‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 114 sur 189 · ASIE-MINEURE D'HERODOTE. RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

ASIE-MINEURE D'HERODOTE. RÉSUMÉ

la Cappadoce jusqu'aux bords dcl'Euphrate , — il résulte , disonsnous , de ces deux circonstances, que la route devait traverser le coeur de la Phrygic pour atteindre le Halys à la hauteur d'Angoura, qu'elle s'infléchissait ensuite vers le Sud-Est pour gagner Mazaka, la capitale de la Cappadoce , et qu'enfin elle franchissait les défilés de la chaîne taurique à l'orient de la Néràseh moderne pour arriver à l'Euphrate vers les points de Sanjosate ou de Zeugma, que nous savons avoir été dans tous les temps deux des principaux passages du fleuve. Or, ce parcours, mesuré sur la carte, nous donne à l'ouverture du compas environ 250 de nos lieues communes , ce qui nous parait, en tenant compte des incertitudes de détail aussi bien que des sinuosités du terrain, répondre aussi exactement qu'on peut le souhaiter aux indications fournies par Hérodote , ou plutôt par Je document officie! d'origine persane que l'historien n'a fait ici que transcrire.

Nous pouvons maintenant nous former une idée nette et précise de l'étendue des connaissances d'Hérodote et de son siècle sur l'ensemble de l'Asie-Mineurc.

Les Ioniens, nous l'avons vu, en connaissaient le pourtour entier de la manière la plus circonstanciée, et avec une exactitude de détails qui n'a été surpassée que de nos jours.

Jls avaient aussi des notions exactes et détaillées sur les parties de la Péninsule qui touchaient à leurs propres établissements, notamment sur la Carie , la Lydie , la Mysie et la Troade , en un mot sur toute la zone occidentale arrosée par les eaux tributaires de l'Égée et de la Propontide.

Mais ces notions, à mesure qu'elles s'éloignaient de cette zone pour s'enfoncer dans l'Est, devenaient de plus en plus vagues et incomplètes. Sauf le nom des tribus qui bordaient la côte ou qui en étaient voisines, la région septentrionale que baigne le Pont- Euxin, surtout au delà du Halys en tendant vers la Colchide, était absolument inconnue même des nombreuses colonies helléniques qui couvraient cette triste côte ; et ceci n'a pas lieu de nous étonner, nous qui n'étions guère moins ignorants de ce pays sauvage, il y a peu d'années encore, que ne l'étaient les Grecs asiatiques cinq cents ans avant Jésus-Christ. Il est évident enfin qu'Hérodote et ses contemporains ne connaissaient guère que de nom et les parties intérieures de la Phrygie , et surtout la

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vaste étendue de la Cappadocc, depuis le Haly s jusqu'à l'Euphrate , et même les cantons de la côte cilicienne rapprochés de la chaîne du Taurus, qui la domine et l'isole du plateau cappadocien.

Pourtant , dès cette époque , cette partie orientale de TAsie- Mineure était depuis longtemps couverte de villes nombreuses, qui participaient à la civilisation avancée de Ninive et de Babylonc; et les maîtres de l'Asie, dont la Péninsule à peu près entière reconnaissait la domination , y avaient fait percer dévastes et superbes voies de communication qui venaient aboutir au cœur même de l'empire. Mais les Phrygiens, quoique soumis un moment au sceptre d'un roi de Lydie ; mais les Syro-Cappadociens surtout, et les peuples de la Cilicie, séparés par l'origine, la langue, les mœurs et la religion des habitants helléniques de la région occidentale, n'avaient eu jusqu'alors que peu de rapports avec ceux-ci. Une immense barrière se dressait encore entre le monde oriental et le monde européen.

Toutefois, nous avançons rapidement vers le temps où les événements qui se pressent vont abaisser cette barrière sous le pied puissant du Génie de l'Occident, et préparer celle riche moisson de connaissances positives que nous offriront, quelques siècles plus tard, les ouvrages d'un Strabon, d'un Pline et d'un Ptolémée.

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