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des arbres tant fruitiers que d'autres , la douceur des fruits et l'odeur des fleurs de toute l'Egypte, Syrie, Àrabies Déserte et Heureuse , de la Perse, de l'Inde et de l'r'thiopic , espérant par ce moyen en acquérir bonne et juste connaissance, vu même qu'un seul témoignage de la vue est plus à estimer que dix ouï-dire ('). »
1502-1508. Barlhema dut se mettre en route pour ses voyages dans le courant de l'an 1502; car, après avoir vu le Kaire, Alexandrie, Beïrout, la Syrie et Damas , où il tait un long séjour, il se joint, au commencement d'avril de l'an 1503, à une caravane qui allait à la Mekke. B irthema est le premier voyageur européen qui ait visité l'intérieur de l'Arabie. 11 parcourut le lémen , sur lequel il donne d'intéressants détails ; puis s'embarquant à Aden , il arriva à Ormouz, à l'entrée du golfe Persiquc. Profitant de chaque occasion qui s'offre de voir de nouvelles contrées , notre voyageur pénètre dans l'intérieur de la Perse, qu'il traverse dans plusieurs directions, d'un côté jusqu'à la riche cité de Samarkand, capitale de la Boukhàrie, de l'autre jusqu'aux bords du Tigre et de l'Euphrate. Cette partie plus rapide des courses de Barthema offre moins d'indications utiles. 11 revient ensuite à Ormouz par la ville célèbre de Ghiràz, cl s'embarque sur un navire, arabe qui le conduit à Cambaie. Barlberna séjourna dans toutes les places importantes des deux cotes de la péninsule Hindoue, et visita même plusieurs points notables de l'intérieur du Dékan. La relation qu'il donne de celte riche contrée est la plus étendue qu'on en eût faite depuis les temps anciens; et ses descriptions portent en général le cachet d'un esprit judicieux.
Barlhema remonta la côte orientale de l'Hindouslan jusqu'à Bengalla, près du delta du Gange ; et continuant de là ses courses vers l'est et le sud-est, il pénétra plus loin dans celte direction qu'aucun des compatriotes de Gama ne l'avait fait avant lui. 11 rend visite au roi du Pégu, alors en guerre avec le souverain u'Ava, et dont il vante la libéralité; touche à Ténassérim et de là à Malakka, qui était le centre d'un immense commerce ; visite la partie nord de Sumatra, dont il décrit les productions;
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et franchissant le détroit qui sépare Sumatra de la terre ferme , parcourt la longue chaîne d'îles qui se prolonge à l'orient jusqu'à Banda et au groupe des Muluques, où croissent les épiées. Arrivé là au dernier terme des navigations des marchands maures , Barthema revient sur ses pas , touche en passant à Bornéo et à Java, et vient de nouveau relâcher dans l'Inde où il communique au vice-roi de Portugal les importants résultats de son voyage dans l'Archipel de l'Est. Le vice-roi ne crut pas trop récompenser un tel service en conférant au voyageur des lettres de chevalerie , que confirma le roi de Portugal , lorsque Rarthema, à son retour en Europe , passa à Lisbonne pour regagner l'Italie.
Les Portugais ne tardèrent pas à mettre à profit les utiles directions que venait de leur communiquer le voyageur bolonais. Dès 1509, une escadre se porta dans cette direction sous le commandement de Lopez Sequcira, et vint aborder à Malakka; ce ne fut néanmoins que deux ans plus tard , en 151 1 , que les Portugais s'en emparèrent. Maîtres de cette place importante, véritable clef de la navigation des mers de la Chine, ces intrépides navigateurs portèrent rapidement leurs explorations au sein de l'Archipel Asiatique, dans un triple but de découvertes, de conquêtes et de commerce. Antonio d'sïbreu reçut (151 1 ï la mission de pénétrer jusqu'aux îles à épiées. En peu de temps il reconnut toutes les îles de la Sonde, les cinq Moluques, Amboine et Banda, et s'avança jusqu'à la pointe occidentale de la Terre des Papous, qui marqua la limite orientale des explorations portugaises. Des établissements coloniaux furent fondés dès lors dans la plupart de ces îles , notamment dans celles où croissent les arbres à épiées , ainsi qu'à Timor et à Célèbes.
