‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 51 sur 189 · SIÈCLE.] SIBÉRIE. ASIE CENTRALE. LEVANT · texte numérisé non relu

SIÈCLE.] SIBÉRIE. ASIE CENTRALE. LEVANT

de vie de ce peuple remarquable , une des meilleures relations que l'on en ait tracées.

Avec les premières années de ce seizième siècle on voit naitre une autre classe de voyageurs , qui n'a fait qu'augmenter depuis cette époque jusqu'à nos jours. Ceux-là, peu soucieux de s'aventurer au milieu des peuples barbares ou dans les régions lointaines que les découvertes des Portugais et celles des Kspagools avaient récemment fait connaître , se bornent à visiter les contrées classiques qui bordent le fond de la Méditerranée. La Basse Égyple , la Palestine et la Syrie, quelques points de l'Asie Mineure, Constantinople et la Grèce, quelquefois aussi, mais plus rarement, la zone maritime du nord de l'Afrique depuis la côte barbaresque jusqu'au Nil , voilà le cercle à peu près invariable où se renferment ces voyageurs, dont les relations ont mérité par leur nombre de former une classe à part sous le titre de Voyages du Levant. Cependant, pour l'époque de la renaissance intellectuelle de l'Occident, alors que ces parties du littoral méditerranéen ne nous étaient guère mieux connues que beaucoup de contrées moins rapprochées, les voyages aux pays du Levant sont loin d'être indifférents à la géographie; et si d'ailleurs lu proximité et le facile abord de ces pays baigné* par la Méditerranée y ont attiré de tout temps une nuée de touristes sans mission, nonchalants voyageurs qui n'ont d'autre objet que «le promener hors de chez eux leur ennui ou leur oisiveté, pour grossir ensuite la foule des livres inutiles, il est de nombreuses et brillantes exceptions. Le plus ancien des voyages au Levant est celui de Baumgarten, qui date de 1507 ; le sieur d \ Aramon, ambassadeur de François Iur près du Grand Seigneur, parcourut l'Asie Mineure, les parties limitrophes de la Perse, la Judée, la Syrie, l'Egypte et la Grèce, de 1548 à 1550. Parmi ceux qui méritent encore d'être distingués, il faut mettre au premier rang le médecin manceau Pierre Belon, naturaliste instruit et très-bon observateur, qui visitait les mêmes contrées de 154G à 1549. Deux autres naturalistes se placent à la suite de Belon : son compatriote, Pierre Gilly, plus connu sous le nom latinisé de Gyllius , et à qui l'on doit deux traités encore utiles sur Constantinople et sur le Bosphore , et l'allemand Kauwnlf, qui s'appliqua surtout à des recherches de botanique. Le pre-

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micr était au Levant dans le même temps que Belon; le second, vingt ans plus tard, de 1573 à 1576. Il faut encore nommer le sieur Nicolas de Nicolaï, attache à l'ambassade de M. d'Aramon ; le baron de Busbecq , envoyé de Ferdinand , roi des Romains , près de Soliman II, de 1555 à 1562, et le sieur de Brèves, ambassadeur de deux rois , Henri III et Henri IV, près la cour Ottomane, de 1584 à 1605. Appréciateur aussi éclairé des lettres que négociateur habile, M. de Brèves lient un rang distingué dans la longue liste des ambassadeurs français qui ont su mettre à profit leur position politique pour l'utilité des sciences et l'avancement de la géographie. L'Anglais Newberrie, en 1582, étendait plus loin dans la Perse le cercle de ses courses qu'il aurait voulu pousser jusque dans l'Inde ; et un Vénitien , Gasparo Balbi, portait les siennes, à peu près dans le même temps (1579-1588), jusque dans la Péninsule qui s'étend entre l'Inde et la Chine.

Les Portugais exploitaient paisiblement depuis un siècle les énormes profits du commerce de l'Orient; mais il se préparait contre eux une double rivalité qui devait renverser l'édifice si rapidement élevé de leur empire de l'Inde. Deux peuples jusque-là sans importance dans la balance européenne, les Anglais et les Hollandais, commençaient à prendre rang parmi les nations commerçantes , et marchaient à grands pas vers les hautes destinées où les appelait leur génie calculateur et persévérant. L'existence commerciale des premiers date du règne mémorable de la grande Elisabeth , et nous avons mentionné leurs premières tentatives pour s'ouvrir des communications avec les contrées orientales par le nord et par le centre de l'Asie. Les seconds, eu brisant le joug espagnol (1579), avaient inscrit glorieusement leur nom sur la carte politique de l'Europe ; et contraints de demander à la mer des ressources qu'un sol ingrat leur refusait, ils avaient dès lors résolu de disputer aux Espagnols et aux Portugais une part dans le commerce du monde.

Deux flottes parties presque" en même temps du Texcl et de la Tamise, celle-ci en 1591, celle-là en 1595, eurent l'une et l'autre pour mission de se frayer un accès jusqu'aux sources du commerce de l'Orient. Pour la première fois les eaux de l'Archipel Asiatique virent flotter le pavillon néerlandais et le pavillon

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