‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 4 sur 189 · XX · texte numérisé non relu

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unité qui est en même temps pour 1* esprit une direction et un point de repos : cette unité , c'est le résultat même de ces explorations multipliées dont il faut raconter les incidents; c'est la connaissance du Globe terrestre. C'est là le lien commun qui réunit et fait converger vers un même centre les innombrables rayons de ce cercle immense. Suivre à la fois dans le temps et dans l'espace la marche quelquefois lente et comme assoupie , quelquefois brusque et rapide , des événements de toute nature , des voyages , des recherches , des explorations et des découvertes qui ont élevé graduellement les connaissances géographiques des nations savantes au point où elles sont arrivées aujourd'hui ; montrer d'une manière impartiale quelle a été la part de chaque peuple dans ce résultat final ; faire ressortir la mutuelle influence des grandes découvertes géographiques sur le progrès de la civilisation générale et du progrès de la civilisation sur l'avancement des découvertes, et rechercher quelle action exerce cette double cause sur le bien-être individuel des peuples et sur la destinée générale de l'humanité ; étudier de ce point de vue et l'histoire géographique de la Terre dans son ensemble le plus général , et successivement celle de chaque grande région en particulier; exposer enfin, comme dernier résultat, le tableau bien complet des notions de toute nature que l'Europe possède aujourd'hui sur les pays et les peuples des autres parties du Monde qu'elle a découvertes ou explorées, c'est-à-dire sur l'Asie, l'Afrique, le Nouveau-Continent et l'Océanie : tel est le plan qui nous paraît convenir à un travail de cette nature ; tel est celui que nous nous sommes tracé.

En présence d'une composition si belle et si féconde , on aura lieu de s'étonner sans doute que parmi les hom-

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mes éminents qui se sont consacrés chez nous aux études géographiques, il ne s'en soit trouvé aucun qui Tait abordée avant nous. Plus que personne nous regrettons que quelque main plus habile ne nous y ait pas devancé. Si nul , jusqu'ici , ne s'est attaqué sérieusement à une semblable tâche, c'est, il faut le croire, qu'elle n'exigeait pas moins de dévouement que de savoir; c'est qu'une vie tout entière y devait être consacrée. Quant à nous, si la pensée d'une pareille œuvre nous a dès longtemps séduit, si nous avons été irrésistiblement entraîné par l'attrait qu'éveillaient en nous ses difficultés mêmes, on peut croire que ces difficultés nous ne nous les sommes pas dissimulées. Nous ne voulons afficher ici ni une présomption déplacée ni une vaine modestie. Nous pouvons donc affirmer que vingt années d'études continues, exclusivement dirigées vers ce but de toutes nos pensées et que des travaux littéraires d'une autre nature n'ont jamais entièrement interrompues , ont à peine suffi non pour dissiper, mais pour affaiblir en nous la trop juste défiance de nos forces. Toutefois, nous nous sommes dit qu'un zèle que rien ne lasse suppléerait jusqu'à un certain pointa ce qui nous manque pour fournir clignement cette immense carrière ; et que si l'exécution du monument que nous entreprenons d'édifier aux sciences géographiques ne répondait pas également dans toutes ses parties à la conception première , nous en aurions du moins assez bien dessiné les grandes lignes pour que d'autres en pussent ensuite sans trop de peine polir et perfectionner les détails. Enfin, nous nous sommes dit aussi que le charme attaché au fond des choses nous serait un puissant auxiliaire ; et que si parfois l'auteur faiblissait à la tache, l'intérêt du sujet ferait aisément oublier au lecteur la faiblesse de l'écrivain.

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Nous avons indiqué sommairement la disposition générale et les grandes divisions de notre travail; peutêtre convient-il d'entrer ici, à cet égard, dans quelques détails plus précis.

Le premier problème qui se présentait à résoudre, et la solution semblait en être difficile , était de donner h l'ouvrage une étendue suffisante pour que les diverses parties en fussent traitées d'une manière substantielle, sans excéder pourtant pour l'ensemble des proportions compatibles avec une lecture suivie. Quand on songe que la compilation de l'abbé Prévost forme vingt épais volumes in-4°, et que non-seulement elle ne parle pas d'un grand nombre de contrées intéressantes, mais que C'est précisément depuis L'époque où elle s'arrête que les voyages les plus nombreux , les plus importants, les plus riches en résultats scientifiques de toute nature ont été exécutés dans toutes les parties du Monde , il ne semble guère possible de renfermer cette masse de documents dans un espace un peu restreint sans leur enlever ce qui en fait souvent le plus grand prix, le charme ou l'importance des détails. Cette difficulté , néanmoins , était plus apparente que réelle. Ce qui donne une étenduë démesurée à la plupart des compilations publiées jusqu'ici souè le titre mensonger d'Histoire des Voyagea, en même temps qu'elles restent toujours incomplètes sur une foule de points essentiels, c'est qu'elles ne se composent que d'extraits textuellement empruntés aux relations de voyages, extraits choisis avec plus ou moins de goût et de discernement, et placés dans un ordre plus ou moins logique à la suite les uns des autres. Or, un des moindres * inconvénients de cette méthode d'abbréviation purement mécanique est d'amener un nombre infini de répétitions,

