et se ramifie ensuite en c; la branche étroite n'a que 5 mm. d'épaisseur. Les deux cordons a et 6 semblent se réunir plus loin (voir fig. 13a) ; mais ce point est soustrait à la vue par un conglomérat quaternaire grossier, qui s'élève jusqu'à 5 à 6 m. au-dessus de la mer; et il en est de même du point où les filons de granité se raccordent au massif granitique environnant. Ce conglomérat quaternaire, ou plutôt cette brèche, se compose de fragments anguleux et arrondis de péridotite, de granité, de la roche de contact, avec et sans filons de granité (l'un de ces filons a 3 cm. d'épaisseur), très solidement agglutinés par un ciment de sable siliceux.

Ainsi donc, à une distance de '/i na- de la limite du granité, la péridotite est totalement modifiée dans sa constitution chimique; et d'une roche éruptive basique, avec 40 pet. environ de SiO', elle est transformée en un produit plus acide, qui contient, d'après l'analyse chimique, à peu près 61 pet. de Si 0*. A une distance plus grande du granité, sur une étendue de 1 m. au maximum, la péridotite est encore dure, plus ou moins silicifiée et friable et elle passe alors rapidement à la péridotite commune (n°. 58). (') La modification qu'a éprouvée la péridotite, a donc évidemment été occasionnée par le granité lors de son éruption; en outre, le granité à pénétré dans la péridotite sous forme de filon, et il est donc la plus jeune des deux roches.

Nous avons rencontré encore un étroit filon de granité (n°. 79) dans la péridotite à l'est de la baie de Houkourila, ou Labouhan Ihouresi, à peu près à 300 m. de la limite du granité, à proximité du cap Nouar, devant lequel sont situés deux îlots de péridotite (carte II, feuille 6). Cette petite veine a une épaisseur de 8 à 10 cm., une direction de 30® et se dresse verticalement. A cause de sa richesse en quartz, cette roche ressemble fort à un filon de quartz, et jadis on l'a considérée comme tel.

(1) Les numéros cités ici et plus loin sont ceux du catalogue des roches d'Ambon, recueillies en 1898, 1899 et 1904, et conservées au Musée de T Administration des mines à Batavia.

La diabaae n'a pas été rencontrée en contact immédiat avec la péridotite ou le granité; toutefois cette roche accompagne souvent la péridotite, aussi bien à Hitou qu'à Leitimor; et les diabases cristallines de Hitou forment, par des péridotites à plagioclase, la transition aux péridotites communes, de sorte qu'elles sont sans doute connexes sous le rapport géologique.

Le contact du grh et de la péridotite n'est pas non plus bien à découvert. Dans le temps, j'ai regardé le grès comme plus ancien, parce que les couches qui reposent immédiatement sur la péridotite ne renferment pas nettement du gravier ou des fragments de péridotite ; d'autre part, la présence de roches chloriteuses (n*. 86) paraissait indiquer une roche de contact, qui aurait pris naissance par l'action de la péridotite sur des schistes argileux, comme on l'admet pour certaines couches du Negrais de la chaîne de l'Arakan, dans la Birmanie occidentale. Ces roches chloriteuses et riches en mica (no». 86 et 85a), qui n'ont pas été déposées en couches, et qui confinent immédiatement à la péridotite et à la serpentine dans la WaïJouwa(*), sur la route d'Ambon à Routoung, me paraissent, à plus ample inspection de la surface dénudée, fort restreinte, faire cependant encore partie de la croûte profondément métamorphisée de la péridotite, et non des couches inférieures du terrain gréseux limitrophe, ni des argilolites métamorphisées par contact, ce qui fait que la preuve de l'âge plus avancé du terrain sédimentaire vient à tomber. Toutefois, une brèche de serpentine (n**. 205), qui se présente en gros blocs dans la Waï Warsia, mais n'apparaît pas davantage en couches nettes, appartient probablement déjà aux couches inférieures du terrain gréseux. En outre, ce terrain doit certes être plus récent que la péridotite, car il est constitué par un gravier granitique, et le granité est plus jeune que la péridotite. C'est là une preuve indirecte, qui naturellement a aussi sa valeur; je crois qu'une démonstration directe est excessivement diflScile à fournir à Ambon, par suite des coupes de terrain insuffisantes.

On voit donc, que dans la partie orientale de notre Archipel, où

(1) Signalée par erreur comme Waï Jori sur la carte de Micklbr, car cette rivière a Ron embouchure à la côte orientale; la Wai Jouwa est, comme la Wai lia, ud affluent supérieur de la Waï Bouhou.

presque tout est autre que dans la partie occidentale, il existe une péridotite d'un autre âge qu'à Java. Je vais rassembler ici tout ce que l'on sait de l'âge des péridotites et des serpentines des Indes Néerlandaises, et jeter en même temps un coup d'oeil sur les péridotites qui existent en dehors de notre Archipel.

Céram, D'après Martin (mémoire n". 47, pp. 145, 148 et 149j les péridotites de Céram sont très vieilles, ce qui doit être exact, puisqu' elles sont selon toute probabUM du même âge que celles de l'île voisine Ambon. Mais il me paraît encore fort douteux que, pour cette raison, elles dussent être archéennes (mémoire n®. B9) et faire partie du terrain des schistes micacés et du gneiss. Le profil donné par Martin, sur la carte IV de son mémoire A7, n'a pas été, comme il le dit lui-même, observé, mais construit, et il permet une autre interprétation puisque «das Lagerungsverhiiltniss infolge des Fehlens brauchbarer Aufschlûsse nicht klar zu erkennen ist» (47 p. 149). Bien que ce soit toujours risqué de porter un jugement sur un terrain qu'on n'a pas visité soi-même, je serais néanmoins porté, dans ce cas, à admettre que le massif montagneux, coupé dans ce profil, consiste à l'ouest en schiste micacé, et pour le reste entièrement en péridotite, dans laquelle existe, en trois endroits, du gneiss à cordiérite. soit en fragments inclus dans la roche éruptive, soit en gros blocs qui seraient venus à la surface avec elle. Si cette manière de voir est exacte, la péridotite serait naturellement plus récente, et pourrait même être beaucoup plus jeune que les schistes.

Java. A Java, j'ai signalé ('j pour la première fois le terrain crétacé

(1) Et non Martin, ainsi que le prétend à tort H. van Capelle Jr. dans r„Encyclopedie van Nederlandsch Indiè", p. 569. Il y écrit: „Ook op Java hebbeu Verbeek en Martin het voorkomen van krijt met zeer groote waarschijnlijkheid aangetoond*'. Martin ne Ta jamais prétendu lui-môme, mais ce qui aura donné lieu à ce malentendu, c'est ce qu'il dit au tome V, p. 27, des „Beitrflg'e zur Géologie Ost-Asiens etc.": ,J)a88 das Eocaen indessen auf Java nicht fehlt, obwohl es auf dieser Insel nur an wenigen Punkten zu Tage zu treten scheint, ist durch Verbekk sicher nachgowiesen, und auch die an demseibeu Orte von letzterem ausgesprochene Vermuthung das auf Java eine Kreide formation vorkommen dûrfle, ist wohl zweifcllos richtig. Ich batte in Batavia Gelegenbeit Praeparate durcbzusehen welche durch Verbkek von dcn l.c. erwtthnten Orbitolinen bergestellt waren, und ùberzeugte mich davon. dass sie im Bau mit den cretaceiscben Orbitolinen ubereinstimmcn, fur welche ich den Familiennamen der Orbitolinidae vorschlug, wenugleich eine nabere Bestiramung der Speciesderzeit nicht auszufuhren war". VAN Capkllb doit avoir compris par là, que Martin a pris quelque part à la découverte de couches crétacées à Java.

