‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 110 sur 189 · IV · texte numérisé non relu

IV

' Hérodote a dit tout à l'heure 3,100. Il y a nécessairement faute dans l'un ou l'autre des deux nooibres , probablement dans le premier.

8 Herod. IV, 85, 86. Nous n'ayons pas à entrer dans les discussions auxquelles ces évaluations ont donné lieu , soit à l'égard des chiffres mêmes d'Hérodote, soit au sujet du stade qu'il emploie. Ou peut voir pour ces discussions Rennell, The Geographkal System of llerodotus^p. 15,09 et suiv. ; Brelger, De difficiîioribus quiàusdam Asiœ Herodoteœ, p. cix, ap. Herod. Schweigh. 1. 1. Il nous suffira de Taire observer que si l'on divise en cent onze parties, sur la carte du capitaine Gaultier, l'intervalle compris (en longeant la côte) eotre la bouche du Bosphore et le Phase, trente-trois de ces parties donnent assez exactement en ligne directe, comme l'indique notre auteur, la distance de l'embouchure du Thcrmèh (l'ancien Thermodôn) , jusqu'à la côte d'Anapa , la Sindikê d'Hérodote. La proportion entre les deux nombres donnés par notre auteur, 11,100 et 3,300 , ou 111 et 33 , est donc aussi exacte que le comportent des mesures dans lesquelles 11 entre nécessairement un peu de vague et d'incertitude.

* HeroJ. IV, 85 Toutes ces mesures, comptées en stades olympiques de 600

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Hérodote comme Scylax, et sûrement d'après les mômes sources, devait se former une idée fausse du resserrement de I'Asie-Mineure entre les deux mers qui la baignent sous le méridien de l'ile de Cypre : cet intervalle, dit l'historien , est estimé à cinq journées « pour un courrier à pied qui marche bienW. • Cette expression indique de fortes journées, sans doute; mais quelque rapidité que l'on suppose à ces courriers auxquels il est fait allusion , il est impossible d'admettre que leurs journées de marche pussent être de 36 de nos lieues communes, comme l'exigerait la traversée de la Péninsule en cinq jours , de Soloi à Sinopê (2). Cet espace est de cent cinquante lieues à vol d'oiseau, et ce n'est pas trop, assurément, d'y ajouter un cinquième pour les sinuosités des chemins dans un pays fréquemment coupé de montagnes. Il y a donc là une erreur évidente , dont il est d'autant plus malaisé aujourd'hui de reconnaître l'origine que l'altération du texte est difficilement supposable, la même évaluation se reproduisant non-seulement dans deux passages différents d'Hérodote, mais encore dans le Périple de Scylax, et dans d'autres documents ultérieurs. A quelque cause qu'il faille attribuer une telle erreur, elle a dû appartenir à la source commune où l'auteur du Périple et notre historien puisèrent leurs renseignements. Cette détermination erronée de la largeur de l'isthme de I'Asie-Mineure n'en a pas moins eu, comme nous le verrons par la suite, une longue et fâcheuse influence sur le tracé des cartes de la Péninsule.

Il est à remarquer qu'Hérodote ne dit pas un mot de la configuration physique des parties intérieures de I'Asie-Mineure, ni de cette chaîne de montagnes, pourtant si remarquable, qui en domine à peu de distance la côte méridionale, et qui fut désignée par la suite sous la dénomination générique de mont Taurus. Pour Hérodote , le plu3 grand trait physique de la Péninsule est le fleuve Halys, AXoç. Le Halys est en effet le cours

au degré, répondent d'une manière satisfaisante aux intervalles donnés par nos cartes modernes.

1 Lib. I,c. 72; II, 34.

* Ce sont les deux points extrêmes expressément déterminés par Scylax (cidessus, p. 286), et, pour Sinopé au moins, par Hérodote lui-même dans un des deux passages cités (II, 34).

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