‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 22 sur 94 · I2S DESCRIPTION GÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

I2S DESCRIPTION GÉOLOGIQUE

mulites nous faisoit soupçonner que la craie ne devoit pas être loin , et en effet elle se rencontre à une petite profondeur dans toutes les parties un peu élevées de la plaine sur laquelle est situé le bord occidental de la forêt de Compiègne. Le calcaire compose toutes les hauteurs qui environnent cette forêt, à l’exception de la côte de Marigny où la craie est à nu, c’est-à-dire dépourvu du chapeau de calcaire qui la recouvre souvent.

Le mont Ganelon , au N. de Compiègne et sur la rive droite de l’Oise, quoiqu’à la suite de la côte de Marigny et à peu près de la même élévation quelle, en est cependant séparé par un vallon ; il est entièrement calcaire, et présente dans ses couches une disposition semblable à celle des couches de Vaucienne ; sa base consiste en un banc de sable très-épais, mêlé de rognons de marne comme à Yerberie, et interrompu par des lits de nummulites lœvigata. Lam. Il renferme dans sa partie moyenne du fer chloriteux.

Plus haut on trouve toujours les nummulites, mais en bancs mêlés d’autres coquilles qui ont conservé la plupart leur couleur nacrée (i). Ce banc très-dur est exploité en moellon, dont la surface noircit à l’air d’une manière assez remarquable. Enfin, en examinant un petit mamelon qui paroît plus élevé que le reste de la montagne , on le trouve composé de calcaire grossier ordinaire, renfermant des cardiuin obliquant , etc.

§ IV. Plateau de Sentis.

Le grand plateau calcaire qui porte Pont-Sainte-Maxence , Creil , Senlis, la forêt de Chantilly, la forêt de Hallatte, etc., ne présente rien de particulier. Nous ferons seulement remarquer, i°. que les lits moyens qui donnent la belle pierre de Sainte-Maxence sont plus épais dans ce lieu que dans ceux dont nous avons fait mention ;

(i) Ces coquilles sont tellement brisées et engagées dans la pierre , qui est généralement ort dure , que nous n’avons guère pu y reconnoître que des anomies..

DES ENVIRONS DE PARIS. ihj

2°. qu’on trouve le grès marin du calcaire dans la forêt de Pontarmé sur le bord du plateau ; 3<>. que sur le bord méridional de ce plateau on retrouve, comme sur son bord septentrional, l’espèce de poudingue qui forme ses couches intérieures et qui est compose de sable quarzeux à gros grains, de coquilles nacrees et de nummulites (i) : on voit principalement ce poudingue en sortant de la foret de Chantilly du côté de la Morlaye, et au-dessous est une masse considérable de sable renfermant, comme à Yaucienne et à Yerberie, du fer chloriteux (2).

Quoique par la disposition du terrain ce plateau semble être terminé par la vallée où coule la Thève, et dont la largeur s’étend depuis la Morlaye jusqu’à Chaumontel , on retrouve cependant absolument les mêmes couches calcaires dans le cap qui porte Luzarches. Ce n’est pas précisément à Luzarches que nous nous sommes assurés de cette structure , mais à la montée qui est au sud du petit vallon de Chauvigny.

L’isthme calcaire qui porte Luzarches (3) et qui s’étend vers l’Oise,

(i) Nos échantillons renferment les espèces suivantes :

Nummulites lœvigata ?

Venus texta «

Lucina lamellosa.

Turbinolia elliptica.

Cardium obliquum.

— calcitrapoides .

etc., etc.

'2) On observe en allant de bas en haut , c’est-à-dire des assises inférieures aux supérieures, la succession de bancs suivante :

i°. Une masse considérable de sable siliceux , mêlé de grains de fer chloriteux et de quelques points de fer ocreux.

20. Un gros banc formé de plusieurs assises d’une roche , composé d’une immense quantité de débris de coquilles, renfermant des camerines ou nummulites, des grains de quarz et des grains assez gros de fer chloriteux. C’est le poudingue mentionné dans le texte; il se désagrégé très-facilement.

3°. Vers la partie supérieure un calcaire sableux , mêlé d’un grès calcaire à grains assez fins renfermant du fer chloriteux.

(3) Sur celte isthme et avant d’arriver à Luzarches on voit à droite et à gauche de la route, vers le sommet de la colline qui domine ce bourg au midi , des carrières de calcaire grossier présentant , en assises puissantes , les bancs inférieurs de cette formation.

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est un appendice du petit plateau qui s’étend h l’est jusqu’à Louvres et qui s’y termine. Il n’est lui-même qu’une dépendance du grand plateau que nous venons de décrire, quoiqu’il en paroisse assez distinctement séparé par la vallée de la Thève et par l’alluvion étendue qui en a nivelé le sol.

On trouve sur ce petit plateau le grès gris à coquilles marines, dans lequel on voit des empreintes du cerithium serratwn } etc. , et un calcaire sableux, friable, qui semble renfermer au premier aspect presque autant de coquilles que celui de Grignon. Le grès est situé près de Louvres et visible dans le vallon qui est à l’ouest de ce bourg. Le calcaire se trouve à Guespelle presque à la surface du sol ; il renferme un grand nombre d’espèces qui sont presque toutes semblables à celles qu’on connoît à Grignon. Cependant on doit remarquer qu’on voit à Guespelle beaucoup de céritesetpeu d’orbitolites ; que ce lieu manque de la plupart des espèces communes dans les couches inférieures du calcaire; qu’il n’y a point de ferchloriteux ; et qu’enlin cette couche a , par la présence de son sable siliceux et par la nature des espèces de coquilles qu’il renferme, encore plus de rapport avec la couche de Pierrelaie ou Beauchamp , c’est-à-dire avec les assises supérieures du calcaire marin, qu’avec celles de Grignon qui appartiennent aux couches moyennes et inférieures. Celte analogie est telle que l’énumération que nous avons donnée des coquilles de Pierrelaie, peut convenir parfaitement à celles de Guespelle.

