MARCO POLO
thiste , l'émcraude, et les saphirs de Ceylan, et les diamants de Colconde, et les rubis du haut Hindoustan. La perle, cet ornement des reines, se pèche dans les profondeurs des eaux de Cevlan et d'Ormouz. Tous ces produits de la terre et de la mer, auxquels se joignent ceux de l'industrie des hommes, sont transportés sur d'autres rivages : le commerce de l'Inde s'étend dans un rayon immense sur tout le pourtour de l'Asie Méridionale, d'un côté jusqu'aux nombreux archipels malais et aux États de Koublaï-Khan , de l'autre jusqu'aux rives du golfe Persique et de la mer Rouge, et, plus loin encore, jusqu'aux plages de l'Afrique et de Madagascar (*).
Marco Polo , et ses deux compagnons traversèrent la Perse et l'Arménie jusqu'à Trébizonde, pour gagner de là Constautinople et l'Italie. Ils revirent enfin Venise en 1295, après une absence de vingt-quatre ans, riches d'une immense quantité d'objets précieux qu'ils rapportaient de l'Asie , riches surtout de leurs longues observations sur les peuples et les contrées de cette vaste partie du Monde, qui semblait s'ouvrir pour la première fois aux yeux de l'Europe étonnée.
Le temps, loin d'affaiblir l'immense réputation que le récit des voyages et des aventures de Marco Polo lui valut parmi ses contemporains, n'a fait que l'affermir et l'étendre. A mesure que les pays qu'il a visités ont été mieux connus, l'exactitude de ses observations s'est en général confirmée -, et même ce qui avait d'abord paru impossible à croire, s'est presque constamment expliqué est vérifié. Au fronton du temple que la science élève à l'histoire géographique de la Terre , le nom de Marco Polo brillera toujours , près de celui de Christophe Colomb , parmi les noms les plus illustres des grands explorateurs du Monde.
La relation de Marco Polo ouvre pour l'Asie l'ère de la géographie moderne. La nomenclature des anciens géographes grecs et latins, et en particulier celle de Ptolémée qui les résume, est désormais reléguée dans l'histoire des siècles passés 5 ii partir du quatorzième siècle , ce sont les indications du voya-
1 Nous avons mis à profit, pour cet aperçu sommaire des voyages de l'illustre Vénitien, la remarquable Introduction que M. Roux de Rochelle a placée en tête de l'édition de Marco Polo donnée en 1824 par la Société de Géographie de Paris.
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geur vénitien qui formeront pendant longtemps en Europe' le fonds de la géographie des contrées de l'Orient.
La dernière moitié du siècle qui se ferme avec Marco Polo nous a légué encore trois autres relations relatives à l'Asie , celles de l'arménien Haîton — qui appartient à l'Europe par la langue française dans laquelle elle fut écrite (1254),— du moine Florentin Ricold de Monte Croce , et du franciscain Calabrois Juan de Monte Corvino (1289-1306). D'autres relations en plus 14" siècle, grand nombre appartiennent au siècle qui commence. Le franciscain Odericde Frioul ouvre la liste (1317), où se pressent après lui , dans l'espace d'un demi-siècle, Jean de Cor, archevêque de Sollhânièh, le dominicain Jourdain Catalan de Séverac, le franciscain Pascal de Victoria, le cordelier Juan de Marignola, le marchand Florentin Pegolotti , et enfin le trop célèbre Mandeville, Normand d'origine et Anglais de naissance. M. d'Avezac, dans sa très-savante Introduction à l'édition qu'il a publiée du Voyage de Plan-Carpin 10 , a donné une notice succincte , mais substantielle , sur cette longue suite de voyages des treizième et quatorzième siècles. Tous appartiennent à la généralité de l'Asie par la grande étendue de pays qu'ils y embrassent; mais c'est surtout vers les parties centrales du Continent que la plupart se dirigent. Leur nombre seul montre déjà combien était active l'impulsion qui portait alors l'Europe vers ces régions naguère inconnues du monde oriental. De toutes ces relations , il n'en est pas une, assurément, qui n'ait son intérêt pour l'histoire géographique de cette remarquable époque, et toutes ont contribué, quoique dans un degré inégal, à la connaissance de l'Asie : mais leur trop grande proximité du livre bien autrement important de Marco Polo les éclipse, et il faut dire aussi que si toutes ont plus ou moins concouru à hâter, à augmenter, à rectifier pour tel ou tel point de détail les connaissances que l'Occident commençait à avoir sur les pays asiatiques, aucune ne se détache en traits saillants sur le fond un peu monotone qui leur est commun.
