traces
Analysé par M. Iwan Balbareff de Tatar-Baurtschi, en Bessarabie.
Bien (lue par suite de la fu^?ion de fragments acides dans la
maHse, la teneur de la ro(rhe en acide silicique soit à peu prôs
l») Dans un autre échantillon, la teneur en acide silicique était de 50.8S pet., d'après la détermination du Dr. P. H. van dkr Melxbn, assistant à l'Ecole polytechnique de Del ft.
aussi forte que celle de l'andésite à bronzite n°. 16 du Touna, nous avons néanmoins affaire à une tout autre roche. C'est ce que montre la proportion bien plus faible d'alumine et la teneur beaucoup plus forte en chaux et en magnésie; ce qui a pour conséquence que les rapports moléculaires K* O + Na« O + Ca : Mg : Al' 0» : Si 0* sont tout à fait différents de ceux de la roche n**. 16. En effet, nous trouvons ici 1.22 : 0.94 : 1 : 7.73, de sorte que le magma n'est pas sursaturé d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Il ne pouvait donc cristalliser, dans ce magma, ni cordiérite, ni sillimanite, ni spinelle (pléonaste). La cordiérite, qui existe dans la roche, appartient exclusivement à des fragments plus anciens, d'origine étrangère; et il en est de même du quartz.
N°. 126. Mélaphyre du contrefort méridional du Gounoung Latoua, à 809 m. d'altitude.
Si O» :ir 50.81 pet.
Détermination du Dr. P. H. van der Meulen, assistant à l'Ecole polytechnique de Delft.
N^ 218. Mélaphyre en gros blocs à la côte nord de Hitou, à 185 m. à l'est de la petite rivicre Waoulou.
Si 02 = 50.32 pet.
Détermination du Prof. S. J. Vermaeh, à Delft.
N**. 69. lAparite de la rivière Taïsoui, sur la route de Waë au Salahoutou. Deux échantillons de cette roche ont été analysés au point de vue de leur teneur en acide silicique.
Si 0*=z 74.15 pet. d'après le Prof. S. J. Vermaes à Delft.
Si 0' = 73.58 pet., après dessiccation à 110° C, d'aprrs le Dr. F. Beijerinck à la Haye.
1%'. Dép6ts tertiaires supérieurs et quaternaires.
Sur la carte n". I, on peut voir la repartition des jeunes sédiments à Hitou. Ils forment une grande partie de la surface de l'île, et recouvrent et environnent toute» les autres formations, à l'exception de l'alluvium. La limite avec les Ijn'ches et conglomérats éruptifs, (lui par altération ressemblent souvent fort à de jeunes sédiments, n'a pu être indiquée qu'imparfaitement à cause de la végétation épaisse
et des dénudatioDS rares ; elle ne pourrait être déterminée exactement que par une exploration détaillée, faite avec beaucoup de soin.
La hauteur à laquelle arrivent ces sédiments est très considérable à Hitou, et peut être évaluée à plus de 500 m.; en quelques points elle est plus grande, en d'autres moins grande, car le soulèvement s'est produit d'une manière irrégulière. Les parties supérieures du Touna (876 m.), du Walawaà (815 m.) et du Loumou loumou (748 à 782 m.), nous ne les rangeons plus parmi les sédiments, mais nous les considérons comme des projections incohérentes, altérées, d'un ancien point d'éruption. A Hitou, le calcaire corallien n'atteint pas l'altitude de 500 m., mais il s'en rapproche cependant; dans la partie occidentale, le calcaire jeune arrive jusqu'à 428 m., dans la partie orientale, jusqu'à 465 m. d'altitude. Le long de la côte, entre Asiloulou et Saïd, on trouve du calcaire jusqu'à 10 m. d'altitude ; entre Saïd et Hila, à 90 m.; à Alang, dans la rivière Alang lama, à 42 m. et au-dessus de Hatou, en deux couches, respectivement de 130 à 135 et de 202 à 225 m. Dans la couche supérieure existe la grotte «Liang liawat». Dans le sentier qui conduit à la roche -Batou douwa», la couche inférieure n'atteint qu'une altitude de 89 m., ce qui indique un écart de la position horizontale.
Toute la partie centrale de Hitou consiste en matériaux incohérents et en calcaire corallien, entre lesquels la roche éruptive n'apparaît que dans le lit des rivières et en quelques autres points encore. Le mélaphyre du Kërbau se recouvre aussi de matériaux meubles jusqu'à 414 m. du côté nord-nord-ouest; une partie de ces matériaux a glissé jusqu'en bas lors du tremblement de terre de 1898.
Le plus haut point de cette portion moyenne est le Gounoung Damar, à 469 m. d'altitude, sur la route de Hatiwi bôsar à Hila. A proximité de ce point, le calcaire corallien forme deux couches, entre 410 et 423 m. d'altitude, séparées par des brèches d'une roche vitreuse; une troisième couche est située dans le même sentier, mais plus au sud, à l'altitude de 176 à 180 m., tandis que près de la côte du nord le calcaire corallien ne se rencontre pas à plus de 90 m. au-dessus du niveau de la mer.
La position des couches sur la route de Roumah tiga à Hitou lama mérite une description spéciale. Cette route est représentée dans la
tig. 8 A, annexe H, à l'échelle 1 : 20000, d'après notre nouveau relèvement. La fig. 8 B donne un profil de cette route suivant la ligne nord-sud; les distances et les altitudes sont à la même échelle 1 : 20000, tandis que dans le profil fig. 8 C les hauteurs ont été agrandies 4 fois relativement aux longueurs, afin de mieux faire ressortir les différences d'altitude. Enfin, la fig. 8 D donne une section transversale des couches à proximité de la rivière Maspaït, dans la petite cime située au sud du passage de ce cours d'eau, que quelquesuns nomment G. Maspaït et qui atteint 217 m. d'altitude.