La formation calcaire de ce petit plateau est généralement mince, aussi n’exploite-t-on des pierres à bâtir que près de Louvres (i) ;

i°. Vers le sommet de la colline toutes les coquilles des couches moyennes de ce calcaire , les orbitolites, les turritelles, etc. , dans une roche de moyenne dureté et renfermant déjà quelques grains verts. Toutes ces coquilles , à l’exception des huîtres , ont perdu leur test. Ce ne sont que des moules intérieurs.

2°. Un peu plus bas le calcaire à fer chloriteux granulaire, ne renfermant plus autant de esquilles et offrant des parties dures et saillantes au milieu d’une masse très-friable.

(i) Nous avons de Villeron , au N. E. de Louvres , la série des couches qui constituent le sol jusqu’à environ trente-cinq mètres de profondeur : nous la devons à M. Audouin. Elle est intéressante en ce qu’elle paroi t présenter les restes du terrain marin supérieur , du

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dans ce lieu, où la formation est plus épaisse, on trouve les marnes calcaires cjui la recouvrent ordinairement, et les géodes de marne dure, infiltrée de calcaire, qu’elles renferment souvent. Ici et près de Luzarches la formation est entière; mais de Guespelle jusqu’aux alluvions de la Thève les couches intermédiaires manquent. Ce qui paroît le prouver c’est qu'il n’y a plus d’exploitation; les pierres à bâtir viennent de Comelle et de Montgresin, de l’autre côté de la Thève. Or on sait, d’après ce que nous avons dit, que les pierres employées à bâtir appartiennent aux couches intermédiaires de la formation.

§ Y. Plateau d'entre Seine et Oise.

Nous placerons une extrémité de ce plateau à Beaumont-sur-Oise et l’autre à Argenteuil. Il forme une bande presque demi-circulaire, qui borde à l’ouest le bassin de terrain d’eau douce dont nous avons

terrain d’eau douce , et comme le passage du calcaire siliceux, ou de ce terrain d’eau douce sur les limites duquel est situé Villeron , au calcaire grossier marin. Nous prenons la série des couches en allant des plus superficielles aux plus profondes.

°. Un calcaire sableux grisâtre ou grès calcaire poreux et rempli de débris de coquilles marines indéterminables.

Un grès calcaire grisâtre, compacte, sans coquille. Ces deux roches paroissent représenter la formation du calcaire marin supérieur.

3°. Une marne calcaire compacte , partie supérieure du terrain d’eau douce moyen.

4°- Une marne calcaire feuilletée avec potamides ou cérite des pierres.

5°. Des nodules de silex pyromaque noirâtres avec débris des coquilles précédentes qui y adhèrent.

G0. Des nodules en sphéroïdes très-déprimés de marne calcaire cOmpaele , dure, pesante , avec des fentes perpendiculaires aux grandes faces.

Calcaire compacte fin marneux jaunâtre. Ces couches qui nous paroissent représenter le calcaire siliceux et la formation d’eau douce moyenne, alternent plusieurs fois dans une épaisseur d’environ vingt mètres.

8°. Calcaire grossier marneux , friable , blanchâtre , avec un grand nombre de coquilles brisées ou altérées.

9°. Calcaire grossier compacte, dur , jaunâtre , avec Miliolites, ostrea, Cytlierea elegans , et autres coquilles marines.

C’est au n°. 8 que la formation de calcaire grossier marin inférieur nous paroll com-

mencer

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parlé plus haut. Nous avons cherché à saisir le point de contact de ces deux terrains, et nous les avons examinés avec attention : i°. du côté de la pointe occidentale de la longue colline gypseuse et sablonneuse de Montmorency, c’est-à-dire en allant de Frepillon à Méry et à Yi Hiers- Adam ; 20. de Moisselles à Beaumont-sur-Oise.

Dans le premier lieu nous n’avons pu saisir clairement la superposition de ces terrains, ni nous assurer si le calcaire marin passe sous le gypse et sous le terrain d’eau douce de ce canton comme cela paroît probable, ou s’il se termine à la ligne où commence la vaste plaine d’eau douce de Gonesse, etc. De ce terrain on passe sur le sol de sable et de grès des bois de Villiers-Adam , et de là sur les masses de calcaire qui bordent les deux rives de l’Oise et celles des petits vallons qui y aboutissent. Ces bords sont presque tous escarpés, ce qui permet d’observer les couches qui composent cette formation. Nous n’y avons rien remarqué qui ne tende à confirmer ce que nous avons déjà dit de leur disposition générale. On exploite à l’abbaye du Yal de belles pierres de taille.

Il nous a été plus facile de reconnoître la position du calcaire marin sous le terrain d’eau douce de la plaine dans le second lieu, c’està-dire aux approches de Beaumont-sur-Oise,

Après Mafïliers on commence à descendre vers la vallée de l’Oise. Cette première descente, déjà très-rapide, fait voir la coupe de ce terrain \ on y reconnoît :

i°. Le calcaire d’eau douce en fragmens bouleversés ;

2°. Un lit mince de marne d’eau douce feuilletée , appliqué tantôt sur un lit mince de calcaire friable , rougeâtre , renfermant un assez grand nombre de coquilles marines mal conservées , tantôt sur le grès même ou sur le sable ;

3°. Un grès dur en assises assez épaisses , ne renfermant pas de coquilles ;

4°. Le calcaire marin dont les assises supérieures sont dures , siliceuses , et renfeiv ment les coquilles marines qui appartiennent à ces assises , et notamment des cérites.

À la seconde descente qui mène à Presle, on trouve la suite des couches de la formation marine ; savoir :

5°. Le calcaire marin homogène , mais tendre , en assises épaisses ;

6°. Un sable calcaire jaunâtre , mêlé de fer chloriteux et renfermant des rognons trèsr.