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les retranchements ne pouvant jamais être si bien adaptés les uns aux autres qu'il ne reste dans l'ordonnance générale, à côté d'un grand nombre de lacunes, une foule d'enjambements et de superfétations. Le livre de l'abbé Prévost et ceux de ses imitateurs sont là pour montrer jusqu'où ce vice peut s'étendre. Par son plan même, notre travail en est exempt. Ce n'est pas une collection de Voyages que nous avons prétendu refaire : dans l'état actuel de cette branche de la littérature en Europe , il n'y a plus d'autre collection possible que la réunion même des livres originaux qui ont été publiés ou qui se publient chaque jour en France , en Angleterre , en Allemagne , en Russie et dans les autres pays européens ; et cette réunion , s'il était possible de la rendre complète,un palais suffirait à peine à la contenir Ce n'est pas non plus un choix de Voyages, choix nécessairement arbitraire, et pour lequel le goût de l'auteur ne saurait jamais remplacer celui du lecteur, auquel il se substitue : la pensée do notre œuvre , le but unique qu'elle se propose, est de renfermer dans un cadre assez restreint pour qu'on puisse aisément l'embrasser de l'œil et de la pensée, assez large cependant pour que rien d'essentiel n'en soit exclu, la substance, le résultat scientifique de la totalité des voyages exécutés jusqu'à ce jour dans les diverses contrées du Globe et qui ont contribué pour une part quelconque à l'avancement des connaissances générales. C'est ainsi que sans rien tronquer ni rien omettre

1 Un Catalogue méthodique des Voyages auquel nous travaillons assidûment depuis vingt ans et plus, forme aujourd'hui (et cela seulement pour les pays en dehors de l'Europe , la matière d'au moins vingt forts volumes in-8° ; encore n'osons-nous pas nous flatter que nos listes soient également complètes dans toutes leurs parties.

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que ce que dédaigne l'homme instruit et ce que l'homme de goût rejette , nous aurons pu renfermer dans moins de quarante-cinq volumes d'un format commode une matière qui semblait devoir en exiger un beaucoup plus grand nombre.

Une Introduction générale, à laquelle sera consacré notre premier volume tout entier, est destinée à présenter dans son ensemble et dans un discours suivi la

marche et le développement graduel des découvertes et des connaissances géographiques chez les nations policées , particulièrement en Europe , depuis les plus anciens temps historiques jusqu'au moment actuel. Ce volume est une introduction nécessaire à l'ensemble de notre ouvrage, dont il présente les différentes parties dans leur corrélation naturelle ; il en est aussi le résumé, puisqu'il offre en substance, et sous un point de vue synoptique , les résultats les plus généraux des voyages et des travaux de toute nature successivement exposés dans chacun de nos volumes pour les diverses régions naturelles de la Terre. 11 se divise en deux parties bien distinctes. La première comprend l'histoire des voyages et des découvertes du Monde ancien et du Moyen Age jusqu'à la fin du quinzième siècle, époque marquée par les deux plus grands événements des fastes géographiques du Globe terrestre, la découverte de l'Amérique et celle du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance ; la seconde , l'histoire des voyages et des découvertes modernes depuis le commencement du seizième siècle. Cette seconde période, à laquelle l'ensemble de notre Histoire des Découvertes Géographiques est le plus particulièrement consacré , ne demandait par cela même qu'un médiocre développement : il suffisait, comme nous

PRÉFACE

l'avons dit, d'y résumer d'une manière claire et méthodique la marche synoptique des découvertes depuis trois siècles et demi, et les résultats généraux de ces découvertes dans l'état actuel de la science. Mais la première période exigeait une tout autre étendue. Comme la matière qu'elle embrasse forme un tout isolé, antérieur à la période moderne avec laquelle commencent les grands développements de notre travail, il convenait de la réunir, elle aussi, dans un cadre particulier, avec un détail analogue à celui de nos parties modernes. Nombre de savants distingués ont avant nous consacré leurs veilles à cette portion si pleine d'intérêt de l'histoire de l'esprit humain ; parmi les noms éminents qui se sont spécialement signalés dans l'histoire de l'ancienne géographie, nous rappellerons seulement ceux de Huet, de Sprengel, de Gossellin, de Mannert, de Clarke, de Malte-Brun, d'Ukert, de Reinganum, de Lùdde, de Cooley, de Lelewell et d'Hoffmann. Quelque justice que nous rendions au mérite de beaucoup de leurs recherches, et quoique nous n'ayons négligé d'en consulter aucune sur certains points particuliers qu'elles ont plus spécialement approfondis ou plus heureusement résolus, nous pouvons dire néanmoins que pour l'ensemble de notre propre travail celui de nos devanciers ne nous a été que d'une utilité très-secondaire. C'est aux sources mômes que nous avons puisé ; c'est à la lecture attentive de tous les auteurs de l'antiquité sacrée et profane sans exception aucune , depuis les livres vénérables de Moïse et les monuments de la poésie homérique jusqu'aux dernières limites du Moyen- Age , que nous avons demandé les matériaux ou les indications nécessaires pour la restitution de l'ancienne histoire géographique. Si une telle méthode est longue

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