En arrière de la plaine alluviale de Roumah tiga, large de 1200 m., la route monte immédiatement, en pente raide, sur des brèches incohérentes, du sable avec enclaves de fragments d'andésite; cette montée a lieu en terrasses, mais celles-ci ne sont ni aussi belles ni aussi bien limitées qu'en arrière d'Ambon. I^ première couche de calcaire corallien atteint l'altitude de 56 à 60 m. ; à 85 m. on rencontre des blocs d'une brèche compacte de roche vitreuse; de 119 à 136 m. vient une deuxième couche de calcaire, épaisse; de 156 à 168 m. la troisième couche calcaire. La route monte à présent très légèrement, sur du gravier de matériaux éruptifs, et arrive à une terrasse faiblement inclinée jusqu'à 180 m. d'altitude. En cet endroit commence une marne calcaire, tendre, argileuse, blanche par altération, qui continue jusqu'à l'altitude de 207 m. et se recouvre ensuite, jusqu'à la cime du monticule Maspaït (217 m.), de calcaire corallien ordinaire, compacte et dur.
En descendant vers la rivière Maspaït, on reste sur ce calcaire corallien jusqu'à 187 m.; plus bas, il fait place au calcaire marneux tendre, qui affleure aussi dans le lit de la rivière Maspaït, à 158 m. d'altitude. La roche s'est déposée en couches peu distinctes, dont D:=355*, I:=9 à 12** vers l'ouest; elle contient beaucoup de gravier ainsi que des fragments d'une andésite riche en verre (n°. 45), que nous avons décrite plus haut, et on peut la suivre, tant en aval qu'en amont du pont jeté sur la rivière, dans le lit de celle-ci A la montée sur la rive droite, on reste sur le calcaire tendre jusqu'à 189 m. d'altitude; au-delà, il ne se recouvre pas de calcaire corallien, mais d'argile rouge avec de petits fragments de roche éruptive; et c'est seulement à l'altitude de 227 à 233 m. qu'on observe de nouveau
du calcaire corallien reposaiit sur Targile brune; c'est en même temps le dernier calcaire situé de ce côté de la ligne de faîte. C'est probablement la même couche que celle du mamelon Maspaït, qui a été enlevée partiellement par la rivière Maspaït; cette couche aurait ainsi une inclinaison très faible de 0** 50' vers le sud (voir fig. 8 C). Jusqu'à la ligne de faîte, qui se trouve à 283 m. d'altitude, et qui se nomme G. Tanah Tjoupak ou Pohon pisang, on ne voit sur la route que de l'argile brun rouge, parfois avec un petit morceau de roche vitreuse. A la descente vers la côte nord, on passe par la petite cime Helat (264 m ) ; puis on descend rapidement jusqu'à 230 m. et l'on arrive à une terrasse, qui a une pente légère vers le nord et se prolonge jusqu'à 210 m. A 195 m., on rencontre de nouveau des blocs de la roche vitreuse et brécheuse (n". 48), décrite plus haut, à laquelle succède la couche de calcaire corallien la plus haute, de 169 à 142 m., divisée en 5 parties, entre lesquelles apparaît de l'argile brune, par suite de l'altération et de l'affouillement du calcaire, qui peut d'ailleurs s'être déposé sur une surface inégale, li'inclinaison de cette couche est de 2** 86' au nord ; elle est exactement de même grandeur que la pente de la terrasse, de 230 à 210 m., dont il vient d'être question (voir fig. 8 C), ce qui indique bien un soulèvement du terrain. En dessous de cette première couche calcaire, depuis 141 jusqu'à 54 m., vient une couche très épaisse, ou plutôt une série de couches calcaires, alternant avec des débris de coraux en branches et de coquilles, et un peu de sable de roches éruptives; puis vient la 3e, de 42 à 38 m. ; la 4®, depuis 31 jusqu'à 26 m. et enfin la 5e couche de calcaire corallien, depuis 17 jusqu'à 9 m. Ces couches sont s<>parée8 par de l'argile brune et du gravier quaternaires, auxquels on ne peut reconnaître aucune inclinaison. Là commence la plaine alluviale de Hitou lama.
On peut donc constater ici, du côté nord de la ligne de faîte, une inclinaison des couches supérieures de 2V,° environ dans une direction sud-nord ; du côté sud, le redressement est plus faible, et n'atteint pas même V.
Comme le calcaire corallien du monticule Maspaït occupe ainsi une position sensiblement horizontale, et qne par contre lo calcaire marneux, tendre, sous jacent présente une inclinaison de 9 à 12° vers l'ouest, la première roche repose en stratification discordante sur la
seconde; nous avons peut-être affaire ici de nouveau à du calcaire pliocène recouvert de calcaire quaternaire, distinction que nous avons pu faire aussi à Leitimor. S'il en était ainsi, le calcaire quaternaire s'élèverait, à Hitou, jusqu'à 233 m.; les terrasses quaternaires, du côté du nord, aussi jusqu'à 230 m., tandis qu'à Leitimor l'altitude de ces dernières ne dépasse pas le plus souvent 170 m.; cependant, en arrière de Lata, elles montent jusqu'à 211 m. Ces diflFérences sont si faibles qu'on peut les expliquer aisément par une difiérence dans le degré de soulèvement et une différence d'inclinaison des dépôts, qui ne sont pas parfaitement horizontaux.