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durs, souvent très-gros, formant des bancs interrompus mais horizontaux , et composés d’un calcaire sableux à grains verts , agglutinés par un ciment spatkique , et ressemblant à un porpliire à petits grains.

Ce sable calcaire , qui est la partie inférieure de la formation du calcaire grossier , est ici d’une épaisseur immense. Il forme tous les coteaux des environs de Beaumont. La forêt de Carneille est placée sur ce sable ; on remarque partout des rognons durs, souvent en partie composés de grains très-gros de sable quarzeux ; en sorte qu’ils passent aux poudingues à petits grains.

7®. Enfin la craie, dont le voisinage étoit annoncé par ces diverses roches, paroit dans un espace très-circonscrit à l’est de Beaumont.

Nous n’avons vu aucun fossile dans le sable à grains verts.

Du côté de Pontoise le calcaire exploitable finit à Pierrelaie, comme on peut le voir sur notre carte.

A Conflans-Sainte-Honorine la bande calcaire apparente est trèsétroite, mais elle n’en est pas moins épaisse; elle renferme des carrières nombreuses qui donnent de très-belles pierres de taille. Cette bande s’étend depuis Conflans jusqu’à Sartrouville , en bordant la rive droite de la Seine de coteaux escarpés qui la serrent de trèsprès dans quelques points, et qui descendent même jusque dans son lit.

Le cap qui porte Montesson, Carrière-Saint-Denis, etc. , est entièrement calcaire, et présente quelques particularités assez intéressantes. Nous avons suivi cette masse calcaire jusqu’au pied de la montagne gypseuse de Sanois.

Les carrières de l’extrémité de ce cap font voir dans leur partie supérieure vingt-deux lits très-distincts de marne calcaire dans lesquelles on n’aperçoit aucune coquille fossile. Les coquilles ne commencent à paroître qu’au vingt-troisième lit, ce sont principalement des cérites et des corbula striata qui les accompagnent souvent.

On trouve du côté de Houille, dans les bancs calcaires qui dépendent de l’exploitation de Carrière-Saint-Denis et au milieu des marnes supérieures, un lit de quarz blanc carié, dont les cavités sont tapissées de petits cristaux de quarz prismé bisalterne et de chaux carbonatée inverse. Ce banc ressemble entièrement à celui qu’on connoît depuis long-temps dans les carrières de Neuilly, et nous soupçonnons qu’il pourra servir à caractériser les derniers dépôts de la formation

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calcaire; car si on ne le retrouve pas avec la même pureté dans les carrières de Meudon, de Sèvres, de Saint-Cloud, etc., il paroît y être représenté par un lit de sable blanc, quelquefois agglutiné en une espèce de grès luisant ou de silex corné qui forme des noyaux sphéroïdaux au milieu de ce lit. Les bancs intermédiaires de Carrière- Saint-Denis sont les seuls qui soient exploités ; les bancs inférieurs sont friables et renferment, comme à l’ordinaire, du fer chloriteux granulaire et de grandes coquilles d’espèces très-variées.

Cette masse calcaire offre deux autres particularités : i°. l’escarpement du bord oriental de ce plateau fait voir, à une hauteur de plus de vingt-cinq mètres au-dessus du niveau actuel de la rivière, de larges sillons longitudinaux arrondis dans leur fond, et qui ne peuvent point être considérés comme l’effet de la décomposition d’un banc plus tendre que les autres : ils offrent tous les caractères d’érosions produites par un ancien et puissant courant; 20. on voit dans toutes ces carrières des coupes de puits naturels assez exactement cylindriques qui percent toutes les couches , et qui sont actuellement remplis d’argile ferrugineuse et de silex roulés et brisés.

Ce plateau, que nous avons comparé à un demi-cercle, porte dans son milieu une plaine assez élevée, où sont situés les bois de Pierrelaie et les grès de Beauchamp, les villages de Margency, Soissy, Deuil, Saint-Gratien, etc. Elle est bordée au S. O. par les coteaux de Gormeil et de Sanois, et au N. E. par celui de la forêt de Montmorency. Cette plaine forme ce que l’on nomme la vallée de Montmorency 3 espèce de grande vallée sans col, sans rivière dans son milieu, enfin très -différente des vraies vallées des pays de montagnes; mais si elle en diffère par sa forme elle en est aussi très- différente par sa structure géologique; lé fond et les deux extrémités de cette espèce de vallée sont d’une autre nature que ses bords. Ce sont deux collines gypseuses qui forment ceux-ci, tandis que le fond de la vallée a pour sol le terrain d’eau douce moyen et les couches supérieures du plateau de calcaire marin que nous décrivons. En effet., de quelque point qu’on arrive dans cette vallée, soit de Douvres,

soit de Pontoise, soit d’Herblay ou de tout autre bord du plateau calcaire , il faut monter et s’élever au-dessus des dernières assises de ce plateau. Le terrain qui constitue le sol de cette vallée n’a été entamé que dans un petit nombre de points, et encore très-peu profondément. Cependant on peut en connoître les premières couches en les examinant dans les carrières de grès de Beauchamp, situées dans les bois de Pierrelaie, entre ce village et Franconville.

On remarque les couches suivantes au-dessous de la terre végétale : voyez la coupe de ce terrain (pl. I, C, fig. i ).

i°. Fragmens de marne d’eau douce compacte et dure dans un sable calcaire.

Il y a aussi des fragmens de silex corné semblable à celui qu’on voit dans les mènes.

gypses ; environ « 0,2

20. Sable verdâtre agglutiné, renfermant un grand nombre de petites coquilles turbinées du genre des mélanies ( Melania hordacea, Lam.) ou d’un genre

très-voisin. Il est comme divisé en deux assises o,i5

3°. Sable fin, blanc , renfermant les mêmes mélanies que le banc précédent, plus des limnées et des cyclostomes très-bien conservés (1) , et quelquefois un lit mince de pierre calcaire sableuse, rempli de ces petites mélanies 0,60

4°. Grès dur, même luisant, renfermant une immense quantité de coquilles marines très-bien conservées, et disposées généralement par lits horizontaux (2). On y remarque en outre, mais très-rarement, quelques limnées

(1) Ces coquilles, non marines , ont été décrites par l’un de nous. Ann. du Mus. d'Hist. Nat. , t. XV, p. 357 , sous les noms suivans :

Cyclostoma mumia. Lam.

