‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 69 sur 94 · Terre meuble et végétale , environ 4 mètres · texte numérisé non relu

Terre meuble et végétale , environ 4 mètres

2. Couche de sable jaunâtre assez pur , avec des lits de sable argileux

dans sa partie supérieure 2

Dans les lits de sable argileux supérieurs on trouve des limnées et des planorbes très-bien conservés , blancs et à peine fossiles.

3. Limon d’atterrissement très-noir, mêlé de sable jaune en lits ondulés 6

4. Lits alternatifs d’argile verte friable , de marne argileuse jaune et

de marne argileuse blanche

Dans la partie que nous décrivons, et dans deux autres parties un peu plus éloignées , mais dont la structure est absolument semblable à celle-ci, les lits d’argile verte et ceux qui l’accompagnent s’enfoncent comme pour former un bassin qui est rempli par le limon noir et sableux. C’est dans la partie inférieure de ce limon qu’ont été trouvées les dents d’éléphans, les tètes de bœufs, d’antilopes et de cerfs d’Irlande que l’un de nous a décrites.

Il ne paroît pas possible d’attribuer cet atterrissement aux eaux qui coul oient dans la vallée de la Seine; cette vallée est beaucoup trop éloignée de ce lieu, et beaucoup trop basse par rapport à lui. Il est probablement beaucoup plus ancien que ceux des vallées , et semble plutôt avoir été déposé au fond de lacs, de marais ou d’autres cavités de même espèce qui existoient alors dans le terrain plat, mais élevé, qui constitue actuellement la plaine Saint-Denis. La forme de ces dépôts, la nature et la finesse des matières qui les composent, leur disposition en couches plus ou moins inclinées ou courbées, tout concourt à appuyer cette supposition.

Le terrain de transport se présente aussi sur les plateaux qui terminent 1a. formation de calcaire grossier, et même sur ceux qui, encore plus élevés, surmontent le gypse. Mais ces deux sortes de terrains de transport ont peut-être une origine différente.

On voit le premier dans la plaine de Montrouge immédiatement au-dessous de la terre végétale. Il est composé de cailloux siliceux roulés dans un sable rougeâtre; on peut y rapporter les terrains de transport du bois de Boulogne, de la forêt de Saint-Germain, etc. , que nous avons déjà cités.

On remarque le second vers le sommet de la colline de Sanois et dans les sables supérieurs des bois de Romainville, sur la partie septentrionale du plateau de Belleville ou Ménil-Montant. Nous avons parlé, pag. 1 34? ^7 et 1 41, des cavités cylindroïdes en forme de puits naturels qui traversent les couches de divers terrains et notamment du calcaire grossier. Ces cavités sont rarement vides , elles sont au contraire souvent remplies des matières de transport du sol supérieur, et ou peut trouver ainsi au milieu des assises d’un terrain ancien de formation sédimenteuse, des objets du terrain de transport qui appartiennent à une formation d’une époque beaucoup plus récente. C’est ce que nous avons eu occasion d’observer dans une cavité semblable, traversant la craie, et découverte en creusant un puits dans un jardin, vers le milieu du coteau duBas-Meudon. Nous en donnons la figure pl. I, B, fig. 3.

Le sol montre successivement, en partant de la surface A, des débris de toutes sortes , mais non roulés et probablement transportés par les travaux des hommes; B un banc assez puissant de terre végétale ; C une craie marneuse, c’est-à-dire impure et friable; D de la craie altérée fragmentaire ou en petites amandes, liées ou entourées d’argile jaunâtre; E un banc composé de grosses masses de craie marneuse ; F la craie blanche ordinaire avec ses lits de silex pyromaque en rognons.

C’est à travers les bancs inférieurs à la terre végétale que s’étoit ouverte une cavité cylindrique qui a été remplie d’argile impure et de fragment de craie, et au milieu desquels on a trouvé plusieurs parties d’un bois de cerf comme calciné; il étoit dans une espèce de cavité située dans la partie du puits qui commençoit à pénétrer dans la craie. On n’en a pas trouvé des morceaux assez considérables pour pouvoir déterminer l’espèce du genre cerf auquel il a appartenu.

Nous avons vu ce bois de cerf en place et encore engagé dans l’espèce de brèche crayeuse que nous venons de décrire. Mais au premier moment on vint nous avertir qu’on avoit trouvé un bois de cerf dans la craie. On voit, tant par notre description que par notre figure, que quoique réellement dans la masse de craie il n’en faisoit

pas partie, mais qu’il appartenoit au terrain meuble qui recouvroit le sol avant que la terre végétale s’y soit déposée (i).

Nous terminons ici ce que nous avons à dire du sol d’atterrissement des environs de Paris ; nous ne prétendons pas en avoir fait l’histoire complette. Ce sol , dont la connoissance est très-importante à l’avancement de la géologie , comme l’a fort bien prouvé M. de Luc, demande à être étudié avec un soin particulier, et pourroit à lui seul occuper pendant long-temps un géologiste qui voudroit le connoître avec détail et précision.

(i) Si nous n’avions pas eu occasion de voir le fait nous-mêmes, on auroit affirme qu’on avoit trouvé un bois de cerf clans la craie , et nous n’aurions eu pour rejeter cette assertion que les règles de la géologie. Mais heureusement que la découverte en fut faite par une personne instruite (M. Langlois, dans le jardin deMme. Fourcroy) , qui, dès qu’il aperçut les premiers morceaux du bois de cerf, fit suspendre le travail jusqu’au moment où nous pûmes nous transporter sur les lieux pour voir les choses dans leur position naturelle.

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