Lors du tremblement de terre de janvier 1898, il s'était produit, dans la paroi abrupte quaternaire au sud-est de Wakal, un grand éboulement qui permit de bien observer la composition de ce mur. La fig. 37 de l'annexe IV donne une représentation de cet éboulement. La partie supérieure k b consistait, pour les 10 à 15 m. les plus élevés, en une couche massive de calcaire corallien, correspondant à la couche supérieure au-dessus de Hitou lama, sur la route de Roumah tiga (de 169 jusqu'à 142 m.); la partie supérieure de l'éboulement est à 166 m. d'altitude. Sous cette couche calcaire viennent des couches alternatives de gravier, principalement des débris de branches de corail et de coquilles, entremêlées d'un peu de sable et de gravier plus grossier de roches éruptives; ces couches doivent correspondre à celles qui existent au-dessus de Hitou depuis 141 jusqu'à 54 m. d'altitude, que nous avons décrites ci-dessus, et qui se composent aussi de couches alternatives de calcaire et de débris de calcaire. Le mur escarpé, haut de 46 5 m., s'est éboulé et a recouvert d'une avalanche de pierres le versant de la montagne, de b en a, depuis 119 5 jusqu'il 68.7 m. De gros blocs calcaires forment, avec des fragments d'une brèche de coraux en branches et de coquilles, la masse principale des décombres. Entre cet ébonlis et la côte, il y a de nouveau des brèches de coraux et aussi des couches compactes de calcaire; le long de la côte existe une bande étroite d'alluvium.
Nous continuons maintenant notre route vers l'est, et nous rencontrons le premier calcaire corallien des hauteurs sur le sommet du G. Eri, à l'altitude de 438 à 465 m.; ce sont peut-être deux couches calcaires voisines, séparées par des brèches, ce dont on ne
pouvait s^assurer à cause d'un éboulis de blocs de calcaire et par la végétation. Une deuxième couche se trouve plus bas, de 218 à 222 m. d'altitude. Il est tout naturel d'admettre que ces deux couches sont les mêmes que les 2 couches de calcaire du sentier de Batou loubang à Hila, qui se trouvent respectivement dux altitudes de 176 à 180 m. et de 410 à 423 m. Si l'on considère les dernières comme le versant gauche, et les premières comme le versant droit d'un pli synclinal (fig. 62), il suffit d'une inclinaison très faible pour mettre les deux couches calcaires supérieures en rapport avec la couche la plus haute, qui affleure à 288 m. (au nord de la Waï Maspaït), sur la route de Roumah tiga à Hitou lama. J'ai calculé qu'une inclinaison de 1® 53' du G. Damar au calcaire de 233 m., et de 2^ T depuis ce calcaire jusqu'au G. Eri, est suffisante. Ces valeurs sont si faibles, et une légère inflexion des dépôts, en forme de bassin, est, d'après la configuration du terrain, si vraisemblable, que je n'hésite pas à considérer ces divers calcaires comme appartenant à une seule et même couche. Une grande partie de cette couche a été enlevée dans la suite des siècles ; on en trouvera peut-être encore d'autres parties que celles qui sont indicjuées sur notre carte, quand le terrain sera relevé et exploré géologiquement dans tous ses détails. La couche calcaire située plus bas, de 176 à 180 m., au-dessus de Hatou loubang et de 218 à 222 m., adossée au G. Eri, peut correspondre il l'une des trois couches plus basses situées au-dessus de Roumah tiga; on ne sait pas au juste avec la(|uelle, car les deux autres manquent aux versants droit et gauche. Si l'on admet qu'elle correspond à la couche calcaire la plus basse, (jui, au nord de Roumah tiga, se trouve à 60 m. d'altitude, la pente devient lo T au versant ouest et 1** 12' au versant est, valeurs maindreSy comme on voit, pour cette jeune couche que pour la couche plus âgée située plus haut. Nous avons observé la même chose à Leitimor, et il en doit-être ainsi, si notre théorie des soulèvements périodiques est exacte. IjCS chiffi-es donnés pour les inclinaisons des couches sont naturellement approximatifs, puisqu'il a été admis que l'érosion a été également active en divers points de la même couche; une hypothèse qui ne peut pas s'écarter beaucoup de la réalité, mais qui toutefois peut ne pas être tout-à-fait exacte. On doit se rappeler
aussi que dans la partie la plus basse du pli, qui coïncide sensiblement avec la route de Roumah tiga à Hitou lama, les couches ne sont pas complètement horizontales, mais qu'elles forment un pli anticlinal fort peu prononcé, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
IjC long de la côte du nord-est il n'apparaît que fort peu de calcaire corallien; à Tandjoung Morela, il y a une couche calcaire reposant sur des brèches, à peu pW»8 de 90 à 100 m. d'altitude; à la côte même on trouve çà et h\ un peu de calcaire, entre autres à Tandjoung Hatou mëmanou et à Tandjoung Moki.
A partir de Roumah tiga, en allant vers l'est, on rencontre, en arrière de la plaine alluviale, le plus souvent immédiatement du calcaire corallien, qui parfois arrive jusqu'à la mer, p. ex. entre les petites rivières Gourou gourou këtjil et Gourou gourou bësar, où le sentier fort inégal monte jusqu'à l'altitude de 36 m. sur du calcaire ; plus loin, à Dourian patah (13 à 17 m. d'altitude); à l'ouest de Souli, où la route s'étend sur une le terrasse, formée par la surface de la couche calcaire la plus basse (23 m. d'altitude); enfin, à l'ouest de Tial, où la route monte sur du calcaire jusqu'à 30 m., et à Tandjoung Tial, où le calcaire corallien descend dans la mer par un mur escarpé, de 5 m. de hauteur.
A TÔngah tëngah, on trouve des parois abruptes de conglomérats d'andéi-ite à bronzite, et là-dessus diverses bordures de calcaire qui, plus au nord, arrivent à la côte. Le rocher «Batou anjout", où jaillit une source thermale, consiste aussi en conglomérais et rum en calcaire.