Limneus acuminatus. A. Br.

— Ovum. A. Br.

(2) Nous avons reconnu parmi ces coquilles les espèces suivantes :

Cerithium coronatum.

— mutabile.

Oliva Laumontiana.

Arnpullaria spiral a.

— depressa.

Cardïum Lima.

Cytherea elegans.

— tellinaria.

Nucula delloïdea.

Venericardia imbricata.

Venus callosa.

Ostrea. Deux espèces non déterminées.

absolument semblables à ceux du sable précédent. Ces bancs sont quelquefois au nombre de deux, séparés par une couche de sable contenant une prodigieuse quantité de coquilles marines.

Il y a ici un fait fort singulier, et dont la première observation est due à M. Beudant. C’est le mélange réel des coquilles d’eau douce avec les coquilles marines. Nous devons faire remarquer, i°. que ce mélange a lieu dans un sol marin , et non dans un calcaire ou silex d’eau douce , constituant ce que nous appelons proprement terrain d’eau douce • 2°. que ce singulier mélange s’offre dans un terrain marin meuble, et pour ainsi dire d’alluvion, placé immédiatement au-dessous du calcaire d’eau douce bien caractérisé ; 3°. que nous croyons en avoir aperçu des indications dans quelques autres points des environs de Paris (i) , mais qu’il n’a jamais lieu que dans les derniers lits, c’est-à-dire dans les lits les plus superficiels du calcaire marin, et que s’il y a réellement dans ces lits marneux des coquilles d’eau douce, elles y sont extrêmement rares, tandis que les coquilles marines, qui ne sont guère que des cérites et des car dium obliquum , y sont au contraire très-abondantes.

La circonstance remarquable de ce mélange de coquilles marines et de coquilles d’eau douce , dans les carrières de grès de Beauchamp, et la position de cette roche dans la série du bassin de Paris, a été, depuis la publication de notre première édition, le sujet d’un grand nombre d’observations et de discussions. Nous avons eu nousmêmes occasion de revoir plusieurs fois ce lieu intéressant et d’ajouter à ce que nous venons d’en rapporter.

Premièrement, le mélange des coquilles marines et lacustres sur la même masse de grès, est tellement rare qu’il ne nous a plus été possible d’en retrouver, depuis dix ans, un seul échantillon, quoique bien des naturalistes aient depuis ce temps visité cette carrière.

Secondement, outre les coquilles fossiles, que nous venons d’in-

(i) Dans les couches supérieures des marnes calcaires de Meudon et de Sainl-Maur ; c’est encore peu clair, parce qu’on n’y voit que des coquilles semblables à des planorbes , mais point de limnées. M. Prévost a observé un semblable mélange dans la colline de Triel ; nous en parlerons à son lieu ,

cliquer, nous avons trouvé au milieu même clu grès le plus dense, mais dans la partie supérieure, des portions de mâchoires de paléothérium; les cavités des os sont remplies de grès, non -seulement dense, à cassure presque luisante, mais couvert sur ses surfaces de petits cristaux de quarz , en sorte qu on ne peut pas douter que la matière quarzeuse en dissolution, au moins en partie, n’ait pénétré en cet état les cavités les plus petites, et ne s’y soit solidifiée en cristallisant. Des portions assez considérables de la masse de grès qui se présentent dans un état dense, translucide, quoique grenu, mais à grains brillans , fournissent une nouvelle preuve de cette théorie.

Les cavités allongées et horizontale, s , qui ne sont par conséquent point des fissures, ont leurs parois comme mamelonnées, couvertes de petits cristaux de quarz qui ne sont pas en enduit déposé sur ces parois par voie d’infiltration, mais qui font partie de la masse même du grès et en offrent la surface cristallisée. On ne peut donc regarder cette masse de grès comme formée de sable quarzeux transporté et aggrégé; une partie du quarz, si ce n’est la totalité, a été dissoute puisqu’elle se présente cristallisée.

Cette considération nous mettra sur la voie de nous rendre compte d’un autre phénomène.

On trouve au milieu de cette masse de grès , au milieu des coquilles les plus minces, les plus fragiles et cependant les plus entières, des cailloux siliceux roulés qui sont de la grosseur d’une noix; cette circonstance semble indiquer un rivage, mais ces cailloux y sont peu abondans et disséminés dans le grès. Ils offrent une autre particularité : lorsqu’on les examine avec attention on remarque que leur surface n’est point polie ou au moins unie comme celle des cailloux de même nature qu’on trouve sur le rivage des fleuves, des lacs ou de la mer; mais elle offre des saillies qui n’auroient pas dû résister au frottement plus que le reste de la pierre, ou du moins conserver une forme tuberculeuse. On y remarque des parties sinueuses creusées comme si on les avoit incisées. Ces cailloux ont entièrement l’apparence extérieure d’un corps de densité un peu inégale qu’on auroit laissé séjourner dans une liqueur dissolvante ; enfin celle qu’offriroit

une dragée de sucre qu’on auroit tenue quelque temps dans l’eau.

Les coquilles sont parfaitement entières comme nous l’avons dit, elles sont d’un blanc pur; elles ont été plongées au milieu de la dissolution siliceuse et n’en ont pas été attaquées, ce qui peut donner quelques indications sur la nature chimique de ce dissolvant. Nous disons qu’elles étoient au milieu de la dissolution , car leurs cavités sont remplies de quarz grenu, et quand elles n’en sont pas entièrement remplies, la surface libre du quarz est tapissée de petits cristaux (i).

Nous ajouterons à ces remarques une observation de géologie qui concourt aussi à prouver la véritable position de ces grès.

