‹ Description historique de la cathédrale de RouenChapitre 8 sur 33 · U DESCRIPTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

U DESCRIPTION HISTORIQUE

QUATUOR UNA DIVISO QUONDAM NUNC CONJDNCTO ME- TALLO. ANNO i686. Au-dessus sont ces paroles du prophète Isaïe : audits populi^ attendite LONGi. Sous la date et au pied d'un cruci&x on lit ; Jean Aubert de Lizieux ma faigte en i686. Il faut six hommes pour la mettre en volée.

En i8i0y le cardinal Gambacérés fit acquisition de deux autres cloches dont la plus grosse , fondue en 1 785 par Ghaudoir^ pèse 6,5oo livres , et l'autre, fondue en 1774 par le même artiste , 3,5oo livres.Pour compléter cette sonnerie laFahrique fit fondre , en 1 825 , une cloche , dont le poids est de 7,600 livres; on l'appelle la Caroline ^ du nom de la duchesse de Berry, sa marraine. La tour dans laquelle elles sont placées est surmon* tée d'un toit très-élevé, couvert en ardoises, et dont le faîtage est terminé par deux grandes croix en fer enrichies d'ornements dorés; sur le même toit sont aussi les deux timbres qui servent à annoncer les quarts et les demi-heures, car l'heure sonne sur la grosse cloche de la tour.

On communique de la tour de Saint-Romain à la tour dite de Georges d'Amboise par plusieurs galeries pratiquées derrière le buffet d'orgues. Gette dernière tour renfermait la fameuse cloche appelée Georges d^Amboise^ du nom de son illustre donateur. £Ile était due à

la munificence du cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen , et avait été fondue le 2 août i5oi par un fondeur de Chartres, nommé Jean le Maçon ou le Machon, qui mourut , dit-on, de joie d'avoir réussi , ou plus vraisemblablement de fatigue, et fut inhumé au bas de la nef sous une petite tombe sur laquelle on avait gravé une cloche (i). Voici le quatrain en caractères gothiques qui fut mis autour de la cloche de Georges d'Amboise :

2e 0ut0 nmmte it5rorjg€0 VSLmbom^

(Hui bim IvtnU-^ix tnilU pow;

€t (il qui bun me poieera

dXuarante mtlU g txonwxa.

Cette cloche fut montée dans la tour le 9 octobre de la même année, et sonnée pour la première fois le 16 février i5o2, par seize hommes.

(1) Voici IMnscription en vers qu'on lisait sur sa tombe avant la Révolution :

€i-htsA(mht gtst 3(l|an \t Matï^mt

iTeqiitl Cimbtt Statut» VJivsàùtBt , iStttt txttdt-'BtjL mil IvortB f otse, iaU-i^^* en» uR0y four Vaovat ïftmwmtf |lttU mourut le 9xn^ l^mctusme.

Le battant, qui pesait 710 livres, s'étant cassé le i5 août lySs) jour de TÂssomption, le Chapitre fit marché, moyennant 5,ooo livres, avec Jacques Boniface-le-Friant , maître serrurier de Rouen, qui en fit un nouveau du poids de 1,878 livres (poids de Rouen (i)). Il avait 6 pieds 8 pouces de hauteur, et la poire 17 pouces de diamètre. La cloche fut retournée, et ]e même serrurier adapta à l'anneau une con* tre-belière pour la suspension du battant (2). Cette cloche pesait 36,364 livres, d'après la pesée qui en a été faite à Romilly. L'abbé Pluche (3) s'exprime ainsi sur ses proportions harmoniques : « La raison et l'expérience ont « appris aux anciens fondeurs que s'ils faisaient w leurs cloches tout d'une venue, d'une largeur « égale, et d'une épaisseur égale, ils en tirece raient à très-grands frais un son fort sourd. « Il ne suffit pas de dégrossir le haut du vase; « il a fallu , en tâtonnant et à force d'épreu- « ves, diminuer considérablement l'épaisseur, w Quand on a voulu prodiguer la matière et

(1) Ce qui produirait 1,806 livres (poids de Paris).

(2) Flambeau cutronomique pour Vannée 1736.

(3) Spectacle de la Nature, 1770, tome VII, p. 278.

« outrer cette épaisseur, il n'en est provenu (f qu'un bourdonnement , tel que celui de a Georges d'Amboise> dans laquelle on a em- « ployé trente-trois milliers de métal pour for- A< mer un son que Ton n'entendrait pas , si l'on (c ne vous avertissait que la cloche sonne. »

Il paraît résulter que le défaut d'harmonie de cette cloche avait été vraisemblablement provoqué par un accident survenu lorà de sa fonte; la chape du moule cédant à l'effort de la matière en fusion y la cloche aura pris beaucoup plus de fourniture dans ses flancs que ses proportions harmoniques ne l'exigeaient. Le diamètre de cette cloche, selon le pèreMersenne, qui l'avait mesurée (i), était de 8 pieds 4 pouces, et son épaisseur de 8 pouces 6 lignes ; elle avait été fêlée le 28 juin 1786 , à l'arrivée de Louis XVI à Rouen {2). Le battant, qui était d'une

(1) Traité de V Harmonie universelle, page i , Des instruments de percussion,

(3) Le Chapitre de cette église avait projeté de la faire rerondre par le sieur Poisson, fondeur établi à Rouen, et des dispositions étaient déjà prises, lorsque la révolution de 1789 éclata ; cette cloche fut mise en morceaux en 1793 , dans la charpente même, au moyen d*un bélier, et le métal transporté à la fonderie de Romilly pour être employé à la fonte des canons. J'ajouterai que des fragmens de cette cloche furent portés à rhôtel des Monnaies à Paris pour être convertis en mé-

grosseur disproportionnée ^ fut cause de cet accident (i). La charpente dans laquelle était suspendue cette cloche a été totalement détruite, de sorte que Tintérieur de la tour est vide du haut en bas.

La partie supérieure de la tour est couverte, dans l'intérieur, d'un toit en pierre de forme conique parfaitement solide et jointoyé en ciment et mastic. Le pourtour intérieur de la galerie qui couronne le haut de la tour est garni d'une balustrade en ferj celle qui borde le côté extérieur de la tour est en pierre découpée à jour en forme de couronne ducale.

dailles. Le petit nombre de celles qui furent Trappées les ont rendues eitrêmement rares. Les curieux pourront en voir une dans le cabinet des médailles de la Bibliotbèque du Roi. M. Millin, dans son ouvrage intitulé JETt^fotre métallique de la Révolution française, etc., Paris, 18Ô6 , in-4, a fait graver les deux faces de celle dont il est mention. A Rouen, on pense que ces pièces furent coulées par un fondeur de la ville , au nombre de dix à douze. L'une d'elles est déposée au Musée d'antiquités de la ville. On lit sur Tune des faces :

Monument de tanité,

DÉTRUIT POUR l'utilité.

L'an deux de l'égalité.

(1) La poire de ce battant se voit encore à la porte d'un serrurier de De ville, village situé près de Rouen.

DE LA GATHtoRALE DB ROUEN. A9

Dans la même tour, au-dessus de la chapelle de Saint-Êtienne^ il existe un atelier dans lequel on avait établi autrefois la fonderie des plombs nécessaires à l'entretien de la couverture de réglise , dont l'ancien Chapitre prenait île plus grand soin.

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