C'est dans le même temps aussi, de 1325 à 1348, qu'un voyageur arabe , lbn-Balouta, dont le nom a depuis acquis en
1 Mém. de la Soc. de Géog. de Paris, t. IV. 1830.
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Europe une assez grande célébrité , parcourait la presque totalité de l'Ancien Monde, depuis l'extrémité nord-ouest de l'Afrique où il était né, jusqu'aux dernières limites de l'Asie orientale. Mais ces relations de voyageurs musulmans, écrites dans une langue que l'Europe n'entendait pas, ne peuvent être regardées, nous l'avons déjà dit, comme appartenant réellement pour nous à l'histoire géographique du globe , qu'à dater du moment où leur transcription dans une langue de l'Occident leur aura donné droit de cite en Europe. Jusque-là leur utilité pour l'avancement général de la connaissance de la terre reste très-bornée. C'est ainsi qu'autrefois les notions recueillies par les peuples de l'Asie Antérieure sur les pays plus orientaux n'entrèrent dans le domaine intellectuel de l'humanité que lorsque un Hérodote ou un Ctésias les eurent tirées des sources ignorées où elles seraient restées à jamais ensevelies, pour les livrer au génie actif de l'Occident.
L'immense empire de Tchinghiz-Khan avait- eu le sort de toutes les dominations fondées sur la conquête. Trop vaste pour être longtemps régi par un seul bras et une seule volonté , il avait été, à la mort de Tchinghiz, soumis à un partage qui bientôt se changea en démembrement. Quatre royaumes ou khânats s'étaient ainsi formés des pays conquis par les Mongols dans toute la longueur de l'Asie Moyenne , depuis le nord de la mer Noire jusqu'à l'Océan Oriental. Koublaï-Khan , près de qui ont si longtemps résidé les trois Poli , régnait sur le plus oriental de ces quatre royaumes, auquel, nous l'avons vu, il ajouta le sud de la Chine; le royaume de Tchagataï, limitrophe à l'ouest de celui de Koublaï , avait son centre principal dans la basse région comprise entre la pente occidentale du Grand Plateau et la mer Caspienne , c'est-à-dire dans co que nous nommons aujourd'hui le Turkestan. Les Tchagataïdes eux-mêmes n'eurent guère qu'un siècle d'existence } en 1370 les mains débiles du dernier descendant de Tchinghiz laissèrent échapper le pouvoir dont se saisit un de leurs feudataires, Timour. Celui-ci, que les Orientaux ont surnommé lenk, ou le Boiteux, et dont'le nom s'est altéré chez nos historiens en celui de Tamerlan , avait , comme Tchinghiz, ce génie audacieux qui fait les conquérants. Le royaume de Tchagataï, dont il s'était rendu maître, ne suffisait
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pas à son ambition ; il voulut dominer aussi sur l'Asie. Mais ce fut surtout vers les riches contrées du Midi que se portèrent ses regards. Le Khoraçàn, l'Iran oriental, la Perse, les pays voisins du Caucase , l'ancienne Assyrie, la vallée de l'Euphrale et les provinces Syriennes, enfin la partie septentrionale du Hindoustan, furent successivement soumis à ses armes. L'Asie antérieure reconnut encore une fois un seul maître. Une contrée seule y restait soumise à une autre domination : c'était l'Asie Mineure. C'était dans l'Asie Mineure qu'avait grandi la puissance des Turks Ottomans, qui maintenant s'étendait, des deux côtés du Bosphore, sur la presque totalité des provinces de l'Empire Grec , ne laissant guère aux successeurs dégénérés de Constantin que la ville même de Constantinople. Les conquêtes de Tamerlan dans l'Arménie mirent en contact ces deux puissants États. Le contact devait amener la lutte : la fierté de Tamerlan ne pou- 15« siècle, vait consentir à reconnaître un égal , et le prince turk était maintenant trop grand pour accepter un maître. La célèbre bataille d'Angora, le 20 juillet 1402, décida entre les deux princes rivaux. Le sort des armes trahit Baïézid, qui tomba captif aux mains de Timourj et le vainqueur n'eut plus que des vassaux dans les chefs turks qui se partageaient l'Asie Mineure.
Déjà le renom de Tamerlan était parvenu jusqu'aux extrémités de l'Europe $ la bataille d'Angora amena des rapports entre le conquérant tartar et les princes Chrétiens. En 1393, Henri 111 de Castille avait déjà pris l'initiative d'une ambassade, dont l'objet apparent était de féliciter le vainqueur des éternels ennemis de la Chrétienté , et le but réel de reconnaître la situation des vaincus , ainsi que les forces du nouveau conquérant. Deux nobles castillans, Payo Gomez de Sotomayor et Herman Sanchez Palazuelos, furent chargés de cette ambassade. Tamerlan les accueillit avec honneur , et les fit accompagner à leur retour d'un envoyé chargé de riches présenls pour le roi de Castille. Une 1A03. seconde ambassade castillane fut la conséquence de ces premiers rapports ; celle-ci eut pour chef Ruy Gonzalez de Clavijo. Clavijo alla jusqu'à Samarkand, dont Timour avait fait la capitale de son empire, et qui était à cette époque un centre très-important de relations commerciales entre l'Inde et la mer Noire. A son
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retour, en 1406, Clavijo écrivit la relation de son voyage, qui répandit beaucoup de lumières nouvelles sur les pays qu'il avait traversés, et sur les peuples qu'il avait vus.