La découverte des îles qui s'étendent entre les Moluques et la 1519 1520. Chine semblait réservée aux Portugais; mais ils y furent prévenus par une nation à laquelle le génie de Christophe Colomb venait de donner un nouveau monde. L'Amérique était découverte à peine , que déjà une Hotte espagnole commandée par le célèbre Magalhacns , dont le nom s'est adouci pour nous en celui de Magellan, trouvait la route occidentale de l'Inde en doublant la pointe sud du Nouveau Continent, traversait !e premier leCrand Océan dans toute son étendue, et après avoir louché à une
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longue chaîne d'îles à laquelle on imposa le nom de los Ladrones, arrivait à un archipel beaucoup plus considérable qui fut nommé îles de Saint-Lazare, nom que remplaça plus lard celui de Philippines. Ce fut là que Magellan termina sa carrière , qu'il venait d'immortaliser. Ses compagnons relâchèrent aux Moluques, éloignées de 200 lieues environ dans le sud des Philippines , et revinrent en Europe par le Cap de Bonne-Espérance. C'est le premier voyage qui ait été fait autour du Globe : il avait duré trois ans et un mois.
Pendant ce temps, une escadre portugaise remontait les côtes orientales de la grande péninsule que la presqu'île de Malakka prolonge au sud , et après avoir atterré aux rivages de Siam , où Coelho, le premier, révéla aux habitants l'existence du culte chrétien , venait fonder à Canton (1516) un établissement commercial qui ne devait pas avoir une longue existence. Déjà un envoyé portugais s'était rendu dans le Pégu , cherchant à nouer des relations qui furent brusquement interrompues par une irruption birmane, et peu après, un zélé missionnaire nommé Borri pénétrait dans la Cochinchine, où plusieurs de ses compatriotes l'avaient précédé. Déjà l'Europe recevait ainsi des notions plus positives sur ces contrées trans-gangétiques que les anciennes relations de Marco Polo et de Conti lui avaient à peine révélées.
Quelques années plus tard, en 1542, le hasard poussait dans un port du Japon un marin portugais, Antonio de Mota, qui avait, lui troisième, déserté son navire dans les parages de Siam, et cherchait à gagner les Moluqucs ou les îles espagnoles avec ses deux compagnons. Mota est le premier Européen qui ait abordé au Japon , et c'est à ce titre seul que son nom mérite d'être conservé dans les annales de la Géographie. Depuis que les Portugais avaient trouvé le chemin des îles orientales, une fuule d'aventuriers de celle nation battaient ces parages encore mal connus, attirés par l'appât des richesses que rêvait leur imagination , et poursuivant la fortune à travers les hasards de la vie de pirate. Plus d'une découverte leur fut due qui aurait pu rester longtemps ignorée, si les missionnaires n'avaient été là pour en prendre possession et préparer les voies à des rapports plus réguliers. Parmi ces aventuriers, il en est un dont
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I ERNANU MI.NDt/. l'IMO.
le nom a conservé une célébrité méritée à plus d'un égard : c'est Fernand Mindez Pinto. Pendant vingt années , de 1539 à 1558, Pinto courut les mers qui baignent la presqu'île de Malakka et les îles avoisinantes et celles qui enveloppent les côtes de la Chine , tantôt esclave des Musulmans ou des Malais, tantôt faisant le métier d'écumeur de mer, tantôt revêtu du titre d'ambassadeur. 11 donna les premières notions que Ton ait eues sur les îles Lieou Khieou, qui s'étendent en une longue chaîne entre Formose et le sud du Japon ; il vit plusieurs ports de ce dernier royaume à peu près dans le même temps que le hasard y poussait Antonio de Mota; il voyagea dans l'intérieur de la Chine, et visita différents points de la presqu'île à l'est du Gange. Sa relation, qui nous a été conservée, est assurément l'odyssée la plus extraordinaire et la plus aventureuse que l'on ait jamais écrite. S'il n'y a pas à y puiser de bien grandes lumières pour la connaissance positive des pays qu'elle mentionne , elle n'en est pas moins pour nous d'un grand intérêt comme monument de l'histoire géographique du seizième siècle, et comme nous offrant un tableau fidèle des habitudes et du caractère de la plupart de ceux qui parcoururent les premiers ces régions loinlaines de l'Orient.
