‹ Description historique de la cathédrale de RouenChapitre 6 sur 33 · M DESCRIPTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

M DESCRIPTION HISTORIQUE

principale ; c'est la partie la plus ancienne de tout ce vaste édifice. Sa construction date du commencement du douzième siècle ; j'en excepte cependant le haut de la tour y dont la bâ*> tisse est d'une époque bien postérieure.En 1 468, le Chapitre fit marché avec un architecte pour rehausser cette tour y qui était beaucoup trop basse ; selon les registres de la compagnie ^ il fut convenu que la partie qui restait à faire serait percée de seize arcades , et surmontée d'un comble en charpente en forme de pavillon. Les travaux de cette construction ftirent totalement achevés en 1477 ; cependant il paraît^ par les mêmes registres capitulaires , que le projet de l'architecte était d'élever cette tour beaucoup plus haut qu'elle ne l'est, mais que le Chapitre, considérant la dépense extraordinaire que ce travail exigerait, ordonna à l'architecte de l'achever à bien moins de frais , et de supprimer les dispositions qu'il avait déjà faites pour en continuer la constructioti.

La tour méridionale , vulgairement appelée la tour de Beurré (1), placée à l'opposite de

(1) La tour de Beurre, ainsi nommée de ce qu*el!e fut bâtie du produit des ûflnrandes que les fidèles firent À la fabrique de l'église cathédrale >

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la tour de Saint-Romain , fut commencée en i485 ; rarchevêque Robert de Groix^Mare en posa la première pierre le io novembre de la même année. Les fondations furent assises six ou sept pieds plus bas que celles de l'église* On pratiqua sous cette tour une grande cha* pelle pour y transférer la paroisse de Saintr Etienne, vulgairement appelée \B,grand&^glîse^ pour la distinguer d'une autre paroisse de Saint-Étienne , dite des Tonneliers y située rue de ce nom , et supprin^e en 1791 • Ce fut le 1 4 de mars 1496 que Henri Potin , évêque de Philadelphie, et sufFragant de Rouen , bénit cette tour, quoiqu'elle ne fût pas encore achevée.

D dédia en même temps la chapelle ou église paroissiale sous le vocable de Saint-Étienne , premier martyr. Enfin, cette tour, d'une structure élégante et svelte , ne fut achevée qu'en 1607 , après vingt-deux ans de travaux.

en reconnaissance de la permission que le cardinal dTstouteyille avait obtenue du pape Innocent VIII, pour que les habitants des diocèses de Reuenet d*É?reux pussent faire usage de beurre et de laitage pendant le carême. Jusqu'à cette époque» le jeûne ayait été observé avec tant de rigueur , que Ton se servait d'huile ou de jus de lard pour accommo-* der le poisson ou les légumes que l'on mangeait. — Pommeraye» Histoire de la Cathédrale de Rouen, llv. I, chap. VI, page 35. — Le Grand d'Aussy , Vie privée des Français, tome U, pag. asa à 825»

Le bel aspect de ce monument fit sentir la nécessité de rebâtir le grand portail ^ dont l'état de vétusté , constaté dans une visite faite par des architectes experts, en i5o2y annonçait la ruine prochaine. Le cardinal Georges d'Âmboise signala encore sa munificence envers cette église , en faisant reconstruire à ses dépens toute la façade qui se trouve comprise entre les deux tours ^ à l'exception des deux portails latéraux que Ton conserva. La première pierre de la façade fut posée le i8 juin i5o9; mais la mort du cardinal d'Âmboise , arrivée l'année suivante (i), suspendit pen-

(1) Le cardiqal Georges d'Amboise mourat à LyoD le 35 mai .1510. G*était Tan des hommes les plus recommandables de son siècle par ses vertus, par son attachement au roi et à sa patrie. Il fut ylvement re« gretté. Il a laissé dans la ville de Rouen de grands souvenirs de sa magnificence et de son goût pour les arts. Ce fut ce cardinal qui , pendant son ministère, fit encaisser entre des talus les rivières de Robec et d'Aubette, si avantageuses pour les teintures et les fabriques de Rouen.

Ce grand ministre possédait au plus haut degré toutes les qualités. Pour le peindre d*un seul trait , il suffit de citer le fait suivant. Près de Gaillon, où le cardinal avait son château, vivait un gentilhomme qui élevait sa famille dans une heureuse obscurité: sa fille « parvenue à un âge où les besoins du cœur ne consultent guère les caprices de la fortune, était tendrement aimée d'un jeune homme dont Tamour était toute sa richesse : tous déu^ dignes de s*aimer, tous deux dignes de plaire, n'aspiraient qu'au moment d'être unis. Le père, plus jaloux de voir sa fille heureuse qu'opulente , ne cherchait qu'un gendre vertueux i

dant quelque temps les travaux du portail , qui ne fut totalement achevé qu'en l'an i55o. Ce riche et élégant morceau d'architecture»

embelli de tout ce que la sculpture du moyen âge offre de plus gracieux et de plus délicat, est dû aux talents de Jacques et de Roulland-le- Roux, père et fils, maîtres maçons ou architectes de la Cathédrale, et une assez grande partie de3 figures qui le décorent appartiennent au ciseau de Pierre Désaubaulx , . de Rouen , qui a sculpté le bas-relief généalogique de l'arbre de Jessé, placé dans le tympan de * la porte principale. Ce morceau de sculpture

il Tavait trouvé : mais pour doter la jeune épouse, il fiillait vendre Boa manoir, antique héritage quHl avait reçu de ses pères. Ce sacrifice coûtait d*autant plus à son cœur, que c'était dans cet asile, où il avait reçu le Jour, que ses aïeux avaient cultité les vertus qui seukss donoent la noblesse : mais le bonheur de sa fille remporte sur des motifs si puissants. Il annonce qu'il veut vendre sa maison. D'Amboise l'appelle , lui persuade d'abord qu'il veut acheter son patrimoine, lui eh donne la valeur, puis lui remet ses titres : mais craignant que l'idée d'un présent n'oflTense la délicatesse du gentilhomme , il lui laisse croire qu'il n'a fait que lui prêter la somme qu'il lui a donnée. Un courtisan se hAte de féliciter le prélat sur l'accroissement de ses domaines : « Oui, lui dit-il, « je viens d»m*enriohir;f ai acquis unami, et soulagé un màlheu^ reux. » — - Éloge de Georges dPAmboise , Cardinal , arehevêque de Rouen, principal ministre de Louis XII, par Bl de Sacy, etc. , etc. Paris , 1776, in-8, pag. 32 et 33.

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lui, fiit payé cinq cents livres, somme consi* dérable pour le temps (i).

Ce iîit également en iSSo que la balustrade en pierre découpée à jour^ régnant à Texterieur du chevet de l'église , fut achevée. La partie de cette balustrade la plus voisine de la pyramide a été détruite dans le dernier incendie.

On peut dire , avec raison , que le cardinal d'Âmboise a été parfaitement secondé dans cette entreprise par les talents des architectes chargés de la construction du portail , dont la structure élégante et singulièrement recherchée ressemble à ces ouvrages d'orfèvrerie découpés à jour, appelés Jîligrane. Les dégradations que l'on y voit avec peine ont été suipcessivement occasionnées^, d'abord par la fureur des Calvinistes, en i562; ensuite par un terrible ouragan qui renversa trois tourelles en i683 ; et enfin, par le vandalisme de 179s*

(1) DeylUe. Lettre à M. Alavaine, déjà citée, pages tl et 12.

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