le l«r octobre 1887, par la découverte d'orbitolines dans un calcaire près du hameau Këboutou douwour, au sud de Bandjarnëgara, dans la résidence Banjoumas. En août 1892, j'ai visité encore une fois cet endroit, où Ton avait entrepris alors une exploitation en petit de ce calcaire, pour un four à chaux d'un chinois. Enfin, le 30 avril 1901, j'étais encore aux même lieux, pour voir si dans les 9 dernières années le calcaire était plus fortement mis à nu qu'auparavant. Je constatai que l'exploitation de la carrière n'était pas beaucoup plus avancée. Du sentier, qui de Bandjamëgara conduit au sud vers Sironggé, on prend à droite près du hameau Këboutou douwour (à l'ouest); on descend d'abord 80 à 35 m. sur de la serpentine schisteuse et friable (fig. 57); on arrive ensuite à la carrière du calcaire, qui est à nu sur une étendue de 10 m. environ, et n'acquiert pas plus de 2 m. d'épaisseur, bien que celle-ci ne soit pas partout la même : plus bas se présente de nouveau la serpentine compacte, de sorte que le calcaire, qui pend vers le nord, est situé entre la serpentine et est par suite du même âge que cette roche éruptive. Il est moins vraisemblable que le calcaire forme une inclusion dans la serpentine; les dimensions du calcaire visible, qui a d'ailleurs l'air de former une couche régulière, sont un peu trop grandes pour cela. Dans ce cas, la serpentine serait même plus récente que le calcaire crétacé, mais à mon avis, ils appartiennent tous deux au même terrain; en d'autres endroits de Java, celui-ci ne consiste pas seulement en serpentine et calcaire, mais encore en d'autres roches, principalement des quartzitcs, recouverts en stratification discordante par les grès et le calcaire à nummulites éocènes; dans ces dernières roches, il ne se présente nulle part de la péridotite, de sorte que l'éruption de cette roche

La première communication sur les orliitolines, datant du 20 janvier 1801. je Tai faite dans mon mémoire ,,VoorIoopig bericht over nummulieten, orbitoiden en alveoliuen van Java, etc." Natuurk. Tijdschr. v. Ned. Indie LI, afl. 2, 18UI (et non 1892, ainsi que le cite Martin I. c. p. 26; Tannée complète porte bien la date 1892, mais lu livraison 2, la date 1891) pp. 101 à 138. Un extrait publié dans le Neues Jahrbucb f. Minéralogie, 1802 I, S. 65—67, est daté de Buitenzorg, 20 juin 1891. On trouve cette communication dans le mémoire cité en premier lieu, à la note 1, ]). 102. Ce mémoire avait déjà ]>aru lorsc^ue Martin nrriva pour la première fois à Batavia en octobre 1891 ; je lui ai montré les préparations des pétrifications déterminées par moi comme orbitolincs au commencement d'août 1892, lorsqu'il fut revenu h Batavia de son voyage aux Moluques. Il est donc clair, que Martin n'est pour rien dans la découverte du terrain crétacé à Java.

n'atteint pas la période tertiaire. D'autre part, je ne tiens pas ici la péridotite pour une roche plus ancienne, parce que la couche de calcaire crétacé est interposée, à mon avis, en stratification concordante entre la serpentine schisteuse.

Il existe encore un second endroit où du calcaire à orbitolines est situé sous la serpentine, notamment au voisinage immédiat du kampong Watou bëlah, au nord-nord-cst du gisement précédent, à la rive droite du cours supérieur de la rivière Watou bôlah, qui est nommée ici Karang-tcngah. Ijti roche inférieure visible est ici un calcaire dur et cristallin, à veines de calcaire spathique n". 1 (fig. 58); ce calcaire s'étend jusque dans le lit du ruisseau ; la roche sous-jacente n'y est pas dénudée; mais elle est, sans aucun doute, de la serpentine schisteuse, la seule roche <iui apparaît partout aux alentours. Sur ce calcaire n®. 1 repose une roche calcaire gris sombre (n®. 2), veinée aussi de spath, d'une épaisseur de Vj à '/j ni. et à orbitolines nombreuses, qui sont surtout bien reconnaissables au microscope, en plaques minces, et sont tout à fait semblables à celles de Këboutou douwour. Làdessus se trouve une roche d'un gris verdiltre clair, de '/i lû. d'épaisseur, finement schisteuse et friable, consistant en serpentine à nombreuses veines de spath calcaire (n®. 8) ; dans les couches inférieures, il y a plus de calcaire (j[ue de serpentine, de sorte qu'ici encore le calcaire est intercalé dans la serpentine, et tous deux ne peuvent appartenir qu'il une seule et même formation; dans cet affleurement restreint, la direction et l'inclinaison ne pouvaient être bien mesurées; peut-être le calcaire forme-t-il en cet endroit précisément un plianticlinal.

L'âge crétacé de la péridotite de Java et de la serpentine schisteuse a été révo(iué en doute par Martin (Die wichtigsten Daten etc. Bijdragen tôt de taal-, land- en volkenkunde van Nederlandsch-Indië 1883; et derechef dans: Die Eintheilung der versteinerungsfùhrenden Sedimente von Java. Bcitrâge zur Géologie Ost-Asiens etc. VI, 1900, p. 244) ; c'est surtout la présence de schistes micacés qui accompagnent la serpentine, bien que d'une façon tout à fait secondaire, qui lui semble contredire cette ancienneté. Mais il ressort de la bibliographie, <iuc ce fait n'a rien de particulier et qu'on l'a observé aussi en dehors de Java. Nous en reparlerons plus amplement ci-dessous.

Divisions méridionale et orientale de Bornéo. Ici se présentent un grand nombre de roches éruptives qui, d'après Tingénieur des mines J. A. HoozE (Jaarboek van het mijnwezen in Nederlandsch Oost- Indië 1893), se divisent comme suit:

1. Roches anciennes^ qui forment des filons ou des assises interposées dans les anciens schistes cristallins et qui, à ce (ju'il me semble, sont regardées par lui (1. c. p. 183) comme plus anciennes (^ue les roches de la période crétacée, bien (ju'on verra plus loin (jue sa description n'est pas en harmonie avec cette interprétation. Ce groupe le plus ancien consiste en péridodite et serpentine, gabbro et diorites cristallins ; ces dernières roches sont intimement liées aux gabbros.

2. Roches moyennes, consistant en porphyrites diabasiques et dioritiques d'âge vieux-crétacé (crétacé inférieur); une grande partie des sédiments de la période crétacée consistent en conglomérats, tufs et grès de matériaux de porphyrites.

3. Roches récentes, consistant aussi en porphyrites diabasiques et dioritiques, mais qui forment distinctement des filons dans les sédiments crétacés et qui sont probablement d'âge crétacé récent. Ces roches éruptives sont incontestablement plus anciennes que l'éocène, car nulle part elles ne forment des filons dans ce terrain (Hooze Le. p. 127).

Hooze a donné à une partie des porhyrites anciennes le nom de diabase d.c. p. 105) et il a fait d'autre part une distinction entre porphyrite rouge ou ancienne, et porphyrite récente, grise ou andésitique (l.c. p. 120). Cej)endant, d'après lui-même, la distinction entre sa diabase (porphyrite diabasic^ue) et la porphyrite jeune est souvent difficile (l.c. p. 127). D'après l'ingénieur des mines Retgers, qui a examiné au microscope les roches de Hooze (Jaarboek v. h. Mijnwezen in Nederlandsch Oost-Indië 1891, Wetenschappelijk Gedeelte), cette distinction doit être abandonnée au point de vue pétrographique, car ces roches appartiennent îl peu près toutes aux porphyrites, notamment aux porphyrites diabasiciues ou dioritiques, ou bien î\ des transitions entre les deux, que Retgers appelle des porphyrites diabasiquesdioritiques. Les porphyrites dioriticjues renferment parfois du quartz, parfois de la biotite. Des brèches et des tufs se présentent fort souvent îl côté des porphyrites massives (l.c. p. 7). Ce n'est que dans

quelques porphyrites diabasiques que Pon a pu montrer des olivines (Le. p. 8).