On peut observer dans la série des couches qui entrent dans la composition des difïerens terrains du bassin de Paris, une époque où une dissolution de quarz plus ou moins abondante s’est montrée dans le cours du dépôt de ces couches. La présence de cette formation de quarz est prouvée par l’abondance des silex cornés , tapissés dans leur intérieur de cristaux de quarz ; par les grès cristallins dont les fissures sont tapissées de cristaux de quarz ; par des coquilles dont l’intérieur est rempli de silex translucide et calcédonien ; par les masses énormes de silex molaire très-translucide dont toutes les cavités sont hérissées de cristaux de quarz assez volumineux et parfaitement limpides (2). Or, c’est dans les assises les plus supérieures du calcaire marin grossier et dans lesparties les plus inférieures de ce calcaire d’eau douce, si riche en silice que nous l’avons nommé calcaire siliceux , c’est, disons-nous, dans ces deux terrains qui se suivent immédiatement etquise confondent presque, que se présentent toutes les particularités que nous venons de rapporter , et que se manifeste la présence d’une abondante dissolution quarzeuse. Le grès de Beauchamp, qui offre plusieurs de ces phénomènes, est situé précisément, suivant notre manière de voir, dans la position qui correspond à cette formation de quarz. Enfin la position d’un grès absolument semblable qu’on

(1) Ces faits concourent bien efficacement à prouver l’opinion de MM. Yoigl et d’Aubuisson sur la formation de la plupart des grès par voie de cristallisation confuse. -

(2) On va voir, à l’article du calcaire siliceux, de nombreux exemples de cette formation quarzeuse.

DES ENVIRONS DE PARIS. i3g

voit à Triel, où sa place est nettement déterminée, à Ecouen, à Essainville, etc., ne nous laisse aucun doute sur celle que nous avons assignée depuis long-temps au grès de Beauchamp , et que les observations faites depuis notre première édition concourent à confirmer.

La plaine qui est au pied du penchant septentrional du coteau de Montmorency, et qui forme encore une sorte de large vallée sans eau, bordée au nord par les coteaux gypseux de Luzarches, Mareil,etc., présente une structure absolument semblable à celle de la vallée de Montmorency. On y rencontre partout à sa surface, c’est-à-dire depuis Ecouen jusqu’à la grande descente qui est presque vis-à-vis de Maflier, au-delà de Moisselles, le calcaire d’eau douce généralement blanc compacte, assez dur, quoique facilement destructible à l’air. Ce calcaire recouvre immédiatement le grès marin, souvent coquillier vers sa surface supérieure, souvent mêlé de calcaire, et quelquefois même entièrement remplacé par du calcaire marin en couches très-minces. C’est presque au. pied de la butte d’Ecouen, à l’ouest , et au nord-ouest de cette butte , et surtout près d’Ezanville, que se voit le mieux la disposition du grès à coquilles marines entre le calcaire d’eau douce et le grès sans coquilles. Les coquilles que renferme ce petit banc de grès, sont presque toutes semblables pour les espèces, et même pour le mode de conservation, à celles du grès de Pierrelaie , etc. On y remarque surtout en quantité prodigieuse cette pétite mélanie que nous avons déjà mentionnée sous Je nom de meldnia hoi'dacea.

§ VI. Plateau de Marine.

Ce vaste plateau est terminé au nord, à l’ouest et au sud par des collines de craie, il porte dans plusieurs endroits ou des masses de sable ou des masses de gypse, surmontées de sable et de terrain d’eau douce.

Il est assez élevé au-dessus du lit des rivières qui le bordent , telles que l’Oise, la Seine, l’Epte et le Troène. Quand on est sur ce plateau on ne monte plus d’une manière remarquable que pour passer par

dessus les collines de sable et de gypse qui le surmontent, telles que celles de Grisy, de Marine, de Sérans, du Mont-Javoux, deTriel, etc., et on ne descend que pour traverser les lits des rivières qui le sillonnent ; alors on voit les couches épaisses qui composent cette puissante masse calcaire, comme à Char; ou même la craie qui la supporte, comme à Gisors, à Saint-Clair, à Magny, à Mantes et à Jusier. Au reste la carte indique très-clairement cette disposition.

Nous examinerons d’abord la partie septentrionale en suivant la route de Pontoise à Gisors, et la vallée du Troène.

Avant de monter à Cormeille , on trouve dans une cavité creusée à la surface du plateau calcaire une couche mince de quarz caverneux semblable à celui de Neuilly et à celui que nous avons trouvé dans la plaine des Sablons et près de Houille. Nous devons faire remarquer de nouveau la régularité de ces formations jusque dans les moindres couches; ce quarz est très-certainement le caractère des derniers lits de la formation calcaire, puisque nous l’avons vu assez constamment dans les lieux où le voisinage du gypse semble indiquer que cette formation est complète.

Ainsi celui qu’on trouve dans la plaine des Sablons est au pied de Montmartre, celui d’entre Houille et carrières St.-Denis est presque au pied de la montagne de Sanois, celui de Neuilly est au pied du Mont-Valérien, et celui de Cormeille est aussi au pied d’une montagne gypseuse.

Près de Lattainville, un peu avant de descendre à Gisors et d’arriver à la craie qui se montre dans la vallée de l’Epte, on trouve des coquilles fossiles entièrement analogues à celles de Grignon. Ce lit est, comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois, le caractère des couches inférieures de la formation calcaire.

On le retrouve encore :

i<>. Au Mont-Ouen, à l’est de Gisors; il est placé sur un lit de sable calcaire renfermant des nummulites qui sont toujours inférieures aux coquilles de Grignon; au-dessus et vers le sommet de cette butte se voient des cérites;

2°. Sur la pente méridionale de la vallée du Troène à Lallery et

h Liancourt près Chaumont. Le banc est ici épais et riche en espèces extrêmement variées, aussi ce lieu célèbre parmi les amateurs des coquilles fossiles mérite-t-il quelques détails.