IjCs deux pointes, dans les(|uelleH Hitou se termine à l'est, se composent tout-à-fait de jeunes sédiments, conglomérats et brèches, ainsi qu'un gravier fin d'andésites avec de nombreuses bordures de corail, dont quelques-unes, vues de la mer, se reconnaissent distinctement comme des terrasses; elles ont d'ailleurs été observées déjà par différents voyageurs, entre autres par Forbes et Semon.
Dans le monticule situé au sud-est de Liang, à proximité du cap Batou item, on peut reconnaître 5 bordures différentes de corail, depuis l'altitude de 50 m. jusqu'au sommet, qui s'élève jusqu'à 218 m.; et au-dessous de 60 m. on peut en observer encore quelques-unes, mais le nombre en est variable, car elles sont séparées par des couches de brèches et de conglomérats d'épaisseur inégale et se réunissent
de temps en temps. Les contreforts du GounoungLapiarouma (611 m.) présentent aussi des bordures de corail jusqu'à 160 m. d'altitude environ et des brèches incohérentes à peu près jusqu'à 250 m. Si l'on observe de la mer cet angle nord-est de Hitou, c.-à-d. du nordouest, la structure en forme de terrasses saute immédiatement aux yeux, ainsi qu'on peut le voir à la fig. 51 de l'annexe IV, où 4 degrés sont nettement reconnaissables.
A l'angle sud est de Hitou sont situées les deux montagnes calcaires Eri wakang (263 m.) et Houwé (348 m.), avec la cime avancée Paoung au sud-est. Elles sont représentées dans la fig. 52 de l'annexe IV. Entre l'Eri wakang et le Houwé passe le sentier qui conduit de Souli à Toulehou, et qui, au point le plus haut, n'atteint que 77 m. d'altitude. On peut distinguer ici 7 couches calcaires, alternant avec des conglomérats de blocs éruptifs; les sommets des deux montagnes se composent entièrement de calcaire.
En ce qui concerne la position de ces couches, je n'ai pu obtenir des données suffisantes; le tout paraît être horizontal. Néanmoins, je considère comme probable que les couches de TEri wakang et du Houwé, ainsi que celles du Lapiarounia et du cap Batou item forment de faibles plis synclinaux; qu'elles tournent donc leurs têtes vers la mer; et, qu'à la côte est de Hitou il existe une faille, tout comme à la côte orientale de Leitimor, à Touwi sapo. Cependant il faudrait des mesures et des explorations faites avec beaucoup de soin pour l'établir avec certitude.
Les îles près d'Asiloulou, Ela, Hatala et Laïn, consistent en produits quaternaires, principalement en calcaire corallien ; néanmoins, du côté de l'est, il y a aussi çà et là des conglomérats et des brèches de roches éruptives. Poulou Pombo, à la côte orientale, est un banc de sable qui s'élève peu au-dessus de la mer; mais au-dessous de lui il y a probablement du calcaire corallien ou de la brèche, à une faible profondeur.
La co7nposition des dépôts pliocènes et quaternaires à Hitou est tout-à-fait la môme qu'à Leitimor; la roche prédominante est formée par des conglomérats, des brèches et du gravier incohérent d'andésites et de mélaphyres, renfermant aussi <;à et là des fragments de granité, de diabase et de péridotite, là où ces roches existent à proxi-
mité. Il vient s'y joindre des calcaires, en partie tendres, marneux, avec fragments d'andésite, en partie des calcaires durs, parfois du vrai calcaire corallien, et d'autres fois, plutôt du calcaire à foraminifères; ces calcaires renferment aussi des fragments et du gravier de roches éruptives.
Nous avons déjà traité plus haut de la direction et de Vinclinaiaon des couches; bien que les brèches et les calcaires ne se soient jamais nettement déposés en couches, et donnent d'ordinaire l'impression d'être en position horizontale, il faut cependant considérer comme l>robable (ju'ils présentent ici aussi une inclinaison de quelques degrés. Ce n'est que localement, et sur une étendue fort restreinte, que l'ingénieur KoPERBEBG a pu obscrvcr une stratification évidente et une inclinaison relativement forte, notamment dans des grès tendres très fissiles (n^ 117) de la Waï Hatou, où D = 43° et 1 = 37^ au sudest; ces grès alternent avec des couches de brèches (n®. 118), renfermant des fragments de verre andésitique(n®. 119); viennent ensuite, en stratification concordante, des couches brécheuses plus dures à ciment arénacé. Ces couches n'apparaissent que sur une distance de 3 m.; la forte inclinaison pourrait bien être ici la conséquence d'un afiaissement ou d'un glissement local.
J'ai constaté moi-même, en 1899, une inclinaison dans les conglomérats quaternaires de la Waï Loi. A '/^ km. de Kaïtetou la vallée, large de 200 m., se rétrécit et des deux côtés apparaissent des terrasses qui, bien (\\ie coupées î\ peu près horizontalement vers le haut, se composent cependant de couches inclinées de (tailloux roulés, alternant avec du gravier (in. Elles ont une inclinaison de 23® vers le nord; et plus au nord, il vient s'y rattacher des dépôts de cailloux roulés plus jeunes et sensiblement horizontaux. Les terrasses inclinées, <iui contiennent des fragments roulés des andésites n<>«. 196 et 19c, décrites plus haut, sont «'évidemment des dépôts de l'ancien delta (le la Waï Loï, (jui ne doivent pas leur inclinaison à un soulèvement ultérieur, mais (jui ont été formés lîl i\ proximité de l'embouchure de la rivière. D'après U^ levé, la hauteur de la terrasse à la rive gauche de la Waï Loï est de 12.86 m. ; (îette terrasse est représentée fig. 39 de l'annexe IV.