En ce qui concerne en premier lieu Page relatif des 4 roches, péridotite, serpentine, gabbro et diorite cristalline, Hoozb a rapporté en divers endroits des filons de gabbro dans la serpentine ; le gabbro serait donc plus jeune. Ce n'est qu'à la p. 104 qu'il dit que parfois, bien que fort rarement dans ce terrain, le gabbro forme des transitions dans la serpentine; et à la page 110, qu'une roche indiquée sur la carte comme gabbro (n*'. 288, du cours supérieur de la rivière Pamaloungan, à proximité de la cime Pamatang Oja), fait partie des péridotites. Comme le gabbro et la serpentine se montrent prcs(|ue toujours ensemble, il existe un rapport génésique net entre les deux roches, et je serais porté plutôt à songer à des sécrétions feldspathifères en forme de traînées, dans la roche d'ailleurs privée de feldspath. Et j'ai pu constater à diverses reprises qu'ailleurs aussi, entre autres dans les Molu({ues, ces traînées peuvent ressembler fort à des filons.

A Bornéo comme partout ailleurs, la serpentine n'est pas une roche spéciale, mais un produit de transformation de diverses péridotites (Retqers l.c. p. 196).

Ensuite, la diorite cristalline appartient assurément aux gabbros, en ce qui concerne l'âge, car Hooze fait observer lui-même (l.c. p. 98, note 2), que dans le même massif rocheux — savoir la montagne Kehok-Tambaga — il existe, d'après Retoers, du gabbro à augite, de la diorite à augite et de la véritable diorite, parfois quartzifère. «Cela rend plus vraisemblable encore que le gabbro et la diorite passent l'un dans l'autre».

A mon idée, il n'y a pas de doute que toutes les roches du 1er groupe ne forment un seul ensemble géologique, et que dès lors elles ne présentent, quant à l'âge, que des écarts très faibles.

Hooze dit encore (l.c. p. 183): «que la serpentine, accompagnée ou non de gabbro et de masses gabbroïdes, formait avant la période crétacée un continent avec les schistes plus anciens» ; mais comment concilier cela avec l'assertion formulée à la page 101, qu'un filon (le serpentine se montre dans le gabbro et la dta6a«« (porphyrite), tandis qu'à la page 184 les porhyrites diabasiques et dioritiques sont rangées

dans la période crétacée? Hooze dit notamment p. 101 : «qu'à 500 m. au sud du signal I^abio (feuille V de sa carte géologique, bord sud) on trouve dans le gabbro et la diabase un filon de serpentine, qui s'étend au nord du côté oriental du G. Batakkan-Binawar, et qui communique avec la serpentine du massif montagneux du Sabat*.

Si nous admettons ces observations comme exactes, il s'ensuit que la serpentine, ou plutôt la péridotite du sud-est de Bornéo, se montre çà et là sous forme de filons dans les anciennes porphyrites crétacées, bien que l'on n'ait trouvé ces filons que rarement, et qu'elle est donc elle-même d'«^ge critacé inférieur^ à moins (jue l'on ne veuille admettre dans cette région des péridotites d'un âge très différent, ce qui n'est pas fort vraisemblable. Les éruptions y ont continué jusqu'à l'époque crétacée récente, et elles ont aussi fourni des pori)hyrites.

Cùie occidentale de Sumatra, L'âge des péridotites, des gabbros et des serpentines de la côte ouest de Sumatra n'est pas connu d'une manière précise ; ces roches sont plus récentes que l'époque carbonifère et plus anciennes que l'éocène; il n'est pas impossible qu'ici encore elles soient crétacées, mais cela n'a pas encore été prouvé. Un argument en faveur d'un âge relativement récent est peut-être la grande fraîcheur des éléments de quelques gabbros à olivine et de quelques picrites, à tel point que même l'olivine ne présente dans ces roches qu'un commencement de décomposition. En dehors des résidences des hauts pays de Padang (Padangsche Bovenlanden) et Tapanouli (Verbeek Topogr. en geol. beschrijving van een gedeelte van Sumatra's Westkust, Batavia 1883. Fennema Topogr. en geol. beschrijving van het Noordelijk gedeelte van Sumatra's Westkust. Jaarboek v. h. Mijnwezen 1887, 2^© Wetenschappelijk gedeelte), on a trouvé aussi de la péridotite, de l'amphibolite et de la serpentine dans l'île de Sipora, faisant partie des îles Mentawei, situées à l'ouest de Sumatra; ces roches furent recueillies par E. Modigliani et décrites par St. Traverso (Atti délia Società Ligustica di Scienze Nat. e Geogr. VI, Fascicolo I, Genova 1895). Elles se présentent conjointement avec du grès et du quartzite, ainsi que des roches rhyoliti^jnes ; toutefois leur âge ne put être déterminé. liCS îles Mentawei appartiennent, comme on sait, à la série des îles Nias-Engano, qui sont constituées principalement par des roches sédimentaires miocènes.

Comme nous avons affaire très problablement, dans TArchipel Indien, à des péridotites d'âges différents, il importe de jeter aussi un coup d'œil sur l'Europe et l'Amérit^ue, pour voir ce qu'on sait là de l'âge des péridotites et des serpentines; surtout que les dernières recherches ont appris, que beaucoup de ces roches, que l'on tenait jadis pour notablement plus anciennes, sont relativement récentes. Cela ne veut pas dire naturellement qu'il n'y existerait pas de péridotites anciennes; au contraire, en Europe et en Amérique on connaît un grand nombre d'endroits, où la péridotite et la hartzbourgite se montrent en présence de gabbro et de serpentine, de l'âge élevé des(iuels personne ne doute Je rappelle ici seulement les assises de serpentine et les formes en filon irrégulier i Stockform) de cette roche, ainsi que les filons dans le gneiss de l'Autriche, du Tyrol, de la Bohême, de la Norvège et de la chaîne de l'Oural, accompagnés ici de schistes chloriteux et talqueux; ])uis, dans le schiste micacé de l'Ecosse, de la Hongrie et de la Silésic; et encore dans la granulite de la Saxe, de la Bohême, de l'Autriche et des Vosges; suivant quelques auteurs ces dernières serpentines ont été formées entre les époques du trias et du jura. On trouve encore la péridotite, la hartzbourgite etc. dans le Montana, dans le gneiss du Colorado, en Orégon et en noni])re d'autres endroits des Etats-Unis de l'Amérique du Nord. Les péridotites de Darjeeling et d'autres endroits des Indes Britanniques sont i)robablement triasiques.

Je fais suivre ici un aperçu succinct des péridotites plus jeunes encore, (jui paraissent appartenir essentiellement au terrain crétacé, en partie même au terrain tertiaire.

