‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 113 sur 189 · HOUTE ROYALE DÉ SARDES A SUSE · texte numérisé non relu

HOUTE ROYALE DÉ SARDES A SUSE

» Hic de Cypre : ils payent au roi cinq cents talents de tribut » par an. »

Poursuivant sa démonstration pour les contrées et les peuples situés au delà de la Péninsule , entre la Cilicie et la capitale du roi de Perse , Aristagoras ajoute : « Après les Ciliciens sont les >» Arméniens, également riches en troupeaux. Les Matiènicns »> confinent aux Arméniens, et occupent cette étendue de terri- » toire que je vous indique. La contrée qui touche à la Cilicie » est la province de Kissiê (0, où se trouve , sur les bords du >» Khoaspès, la ville de Sousa(Suse) : elle est l'habitation du roi ; » c'est là qu'il vit dans toute sa splendeur, et que ses trésors sont » renfermés. Maîtres de cette ville, vous pourriez le disputer en »» richesses à Jupiter même ; et cependant, au lieu de tenter cette » conquête, vous combattez pour un morceau de terrain qui » vous est inutile, pour fixer les limites étroites de vos posses- » sions ; vous combattez , dis-je, avec des peuples vos égaux en » talents militaires, avec des Messéniens, des Arcadiens, des » Argiens, qui ne possèdent ni or ni argent, ni rien de ce qui » peut faire braver la mort au milieu des batailles. Comment pou- » vez-vous préférer ce genre de guerre, quand il vous est si »» facile de vous emparer de toute l'Asie? *

>» Dans la conférence qui suivit cette première entrevue, Cléomène demanda à Aristagoras combien il y avait de chemin des bords de la mer d'Ionie à la ville royale de Darius? Aristagoras ne chercha pas à déguiser la vérité , et répondit, comme cela est réellement, qu'il y avait trois mois de chemin. A peine avait-il achevé, que Cléomène, l'empêchant d'entrer dans les détails de la route qu'il s'empressait d'entamer, lui dit : Citoyen de Milet, avant le coucher du soleil vous sortirez de Sparte. Il est insensé de venir proposer à des Lacédémoniens de s'éloigner de

la mer à une distance de trois mois de route Aristagoras fut

ainsi obligé de quitter Sparte sans qu'il lui eût été permis d'entrer en explications sur la route à faire pour arriver jusqu'à la résidence du roi de Perse. »

Ici l'historien, quittant un moment le rôle de narrateur, prend la parole en son propre nom pour commenter les informations

» 11 y aurait là matière à des observations, qui trouveront leur place ailleurs.

géographiques exposées par le roi de Milet. « Voici, dit Hérodote , ce que l'on sait sur cette route. Elle est divisée en stations (slathmes) , à chacune desquelles on trouve des maisons appartenant au roi , et de très-belles auberges. La route passe continuellement par des lieux habités ; elle est parfaitement sûre. On compte pour traverser la Lydie et la Pbrygie vingt stations, qui comprennent quatre-vingt-quatre parasanges et demi. Le fleuve Halysserl de limite à la Phrygie, et avant de l'atteindre, on rencontre des pyles (ou défilés) qu'il faut nécessairement traverser pour le franchir : ces passages sont gardés avec le plus grand soin. Le fleuve franchi, on entre dans la Cappadoce; jusqu'à la frontière de la Cilicie, on compte vingt-huit stations et eeut quatre parasanges. Parvenu à cette frontière, on trouve deux autres défilés (pyles) et une double garde à franehir. Continuant de «'avancer, on traverse la Cilicie, qui comprend trois stations sur une route de quinze parasanges et demi. L'Euphrate sert de limite entre la Cilicie et l'Arménie 5 on ne peut le passer qu'en bateau... »

La route ainsi décrite présente dpn.c dans son développement, depuis Sardes, où Hérodote nous avertit qu'elle commence (c. 54), jusqu'à l'Euphrate, une étendue de 204 parasanges; or, d'après Hérodote lui-même (ch. 53) , chaque parasange se prenant pour trente stades , et ayant à ajouter cinq cent quarante stades (Je Sardes à Éphèse , on trouve une longueur totale de 6,66(0 slades pour la plus grande dimension de la Péninsule , depuis Ephèse sur la mer Kgéc jusqu'à l'Euphrate.

Si , comme nous l'indique la distance bien copnue d'Éph,èseà Sardes , le stade employé est celui d'.Olympic , que l'on évalue à six cents pour un degré de l'Équateur, le parcours de la route royale en Asie-Min,eure sera approximativement de 277 de nos lieues communes.

En l'absence de toute désignation précise des stations intermédiaires , il est impossible de déterminer avec certitude le tracé de cette route sur une carte moderne ; néanmoins , si nous ne nous trompons, il résulte évidemment de deux des circonstances rapportées, — le passage du Halys après avoir franchi des défilés, et l'intervalle de quiuzc parasanges seulement formant la largeur de la Cilicie depuis les pyJes qui la séparent de

Page 1