JUSQU'AU TEMPS DE STRABON
Aperçu général de la période que ce chapitre embrasse. — Anabasls de Xénophon. Itinéraire des Dix-Mille en Asie-Mineure. — Éphore et sa Description de l' Asie-Mineure. — Théopompe. — Sur la détermination de la latitude de Byzancc attribuée à Pythéas.
Alexandre le Grand et ses marches en Asie Mineure. Cette époque marque une ère importante dans l'histoire géographique de la Péninsule.
Période grecque. — A partir du siècle d'Alexandre, l'Asie-MIncure en deçà du Halys se fait toute grecque ; les pays à l'est du Halys conservent leur type oriental. Considérations à ce sujet. Persistance des divisions naturelles des races. — Établissement des Galatcs en Asie-Mineure. — Sur l'origine et la langue des Galates. — L'établissement galate est la dernière immigration des tribus du nord en Asie-Mineure. — Apollonius de Rhodes et la géographie de ses Argonautiques.
Période romaine. — Les Romains en Asie-Mineure. État de la Péninsule a leur arrivée. — Les guerres qu'ils y soutiennent ajoutent beaucoup aux connaissances positives sur la topographie du pays. — Campagne contre Antiochus. Nouvelle distribution des provinces de l'Asie-Mineure à l'ouest du Halys. — Campagne contre les Gallo-Grecs. Marches de Cn. Manlius. — Le royaume de Pergame , légué par son dernier prince au peuple romain , devient une province de la république romaine. — Guerres contre Mithridate ; longues campagnes des généraux romains dans le nord et l'est de l' Asie-Mi- / neure. — Réduction successive de toutes les parties de l'Asie-Mineure en provinces romaines. Mysie et Phrygic. Bithynle. Pont. Cypre. Galatie. Cappadoce. Lycle. — Voyage de Cicéron en Asie-Mineure. Les Tiburani du mont Amanus. — L'Asie-Mineure dans les poètes du siècle d'Auguste. — Salluste et sa description des pays qui bordent le Pont-Euxin. — Sur la reconnaissance géographique des parties orientales de l'Empire Romain attribuée à Zénodoxe. — Description du Monde Romain par Agrippa. — Asie- Mineure de Scymnus de Khios et de Denys le Periégète.
( De l'an 450 avant notre ère, à l'an 20 après J.-C. )
11 y a bien loin encore des notions qu'Hérodote et son siècle possédèrent sur l'Asie-Mineure, à celles que cinq siècles plus tard Strabon va nous exposer, dans son admirable ouvrage ,
314 , ASIE-MINEURE. [ 5e SIÈCLE AV. J-C.
sur toutes les parties de la Péninsule : nous nous proposons de suivre pas à pas, l'histoire à la main, les travaux, les études et les événements de toute nature, qui, dans ce long intervalle de cinq cents ans, ont préparé de siècle en siècle et lentement amassé les riches matériaux que les géographes de la période romaine devaient mettre en œuvre.
Les Grecs asiatiques , un moment affranchis à la suite des victoires de leurs frères d'Europe sur les armées du Grand-Roi, étaient bientôt retombés sous le joug de la Perse au milieu des funestes querelles d'ambition et de jalousie qui éclatèrent entre Athènes et Lacédémone. La vieille rivalité des races dorienne et ionienne s'était réveillée dans l'enivrement d'un triomphe commun, pour ne s'éteindre que dans le commun asservissement que leur préparait la fortune de Rome. A la fin du cinquième siècle avant notre ère , toutes les colonies helléniques de la côte égéenne reconnaissaient de nouveau, comme avant la guerre médique, l'autorité des monarques persans, de même que le reste de l' Asie-Mineure. Lorsque parius NoLhus mourut, en 404, toute l'Asie en deçà du Halys était sous le gouvernement du second de ses fils, Cyrus, au nom duquel l'histoire a ajouté l'épithète de jeune, pour le distinguer du grand Cyrus, le fondateur de l'empire des Perses. Cyrus, mécontent du partage qui avait appelé au trône son frère Artaxercès , résolut , après avoir employé vainement contre son frère de secrètes embûches , de lui disputer l'empire les armes à la main. On sait quel fut le résultat de cette tentative désespérée : les champs de Gunaxa, sur les rives de l'Euphrate , virent à la fois la défaite et la mort du prince rebelle (400).
Cet événement nous a valu un des plus précieux monuments d'histoire et de géographie que nous ait laissés l'antiquité hellénique. Cyrus avait dans son armée un corps de treize mille Grecs soudoyés; après la déroute de Cunaxa, ce corps auxiliaire, échappé presque tout entier à la destruction du reste de l'armée vaincue, se vit dans la nécessité ou de poser les armes, ou de se frayer une retraite devant l'armée victorieuse , à travers des populations hostiles et des pays à peine connus. Quelques périls que présentât ce dernier parti, ce fut celui que les Grecs adoptèrent. Nous n'avons pas à raconter les incidente de cette