Tandis que les Portugais poursuivaient l'exploration des extrémités orientales de l'Asie, quelques lueurs commençaient à poindre du sein des profondes ténèbres qui en avaient jusquelà couvert la zone septentrionale. Les grands ducs de Moscovie, affranchis de la domination des khans mongols, étendirent bientôt leur autorité sur les tribus nomades des rives de la Kama; dès la seconde moitié du quinzième siècle, on était arrivé dans cette direction jusqu'aux bords de la Petchora et au voisinage de l'Oural. D'anciennes traditions, dont on trouve déjà la trace dans Hérodote et qui vivaient encore parmi ces pauvres tribus de la Moscovie orientale , parlaient de l'or que l'on recueillait dans les contrées qui se prolongeaient à l'orient de la Ceinture du Monde : - telle est la signification du nom des Ourals; et un fait d'ailleurs moins incertain que ces traditions à demi fabuleuses, était la grande quantité de fourrures précieuses que les tribus ouralicnnes de la Moscovie tiraient du pays situé de l'autre côté des montagues. Incités par les récits
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que l'on faisait des richesses métalliques de ces régions polaires, non moins que par la certitude des richesses d'une autre nature qu'y fournissait la chasse des animaux sauvages, les grands ducs de Moscovie y envoyèrent à la découverte plusieurs expéditions. Les progrès en furent néanmoins bien lents , au milieu de ces pays marécageux ou couverts d'épaisses forêts ; après plus d'un demi-siècle, en 1553, on n'avait pas encore dépassé le cours inférieur de l'Ob , le fleuve le plus occidental de la Sibérie. En cette année-là même, 1553, quelques navires anglais envoyés à la recherche d'un passage dans l'Inde par le nord atteignirent la grande péninsule qui couvre à l'ouest le large estuaire de ce fleuve. Quelque limitées que fussent ces premières découvertes, elles ouvraient la porte aux découvertes plus importantes dont elles ne pouvaient manquer d'être suivies.
La tentative de navigation au nord que venait de faire une compagnie de marchands anglais n'avait pas eu le résultat qu'on en avait attendu-, mais elle en amena un auquel on ne songeait pas. Des relations, qui devinrent bientôt importantes, s'ouvrirent avec la Moscovie, dont la situation réelle et l'étendue n'étaient guère mieux connues du reste de l'Europe que celles des régions encore inexplorées de l'Asie. A Moscou , les Anglais furent informés que dt s communications régulières existaient entre la Moscovie et l'Asie intérieure ; la Compagnie de Londres c jnçut aussitôt la pensée de s'ouvrir par cette voie un accès au riche commerce de l'Inde , pour lequel on ne pouvait pas songer encore à lutter avec la marine portugaise. Ce fut l'objet de plusieurs ambassades successives envoyées au khan de Boukhârie et au chah de Perse (de 1558 à 1579). Le célèbre Anthony Jenkinson fut chargé des deux premières, dout il a écrit la relation. Le résultat de ces ambassades ne répondit pas aux vues de la Compagnie anglaise-, mais elles contribuèrent, plus qu'aucun voyage antérieur, à avancer la géographie des pays situés autour de la mer Caspienne, principalement à l'est entre celte nier et Boukhâra. Dans le même temps, vers 1555, un Cénois nommé Giorgio Interiano parcourait, à l'autre extrémité de l'isthme caucasien , le pays des Zikhes ou Tcherkesses qui borde la côte orientale de la mer iNuire, cl donnait, sur les mœurs et le genre