A 3'/% km. de Kaïtetou, là où apparaît le porphyre quartzifère
n^. 19A, on peut voir à la position de petits bancs de cailloux roulés, aux troncs d'arbres et aux branches des bords escarpés de la rivière, que ce cours d'eau, large à peu près de 10 m., monte encore à présent, à l'époque des pluies, de 5 à 6 m. au-dessus du niveau ordinaire (voir fig. 40 de l'annexe IV). Mais, dans la période actuelle, l'eau ne s'élève plus jusqu'à la face supérieure des terrasses quaternaires (13 m.)-
Uépaisaeur de la formation est partout différente et il est difficile de l'indiquer exactement, car le noyau des montagnes se compose d'autres roches, autour des(iuelles s'est déposée une croûte de matériaux incohérents, non en une seule fois, mais successivement, en même temps que le fond de la mer se soulevait lentement et périodiquement. Au centre de Hitou, p. ex., on trouve des matériaux meubles depuis la côte jusqu'au point le plus élevé (283 m.). Mais en deux points apparaît, sous l'argile rouge, une roche de verre brécheuse, et il est fort bien possible que cette roche existe, à une faible profondeur, à l'état de roche massive, en quel cas l'épaisseur des dépôts meubles serait naturellement bien inférieure à 283 m. Au G. Touna, on trouve des brèches jusqu'à plus de 400 m. d'altitude; et au G. Eri, des brèches et du calcaire corallien jusqu'à 465 m. Mais ici encore on est dans l'incertitude, si on doit considérer ces brèches entièrement comme wédimentaires ou bien en partie comme éruptives. Toutefois, les brèches de la pointe sud-est, à Tëngah tëngah, semblent appartenir en majeure partie aux dépôts sédimen» taires, et l'épaisseur des dépôts du G. Houwé paraît donc atteindre au moins 350 m. Une épaisseur de 400 m., en quelques endroits, me paraît être le maximum pour ce terrain.
Description de quelques roches.
Les no*. 217 et 218 ont déjà été décrits plus haut. Le premier est un calcaire dolomiiiqv^ avec fragments et gravier fin d'une roche vitreuse à cordiérite ; le second est un mélaphyre, probablement enlevé par les eaux à des brèches; les deux roches proviennent du même gisement, à proximité de la côte du nord, à 185 m. à l'est de la rivière Waoulou.
N". 18. Fragment d'une brèche, du pied septentrional du Touna,
à 24 m. d'altitude et à 1 km. environ de Saïd. Boche gris-brunâtre, à éclat vitreux faible, avec des fragments de cordiérite. A la loupe, on voit que la roche est brécheuse, car il y a des particules diversement colorées, et que çà et là elle présente des cavités irrégulières qui la rendent poreuse. Au microscope, on reconnaît en effet une brèche fine, consistant essentiellement en petits morceaux de verre andésitique, clairs ou troubles, avec ou sans microlithes, en éclats de quartz, cordiérite, grenat, biotite, minerai et pyrite. Il s'y trouve aussi des fragments d'andésite, avec bronzite, plagioclase et une base vitreuse avec microlithes. Entre ces morceaux de verre, on observe non seulement ime mao^e limpide de calcédoine, mais encore des particules calcaires troubles, gris-brunâtre, qm i)résentent des sections de globigérines et de radiolaires. Quelques globigérines atteignent un diamètre de 0.7 mm. Les fragment49 de calcaire font voir qu'on a affaire à une brèche sédimentaire ordinaire, qui contient beaucoup de matériaux riches en verre, un sable vitreux Brèche de roche vitreuse et de calcaire.
N". 139. Fragment de la brè(;he qui forme les bords verticaux de la rivière I^riké. Les fragments sont grisâtre clair, vitreux et gisent dans une pâte fine, non altér('e, des m^mes matériaux. N'a pas été poli Brèche d^amlMtes riches en verre,
No«. 117, 118 et 119. Ce sont là les couches inclinées de grès grisjaunâtre tendre, tuffoux (n®. 117) et de brèche fine (n". 118) de la Waï Hatou, près de Hatou, dont il a déjà été (jucstion plusieurs fois. I^es gros fragments (n*. 119) consistent en une roche vitreuse â cordiérite et ont déjà été décrits ci-dessus. Les n*»«. 117 et 118 sont trop friables pour en faire des préparations; ils consistent en un sable fin du n®. 119 et ne font pas effervescence avec les acides. Orès et brèches de matériatix de verre andésitique,
N". 111. Argile ou argilolite tendre, gris-clair, du lit de la Waï Lawa, à 4 km. environ de Tawiri et originaire probablement d'une diabase altérée qui afiieure plus haut dans la vallée, fort décomposée et pyritifère. L'épaisseur de cette argile non stratifiée est insignifiante. Argilolite.
N®8. 46 et 47. Calcaire de teintes gris-clair, du lit de la rivière Maspaït, enlevé à deux couches différentes en amont du pont, sur
la route de Roumah tiga à Hitou lama, à 158 m. d'altitude. Apparaît en couches inclinées qui ont une inclinaison vers l'ouest. Ces couches enclavent des fragments de la roche n". 45, que nous avons décrite plus haut comme une andésite quartzifère à mica, riche en verre et avec cordiérite. Le n". 46 est plus tendre et plus argileux que le n". 47 ; tous les deux d'ailleurs se transforment, par altération, en une argile blanche, gluante. Au microscope, le n*. 46 offire une pâte trouble, consistant essentiellement en particules fines de calcite et qui renferme des foraminifères, principalement des globigérines ; puis, des radiolaires et des spicules d'épongés. Le n". 47 renferme les mêmes fossiles et quelques morceaux de verre, des lamelles de mica, ainsi que de petits fragments de feldspath, de (luartz et de pyroxène. Calcaire, avec débris de roches éruptives.
