‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 125 sur 189 · II · texte numérisé non relu

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354 ASIE MINEURE. [2e SIECLE AV. J.-C.

petits chefs indigènes, retranchés , au fond de leurs montagnes, dans des places fortes qui rappellent les châteaux de nos barons du Moyen-Age. Beaocoup de villes maritimes de l'Ouest el du Nord se gouvernaient en outre par leurs propres lois , et formaient autant de petites républiques où se conservait encore l'esprit de l'ancienne Hellénie. La plupart des îles n'étaient également soumises que de nom aux souverains d'Égypte ou de Syrie ; et celle de Cypre, la plus importante, avait presque, autant de rois que de cités.

L'intervention de Rome en faveur du jeune Ptolémée Épiphane, que les Égyptiens avaient placé sous sa tutelle et dont Antiochus convoitait les États , fut la première occasion de la guerre que le sénat romain déclara bientôt après au roi de Syrie. Antiochus espéra vainement opposer une digue à cette ambition rivale qui venait lui disputer le sceptre de l'Asie : s'il avait encore en lui l'âme d'un Macédonien , il ne commandait qu'à des Asiatiques, hors d'état de lutter contre les légions aguerries du peuple romain. La sanglante défaite de Magnésie, au pied du mont Sipyle, le réduisit à solliciter humblement une paix qu'il lui fallut chèrement acheter (190). Outre une forte contribution en argent, il dut renoncer à toute prétention sur les parties de l' Asie-Mineure situées au delà du mont Taurus par rapport à la Syrie. «Antiochus, disait le traité, retirera ses troupes de toutes les villes, bourgades et châteaux qui sont en deçà du mont Taurus (par rapport aux Romains) jusqu'au fleuve Halys , et de la plaine jusqu'aux parties du Taurus qui regardent la Lykaonic (0. Fidèle à leur politique judicieuse de récompenser et de fortifier leurs alliés en même temps qu'ils affaiblissaient l'ennemi vaincu, les Romains partagèrent entre le royaume de Pergame et les Rhodiens la presque totalité de ce qu' Antiochus abandonnait dans l'Asie-Mineure. Eumène II eut la Lykaonie, les deux Phrygies, la Mysie (que Prusias, roi de Bithynie, lui avait enlevée), la Lydie, le canton de Milyas, et

1 TlL-Liv., Hb. XXXVII, c. 12 à 65, pour l'histoire de la campagne sur mer et par terre ; et pour les conditions du traité, lib. XXXVIII, c. 38; add. c. 59. Sur ce dernier point, l'historien laUn suit Polybe, dont le texte, en cet endroit, n'est arrivé jusqu'à nous que mutilé (lib. XXII, c. 26, édit. Didot, 1859).

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