Aux conquêtes de Tamerlan se rattache encore une autre relation écrite vers le même temps par un allemand nommé Schiltperger ou Schiltberger. C'était un homme simple et peu lettré, mais ses récits ont un cachet de véracité qui inspire la confiance. Il était fort jeune encore quand il fut fait prisonnier parles Turks en 1395. Baïézid , qui le remarqua à cause de la beauté de ses traits, le voulut garder près de lui, et il accompagnait ce malheureux prince pendant la compagne de 1402. La défaite d'An- 1402-1427. gora lui donna un nouveau maître ; dès lors il suivit Timour dans toutes ses expéditions, et après la mort du Khan en 1415, il fit encore avec d'autres chefs tartarcs plusieurs courses en diverses parties de l'Asie. Ce fut seulement en 1427 qu'il put revenir en Europe et rentrer dans la Bavière sa patrie, où il mit par écrit le récit de ses nombreuses aventures et la description de ce qu'il avait vu de plus curieux dans les diverses contrées qu'il avait parcourues.
Vers le temps où Schiltberger allait quitter l'Asie, un noble Vénitien nommé Nicolao Conti, poussé peut-être par la généreuse ambition de marcher sur les traces de Marco Polo son compatriote, y entreprenait un voyage qui dura aussi plus de vingt 1424-1440. années. Ce voyage, très-peu connu et fort peu cité, n'en est pas moins le plus remarquable de tous ceux du quatorzième et du quinzième siècles, et celui qui procura le plus de notions nouvelles depuis la publication des récits de Marco Polo. Parti de Damas, dans le nord de la Syrie, Conti traversa en caravane le désert qui borde au sud le cours de l'Euphrate; puis descendant le fleuve jusqu'à son embouchure, et le golfe Pcrsique jusqu'au détroit d'Ormouz, il se rendit par mer à Cambaie, sur la côte occidentale de l'Inde. Il parcourut dans plusieurs directions diverses parties de cette vaste péninsule, dont nul Européen, depuis le siècle de Mégasthènes , n'avait vu l'intérieur avec autant de détail; ses courses le conduisirent ensuite sur différents points de la presqu'île Trans Gangétique, dans plusieurs des îles du grand Archipel d'Asie, et jusque dans les parties méridionales de la Chine, qu'il décrit, comme Marco Polo , sous le
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nom de ManghiW. Nous n'avons malheureusement qu'un extrait mutilé de cette curieuse relation; telle qu'elle est, néanmoins, elle mérite encore d'ocGuper une place distinguée dans l'histoire géographique des contrées de l'Orient.
H est un autre nom contemporain de celui de Nicolao Conti , et qu'un injuste caprice du sort a laissé comme celui-ci dans un oubli tout à fait immérité : c'est celui du gentilhomme bourgui- 1432. gnon Bertrandon de la Brocquière. Ce fut un des derniers français qui portèrent en Terre-Sainte le bâton de pèlerin. Depuis cent cinquante ans les Francs avaient été forcés d'abandonner ce qui leur restait de possessions sur la côte syrienne; et le royaume de Chypre, qui seul subsistait encore, allait bientôt être perdu pour les héritiers des Lusignan. Bertrandon, après son pèlerinage, traversa dans toute sa longueur la péninsule de l'Asie Mineure, itinéraire que plusieurs armées avaient suivi à l'époque des Croisades, mais que nul chroniqueur contemporain n'avait aussi bien décrit que le fait notre gentilhomme. Quoiqu'il n'ait parcouru qu'un coin de l'Asie, Bertrandon n'en mérite pas moins , par son exactitude et la sagacité de ses remarques, d être honorablement compté parmi les plus intéressants voyageurs du quinzième siècle.
Ainsi s'étendaient et se multipliaient de jour en jour les rapports que le douzième siècle avait rouverts entre l'Orient et l'Europe ; ainsi l'Asie devenait chaque jour moins inconnue aux peuples de l'Occident. Et dans ce contact de plus en plus intime entre les deux parties de l'Ancien Monde, combien de notions se faisaient jour par mille canaux inaperçus, que nulle relation écrite n'a jamais enregistrées, et qui ne se décèlent aujourd'hui que par l'élude attentive de la renaissance des peuples européens à la civilisation 00! L'événement capital de cet immense mouvement intellectuel du quinzième siècle, l'invention de l'imprimerie , contribua puissamment aussi à répandre et à généraliser les connaissances rapportées par les voyageurs des
1 M. Klaproth (JYouv. Journ. Asiat., t. VIII, 1831, p. Û19, rapproche ce mot du nom composé de Man-tsu qui désigne encore aujourd'hui les habitants des provinces méridionales de la Chine.