En montant à Liancourt on trouve,

i°. Un banc de sable qui renferme une grande quantité de petites nummulites ( nummulites lenticularia) ;

2°. Un autre banc de sable renfermant de plus grosses nummulites ( nummulites lœvigata) et des blocs de calcaire sablonneux rempli de fer chloriteux.

3°. Une couche de deux mètres d’épaisseur environ, renfermant une immense quantité de coquilles. On y remarque plus de bivalves que d’univalves. Les coquille* qui nous ont paru particulières à ce lieu , sont :

Un Cerithium, voisin du vertagus.

Turritella terebellata , en quantité considérable.

Une autre turritelle voisine de Yimùricataria.

Crassatella sulcata.

Venericardia planicosta.

Lunulites urceolaria (pl. VIII, fig. g).

Turbinolia elliptica. Ibid. (fig. 2. )

4°. Des bancs assez épais de calcaire tendre, et renfermant des miliolites. On le connoît sous le nom de lambourde.

5°. Des bancs d’un calcaire en plaques minces et souvent brisées. Nous n’y avons pas vu de coquilles.

Cette disposition est toujours la même sur le coteau jusqu’à Gisors ; mais le lieu ou les coquilles fossiles se voient le mieux , et ou il est le plus facile d’obtenir ces coquilles entières , c’est sur le bord coupé à pic du chemin qui monte de la vallée pour aller gagner la grande route de Chaumont à Pontoise, au hameau de Vivray .

La partie méridionale plateau de marine offre quelques particularités dans la disposition des couches de la formation calcaire. En sortant de Poissy, on traverse un terrain d’alluvion très-étendu, après lequel on arrive au cap méridional du plateau calcaire, d’où on extrait du moellon. En suivant la route de Paris à Triel, on trouve a droite du chemin une carrière dans laquelle M. de Roissy qui nous accompagnoit, nous fit remarquer des puits naturels semblables à ceux dont nous avons fait mention plus haut, en parlant du plateau d’entre Seine-et-Oise.

Ces puits verticaux, à parois assez unies, et comme usées par le frottement d’un torrent, ont environ cinq décimètres de diamètre; ils sont remplis d’une argile sablonneuse et ferrugineuse et de cail-

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loux siliceux roulés. Mais ce qu’ils offrent de plus remarquable que les premiers, c’est qu’ils ne percent pas les couches supérieures; ils commencent tous au même niveau. On doit conclure naturellement de cette disposition que ces puits avoient été ouverts et étoient déjà remplis lorsque les couches calcaires supérieures ont été déposées. Cette observation, jointe à celles que nous avons faites sur les différences qui existent constamment entre les coquilles fossiles des principaux systèmes de lits calcaires, concourt à nous prouver que les couches calcaires ont été déposées à des époques assez éloignées les unes des autres : car il paroît évident qu’il a fallu que les couches inférieures fussent toutes déposées, que les puits eussent été creusés par la cause inconnue qui les a formés et qui a dû agir pendant un certain temps pour unir leurs parois comme elles le sont; il a fallu ensuite qu’ils aient été remplis par les argiles ferrugineuses, les sables et les cailloux, avant que les couches calcaires qui les ont fermés se soient déposées : ces opérations ont dû nécessairement se succéder , et leur succession suppose un temps assez considérable. Mais nous n’avons aucune donnée qui puisse nous faire évaluer ce temps, même par approximation.

Ces puits sontd’ailleursassezcommuns dans le calcaire marin. Nous ne les décrivons pas tous, parce qu’ils ne sont pas tous aussi remarquables que ceux-ci: mais il y a peu de carrières qui n’en présentent; ils ne sont pas toujours verticaux. Nous en connoissons un dans les carrières de Sèvres, qui ressemble à un long canal oblique, à parois unies, mais sillonnées par un courant; il est rempli de sable quarzeux. Il y en a un assez grand nombre dans les carrières dites du Loup , dans la plaine de Nanterre; et tous sont remplis d’un mélange de cailloux siliceux et calcaires dans un sable argilo-ferrugineux.

Le long de la côte, entre Triel et Meulan, la formation calcaire est très épaisse, et le coteau lui-mème, très-élevé, présente deux sortes d’exploitations de carrières placées immédiatement l’une audessus de l’autre, le calcaire en bas et le plâtre en haut. Ici la formation calcaire présente quelques particularités que nous n’avons pas vues ailleurs. Premièrement les couches y sont inclinées dans

quelques endroits, notamment à la sortie de Triel; mais cette inclinaison n’a aucune régularité. Ilparoît cependant que toute la masse va un peu en montant du côté de Meulan, et que les bancs qui sont au tiers inférieur de la côte , se relèvent du côté de la rivière. Ces bancs présentent des sillons longitudinaux, arrondis dans leur fond, et qui semblent avoir été creusés par un courant, ils sont en tout semblables à ceux que nous avons observés près de Houille (1); ces érosions se représentent encore sur les rochers calcaires du mamelon d’Issoud, entre Meulan et Mantes, et se continuent jusque vis-à-vis Rolleboise. En second lieu on remarque vers la partie supérieure de la formation calcaire des bancs puissans de sable siliceux , tantôt presque pur, tantôt mêlé de calcaire, mais renfermant toujours des coquilles plus ou moins nombreuses, et changées en calcaire blanc; elles sont très-bien conservées, d’espèces assez variées et analogues la plupart à celles de Grignon. Ce sable est quelquefois friable, comme on l’observe immédiatement à la sortie de Triel; mais plus souvent il est agglutiné en grès, tantôt tendre, blanc et opaque, tantôt dur, luisant, gris et translucide. Ces deux sortes sont mêlées dans la même couche. On prend la plus dure pour paver la route. Toute la côte, jusqu’aux deux tiers de sa hauteur, présente ces bancs de grès coquillier alternant avec des marnes calcaires ou avec du calcaire assez solide, et qui paroît. moins coquillier que ce grès. Il ne faut pas confondre ce grès, i°. avec ceux qu’on trouve près du sommet de la côte, ceux-ci recouvrent le penchant de la colline, ils ne font point partie de la formation calcaire, et ne renferment aucune coquille; 2°. ni avec les grès à coquilles marines qui recouvrent quelquefois les montagnes de gypse, comme à Montmartre, etc. Les grès coquilliers de Triel sont bien certainement au-dessous du gypse et appartiennent à la formation calcaire, ils ont les plus grands rapports de structure, de formation, de position et même de hauteur