Le mémoire de A. Bittneu, M. Neumayr et Fu. Teller «Ueberblick ùber die geologischen Verhâltnisse eines Theiles der Aegaïschen Kùstenlander», Denkschriftcn der Kais. Akademie der Wissenschaften. Math. Naturw. Klasse XL 1880, p. 405 et suivantes, commence par parler de la présence de serpentine avec des calcaires crétacés en divers endroits de la Grèce, au Tyrol, en Crète, dans l'Asie mineure, la Bosnie, l'Herzégovine, la Croatie, la Transylvanie, en Italie et dans les Alpes; puis on passe à un aperçu de ces roches dans l'Inde. D'ab()rd,elles sont situées sur une ligne (jui s'étend de la chaîne de l'Arakan, en Birmanie occidentale, par les îles Andaman et Nicobar vers

Sumatra. Les grès et les schistes des couches du Ne^ais dans la chaîne de l'Arakan, qui appartiennent en partie au crétacé, en partie à Péocène, sont pour une part peu modifiés et pour une autre transformés en schistes argileux durs, silex cornés (Homsteine) et schistes chloriteux verts. (Voir à la p. 47 ce qu'on dit de la roche n". 85). Dans les silex cornés existent de nom])reux filons de serpentine (Medltcott and Blanford, Manual of the geology of India, Vol. II, p. 713 et suivantes). Aux îles Andaman on trouve des couches qui ressemblent fort aux couches du Negrais, également accompagnées de seq^entine et de gabbro (Medlicott and Blanford, 1. c. Il p. 733). De même aux Nicobar (Medlicott and Blanford, 1. c. II p. 734 ; von Hochstetter, Reise der Novara, Geologischer Theil II 1866, pp. 83 et 112). Le prolongement des couches crétîicées à Sumatra est inconnu jusqu'ici. Par contre, comme on l'a vu plus haut, il apj)araît en nombre de points de cette île et de Sipora (îles Mentawei) des péridotites et des serpentines.

• A l'extrémité méridionale de l'Améri([ue du Sud, dans la Terre de Feu, il se montre des schistes argileux avec filons de pierres vertes et des grauwackes, qui ont un caractère très ancien, mais qui appartiennent néanmoins au crétacé, puiscju'ils contiennent des fossiles de cette période. Il semble ne pas y exister de la serpentine» (Darwin, Geological Observations on South- America 1851, pp. 151 et 152}.

«A cause de leur grande analogie avec les roches de la Grèce, celles de la -Coast- Range» de la Californie, telles (lue les décrit Whitney (Whitney. Geological of California, Geology Vol. I Parti, the Coast-Range. Id. The auriferous gravels of the Sierra Nevada of California, Muséum of comp. zoology at Harvard Collège, Cambridge Vol. VI n'. I, 1879), sont très importantes. Cette montagne consiste en grès et en schistes du terrain crétacé, <iui ont une grande analogie avec le macigno ; j)uis, en schistes cristallins, parmi lesquels se montre localement du schiste micacé à grenat ( *), en couches de jaspe et en serpentine. Tantôt ces couches crétacées sont normalement développées, tantôt elles sont devenues cristallines, mais les transitions pétrographiques sont si régulières, qu'une séparation est impossible;

(1) Voir ci-dessus, p. 50.

les mlex cornés sont des grès modifiés, les serpentines appartiennent au même système*.

Ainsi que le font remarquer les auteurs (Bittner etc.), l'apparition de schistes cristallins et sub cristallins en combinaison avec la serpentine n'est nullement une exception pour le terrain crétacé; c'est même un phénomène assez général. Pour la Grèce en particulier il devient probable «que les phyllites mésozoïques se présentent principalement là où Paxe orographique de la montagne fait un angle considérable avec la direction des couches ; que par conséquent le changement des couches ne doit pas être attribue à la serpentine^ puisque celle-ci se montre précisément souvent dans les roches crétacées élastiques normales, •mais à la forte pression qu^orU subi ces couches»,

A. Phiuppson (Reisen und Forschungen in Nord-Griechenland I. Zeitschr. d. Gesellschaft fiir Erdkunde zu Berlin, XXX 1895. S. 185 — 226) a décrit le nord de la Grèce (Thessalie et Epire) et principalement la chaîne de l'Othrys, qui consiste en grande partie en roches du terrain crétacé, et notamment en: 1. calcaire crétacé inférieur; 2. schistes, silex cornés et grès, avec beaucoup de filons et d'assises de serpentine, et aussi du gabbro mais beaucoup moins; 3. calcaire crétacé supérieur avec rudistes. Là-dessus repose un peu de brèche à orbitoïdes, à la limite du calcaire crétacé et du flysch; puis, du flysch, du calcaire en plaques éocène, très peu de néogène, du quaternaire et de l'alluvium.

Les silex cornés rouges, parfois verts et noirs, sont considérés comme des calcaires silicifiés à leur contact avec la serpentine et les gabbros serpentinisés. Dans le terrain de la serpentine, du homstein et du schiste on trouve des calcaires avec des rudistes; ce terrain appartient donc au crétacé. En outre Philippson fait observer formellement (1 c. p. 212), que nulle part en Grèce la serpentine ne se présente dans le flysch éocène, et (juc par conséquent la roche éruptive n'est certainement pas plus récente que l'époque crétacée. Les diabases, les péridotites etc. qui se présentent sous forme de filons dans les couches de ce qu'on nomme le «Franciscan séries» de la presqu'île de San Francisco, sont d'âge mésozoïque; mais il est encore tant soit peu incertain, s'ils appartiennent à la période

jurassique ou bien à l'époque crétacée. (Andrew C. Lawson, Sketch of the geology of the San Francisco Peninsula. United States Geological Survey. XVth Annual Report 1893—94 p. 399-476).

I^a Iherzolithe du sud de la France, dans le département de PAriège, est post-jurassique (donc tout au plus crétacée) d'après A. Lacroix, car cette roche éruptive a métamorphisé non seulement les calcaires du jura mais aussi ceux du crétacé inférieur. (A. Lacroix, Sur l'origine des brèches calcaires secondaires de l'Ariège. Comptes rendus, tome 131, 1900, pp. 396 a 398).

Par contre, les diabases il olivine du Plessur, dans le canton des Grisons (Suisse), et les gabbros, la serpentine et les schistes verts (ces derniers étant selon C. Sciimidt des roches éruptives basiques, transformées par dynamo-métamorphisme) des Grisons du nord, apparaissant dans ce (ju'on appelle la «Bûndner-Aufbruchszone», sont regardées comme éocènes par A. Bodmer-Beder, à l'exemple de G. Steinmann (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage-Band, 1898, S. 238 u. ff.). Suivant une communication par écrit du Prof. Steinmann, qui connaît aussi bien les serpentines des Alpes que celles de l'Italie, celui-ci ne croit pas, comme certains géologues Italiens, à une différence d'âge de ces roches; selon lui, elles ne sont pas plus anciennes que le crétacé inférieur ni plus récentes que le tertiaire ancien (oligocène), mais une détermination plus précise de Tâge n'a pas encore été possible. Un âge crétacé n'est donc pas encore exclu pour ces serpentines. W. Paulcke (Geologische Beobachtungen im Antirhiitikon. Ber. d. naturf. Gesellsch. zu Freiburg i/Br., Band XIV, 1904, pp. 20 à 22 de la note même) tient les gabbros, les diabases compactes et la serpentine de l'Antirhéticon pour tertiaires.

En dehors de ces serpentines et péridotites jeunes il y en a, d'après certains auteurs, aussi de plus anciennes dans les Alpes et en Italie, bien qu'elles ne soient pas plus vieilles que le trias. Selon Mazzuoli, IssEL, DE Stefani, Uziklli et d'autres encore, les serpentines et les roches connexes à l'ouest de Gènes sont en partie éocènes, en partie triasicjues, et la limite entre les deux s'étend de Sestri à Voltaggio, dans les vallées de la Ijcmmo, de l'Iso et de la Chiaravagna, cette dernière rivière débouchant dans la mer à l'est de Sestri Ponente. La première rivière coule dans le flysch ; la dernière, entre des schistes

talqueux, des quartzites etc. des assises inférieures d\i terrain triasique (Capacci, de Stefani, Daubrée, Issel, Mazzuoli, Szabo, Sterry Hunt, Taramelli, Uzielli. Estratto délia conferenza sulle serpentine tenuta in Bologna in ocoasione del II congresso internazionale di Geologia. Bollettino délia Società Geologica Italiana I p. 14 — 38, Roma 1882. Et L. Mazzuoli e A. Issel. Nota suUa zona di coincidenza délie formazioni ofiolitica eocenica e triassica délia Liguria occidentale, con carta geologica. Bollettino del R. Comitato Geologico 1884 n**. 1 — 2, Roma 1884). Ce contact de deux domaines de serpentine, qui difièrent notablement en ancienneté, est certes excessivement remarquable, on dirait môme étonnant ('); aussi cette manière de voir n'est-elle pas partagée par tous les géologues italiens. Sacco entre autres regarde la serpentine des Apennins comme crétacée, ou en tout cas comme pré-tertiaire (P. Sacco. Studio geologico dei dintorni di Voltaggio. Atti délia R. Accademia délie Scienze di Torino, XXII, Torino 1887). Enfin, selon Franchi, il se présente dans les Alpes occidentales des serpentines dans plusieurs horizons, du trias inférieur juscju'au lias (S. Franchi. Suir età mesozoica délia zona délie piètre verdi nelle Alpi occidentali. Roma 1899). Il règne donc encore de grandes divergences d'opinion, et le dernier mot n'a pas encore été dit sur l'âge des serpentines de l'Italie.

