‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 138 sur 189 · ASIE-MINEURE DE STRABON. LE HALYS · texte numérisé non relu

ASIE-MINEURE DE STRABON. LE HALYS

Paphlagons, séparant ceux-ci des LeukosyriW. » Au surplus, Hérodote lui-même, cinq cents ans avant iStrabon, avait connu très-exactement aussi le cours de ce grand fleuve (*). C'est Pline, le premier, trente ans après Strabon, qui a donné lieu, par une phrase où il y a autant d'erreurs que de mots (3), à l'introduction sur nos cartes d'une branche méridionale qui n'exista jamais (*), tant la vérité est fragile et l'erreur contagieuse!

Pour Strabon, comme pour Hérodote, le Halys est la grande ligne de démarcation delà Péninsule : c'est au Halys que se terminent, avec la Cappadoce , les contrées qui par leur langue et leurs origines se rattachent aux nations plus orientales de la région de l'Euphrale; c'est là que commence Y Asie propre dans son acception restreinte et spéciale , ou , comme on dira plus tard, Y Asie-Mineure. Arrivé à cette grande frontière, le géographe embrasse du regard l'ensemble des provinces qui lui restent à décrire dans la Péninsule : « Les pays en deçà du Halys sont, du côté du Pont-Euxin et de la Propontide, la Paphlagonie , la Bithynie et la Mysie , avec la Phrygie hellespontique , qui comprend la Troade ; du côté de la mer Égée et des autres mers qui s'y joignent, T^Eolide, l'Ionie, la Carie et la Lycie ; dans l'intérieur des terres , la Phrygie , à laquelle appartient le pays des Gallo-Grecs , appelé Galatie , cette autre Phrygie que

1 Lib. XII , p. 566 ; t. IV, 2e part. , p. 35 de la trad. fr. L'existence des grands dépôts salifères dans le sol que traverse le Halys inférieur a été constatée par les voyageurs modernes. W. Hamilton, Res. in Asia Minorât. I, p. 378 ; Fr. Ainsworth , dans le Journal of Geo g. Soc. of Lond. , t. IX , p. 264-67.

* Ci-dessus, p. 293. Il convient cependant de remarquer qu'une expression Inexacte , dans sa trop grande généralité , de l'un des deux passages où Hérodote mentionne le Halys (lib. I, c. 6), a pu contribuer a accrédiler plus tard la fausse notion de la direction Sud-Nord de son cours.

» Amnis Halys, à radicibus Tauri per Cataoniam Cappadociamque decurren» , lib. VI, c. 2.

* t'oyez d'Anville , Géographie Ancienne abrégée , t. II , p. 7 , et les cartes de l'illustre géographe. Comp. Mannert, Géographie der Griech. und Hatmery t. VI, 2e pari., p. 455. L'affluent du Halys que d'Anville regarda comme une branche méridionale du fleuve , pensant ainsi concilier Pline avec Strabon et Hérodote , n'est qu'un cours d'eau de très-peu d'importance nommé Tatlar-sou ou rivière de Tatlar, coulant du Sud au Nord, entre le mont Ardjèh et le grand lac salé, ou Touz-Gheul.

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l'on nomme Épictctc (c'est-à-dire ajoutée, annexée)-^ la Lykaonie et la Lydie (0. >» Pour compléter cette énumération, il faut ajouter les provinces du Taurus , comprises entre cette chaîne et la mer, c'est-à-dire, la Pamphylie avec la Pisidie, l'Isaurie et les deux Cilicies, provinces qui ne sont pas comprises dans Y Âne propre, comme étant au sud ou au delààw Taurus. C'est dans cet ordre même que Strabon va décrire ces diverses provinces , et que nous allons les parcourir avec lui.

La Paphi agonie , qui touche au Pont cappadocien dont le Halys inférieur la sépare, s'étend à l'ouest depuis ce fleuve jusqu'au Parthenios qui lui sert de limite du côté des Bithyniens. Son front, où se projette le promontoire Karambis (aujourd'hui cap Kérempèh ) , s'étend au nord sur le Pont-Euxin , et elle a au sud les Calâtes établis dans la Crande-Phrygie. Une chaîne de montagnes qui longela côte à peu de dislance depuis Sinope jusqu'au Parthenios, et qui abonde en bois excellent pour la construction des navires , partage la Paphlagonie en deux régions naturelles bien tranchées, la région maritime et l'intérieur. Au sud de celte première chaîne, une autre rangée , YOlgassys,a des sommets élevés et d'un accès difficile (2>.

La première ville de la côte, à partir du Halys, est Sinope (Sivwnrj, Sinopè); c'est la plus considérable du pays. Elle fut autrefois fondée par les Milésiens, et elle ne tarda pas à devenir , au moyen de la marine qu'elle avait formée , maîtresse d'une grande partie de la côte de l'Euxin , depuis le Bosphore jusqu'au Phase. La nature, non moins que la main des hommes, avait contribué à l'embellir. Elle est située sur l'isthme d'une presqu'île , et possède deux ports placés aux deux côtés de cet isthme cs). Diogène le Cynique était né à Sinope. L'olivier couvre les parties du territoire de la ville les plus rapprochées de la mer. Le port d'Armênè, un peu plus loin à l'ouest, appartient aussi aux Sinopéens.

1 Strab. , lib. II , p. 129 D ; comp. XII , 534 C

* Strab. XII , p. 5M B ; 546 D ; 562 A. Le nom d'Olgassys se conserve encore dans, celui de mont Alkas, ou Alkas-Dâgh.

3 Elle n'a changé aujourd'hui ni de situation ni de nom. Les Turks pro* , noncent Sinoub. Armènê a pris le nom d'Ak-Liman , le Port-Blanc. Kinoli* est aujourd'hui Kinolou , et Amastrit Amassérah.

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