NO. 212. De la couche calcaire supérieure du Gounoung Eri (depuis 438 m. jusqu'à 465 m. au sommet), détaché à 455 m. d'altitude. Calcaire dur, compacte, blanc brunâtre, ù cavités nombreuses où se sont déposés de petits cristaux de calcaire spathique. Au microscope, une masse microcristalline de calcite, avec restes de coraux, foraminifères, radiolaires et lithothamnium. Calcaire corallien,
N^. 211. De la couche inférieure de calcaire du Gounoung Eri, à 222 m. d'altitude. Calcaire fin, blanc-f^risâtre, avec (luelciues cavités. Au microscope, un calcaire à foraminifèren, avec un très grand nombre de globigérines, moins de rotalinides, des miliolites, des amphistégines et du lithothamnium. Particules de ehlorite et quelques petits fragments de feldspath et de quartz. Calcaire à foraminijh'esi,
N». 176. Fragments roulés de la rivière Tonahitou, îl Negri lama, en aval de son confluent avec la Lingouaboukou, afiiuent de gauche. Calcaire blanc, poreux, avec restes de coraux et empreintes de quelques cocjuilles. Provient probablement du Gounoung Eri. Au microscope, foraminifères, coraux, radiolaires et lithothamnium dans une masse microcristallinc de calcaire spathique. Ressemble au n®. 212. Calcaire corallien.
N**. 176. Couches horizontales dans la Waï SÔlamou, petit affluent de gauche de la Waï Tonahitou, à Negri huna. Calcaire arénacé, blancgrisâtre. Au microscope, tout-îl-fait rempli de globigérines et (luelques autres foraminifères, et contenant en outre des particules de ehlorite.
Appartient aux calcairefi très jeunes, car les couches s'élèvent tout au plus de 25 à 30 m. au-dessus de la mer. Calcaire à globigérines,
N". 209. Calcaire de la couche située dans le cours inférieur de la Tonahitou, à l'endroit appelé «Batou sousou». Faute de temps, nous n'avons pu visiter ce gisement. C'est probablement la môme couche qui est à nu en aval dans la Sëlamou (n**. 176). Un échantillon du •Batou sousou ^ qui me fut rerais par les indigènes, fut reconnu, non pour un calcaire, mais pour un tuf calcaire blanc, poreux, probablement récent (n*. 209 1; c'est peut-être du calcaire que la riviiTc elle-même a enlevé, par dissolution, à la couche et qui s'est déposé de nouveau plus en aval. Ce tuf ne renferme pas de coquilles récentes d'eau douce. Tuf calcaire.
N®. 32. Calcaire corallien de Tandjoung Tial, à 6 m. d'altitude. Roche jaune-clair, poreuse, avec fragments de coraux. Au microscope, il renferme des restes de coraux, des globigérines et autres foraminifères, ainsi que quelques radiolaires. Calcaire corallien,
N"". 4. Calcaire blanc, poreux, à moules de gastéropodes; on y a encore trouvé une petite tridacne. Détaché de la cime de 179 m. d'altitude, au-dessus de l'éboulement blanc, à la rive droite de la Waï Ami, à Nipa, marquée n**. 2 sur notre carte n®. IV et fig. 34 de l'annexe IV. Au microscope, on voit des restes de coraux, des foraminifiTCs et du lithothamnium. Calcaire corallien.
N". 136. Récif sur la plage, tout près de Hatou nousa, au sudouest d'Alang, et à l'ouest de lîl Waï Holou (ou HoUoh?). Calcaire grenu, blanc-jaunâtre, avec moules de i)etite8 coquilles et grains de quartz. Au microscope, pâte microcristalline de calcaire spathique avec globigérines, amphistégines et beaucoup de lithothamnium. Puis, beaucoup de débris de toutes sortes de roches éruptives, du quartz î\ bulles li(|uides, provenant de granité, des fibres vert-jaunâtre de serpentine, originaires de péridotite, des particules de pâte d'andésites avec verre brun, parfois grenu, et des microlithes de feldspath ; ensuite, des morceaux libres d'augite, de biotite et de plagioclaye; du minerai de fer et de la limonite. La nature arénacée de ce calcaire doit être attribuée aux particules de quartz. Calcaire.
N*". 187. Gros blocs à Tandjoung Titiroa, au nord-est de Tandjoung Tapi. Roche calcaire microcristalline, gris-clair, à veines de calcite;
à la loupe, on peut voir de nombreux petits grains de quartz. Au microscope, une pâte cristalline de spath calcaire, avec quelques foraminifères peu nets, qui sont très apparents par leur teinte foncée. Puis, un très grand nombre de grains de quartz avec bulles liquides, originaires très probablement de granité. La roche donne l'impression d'une roche plus ancienne; mais néanmoins c'est probablement un calcaire quaternaire à grains de quartz. La teneur en quartz est si grande qu'on pourrait tout aussi bien appeler la roche un grh calcarifire,
N°. 141. Blocs de la Waï Soulah, au-dessus d'Asiloulou. Roche gris-clair, dure, compacte, à grain fin et gréseuse, avec de petits quartz et de petites lamelles de mica blanc. Ressemble au n**. 137 et produit aussi une forte effervescence avec les acides. Au microscope, une pâte calcaire, trouble, gris-brunâtre, avec petits fragments de quai-tz à bulles liquides, feldspath trouble, muscovite blanche ou vert-clair, minerai de fer avec leucoxène et pyrite. C'est donc encore un calcaire avec gravier de granité ou, si l'on veut, un grès calcarifère. Cette roche aussi pourrait être parfaitement une roche plus ancienne.
N". 20. Plateau situé entre la Waï Loula et la Waï Maloua (*), sur la route de Wakal à Hila; affleure â l'altitude de 6 m. environ. Calcaire gris-clair, tendre, sans fossiles. Au microscope, il consiste en un agrégat de petits cristaux de calcaire spathique avec quelques petits morceaux de quartz, sans traces de fossiles, sauf quelques spicules d'épongés. Calcaire,
TU. Dépôts nowalres.