X Si c'est précisément pour les péridotites qu'il règne tant d'incertitude quant à l'âge, il faut l'attri])uer, non seulement à leur gisement souvent peu distinct, mais encore à ce fait qu'il n'existe pas une difiérence permanente, au point de vue pétrographique, entre les péridotites d'âges les plus divers.

Pour les péridotites d'Ambon, j'ai songé aussi à la possibilité d'un même âge que celles de Java, savoir crétacé, dans le cas où nous aurions affaire à de très jeunes granités. Car on sait que cette roche aussi apparaît dans toute espèce de terrain.

C'est ainsi que le granité qui, en Cornouailles, forme des filons dans la serpentine, a pris naissance après la période carbonifère ; le granité protogyne des Alpes est plus récent (^ue le lias, et il en est de même d'une partie des granités des Pyrénées, où l'on a môme observé des

(1) Y aurait-il ici peut-ôtre une faille?

filons de granité dans des couches du terrain crétacé. T^es granités de PAmérique du sud, entre autres ceux du Cerro Peine dans l'Argentine méridionale, recueillis par le Prof. Hauthal, que j'ai été à même de voir au musée de Strasbourg, grâce à la bienveillance des Proff. Buckinq et Bruhns, et qui ne se distinguent en rien de granités beaucoup plus anciens, font partie du terrain crétacé; les granités des Hébrides, de MuU et de Skye, et ceux de Pîle d'Elbe ( ') sont me me tertiaires.

Si donc notre granité d'Ambon était très jeune, tertiaire ou crétacé récent, alors la péridotite, ([ui renferme des filons de ce granité, pourrait aussi aj)partenir encore au terrain crétacé (crétacé moyen ou inférieur), et par consécpient elle pourrait être du même âge que la péridotite de Java.

Mais le grès d'Ambon, ([ui, d'après les fossiles peu nets, appartient au permien ou au permo-carbonifère, consiste en majeure partie en gravier de ce granité, de sorte que le granité, et par suite aussi la péridotite d'Ambon, doivent être plus anciens (\ue ce terrain. Il ne reste donc plus (ju'îl admettre <iue les péridotites de la partie occidentale et de la ï)artie orientale de l'Archipel Indien sont d'Ages différents.

Description des roches.

Les j)éridotites sont rarement vert clair; le plus souvent la teinte est d'un vert sombre allant presi^ue jusqu'au noir, et elles sont toujours j)lus ou moins transformées en serpentine. La masse fondamentale sombre de ces roches est constituée par de la serpentine, où se trouvent dissémines porphyricpiement de gros cristaux de diallage vert-jaunâtre, et aussi d'une bronzite jaune ou couleur de bronze. Dans les échantillons on n'observe pas d'olivine. La couleur sombre passe parfois au brun par la présence d'oxyde de fer hydraté; dans les fissures de la roclie, on trouve souvent une substance blanc-verdâtre serpentineuse ou stéatiteuse.

(1) K. Dalmkr. I)io fjfeologischeu Verhnltuisse dor Insel Klha, Zeitschr. f. Nuturwisscnschaflen LVIl 1884.

B. LoTTi. Deacrizione geologica delK isola d'Fllba. Roma ISSG.

B. LoTTi. Sulle apofisi dclla massa grauitica del Monte Ca|)annc nolle roccie scdimcntarie eoceniche presse Fctovaia neir isola d'Elba. Boll. del R. Corn. geol. Roma 1894 u^. 1.

Au microscope, on voit que toutes les roches sont des roches à olivine et à pyroxène, dont Polivine est le plus souvent décomposée en majeure partie, le pyroxène d'ordinaire partiellement. L'olivine fournit immédiatement de la 8eri)entine; le pyroxène, qui est en partie de la diallage monoclinique, en partie de la bronzite rhombique ou enstatitc, souvent mélangées, passe aussi à la serpentine, parfois mêlée à plus ou moins de chlorite; mais de plus elle fournit assez souvent une substance amphiboliciue vert clair, en individus ténus et étroits que l'on doit rattacher à l'actinolite. D'après moi, la hornblende est ici toujours de l'ouralite, donc issue secondairement du pyroxène, tandis que nulle part dans les péridotites je n'ai rencontré de la hornblende primitive. Ces roches, je ne les appellerai des serpentines que lorsque leurs éléments ont été décomposés en serpentine totalement ou i\ peu près; je les nommerai au contraire des péridotites, quand le pyroxène seul, ou le pyroxène et l'olivine ensemble, sont restés inaltérés en quantité notable. Les péridotites de Leitimor, pour autant qu'elles ont été examinées, sont toutes sans feldspath; les roches gabbroïdes y sont inconnues. On verra plus loin (|ue tel n'est pas le cas pour Hitou.

Sont originaires du massif du Horiel:

N°. 75. Enlevé à l'ouest de la cime, sur la ligne de faîte, à proximité de la limite du granité, à 525 m. d'altitude. En échantillons, c'est une roche vert-grisâtre terne, h pyroxènes vert-jaunâtre. Au microscope, on voit que la masse fondamentale consiste en seri)entine, provenant d'olivine qui n'existe plus nulle part à l'état frais. La serpentine est en partie vert clair, en partie incolore et elle polarise vivement; les bâtonnet»^ et les fibres sont entremêlés dans toutes les directions; la masse est traversée de veines fines, formées aussi de serpentine claire (chrysotile). On y voit encore des grains transparents, brun sombre, de picotite, lesquels sont restés inaltérés lors de la décomposition de l'olivine. Les gros cristaux consistent exclusivement en pyroxènes finement fibreux et en d'autres ayant l'apparence de grains i>oussiéreux bruns, â extinction droite, qui appartiennent ou ont appartenu à la bronzite, et (|ui probablement ont déjà été décomposés en bastite. TiCs inclusions pulvérulentes sont en partie des bâtonnets bruns ou noirs, excessivement petits; mais pour une autre

partie on dirait, à un fort grossissement, des bulles d'air. Un minerai noir et spongieux est répandu partout Pérviotite,

No». 84 et 86. Labouhan Ihouresi (baie de Houkourila), tandjoung Haour.

N*. 86. Idem idem. Petites veines dans le n©. 84.

N*. 38. Idem idem. Bloc roulé au côté sud de la baie, un peu au nord de tandjoung Haour.

