MARCHES DE CN. MA MIL S
était décrié par ses perfidies et ses cruautés -, le consul lui imposa une contribution en argent et en blé. Outre Cibyra , il possédait Syllios et Téménee (0.
De Cibyra, l'armée entra sur le territoire des Sindcsiem, y passa le Caularès, et campa sur l'autre rive. Le lendemain, elle côtoya le marais de Caralis, séjourna à Mandropolis, et s'approcha de Lagon, ville la plus voisine, dont les habitants avaient pris la fuite. Les Romains la trouvant déserte , y pillèrent les provisions de toute espèce dont elle était remplie, et de là se portèrent des sources du Lysis au Cobulatus, sur les bords duquel ils arrivèrent le lendemain. Les habitants de Termesse assiégeaient alors la citadelle d'Isionda, dont ils venaient de prendre la ville. Les assiégés, auxquels ils ne restait plus d'autre ressource , députèrent au consul pour implorer sa protection. Celui-ci , qui ne cherchait qu'un prétexte pour entrer dans la Pamphylie , saisit avidement l'occasion qui s'en présentait, et son arrivée fit lever le siège d'Isionda. Il accorda la paix à Termessos moyennant cinquante talents, et traita de même les Aspendiens et les autres peuples de la Pamphylie. A son retour, il campa le premier jour sur les bords du fleuve Taurus, et le lendemain au bourg de Xyliné; de là continuant sa route, il parvint à la ville de Cormasa (*). Celle de Darsa en était voisine : les habitants effrayés l'avaient abandonnée , et l'armée y trouva des provisions abondantes. Comme elle longeait les marais , une députation de Lysinoê vint lui présenter les clefs de
1 Teyivei raiXi? (Polyb. , lib. XXII, fragm. 17, édit. Did.). Il faut corriger, d'après cette indication, le texte de Tile-Live, qui porte fautivement Alimne (XXXVIII, lft). Temeniuni est un nom commun dans la géographie des pays Pélasgi Helléniques. Toute la région Nord de la Lycle est couverte de ruines d'anciennes cités , qui attendent les explorations d'un voyageur antiquaire.
2 Kûpt«Kjot de Polybe , XXII , fragm. 19. — Les nombreuses localités mentionnées dans ce passage étaient situées entre la mer de Pamphylie (le golfe de Satalièh actuel) et les crêtes du Taurus. Tout ce pays est resté jusqu'à présent à peu près complètement en dehors des explorations modernes. Il y a là pour les voyageurs futurs d'immenses lacunes à combler, aussi bien dans la nomenclature de la géographie comparée que pour l'amélioration de nos cartes actuelles, presque entièrement vides sur toute cette partie de la lisière méridionale qui portait autrefois les noms de Pamphylie et de PUidie.
ASIE-MINEURE. [2e SIECLE AV. J.-C.
cette ville ; ensuite on arriva sur le territoire de Sagalassos CD. Cette contrée, riche et fertile, est habitée par les Pisides, peuple le plus belliqueux du pays. Tout contribue à nourrir cette fierté naturelle , la fertilité des campagnes , la multitude des habitants, et l'assiette de la ville, une des mieux fortifiées... On poussa de là jusqu'aux sources à'Obrima, et l'on campa près d'une bourgade nommée Aporidos Corné W. Seleucus s'y rendit le lendemain d'Apamée. Le même jour, le consul s'avança jusqu'à la plaine de Metropolis (3), le lendemain jusqu'à Diniœ en Phrygie, et ensuite jusqu'à Synnada (*). La crainte avait fait déserter toutes les villes d'alentour; les soldats, chargés du butin qu'ils y trouvèrent , firent à peine cinq milles en un jour , et arrivèrent à un lieu nommé Beudos le Vieux Ensuite on alla camper à Anabura , le second jour aux sources d'Alandrus , et le troisième à Abbassus. On se trouvait alors sur le territoire des Tolistoboïes
1 Sagalassos nous ramène sur un terrain mieux connu. Les ruines de cette ville ont été retrouvées près d'un lieu qui conserve la trace de l'ancien nom dans son nom actuel d'Allasoun ou Aglasoun. C'est un village peu éloigné au S. de la ville d'Isbartah, dans l'intervalle des lacs'd'Égerdir et de Bouldour. Les ruines très-considérables de Sagalassos ont été amplement décrites par M. Arundell dans son premier voyage ( A Visit to the Seven Churches of sisia , 1828, p. 132 et suiv. Cf. le second voyage de l'auteur, Discoveries in Asia-Minor, t. II, 1834, p. 288. Add. Will. Hamilton, lies, in Asia-Min.y t. I, pag. 465, 487, 504).
* L'Obrima était un des affluents supérieurs du Méandre. M. William Hamilton suppose que ce peut être le Sandukli-tchal actuel, et il croit retrouver la situation du bourg d' Aporidos dans un lieu nommé Saoran, à la source, même de la branche la plus éloignée du Mcndéré {Res. in Asia-Minor, t. I , p. 466 ; II , 172). Cette identification est fort incertaine.
* Grande plaine qui porte aujourd'hui le nom de Sitchanli-ova , à PO. d*Afioum-Kara-Hlsar (Will. Hamilton , Res. , 1 , 466).
4 Position incertaine , aux environs d'Afioum-Kara-Hisar. Voy. Leake , Journal , p. 54 , éd. in-8 { Will. Hamilton , Res. I , 178. Deux voyageurs français, MM. Callicr et Ch. Texier, ont annoncé avoir constaté , longtemps avant le passage de M. W. Hamilton, la position de Synnada*, mais leurs relations n'étant pas encore publiées, nous ne pouvons constater leur découverte , ni comparer leurs observations avec celles du voyageur anglais.
5 Malgré l'analogie des noms, M. Hamilton ne croit pas qu'un village du nom de Balad , que l'on trouve dans ces environs, représente le Vêtus Bendos. Il identifie cette localité avec un lieu voisin nommé Eskl-Hisar, ou le Vieux Château (Researches, 1. 1 , p. 457 et 467. Cf. Leake, Journal, p. 56).