9 On peut voir les développements où nous sommes entrés à cet égard dans notre Histoire de la Géographie, ci-dessus, t. Ier.
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contrées étrangères : l'illustre C.uttembcrg obtenait à Mayencc, vers 1446, lc3 premiers résultats de celte admirable invention que poursuivaient depuis longtemps ses laborieux essais, presque au moment où Nicolas Conti écrivait le récit de ses longues pé- régrinations (1449). On remarquera aussi, en lisant les voyageurs de cette époque, que la teinte de merveilleux qui règne plus ou moins dans les premières relations tend à s'effacer et à disparaître : indice évident que , d'une part les contrées lointaines déjà mieux connues se dérobaient aux traditions fabuleuses; d'autre part, que les Européens plus éclairés prêtaient, une oreille moins crédule aux contes et aux exagérations qui charmaient la naïve ignorance de leurs pères.
Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, que ces notions réunies sur l'Asie au quinzième siècle par les Européens se résumaient en une idée générale de la vaste étendue des terres de l'Orient, de la richesse merveilleuse de leurs produits et du nombre infini de peuples différents qui les habitent, plutôt qu'en une connaissance nette et précise de la situation relative des lieux et des bornes générales du Continent. L'inspection de l'Atlas nautique dessiné à cette époque par le Vénitien Biancho 1436. montre combien étaient encore grossiers les premiers essais figurés de géographie asiatique. On peut dire qu'à certains égards la renaissance de Y ethnologie a précédé celle de la géographie(*\ bien que celle-ci ait ensuite marché à pas plus rapides vers son perfectionnement.
Le mouvement qui dans les deux siècles précédents avait poussé l'Europe vers les contrées orientales, s'était du reste très-ralenti ; les circonstances politiques de l'Asie occidentale à cette époque expliquent assez ce temps d'arrêt. La dernière moitié du quinzième siècle ne nous présente que trois voyages, d'un intérêt secondaire, à consigner dans l'histoire géographique de l'Asie : ce sont ceux de Catcrino Zeno, de Josapha ftarbaro et d'Ambrogio Contarini , tous les trois députés par le sénat de Venise vers Ousoun-Hassan , prince turkoman qui régnait alors sur la Perse. S'assufer une voie de communication avec l'Inde
1 Géographie^ Description de la Terre; FAhnologiey Connaissance des Peuples.
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à travers les pays qui reconnaissaient l'autorité d'Ousoun- Hassan , et susciter en même temps un ennemi au sultan des Turks Ottomans, le redoutable Mahomet II, qui venait d'effacer jusqu'au nom de l'Empire Grec par la prise de Constantinople (1453), et dont l'extension en Europe était pour les Étals chrétiens un sujet de juste inquiétude, tel était le double mobile de la politique vénitienne. Alors comme aujourd'hui, la géographie retirait toujours quelque fruit de ces démarches dictées par la politique.
Mais les grandes explorations de l'Asie, presque suspendues depuis un siècle, vont recevoir tout à coup un élan qu'elles n'ont jamais eu auparavant. Nous touchons à une des phases les plus importantes de l'histoire géographique du Globe ; la découverte de la route de l'Inde par le Cap de Bonne-Espérance va enfin couronner la longue persévérance des navigateurs portugais.
Un peuple pauvre, peu nombreux, sans nom dans l'histoire, relégué dans un coin de terre presque ignoré , et qui tout à coup, par sa bravoure, par l'audace et le succès de ses entreprises, répand sur son nom un impérissable éclat, et parvient au plus haut degré de puissance, de gloire et de richesses qu'une nation puisse atteindre, un tel peuple offre sans doute un spectacle bien fait pour exciter l'admiration des hommes : — c'est celui que dans le quinzième et le seizième siècle les Portugais donnèrent au Monde. Habitants de cette zone maritime, autrefois appelée Lusitanie, qui borde à l'ouest, sur l'Océan, la côte de la péninsule hispanique, les Portugais avaient subi au huitième siècle , avec le reste de la Péninsule , la domination musulmane ; mais ce furent eux qui les premiers s'en affranchirent complètement. Non contents d'avoir expulsé les Maures du territoire lusitanien, ils les poursuivirent au delà de la mer et portèrent à leur tour la terreur des armes chrétiennes sur les plages du Maghreb. En 1415 la ville de Ccuta , sur le bord méridional du détroit de Gibraltar, fut enlevée par le roi Jean 1" aux sultans Mérinidesde Maroc; et la prise de Tangpr, deTétouan et d'autres
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