C SIECLE.] APPARITION DES ANGLAIS ET DES 1I0I.I.AN». EN ASIE
brilanniquc. Mais leur succès dans cette première tentative fut loin d'être égal. Dès leur apparition , les Hollandais prirent pied dans l'Archipel et y jetèrent solidement les bases de leur puissance prochaine-, les Anglais, malgré le résultat assez satisfaisant de plusieurs expéditions successives, n'y déployèrent pas la même activité, et tournèrent bientôt leurs vues du côté de la péninsule même de l'Inde.
Le premier établissement néerlandais fut à Bantam , vers la pointe occidentale de Java, où le roi de ce canton leur permit d'élever une factorerie. Deux ans plus tard, en 1597, ils formèrent un second établissement dans l'île Bali ; et le siècle n'était pas entièrement expiré qu'ils avaient expulsé les Portugais des îles Banda, où croissent les muscadiers. En 1605, ils les con- 17* siècle, traignirent aussi d'abandonner l'île d'Amboine. Ces rapides conquêtes, où les Hollandais se consolidèrent par l'extermination presque entière des naturels, les rendaient maîtres des points les plus importants pour le commerce des épices. En 1613, ils y ajoutèrent la partie méridionale de Timor.
Trois ans avant cette dernière époque, les Hollandais avaient transféré leur factorerie de Bantam à Jakatra, lieu situé sur la même côte à une quinzaine de lieues plus à l'est. En butte aux fréquentes attaques des naturels, ils durent s'y entourer de travaux de défense : telle fut, en 1619, l'origine de la cité de Batavia , qui devint dès lors la métropole des établissements néerlandais dans les mers de l'Inde. Une suite ininterrompue de conquêtes, soit sur les indigènes, soit sur les Portugais, donna à ces établissements une importance chaque jour croissante.
A peine établis dans l'Archipel, les Hollandais avaient poussé vers le nord leurs explorations et leurs établissements. Dès l'année 1600 , ils en avaient un à Firando, dans la partie méridionale du Japon ; et depuis lors ils ont su s'y maintenir, même après que le gouvernement japonais , en haine du fervent prosélytisme des missionnaires, en eut expulsé les Portugais. Sauf les renseignements antérieurs disséminés dans les Lettres annuelles des missions de l'Orient , c'est aux Hollandais presque exclusivement que l'Europe doit ce qu'elle sait aujourd'hui sur l'empire des Daïris. Jusque dans la seconde moitié du dix-
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huitième siècle , ce lut aussi dans leurs seules relations que Ton put puiser quelques notions nouvelles sur les îles nombreuses du Grand Archipel d'Asie. Ces notions eussent été plus riches de faits, si des considérations étrangères à la science n'en eussent souvent entravé la publicité. C'est dans notre siècle seulement que les Gouvernements ont su s'affranchir complètement de cette politique de dissimulation , qui fondait sa force sur le mystère.
La Compagnie anglaise, nous l'avons dit, avait de bonne heure tourné ses principaux efforts vers rétablissement d'un commerce direct avec l'Inde , en concurrence avec les Portugais qui occupaient alors sur les deux eôles une longue chaîne de comptoirs florissants. La reine Elisabeth, et Jacques I" son successeur, jugèrent cet objet d'une assez grande importance pour que , dans l'espace de quelques années, trois ambassades successives aient été adressées à l'empereur l>jiban-Chîr , qui venait de succéder au grand Akbâr. Celte dynastie , étrangère à l'Hindoustan, descendait du célèbre Tamcrlan ; c'est delà qu'est venu le litre de Grand Mogol donné par les Européens à Djihân-Ghir et à ses successeurs. Dehli , sur le Djoumna, avait été leur première résidence ; Agra , un peu plus bas sur la même rivière, le devint ensuite. C'est là qu'eut à se rendre, en 1606, John Mildenhall , le premier ambassadeur britannique, et après lui, en 1608 et en 1613, Richard Haitkins et Thomas Roe. On doit à ce dernier une relation encore utile à consulter. Malgré les difficultés de toute sorte que leur suscitèrent les Portugais, qui combattaient à la fois dans les nouveaux arrivants des rivaux et des hérétiques, les Anglais obtinrent à force de persévérance ce qu'ils sollicitaient de l'empereur, une égale protection et une liberté de commerce égale à celles dont jouissaient les négociants portugais. Le temps était loin encore où cette attitude alors si modeste se changerait en une souverainté absolue sur la presque totalité de ces belles contrées, et où les rejetons détrônés de la dynaslie d'Akbàr recevraient d'une compagnie de marchands l'aumône d'un peu d'or en échange de la plus riche couronne du monde.
