CHAPITRE XII
EXTENSION CBADUELLE DES CONQUÊTES IDUQDES Eïf ASIE-MIHECfil f
JUSQU'A l'extième EXPULSION DES BÏZA.Nms.
Situation respective des Turks et des Grecs en Asie-Mineure au commencement du douzième siècle. — Conquête de Constantinople par les Latins (1206). — Suites de cet événement.— Etablissement du royaume grec de Trébizonde. - L'Asie-Mineure occidentale , depuis Iléraclée de BU h > nie jusqu'au Méandre, continue de reconnaître l'autorité des empereurs grecs.
— Nieée devient leur capitale. — Extension des Turks e i Paphlagonie. — Puissance des Vénitiens sur le Pont-Euxin au treizième . ièele. — Description d'une carte vénitienne de cette époque, où est tracé;- la côte septe ntrionale de r Asie-Mineure; cette carte comparée à celles de Pctro Ve^onlc et de Fredace d'Ancônc. — L'Asie-Mineure dans la Mappemonde de Ilaldingham.
— Causes du progrès Inégal à cette époque de la géographie nautique de l'Asie-Mineure et de sa géographie intérieure. - Voyage de Wilhbrand d'Oldenbourg en Cilicie (1211). Nouveaux Turkomans en Asie Mineure.— Ertoghrul. - Irrm.lion des Mongols (1242).— Les sulthans d Icouium vassaux du grand khftn. — Passage de ftuhruquis par l'Asie Mineure à son retour de son voyage en Tartarie (125û). — Extinction de la famille des Seldjoukides d'Jconium. — L'Asic-Mincure morcelée en principautés turques indépendantes.— Introduction de nouvelles appellations géographiques. — Principauté d'Otbman. — Notice historique sur son origine et ses accroissements.
— Les empereurs grecs complètement expulsés de l'Asie-Mineure.
(Du xi!» au xive siècle).
Rappelons-nous quel était, au commencement du douzième Siècle , c est-à-dire à l'époque de la première Croisade et vers le temps d'Edrisi , la situation respective des Turks et des Grecs en Asie-Mineure. On peut dire en général que les premiers étaient maîtres de tout l'intérieur de la Péninsule, les derniers du pourtour maritime. Les Turks, en effet, possédaient alors, outre la moitié orientale de la Phrygie et la Lykapnie loul entière la Cappadoce, la Galatie, une portion de la Paphlagonie et de la Bithynie; mais les Grecs , supérieurs par leur marine,
avaient conserve jusque-là toutes les places de la côte du Pont, les provinces qui bordent la Propontide et FÉgéc jusque assez avant dans la Phrygie, et enfin celles qui sont sur la mer de Cypre au midi du Taurus, c'est-à-dire la Lycie, la Pamphylie et la Cilicie Trachée. Nous savons que le reste delà Cilicie, soumis au sceptre arménien des princes de Rhoupèn, ne reconnaissait que de nom la suprématie des empereurs grecs. Sis continuait d'être la ville royale de cette Arménie cilicienne. Un château du haut pays, nommé Lampron, devint, à la fin du douzième siècle, une place importante; et les annalistes arméniens le citent, à partir de cette époque, comme la seconde ville du royaume '«).
Nous n'avons pas à raconter l'histoire intérieure du sulthânat turk d'Iconium, fertile, comme toutes les histoires des dynasties de l'Orient, en crimes de famille et en sanglantes catastrophes (*); le seul point qui dans celte histoire appelle notre attention, le seul par lequel elle louche à notre sujet, est sa liaison avec l'histoire même du territoire, soit par des morcellements ou par l'établissement de principautés permanentes auxquelles se ral lâchent des dénominations territoriales dont l'usage a contribué de plus en plus à effacer de la langue géographique les anciennes dénominations; soit par de nouveaux empiétements sur les parties encore grecques de la Péninsule. Sous ce double rappel, les annales du sulthânat d'Iconium au douzième siècle ne nous présentent aucun fait notable. Il y eut bien des partages de provinces enlre les enfants de deux sullhans, l'un en 1155, l'autre en 1187; mais ces partages ne furent que temporaires, et bientôt l'empire des Seldjoukides de Uoura se reconstitua sous le sceptre du chef de la race. Quant aux frontières respectives du territoire turk et de l'Asie grecque, elles n'éprouvèrent pas de changements notables dans le cours de ce siècle, malgré les hostilités fréquentes qui continuaient de désoler les provinces limitrophes. Une guerre imprudemment soulevée en 1198 par Alexis l'Ange, eut cependant des résultats
1 Brossct, dans Y Histoire du Bas-Empire de Lebcau, nouvelle édiL, t. XVII, 1834, p. 6&, noie,
» On peut la voir, avec tous ses détails, dans Degulgoes, t. Il, i" part., et surtout dans Hammer, t. I.