(0 Nous connoissons les objections faites par M. Deluc contre une origine semblable attribuée par de Saussure à des érosions qu’il avoit remarquées dans le Salève ; ces objections , qui peuvent être fondées dans le cas rapporté par M. Deluc, ne nous paroissent pas applicables à celui-ci.

avec ceux de Beauchamp, de Pierrelaye, d’Ezanville, de Louvres,. de Moisselles, etc. (i).

Au nord-est de Meulan, à la naissance du joli vallon de Sagy, sont les carrières célèbres de Salliancourt, exploitées pour le compte du Gouvernement et pour l’usage particulier des ponts et chaussées.

Le calcaire marin présente dans ce lieu un aspect un peu different de celui qu’il offre dans les environs de Paris. C’est une masse sans assises distinctes, laissant voir seulement quelques lignes sinueuses à peu près horizontales, mais dont les sinuosités ne sont pas même parallèles.

Cette masse calcaire a environ dix -huit mètres d’épaisseur depuis le point le plus élevé jusqu’au lit de sable sur lequel repose le dernier banc. Elle peut être divisée en deux parties.

La partie supérieure, nommée décomble par les ouvriers, a dans sa plus grande épaisseur douze mètres cinq décimètres; le calcaire qui la compose est blanc, tendre, même friable, et ne peut guère , par ces raisons, être employé dans les constructions. Elle renferme les coquilles fossiles des couches moyennes du calcaire des environs de Paris, mais ces coquilles sont tellement brisées qu’on ne peut, guère en distinguer quelques unes que dans la partie inférieure de la masse. On y reconnoît quelques cérites , trop altérées pour qu’on puisse en déterminer les espèces , des empreintes du Citherea nitidula , le Nucula margaritacea , le Cardita auicularia , des Orbitolites plana. Les parties moyennes de cette masse supérieure présentent, comme à Châtillon, à Saint-Nom, etc., des empreintes de feuilles très-bien conservées, et de la même espèce que celles des lieux que nous venons de nommer.

(i) S’il eût j>u rester quelques doutes à ce sujet ils seroient complètement détruits par les observations que M. Prévost vient de faire sur la position de ces grès et sur le passage des terrains marins aux terrains d’eau douce par les couches inférieures de ceux-ci , dans un grand nombre de lieux, notamment à Beauchamp , à Pierrelaie, à Marcouville, à Osny et à Sergy près Pontoise , c’est-à-dire sur les deux versans des collines à Triel , à Andresy , etc. Nous reviendrons sur ce sujet à l’article de la description des terrains d’eau douce inférieurs, mais nous empruntons dès ce moment à M. Prévost les coupes de Triel , que nous donnons pl. I, C, fig. 2.

On ne voit donc dans cette masse ni marnes argileuses, ni marnes calcaires fragmentaires, ni fer chloriteux pulvérulent, excepté dans quelques veines de sa partie inférieure , et encore y est-il fort rare.

La partie inférieure est composée comme celle que nous venons de décrire, et peut-être même plus évidemment qu’elle, d’une masse continue de calcaire généralement jaunâtre, et formé de grains assez gros, mais solidement agglutinés.

Ces grains sont de toute nature ; on y voit un grand nombre de débris de coquilles, des coquilles entières, du sable siliceux et du sable calcaire ; ce dernier semble formé de débris de coquilles enloppés de plusieurs couches concentriques de calcaire, et de petits corps ovoïdes, que nous n’avons pu déterminer, et qui ressemblent par leur structure à de petites dragées. On y voit aussi beaucoup de grains de fer chloriteux. On trouve dans certaines parties de cette masse des amas de grosses coquilles, ayant quelquefois conservé leur brillant nacré, et absolument semblables à celles des assises à fer chloriteux de Meudon, de Bougival, etc. Mais ce qu’on y trouve de plus que dans ces derniers lieux ce sont de grands oursins du genre des cassidules (1). Les orbitolites se continuent jusque dans les derniers bancs, qui contiennent, comme fossile caractéristique, des turbinolit.es. (PI. VIII, fig. 2.)

Quoiqu’il n’y ait point d’assises réelles et distinctes, on y reconnoît cependant des lits de pierre qui diffèrent entre eux par leur couleur, par leur solidité, par la grosseur des grains qui les composent, et même par la nature des fossiles qu’ils renferment. On remarque que, quand on enlève de grandes parties de ces lits, les blocs, en se détachant, indiquent plutôt une stratification oblique qu’une stratification horizontale.

(1) Ces oursins, fortement engagés dans la pierre, sont difficiles à de'terminer ; mais on en voit assez pour s’assurer qu’ils sont très-diffêrens de V ananehites ovatus et du spatangus eoranguinum de la craie , puisqu’ils ont la bouche inférieure et centrale et les ambulacres bornés. Ils appartiennent donc même à un autre genre et nous paroissent pouvoir être rapportés aux cassidules ou aux clypeastres de M. de Lamarck.

On peut reconnoître avec les ouvriers trois qualités de pierre différente dans cette masse inférieure.

i°. Le banc rouge , qui est le plus élevé et d’une couleur ocracée. 11 est composé de grains très-gros, d’espèces de pisolites, et renferme principalement des oursins mentionnés plus haut. Il ne contient que rarement des grains de fer chloriteux. Il n’est point continu , et disparoît entièrement dans quelques endroits. Il n’est ni assez solide ni assez durable pour être employé dans les constructions.