A Hitou, les formations alluviales sont d'une faible étendue, parce que les collines quaternaires et le calcaire corallien s'étendent le plus souvent jusque près de la côte.
Les prindpalea plaines sont celles de Waë, de Paso, de Roumah tiga et de Laha. La plaine de Waë commence au cap Batou douwa, atteint une largeur de 1500 m. â la hauteur de la Waï Routoung, se rétrécit ensuite vers Toulchou pour se terminer au cap Batou lompat. Au sud de ce cap, les brèches et le calcaire corallien arrivent immédiatement â la côte jusqu'au cap Tial. A Tial et à Souli, il y
(1) Ne pas confondre avec la Wai Mamoua. qui coule à Touest do la Wai Maloua, n une distance de 1000 m., mesurée le long de la route.
a des plaines plus petites; celle qui existe à Pembouchulre de la Jari bësar est un delta de cette rivière. Nous avons déjà pris connaissance de la plaine de Paso à propos de Leitimor; au nord de Paso, elle a une largeur de 1500 m.; elle contient de nombreux fragments roulés d'andésites, et se rétrécit vers l'est en passant par Negri lama, Nania et Waa Hérou, pour finir à Dourian patah. La plaine de Roumah tiga commence déjà au nord de Poka, où elle a une largeur de 1200 m. et elle se raccorde à l'ouest, par une bande étroite le long de la côte, avec la plaine qui commence à Tawiri et qui, par I^^ha, s'étend jusqu'à Hatourou; elle a une largeur moyenne de 1000 m. et est bornée par les collines quaternaires, hautes de 67 m., situées en arrière de Laha. Plus à l'ouest encore, il n'y a plus qu'une bande étroite d'alluvium le long de la côte jusqu'à Liliboï, interrompue seulement au «Hatou Poroh> par des conglomérats qui émergent de la mer à la hauteur de 42 m. L'ail uvium qui s'étend tout le long de la côte ouest, depuis le cap Alang jusqu'au cap Tapi, est de peu d'importance. A Asiloulou commence une bande étroite d'alluvium qui, avec quelques interruptions par des conglomérats et du calcaire corallien, peut se sui vre jusque derrière Morela; cette bande ne s'élargit qu'à Lima, par le delta de la Waï Ela, à Kaïtetou et à Hila, par les atterrissements de la Waï Loï, et au nord de Hitou lama, où l'élargissement doit-être attribué aux dépôts d'une rivière, qui se nomme également Waï Ela. Entre le cap Morela et le cap Tomol, les murs de conglomérat et de brèche se dressent, presque partout, à pic dans la mer, de sorte que les relèvements n'ont pas pu s'efifectuer à l'aide de la chaîne d'arpenteur, et que d'un cap à l'autre on a pu uniquement faire usage de l'appareil pour la mesure des distances. Au Batou mètèng commence de nouveau une bande étroite de sable marin, que l'on peut suivre, par Liang, jusqu'au cap Batou itôm.
Sources thermales.
En divers points de Hitou apparaissent des sources, chaudes ou froides, avec ou sans dégagement de gaz hydrogène sulfuré. Si avec ce gaz il se dégage aussi de la vapeur d'eau, il en résulte des décompositions et des dépôts de croûtes de soufre, ainsi que la formation
de pyrite, que l'on rencontre surtout dans les diabases et tufs diabasiques altérés, et aussi dans certaines Ambonites.
La source (V hydrogène sulfuré au versant ouest du Touna a déjà été mentionnée plus haut; il s'y échappe aussi de la vapeur d'eau, ce qui fait que les objets voisins, notamment les rameaux et les feuilles qui couvrent le sol, sont revêtus d'une mince croûte de soufre jaune grisâtre (n°. 17), résultant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré Le gaz se dégage entre des fragments d'andésite blancs, incohérents, et fort altérés.
Nous avons aussi fait mention déjà de la source (Veau froide qui vient au jour à un bon kilomètre et demi au nord de Lariké, à proximité de la rive gauche de la rivière Bouaja. Autour de l'ouverture s'est déposée de l'ocre ferrugineuse, de sorte que cette eau paraît être fortement chargée de fer, mais on n^y reconnaît aucune odeur d'hydrogène sulfuré.
Une autre source existe dans la négorie Lariké même, tout près du pont en pierres sur la rivière Lila, à la rive droite. Il jaillit ici, par une petite ouverture, de l'eau chaude, qui a une forte odeur d'hydrogène sulfuré.
Dans la rimère Waloh ou AUing lama, au-dessus du calcaire corallien qui affleure à l'altitude de 42 m., il suinte à la rive gauche, sous un amas de })ierres, de l'eau froide qui présente distinctement l'odeur et la réaction de l'hydrogène sulfuré. Au jugé, cet endroit se trouve 2 à 2 '/j km. de la plage ; la rivière Alang lama n'a pas été levée. A Tavnri et à Lata, d'après une communication des indigènes, on doit observer parfois une odeur d'hydrogène sulfuré en divers points de la plage; toutefois, nous ne l'avons pas constaté nous-mêmes Aux environs de Toulehou existent trois sources: la] )remière apparaît comme source thermale aux récifs do conglomérat Batou anjout; la seconde jaillit du sable de la plage, à 1200 m. à l'est de Toulehou; elle est encore thermale et a une odeur d'hydrogène sulfuré. La troisième se trouve à l'ouest de Toulehou, à l'embouchure do la Waï Touni ; elle donne aussi de l'eau chaude ; à marée haute, cette source est submergée.