No». 84, 86 et 88. Sont en échantillons tout-à-fait identiques, vert sombre, ternes, avec pyroxènes brillants vert-jaunfitre. La roche est traversée par des veines de calcédoine très fines, et le n". 34 renferme aussi des veines plus grosses, de 1 à 2 cm. d'épaisseur (n". 35), d'un blanc jaunâtre, et qui consistent en calcédoine, spath calcaire et un minéral tendre du groupe des serpentines, de teinte vert-clair. Au microscope, ils donnent aussi tout-à-fait la même image; on y trouve encore beaucoup d'olivine fraîche, avec inclusions de grains bruns de picotite, qui polarisent vivement dans le réseau de serpentine. Le pyroxène y est aussi partiellement rhombique et partiellement trouble, décomposé en fines fibres de bastite. Mais à côté de lui se présente du pyroxène monocliniciue, d'un vert très clair, une diallagc qui est souvent aussi finement fibreuse et qui a de grands angles d'extinction, allant jusqu'à 43®. Cette diallage est parfois décomposée en un agrégat de fibres et de bâtonnets d'un vert excessivement clair, (^ui appartiennent à l'actinolite (hornblende). Quelques pyroxènes à stries fines consistent en un entrelacement de bronzite et de diallage. f^a bronzite présente une extinction droite; entre niçois croisés on voit alors, dans la bronzite rendue obscure, de minces lamelles claires de diallage, qui ont pour la plupart un grand angle d'extinction. Ensuite, il y a de la calcédoine en cordons limpides et en masses troubles d'un blanc jaunâtre. Péridotite.

N". 80. Recueilli au sud-est du G. Horiel, à proximité de la plage, Vj km. à l'est du cap Nouar. Cette péridotite vert-jaunàtre contient des veines ou des sécrétions en forme de filons (n*. 81), qui consistent uniquement en individus de diallage de dimensions extraordinaires; ils atteignent juscju'à 50 mm. de longueur. Le n®. 80 montre, au microscope, beaucoup d'olivine fraîche, de la bronzite et de la diallage, enchevêtrées parfois en lamelles fines, de la picotite,

du minerai noir et de la serpentine; il ressemble beaucoup aux nos. 34, 36 et 38. Péridotite.

No. 88. Côté est du G. Horiel, sur la route de Routoung à Ambon, entre les petites cimes gréseuses de 314 et 303 m. d'altitude. Une serpentine sombre, avec beaucoup de pyroxènes blancs et troubles par décomposition. Au microscope, une masse serpentineuse vertjaunàtre, assez complète, polarisant en fibres, avec beaucoup de minerai spongieux noir et de la picotite brune. Les cristaux de bronzite ou de diallage sont encore reconnaissables par les contours, mais la substance est décomposée en prismes fins, d'un vert très clair, qui apj)artiennent à Pactinolite. Serpentine.

N". 85. Roche tendre, gris-vcrdâtre, affleurant dans la petite riviôrc Jouwa, sur la route d'Ambon il Routoung, immédiatement en amont du gué. La roche s'est fendue en gros blocs polyédriques, ne s'est pas déposée en couches et confine à la serpentine. Au microscope, un agrégat excessivement ténu do fibres de chlorite passant du vert très clair à l'état incolore, qui polarisent en teintes bleu sombre. Avec cela, de petits grains transparents, bruns et jaunes, et des cristaux d'un minéral de titane fortement réfringent, principalement de l'anatase, car il se présente en sections et en formes (juadratiques et octaédri(iues pointues, tandis que les mAcles géniculées bien connues du rutile font totalement défaut; puis, des grains d'un minerai noir, d'où partent des taches jaunes d'hydroxyde de fer, ({ui colorent en jaune les fibres voisines de chlorite. Ces grains noirs, opaques, appartiennent en grande partie à la magnétite; une petite partie probablement à la chromite. La roche doit être considérée comme une péridotite ou serpentine décomposée en chlorite, peutêtre avec un état intermédiah'e d'amphibolitisation, ainsi qu'on l'observe dans les roches qui seront décrites eu détail ci-après, nos. 59a, 596 et 59c.

D'après l'analyse du Prof. Vermaes de Delft, la roche chloritcuse contient: Si 0« = 26.57 pet., Ti O' = L51 pet , H» O zz: 10.34 pet. ; un autre échantillon renfermait, selon le Dr. Beijeuinck, après dessiccation il 110® C. : Si O'ziz 27.00 pet. T^e minéral chloriteux appartient donc à la variété appelée prochlorite par Dana, c^ui présente le plus souvent une teneur en acide silicique de 25 à 27 pet., et en eau de 10 à 12 pet.

N°. 85a. Roche verte, tendre, riche en muscovite, affleurant dans la petite rivière Jouwa, mais en aval du gué, donc un peu plus bas que le n». 85. Cette roche est trop friable pour être polie. Les éléments fondamentaux en sont la muscovite, des fibres de serpentine et de Phydroxyde de fer. Roche à miiscovite et à serpentine. Confine aussi à la serijcntine et paraît appartenir, comme le n*. 85, à la croûte fort altérée de la péridotite.

Nos. 206 et 207. Provenant de gros blocs du versant nord du G. Horiel, dans les rivières Alaiir këtjil et Ihar. Le n*». 206 est vertgrisâtre et renferme un très grand nombre de pyroxènes de teinte bronzée, le n". 207 est presque noir, et contient aussi des bronzites. Au microscope, la roche n''. 206 présente une masse serpentineuse avec beaucoup de restants d'olivine inaltérés, de la diallage et de la bronzite, du minerai de fer et de la picotite. Péridotite, Le n**. 207 est de la serpentine, avec du minerai de fer et de la picotite. Seuls quelques restants de bronzite s'y montrent encore. Serpentine.

No. 87. Pris au versant nord du G. Horiel, sur la route de Routoung îl Ambon, à 200 m. d'altitude environ. En échantillons, il est presque noir. Au microscope, c'est une masse serpentineuse avec un peu de restants d'olivine et de bronzite ; ce dernier minéral est décomposé à son tour en bâtonnets d'actinolite, très fins et d'un vert excessivement clair. Serpentine.

Au massif du Gounoung Nona appartiennent:

N". 107. Gros blocs incohérentn du rivage près du cap Kajou bësi, au pied occidental du G. Nona. Roche sombre, noir-verd«âtre. Au microscope, des restants d'olivine, de bronzite et de diallage dans une masse abondante de serpentine, avec du minerai noir, spongieux. PffridoUte.

Nos. 6 et 62. De la base nord-ouest du G. Nona. Aflleurant dans la rivière Tihamètèn, sur la route d'Ambon à Amahousou; sont recouverts de calcaire corallien. Roches vert-sombre, avec beaucoup de cristaux de bronzite et des veines de calcédoine. Au microscope, des serpentines j avec relativement peu de restants de diallage et de bronzite inaltérés.

N°. 49. Du versant nord du G. Nona ; gros blocs dans la rivière Eoung, sur la route d'Ambon au G. Nona, près du passage de la rivière,

un peu en amont du granité. Roche brune, caverneuse, avec beaucoup de calcaire apathique. Au microscope elle paraît renfermer beaucoup d'olivine et de bronzite, mais relativement peu de serpentine. Peu de diallage. Péridotite.

Nos. 40, 41 et 41a. De la base nord-nord-est du massif du Nona; le n". 40 affleure dans la vallée de la rivière Batou gantoung, et le n**. 41 également, un peu plus en amont, près de l'endroit appelé Batou Sembajang. Dans le mémoire n '. 86 (Im australischen Busch etc.), Semon donne de cet endroit une représentation sous le nom de «Batou gantoung». Il m'a été signalé sous le nom de «Batou S^îmbajang» (pierre où l'on prie, «oratoire»). En aval se trouve de la péridotite, et là-dessus, du calcaire corallien avec des stalactites de la forme d'un dais. Cet endroit est indiqué sur la feuille 5 de la carte II. C'est dans cette direction le point le plus éloigné où se montre la péridotite du Nona; de l'autre côté de la rivière Batou gantoung, le tout est recouvert par des matériaux quaternaires, et dans la vallée de la rivière Batou-gadjah la péridotite n'apparaît plus à la surface.

