HOUTE ROYALE DÉ SARDES A SUSE
» Hic de Cypre : ils payent au roi cinq cents talents de tribut » par an. »
Poursuivant sa démonstration pour les contrées et les peuples situés au delà de la Péninsule , entre la Cilicie et la capitale du roi de Perse , Aristagoras ajoute : « Après les Ciliciens sont les >» Arméniens, également riches en troupeaux. Les Matiènicns »> confinent aux Arméniens, et occupent cette étendue de terri- » toire que je vous indique. La contrée qui touche à la Cilicie » est la province de Kissiê (0, où se trouve , sur les bords du >» Khoaspès, la ville de Sousa(Suse) : elle est l'habitation du roi ; » c'est là qu'il vit dans toute sa splendeur, et que ses trésors sont » renfermés. Maîtres de cette ville, vous pourriez le disputer en »» richesses à Jupiter même ; et cependant, au lieu de tenter cette » conquête, vous combattez pour un morceau de terrain qui » vous est inutile, pour fixer les limites étroites de vos posses- » sions ; vous combattez , dis-je, avec des peuples vos égaux en » talents militaires, avec des Messéniens, des Arcadiens, des » Argiens, qui ne possèdent ni or ni argent, ni rien de ce qui » peut faire braver la mort au milieu des batailles. Comment pou- » vez-vous préférer ce genre de guerre, quand il vous est si »» facile de vous emparer de toute l'Asie? *
>» Dans la conférence qui suivit cette première entrevue, Cléomène demanda à Aristagoras combien il y avait de chemin des bords de la mer d'Ionie à la ville royale de Darius? Aristagoras ne chercha pas à déguiser la vérité , et répondit, comme cela est réellement, qu'il y avait trois mois de chemin. A peine avait-il achevé, que Cléomène, l'empêchant d'entrer dans les détails de la route qu'il s'empressait d'entamer, lui dit : Citoyen de Milet, avant le coucher du soleil vous sortirez de Sparte. Il est insensé de venir proposer à des Lacédémoniens de s'éloigner de
la mer à une distance de trois mois de route Aristagoras fut
ainsi obligé de quitter Sparte sans qu'il lui eût été permis d'entrer en explications sur la route à faire pour arriver jusqu'à la résidence du roi de Perse. »
Ici l'historien, quittant un moment le rôle de narrateur, prend la parole en son propre nom pour commenter les informations
» 11 y aurait là matière à des observations, qui trouveront leur place ailleurs.
géographiques exposées par le roi de Milet. « Voici, dit Hérodote , ce que l'on sait sur cette route. Elle est divisée en stations (slathmes) , à chacune desquelles on trouve des maisons appartenant au roi , et de très-belles auberges. La route passe continuellement par des lieux habités ; elle est parfaitement sûre. On compte pour traverser la Lydie et la Pbrygie vingt stations, qui comprennent quatre-vingt-quatre parasanges et demi. Le fleuve Halysserl de limite à la Phrygie, et avant de l'atteindre, on rencontre des pyles (ou défilés) qu'il faut nécessairement traverser pour le franchir : ces passages sont gardés avec le plus grand soin. Le fleuve franchi, on entre dans la Cappadoce; jusqu'à la frontière de la Cilicie, on compte vingt-huit stations et eeut quatre parasanges. Parvenu à cette frontière, on trouve deux autres défilés (pyles) et une double garde à franehir. Continuant de «'avancer, on traverse la Cilicie, qui comprend trois stations sur une route de quinze parasanges et demi. L'Euphrate sert de limite entre la Cilicie et l'Arménie 5 on ne peut le passer qu'en bateau... »
La route ainsi décrite présente dpn.c dans son développement, depuis Sardes, où Hérodote nous avertit qu'elle commence (c. 54), jusqu'à l'Euphrate, une étendue de 204 parasanges; or, d'après Hérodote lui-même (ch. 53) , chaque parasange se prenant pour trente stades , et ayant à ajouter cinq cent quarante stades (Je Sardes à Éphèse , on trouve une longueur totale de 6,66(0 slades pour la plus grande dimension de la Péninsule , depuis Ephèse sur la mer Kgéc jusqu'à l'Euphrate.
Si , comme nous l'indique la distance bien copnue d'Éph,èseà Sardes , le stade employé est celui d'.Olympic , que l'on évalue à six cents pour un degré de l'Équateur, le parcours de la route royale en Asie-Min,eure sera approximativement de 277 de nos lieues communes.
En l'absence de toute désignation précise des stations intermédiaires , il est impossible de déterminer avec certitude le tracé de cette route sur une carte moderne ; néanmoins , si nous ne nous trompons, il résulte évidemment de deux des circonstances rapportées, — le passage du Halys après avoir franchi des défilés, et l'intervalle de quiuzc parasanges seulement formant la largeur de la Cilicie depuis les pyJes qui la séparent de