Dans le Natuurkundig Tijdschrift voor Nederlandsch Indië, Deel XXVIII, 1865, pp. 215 à 223, le Prof. S. A. Bleekrode Jr. donne les
analyses de l'eau de deux sources thermales, Batou anjout et Amantawari, près de Toulehou, à Ambon; la dernière se trouve «tout près de Toulehou», de sorte qu'il peut avoir eu en vue la source à 1200 m. à l'est de cette localité; mais il se peut aussi que ce soit celle qui est située à l'embouchure de la Waï Touni, car toutes deux sont à peu près à la même distance de Toulehou. Le nom de la première source correspond à celui qui m'a été donné pour le récif de conglomérat. L'analyse chimique a donné:
Batou anjout (sur 1000 grammes d'eau)
Chlorure de sodium . . .
Chlorure de potassium .
Chlorure de magnésium Chlorure de calcium . . .
Sulfate de chaux ...
Carbonate de soude (anhydre Carbonate de chaux . .
Carbonate de magnénie Acide silici(iue
Matières fixes = 29.70064
zn 23.74160 1= 1.37073 = 0.44520 = 1.63213 = 1.08460 1.14760 0.12666 0.05546 0.09666
150 grammes d'eau ont donné 4.457 gr. de matières fixes, ce qui fait 29.71 gr. pour 1000 gr. d'eau.
Amantawari (sur 1(X)0 grammes d'eau):
Chlorure de sodium . . . =
Chlorure de potassium . . . =
Chlorure de magnésium . . =
Chlorure de calcium. . . . -=
Sulfate de chaux i=
Carbonate de soude (anhydre) ==
Carbonate de chaux . . . =
Carbonate de magnésie . . =z
Acide silicique =
Matières fixes =. 1.30944
150 gr. d'eau ont donné 0.2040 gr. de matières fixes, ce qui fait 1.36 gr. pour 1000 gr. d'eau.
La composition de ces deux eaux est très surprenante; car celle de l'eau du Batou anjout correspond assez bien à la composition de l'eau des sources qui, à Java, apparaissent dans les marnes miocènes, mais nullement à celle de l'eau qui jaillit des roches volcaniques. Cette dernière ne renferme que de 1 à 5 pet. de matières fixes, ce qui concorde avec la teneur de l'eau de la seconde source. Cependant, je ne puis m'expliquer la grande différence de compoaition de l'eau de deux sources aussi rapprochées.
Les petits lacs et les sources de Souli sont connus depuis longtemps ; ils se trouvent dans le terrain plat, quaternaire, au nord-nord-ouest de cette localité, de 80 à 90 m. d'altitude. On y trouve d'abord le «Tëlaga Tihou", grande flaque d'eau, peu profonde, de 300 m. de diamètre environ, qui contient de l'eau froide. Au bord sud apparaît un peu de calcaire corallien ; aucun phénomène n'y indique une origine volcanique. Le fond est formé probablement d'argile, gisant dans un de ces enfoncements peu prononcés qu'offrent si souvent les couches de calcaire corallien. TjC lac est situé au pied sud-ouest du mont Eri wakang. Plus au nord se trouve le «Tëlaga birou», lac beaucoup plus petit, à proprement parler une petite mare, qui a à peine 50 m. de diamètre, avec une bordure de blocs blancs, poreux, consistant en tuf siliceux (no«. 155, 156) et qui dégagent une odeur d'hydrogène sulfuré.
A l'ouest-sud-ouest de ce lac, dans un petit ravin peu profond, on voit un autre amas de tufs siliceux, formant en partie la croûte d'une liparite altérée (no». 158 et 213), ainsi que des rameaux et des feuilles sur lesquels il s'est déposé du soufre jaune grisâtre (n°. 157), précisément comme au Touna (n". 17). Un peu plus en aval, ce petit ruisseau, qu'on nomme Mëlirang et qui est un affluent de la Waï Wasia, s'élargit en forme de bassin allongé, à fond plat, sablonneux et peu profond, dans lequel bouillonne en divers points de l'eau chaude qui dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré.
En d'autres points encore, des blocs de tuf siliceux sont disséminés dans la plaine, de sorte qu'il est probable qu'autrefois de l'eau thermale à hydrogène sulfuré apparaissait encore en divers autres endroits. Il n'est pas impossible que ce fait soit en rapport avec des failles qui, à partir d'Ambon, se prolongent jusqu'en ces lieux, et par les-
quelles l'eau chaude et le gaz trouvent une issue facile. La ligne, le long de laquelle existent la plupart des sources, coïncide sensiblement avec le prolongement de la côte nord de Leitimor ; celles de Toulehou et de Lariké peuvent se trouver dans des fissures parallèles aux côtes est et ouest de Hitou, tandis que l'apparition de sources thermales au Touna est tout-à-fait isolée.
Nos. 155, 156 et 218. Roche de la source «Tëlagabirou». Ehi échantillons, le n°. 155 est blanc-grisâtre, terne, et porte à la surface quelques cristaux de gypse. T^ n". 156 est blanc et très poreux. Le n*^. 213 ressemble au n" 155 et porte aussi, à la surface, quelques cristaux de gypse Mais son noyau est une liparite très altérée, à cristaux de quartz, entourée d'une croûte de tuf siliceux.
Le n°. 156 montre, au microscope, une pâte incolore, un peu trouble ; c'est une opale qui devient sombre entre niçois croisés, mais dans laquelle se montrent de nombreux petits points et aussi de grandes particules limpides, qui consistent en quartz. A un fort grossissement, on voit que le trouble de l'opale est produit par de petits grains bruns, les uns de vrais corps à couleur brune, les autres des pores gazeux. La roche contient aussi de l'hydroxyde de fer, qui est cause de la teinte jaune ou brune de certaines de ses parties. Tuf siliceux.