N°. 40. Une roche à olivine et à pyroxène, à grain fin et vert sombre. Elle renferme au microscope beaucoup d 'olivine fraîche, de la bronzite pulvérulente brune, de l'cnstatitc de teinte très claire, dont les fibres ou baguettes sont tout à fait recourbées, de la serpentine, du minerai de fer et de la picotite. Péridotite, N°. 41. Aussi une roche à olivine et à pyroxène, d'un grain fin et d'une teinte vert grisâtre sombre. Au microscope, elle est encore très fraîche, avec beaucoup d'olivine et d'augite ou diallage de teinte claire, à côté de bronzite. Puis, les éléments ordinaires, serpentine, minerai et picotite. Péridotite. Le n®. 41a est un minéral de serpentine blancverdâtre, assez tendre, qui se présente dans les fissures de la péridotite n®. 41. Il est fibreux, a une structure ligneuse et rappelle l'asbeste; cependant ce dernier minéral a des fibres plus soyeuses.

N^. 58. Receuilli près du hameau Siwang, au versant oriental du G. Nona. C'est une roche serpentineuse gris-brun. Au microscope, on voit l'olivine totalement transformée en serpentine, laquelle est colorée en brun par l'hydroxyde de fer. Ensuite, des pyroxènes vertclair, nettement monocliniques, (|ui appartiennent à la diallage ; de la serpentine, une très grande quantité de spath calcaire, du minerai

de fer et de l'hydroxyde de fer. Péridotite fortement serpentinis/e. Dans cette roche, il se présente de petites veines de 1 cm. et de plus fines encore (n®. 64), de teinte vert-blanchâtre, consistant en calcédoine, spath calcaire et un minéral tendre, non encore complètement déterminé, du groupe de la serpentine. C'est la même roche que le n°. 35, qui se présente également en filons.

N». 186. On peut suivre la serpentine à l'est de Siwang, le long de la ligne de partage des eaux, jusque près du granité. Alors apparaissent des matériaux quaternaires, dans lesquels se dressent les monts calcaires Eri haou etNanahou. Les matériaux quaternaires au nord de l'Eri haou contiennent beaucoup de blocs de serpentine vert-grisâtre, dont provient le n". 186. Au microscope, on peut voir encore des restants de bronzite. Serpentine.

No». 52 et 66. Originaires des versants sud-est et sud du 6. Nona, sur le sentier de Siwang â Seri; le n®. 52 a été recueilli en bas de la petite cime «à panorama» (feuille 5 de la carte II), d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur la côte sud de Leitimor et sur la mer. Ce point de vue est à 371 m. d'altitude, dans des matériaux quaternaires meubles, sous lesquels apparaît toutefois, déjà à 350 m., delà serpentine sombre (n**. 52) avec cristaux de bronzite. I^e n". 55 a été recueilli plus près de Seri, à 200 m. d'altitude environ. C'est une serpentine tendre, gris clair, fortement désagrégée.

Enfin, le n**. 68 est une péridotite vert sombre du cap Seri, à la côte du sud, donc du pied méridional du G. Nona. La roche confine au granité, contient des filons de granité (nos. 60 et 61) et au contact de ceux-ci elle est changée en une roche dure, à grain fin (n". 59). La roche n". 58 montre au microscope une masse de serpentine avec beaucoup de minerai de fer spongieux, dans laquelle il y a encore assez bien de restants inaltérés d'olivine et de diallage. Péridotite.

No«. 69a, b, c. Péridotite du cap Seri, modifiée au contact du granité. Là où les filons de granité ont pénétré dans la péridotite, la roche est le plus dure (n**. 59a); en d'autres points, un peu plus loin du granité, la roche de contact est moins dure, par suite d'une transformation partielle (n". 596); si cette décomposition est allée plus loin, la roche de contact est devenue tendre (n®. 59c).

N". 69a. En échantillons, une roche passant du grain fin à la structure compacte, dure, gris-brunâtre clair, ressemblant à certaines cornéennes; les éléments ne sont pas visibles à l'œil nu. Au microscope, elle consiste à peu près exclusivement en plagioclase frais et en hornblende brun clair formant un mélange microcristallin TjCS pUigioclases présentent de grands angles d'extinction, dépassant parfois 20"* ; même on a pu mesurer 86® de part et d'autre de la ligne de suture, ce qui indiijue pour certains individus de l'anorthite et pour la plupart au moins un feldspath très basi(iue. En coupe, ces plagioclases se présentent le plus souvent comme de petits rectangles (îourts, parfois aussi sous des formes tabulaires larges d'une grande pureté; comme inclusions, on voit de nombreuses particules de hornblende en })etits grains cristallins courts et aussi en bâtonnets longs et étroits, de petits grains sombres de minerai, (juelques inclusions vitreuses avec bulle fixe adhérente, et de nombreuses inclusions liquides, très petites, la plupart do teinte brune et il libelle mobile, qui ne peuvent être observées distinctement qu'à un fort grossissement. La hornblende se présente en sections transversales bien délimitées, avec des angles de 124o; les sections longitudinales sont bacillaires et courtes, mais irrégulièrement limitées aux extrémités; assez souvent elles s'y terminent en un grand nombre de petits prismes vertclair ou bien en fibres. Les sections de la zone P : v:» P ^ ont naturellement une extinction droite, tandis que celles qui sont parallèles au plan de symétrie présentent des angles d'extinction de 17° à 20°, môme jusqu'à 21°. La teinte est un brun trh clair; le pléochroïsme est entre le brun très clair et le vert très clair. Comme inclusions, uniquement des grains de minerai. Outre de grandes lamelles cristallines, la hornblende se montre aussi sous forme de petits bâtonnets et de fibres disséminés partout, de sorte que les plaiiues ont l'apparence d'être couvertes de paille hachée. Ci\ et là cette hornblende brun clair est pénétrée de petites plaqties de biotite hr un Bombre, un minéral ({ui ressemble fort à de la hornblende, mais (jui a d'abord une teinte plus foncée, et qui en outre, dans la position horizontale des plaques, reste noire lorsqu'on le tourne entre niçois croisés, ce que ne fait pas la hornblende. L'absorption des sections transversales est d'ailleurs plus forte. Quelques plaques ne renferment absolument

et

pas de mica. Enfin, il y a du minerai de fer titane, et, comme produit de décomposition, beaucoup de titanite rouge, qui traverse même la roche sous forme de cordons. Dans les fissures de la roche, la chlorite est aussi un produit secondaire, provenant de la hornblende. Nous avons donc affaire ici à un produit riche en feldspath, ayant pris naissance par l'action du granité sur une roche privée de feldspath. On sait déjà que d'autres roches augitifères peuvent, par l'action du granité, fournir des roches hornblendifères ; tel est notamment le cas pour la diabase (K. A. Lossen, Erlâuterungen zu Blatt Harzgerode, p. 80; R. Beck, Ueber Amphibolitisirung von Diabasgesteinen im Contactbereich von Graniten. Zeitschr. d. d. geol. Gesellschaft XLIII 1891, S. 267; 0. H. Erdmansdôrfper, Die devonischen Eruptivgesteine und Tuffe bei Harzburg und ihre Umwandlung im Kontakthof des Brockenmassifs. Jahrb. d. preuss. geol. Landesanstalt fur 1904, Band XXV). Un tel produit de contact de péridotite n'a pas encore, je pense, été décrit jusqu'à ce jour. H renferme environ ôO*/^ de Si 0' (voir plus loin). Roche de contact à plagioclase et à hornblende.