2*. Le banc que nous appellerons jaune , c’est le plus épais. Il est jaunâtre et généralement composé de grains assez fins et assez solidement agglutinés par un ciment spatliique ; il renferme beaucoup de fer chloriteux granulé. Son grain devient d’autant plus fin et plus serré, et ce banc est d’autant plus dur qu’on s’enfonce davantage. Sa partie supérieure est même rebutée, parce que la texture en est trop lâche.

3°. Le bartc vert , celui-ci est le plus inférieur , le plus dur , et contient le plus de fer chloriteux. On y a trouvé, outre les fossiles cités plus haut, des glossopêtres. La couleur de ce banc , qui fait dans les constructions extérieures une disparate trop sensible avec celles des autres pierres , en réduit beaucoup l’emploi.

Au-dessous du banc vert on trouve le sable , et il n’y a pas de doute que si on creusoit davantage , on ne trouvât bientôt l’argile plastique, puis la craie; car l’argile se montre sur le penchant des coteaux voisins , et on voit la craie avec ses silex dans les champs entre Salliancourt et Sagy , et même à l’arrivée de Sagy du côté de Salliancourt.

La masse de calcaire marin exploitée à Salliancourt rentre donc dans les lois de superposition que nous avons reconnues au calcaire des environs de Paris. Les seules différences qu’elle offre existent dans l’épaisseur des couches inférieures plus considérable ici qu’ailleurs, et surtout dans la solidité et dans la durée à l’air des pierres de taille qu’on en extrait. Cette différence est d’autant plus remarquable, que les bancs inférieurs de la formation calcaire donnent généralement une pierre qui devient friable à l’air. Les carrières de Salliancourt présentent donc une sorte d’exception à cette règle; mais cette exception n’est pas même complète; car dans beaucoup de points la pierre du banc jaune est de mauvaise qualité, et dans les lieux où elle est solide et durable on peut remarquer quelle doit ces qualités à une infiltration spathique qui la pénètre, et qui lie entre elles ses diverses parties, infiltration que nous n’avons pas eu occasion d’observer dans les couches analogues qu’on trouve à Issyr.à Meudon , à Sèvres, à Bougival, excepté dans les nodules dures qui restent souvent en saillie au milieu de ces couches désaggrégées , etc.

Après Meulan, le calcaire coquillier de Merry et celui qui couronne la craie au-dessus de Jusier, n’offrent rien de particulier. O11 doit seulement faire remarquer que les bancs inférieurs d’Issoud , qui suivent presqu’immédiatement la craie , renferment du fer chloriteux, et qu’à Fontenay-Saint-Père, au nord de Mantes, et sur le bord occidental du plateau, on voit le banc des coquilles analogues à celles de Grignon (i).

C’est encore un peu plus au nord que sont les belles carrières de pierre à bâtir de Veteuil, situées immédiatement au-dessus de la craie qu’on voit à nu sur le bord de la Seine, et qui offrent près de la Rocheguyon des escarpemens remarquables.

En montant à ces carrières on trouve la succession de couches suivantes :

i°. Un dépôt peu puissant d’argile plastique renfermant des cristaux assez nets de gypse-sel enite.

2°. Un lit de sable.

3°. Un banc tendre, ferrugineux, verdâtre, rempli de grains de fer cldoriteux et de débris de grosses coquilles.

4°. Un banc dur blanchâtre composé d’une multitude de débris de corps organisés, blanchâtres, indéterminables, en assises trèsépaisses, peu distinctes, peu régulières.

3°. Un banc dur grisâtre , différant très-peu du précédent , composé des mêmes corps, mais plus jaunâtre.

6°. Un banc de calcaire grossier, jaunâtre , ferrugineux, renfermant une si grande quantité d’alvéolites, qu’il semble en être entièrement composé. Ces alvéolites appartiennent aux deux espèces décrites par M. Bosc, sous les noms (T alvéolites milium et d’ alvéolites jestuc a : il renferme aussi quelques parties d’échinites.

Il y a àCherance, dans le même canton, des carrières qui présentent absolument les mêmes variétés de calcaire grossier disposées de la même manière.

Le calcaire des bancs nos. 4 et 5 est employé dans les construe-

(i) Nous tenons ces derniers renseignemens de M. de Roissy.

tions des ponts et chaussées, et regardé comme donnant une pierre très-solide.

On doit remarquer entre ces bancs calcaires et ceux qu’on exploite pour le même objet à Salliancourt, à peu près sous le même parallèle, la plus grande analogie jusque dans les plus petites circonstances.

§ V II. Plateau d’est et d’ouest de Paris.

Pour terminer la description des plateaux calcaires de la rive droite de la Seine, il ne nous reste plus à parler que de deux petites bandes qui bordent la rivière à l’est et à l’ouest de Paris.

Celle de l’ouest s’étend depuis Chaillot, et même probablement depuis le lieu nommé Y Etoile jusqu’à Passy. La partie visible de cette colline calcaire forme une bande très-étroite. Vers le N. O. le calcaire paroît s’enfoncer sous le terrain de transport ancien qui forme le sol du bois de Boulogne et de la plaine des Sablons; car, en creusant dans cette dernière, près la porte Maillot, on trouve au-dessous d’une couche de sable mêlée de cailloux roulés, et qui a environ quatre mètres d’épaisseur, les premières couches de la formation calcaire caractérisées, comme nous l'avons dit, par des lits de marne calcaire blanche, renfermant des petits cristaux de quarz et de calcaire spathique.

A la butte de l’Etoile on a creusé jusqu’à huit mètres pour asseoir les fondations du monument qn’on y a commencé. On a trouvé des lits alternatifs de sable argileux, de sable calcaire et de marne caL caire sablonneuse (i), mais on n’a point atteint le calcaire en banc.

(i) Détail des couches qui composent le sommet de la butte de V Étoile , par MM. Desmarest

et Léman.

mètre.'.

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