‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 135 sur 189 · ASIE-MINEURE DE STRABON. CAPPADOCE · texte numérisé non relu

ASIE-MINEURE DE STRABON. CAPPADOCE

dessus du Tau ru s n'a été jusqu'à présent qu'imparfaitement exploré , et l'emplacement précis de Komana appelle encore les investigations des futurs voyageurs. La Cappadoce possédait d'autres temples, centre de corporations sacerdotales riches et puissantes } mais aucun n'égalait en richesses et en puissance le collège des prêtres de Komana. Le culte dont ces temples étaient les sanctuaires se rattachait aux cultes médo -persans, et en avait emprunté ses rites aussi bien que sa hiérarchie (*).

Des montagnes d'un accès difficile couvrent au nord les plaines cappadociennes ; entre ces montagnes et le Pont-Euxin , s'étend un pays âpre , inégal, coupé de vallées profondes et arrosé de nombreuses rivières : ce pays, distingué des provinces de l'intérieur par le surnom de Cappadoce Pontique ou Maritime, Cappadocia Pontica, vint peu à peu à n'être désigné que par la seule indication abrégée de Pontus , le PontW. La description qu'en donne Strabon , assez vague pour les parties intérieures et orientales qu'occupaient des tribus indépendantes et de mœurs barbares , est beaucoup plus exacte et plus circonstanciée pour les parties occidentales voisines du Bas-Halys. Né dans ce pays même , à Amasée , notre géographe avait eu toute facilité pour le bien connaître.

Depuis l'embouchure du Phase jusqu'à Sinope , on comptait trois jours, quelquefois deux seulement , d'une navigation douce et facile en rangeant la côte (3) ; mais ce qui appartient au Pont proprement dit dans cette étendue de côtes, depuis Trapezûs jusqu'aux bouches du Halvs , n'en forme guère que la moitié. C'est en effet un peu à l'orient de Trébizonde que Strabon place la frontière de la Colchide (4) ; de même que les montagnes qui se prolongent au sud de Trébizonde jusqu'à la branche septentrionale de l'Euphrate formaient , sous le nom de monts Skoudisès , la limite commune du Pont et de l'Arménie W.

manuscrits , Û èxétvot Mi dvou.âÇou7i , au Heu de Ô èxeïvoi Ko'piva dvoiAàÇoys-i ; t. IV , 2e partie , p. 5 de la trad. fr. » id. lib. XV . p. 733 A-B.

» D'Anville , Géog. anc. abrégée , t. II , p. 31 ; Mannert , Géographie der Griechen u. Ramer y VI , 2« part. . p. 339 , édit. 1801. * Lib. XI, p. Û98B.

4 Lib. XII, p. 548 D.

1 Lib. XI, p. 527 A.

388 ASIE-MINEURE. [1er SIECLE iP. J.-C.

Partant de Trébizonde pour gagner Sinope, le navigateur laissait d'abord à sa droite les petites villes de Hermonmsa (Platana) et de Kerasûs Oî. Une autre ville de Kerasûs, qui avait reçu plus récemment le nouveau nom de Pharnakia, se présentait plus loin sur la côte après que Ton avait frauchi le promontoire Zepkyrion (cap Zéfrèh); celle-ci existe encore sous son nom primitif, à peine altéré en celui de KérasounW. Kotyoron, mentionné par l'historien de la retraite des Dix- Mille , avait vu ses habitants transférés à Pharnakia , et avait ainsi perdu son ancienne importance à l'époque où Strabon écrivait Une large saillie de la côte qui se.projetlc peu après, se termine par deux promontoires, dont l'un a gardé son nom de lasonion sous la forme actuelle de Iasoûn ; le cap Boûna, qui en est voisin à l'E. , doit représenter le promontoire Ghénétés.

« Au-dessus de Trapezûs et de Pharnakia, l'intérieur du pays est occupé par les Tibarènes, les Khaldéens, les Sanni,

nommés anciennement Makrônes , et la Petite Arménie ; ce

pays est traversé par le Skoudisès , montagne très-rude dont les sommets sont occupés par les Heptakômétès ( ou peuple aux sept bourgades), et qui va se joindre aux montagnes des Moskhès situées au-dessus de la Kolchide, ainsi que par le Paryadm, autre montagne qui s'étend depuis les environs de la Thémiscyre jusqu'à la Petite-Arménie, et qui forme (en se relevant au nord) le côté oriental du Pont-Euxin. Tous les habitants de ces montagnes sont absolument sauvages ; mais les Heptakômétès le sont plus qu'aucun d'eux. Il y en a qui n'ont pour habilatiou que des arbres ou des tourelles construites en bois ; et comme on donne à ces tourelles le nom de mosunes ( (jidcxovot) , de là vient que les anciens appelaient ces peuples Mosunèkes^. Ils vivent de fruits et de la chair des animaux sauvages. Sautant à bas de leurs tourelles , ils attaquent les passants. Les Heptakômétès massacrèrent trois cohortes de Pompée qui traversaient cesmon-

1 Aujourd'hui ruinée. Voy, ci-dessus, p. 325 , note 3, l'IUnéraire des Dii- Mille dans Xénophon.

* Will. Hamilton , Researches in Asia Minorât. I, p. 262. » Ci-dessus , p. 329.

♦Strab. lib. XIII, p. 548. C.

i Sur ce point, voy. notre remarque, ci-dessus, p. 327,

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