No. 69b. Encore un produit de contact, mais un peu plus éloigné du granité, décomposé déjà en certains points, et par là moins dur que le n°. 59a; en échantillons, il est d'ailleurs identique à cette roche. Au microscope, on voit qu'il se compose aussi des mêmes éléments: plagioclase, hornblende brun clair, ilménite et titanite. Ce qui est fort remarquable, c'est un cotiunencement de transformation en une roche chloriteuse, qui paraît commencer dans les fissures de la roche, de sorte que les parties décomposées traversent la roche sous forme de cordons. La matière de la hornblende y a notamment disparu et elle est transformée en une chlorite vert clair, parfois bleuâtre clair. Dans le voisinage de ces parties chloriteuses, la hornblende fraîche qui y existe encore a pris la forme de fibres ténues; et les particules de plagioclase et de titanite encore inaltérées, on les voit distribuées comme de petites îles au milieu de la masse de chlorite. Roche de contact à plagioclase et hornblende^ transformée partiellement en chlorite.

N°. 69c. Appartient aussi aux roches de contact, mais la décomposition par les agents atmosphériques a été beaucoup plus profonde que pour le n°. 596. En échantillons, roche vert sombre et si tendre

qu'on peut la tailler au couteau. Au microscope, roche chloriteuae presque pure, avec un peu de titanite seulement et encore moins de feldspath. Les fîbres de chlorite sont vert clair et forment souvent des sphérolithes ; le plus souvent elles sont groupées irrégulièrement. La matière hornblendique n'y existe plus. Nous avons ici la même transformation qu'au n®. 596, mais beaucoup plus avancée. En outre, la roche primitive n®. 59c aura renfermé probablement moins de feldspath que le n°. 596. Roche (le contact^ transformée en chlorite.

Appendice au n®. 59 (N°. 71).

Je fais suivre ici la description d'une roche qui présente beaucoup d'analogie avec le n®. 59 et qui est probablement aussi une péridotite modifiée par un métamorphisme de contact. Toutefois, elle a été trouvée uniquement en blocs incohérents dans du terrain quaternaire, et non comme une roche massive.

No. 71. Bloc séparé fort dur, dans un terrain quaternaire roulé de serpentine, au-dessus de la Tjabouhan (baie) Awahang, dans le sentier qui conduit de cette baie vers Malaman, à 190 m. d'altitude environ. En échantillons, cette roche est gris-brunâtre, très dure et très compacte, ressemblant à un quartzite fîn ou à une cornéenne. Au microscope, c'est un mélange cristallin à grains fins de plagioçlase et de la même hornblende brun clair que le n®. 59. Par suite de la position parallèle des longs axes des prismes de hornblende, la roche est plus ou moins schisteuse. Ensuite, de l'ilménite et de la titanite. T^s plagioclases sont à stries fines et se montrent le plus souvent en grains cristallins ou en lamelles, très courts, disposés tout à fait sans ordre, et non en longs rectangles; ces cristaux présentent souvent de très grands angles d'extinction. C'est donc bien la même roche que le n**. 59a, bien que la texture soit un peu différente. Roche à plagioçlase et à hornblende, {Contact?) Ijx teneur en Si O* de cette roche s'élève, d'après la détermination du Prof. Vermaes, i\ 46.42 pet.; celle d'un autre échantillon est, d'après la détermination du Dr. F. Beijerinck, de 45.24 pet., après dessiccation à 110® C, donc un peu inférieure à celle du n**. 59a.

N°. 187. C'est la roche du mont Loring ouwang, qui se dresse entièrement isolé dans le granité, à Test de Kousou kousou serch et de Malaman. I^ plus haut point de la péridotite est à 384 m. d'al-

titude; plus à l'est se trouve le point le plus élevé de toute la montagne, déjà sur le granité, à 401 m. d'altitude. En échantillons, c'est une roche presque noire, avec diallage vert-jaunâtre et des taches brunes d'hydroxyde de fer. Au microscope, beaucoup de serpentine avec du minerai de fer noir et de l'hydroxyde de fer. Quelques restants d'olivine et encore assez bien de diallage inaltérée. Péridotite,

N**. 184. Roche de serpentine vert-grisâtre de l'Erî samau, la montagne qui se dresse au sud du Loring ouwang, et aussi totalement isolée dans le granité. Au versant méridional de cette montagne on trouve trois terrasses quaternaires, sur lesquelles se sont amoncelés des matériaux meubles. Au plus haut point de cette montagne (205 m.), on trouve un grand nombre de fragments incohérents de granité. Cette partie supérieure, plate, de la montagne est une quatrième terrasse quaternaire, dont ces blocs de granité forment le restant (voir fig. 15, annexe III). Au microscope, assez bien de restes d'olivine, de diallage et de bronzite dans une masse serpentineuse. Péridotite,

N*. 180. Roche serpentineuse vert-grisâtre du Tandjoung Hati ari. à la côte du sud, recueillie près du point où la mer a creusé deux grottes dans la péridotite (voir fig. 14, annexe III). Au microscope, une assez grande quantité d'olivine, de bronzite et de diallage inaltérées, les deux dernières de nouveau enchevêtrées, dans de la serpentine. Péridotite,

N*. 7. Roche à grain fin, vert-grisâtre, avec des séparations porlihyriques de diallages de la même couleur. Enlevée au Tandjoung Batou kapal, à la côte nord de Leitimor, à proximité de la pointe occidentale. Là-dessus se trouvent des matériaux roulés et du calcaire tendre arénacé. Au microscope, une péridotite commune, avec des restes d'olivine et de grandes diallages et bronzites. Péridotite.

Cette roche devant être considérée comme la péridotite normale, qui se présente le plus fréquemment, il en a été fait une analyse chimique; la densité relativement faible indique cependant ici aussi une serpentinisation assez avancée. Cette analyse a été faite, sous la direction bienveillante du Prof. Cl. Winkler, au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe, par M. Iwan Bai^barbff dç Tatar-Baurtschi en Bessarabie.

Densité = 2.765.

Acide silicique := 40.35

Acide phosphorique = 0.04

Oxyde d'aluminium = 4.21

Fer oxydulé = 7.93

Oxyde de calcium z= 3.08

Oxyde de magnésium = 35.98

Fer chromé ....,....:= 0.13

Eau = 7.71

Potasse I ---

Soude 1 ' = ^^^^

Total = 99.43

Il résulte de la description qui précède, que les péridotites de I^eitimor appartiennent toutes aux roches à oliNdne et à pyroxène, en partie à de la diallage monoclinique, en partie à du pyroxène rhombique, mais le plus souvent aux deux pyroxènes à la fois, en quantités variables. Comme nous avons affaire ici évidemment à un seul corps géologique, il est naturellement à recommander de réunir toutes ces roches sous un seul nom collectif, péridotite, et de ne pas en détacher quelques-unes sous les noms de Iherzolithe, harzbourgite, etc.

Les Profî. S. J. Vermaes de Delft et Dr. O. Brunck de Freiberg en Saxe ont eu l'obligeance d'analyser deux échantillons de la roche de contact n°. 59a, qui a pris naissance par l'action du granité sur la péridotite de Tandjoung Seri.

N^ 69a (Delft). N«. 69a (Freiberg).

SiO' = 50.85 49.78

TiO* =z 0.24 —

Al'O' = 18.00 17.96

Fe'O» = 0.60 0.00

FeO = 6.95 7.21

CaO = 9.90 9.03

MgO = 8.81 10.00

Na'O = 4.81 2.66

Perte par calcination = 1.32 1.62

Mn O = traces —

Total = 101.88 99.31

Si l'on compare cette composition avec celle de la péridotite normale n». 7, on voit que par l'action du granité la péridotite a éprouvé une modification complète, tant au point do vue chimique que sous le rapport minéralogique. Le produit de contact contient plibs de silice, d'alumine, de chaux et d'alcalis, et moins de magnésie que la péridotite. La composition se rapproche de très près de celle de quelques diabases, mélaphyres et basaltes.

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