Il est intéressant ce rapprocher de la relation de Thomas Roe celle d'un missionnaire portugais, Sébastian Manrique, qui parcourut dans le même temps, de 1612 à 1625, une partie
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des provinces orientales du haut Hindoustan. Manrique pénétra aussi dans le pays d'Arakan, sur lequel on n'a guère eu pendant longtemps d'autres notions que celles qu'il en avait données. On en peut dire autant de celles qu'un Français, François Pyrard, né à Laval dans la province du Maine, consigna dans le récit de ses voyages sur le singulier archipel des Maldives, qui s'étend au sud-ouest du C. Comorin, et où Pyrard, qu'un naufrage y avait jeté en 1602, séjourna cinq années entières.
Le dix-septième siècle vit encore paraître sur l'Inde un certain nombre de relations anglaises, hollandaises, allemandes et françaises, dont l'utilité a été fort diminuée par les relations bien supérieures que le siècle suivant, et surtout les cinquante dernières années, nous ont données sur la même région. Néanmoins on citera toujours, non-seulement comme documents miles de l'histoire géographique, mais encore à raison de la valeur des renseignements qu'elles fournissent sur certaines parties peu visitées depuis, celles de nos compatriotes Bernier et Tavernier, qui se trouvaient dans l'Inde, où le premier fit un assez long séjour, vers le milieu du dix-septième siècle, liernier , particulièrement, nous a laissé sur le Kachmîr des notions que nulle relation postérieure, même parmi les plus récentes, ne peut suppléer. L'anglais Robert Knox est le premier qui ait donné une relation spéciale de l'île de Ceylan, où il avait séjourné depuis 1657 jusqu'en 1679.
Les contrées péninsulaires qui s'étendent par delà les bouches duCange, entre le golfe du Bengale et la mer de la Chine, n'étaient connues encore que par quelques notices détachées dues principalement aux missionnaires portugais ; le dix-septième siècle ajouta à ces notices quelques lumières nouvelles, mais bien éloignées encore de la vive clarté qui commençait à se répandre sur la presqu'île hindoue. Un jésuile français, le P. Alexandre de Rhodes, visita la Cochinchine au commencement du dix-septième siècle et en donna une relation ; une description duTunquin fut publiée en 1685 par un natif même du pays converti à la foi chrétienne sous le nom de Haron; et dans cette môme année 1685, une ambassade envoyée par Louis XIV au souverain du pays de Siam , ambassade où l'on avait eu en vue les intérêts combinés de la politique, de la religion et des sciences, donna
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naissance à plusieurs relations, entre lesquelles il faut distinguer celle du P. Tachard, un des missionnaires attaches à l'expédition. Le P. Tachard était naturaliste et mathématicien ; son livre , après un intervalle de plus d'un siècle et demi , est encore lu avec fruit. 11 fit, dans la môme contrée, deux ans plus tard , un second voyage dont il a aussi écrit la relation. Le grand résultat de l'expédition de 1685 fut de ramènera leur véritable place en longitude ces parties extrêmes du continent asiatique , que toutes les cartes antérieures depuis Ptolémée en avaient prodigieusement éloignées, en les prolongeant de plus de 800 lieues vers l'est aux dépens du Grand Océan (0.
Dans le nord-ouest de ces pay3 trans-gangétiques , par delà la ceinture gigantesque des monts Himalaïa qui couvre comme d'une barrière de glace tout le nord de l'Hindouslan , il est une région alpine qui parait renfermer les plus hautes montagnes de l'Asie : cette région est le Tibet. Absolument inconnu au commencement du dix-septième siècle, l'intérieur du Tibet est encore aujourd'hui une des parties de l'Asie sur lesquelles les innombrables voyageurs qui depuis trois cent cinquante ans ont sillonné le Continent dans toutes les directions nous fournissent le moins de notions directes. Dans cette pénurie de renseignements à l'égard d'une contrée dont l'obscurité même qui l'enveloppe augmente pour nous l'intérêt, tout document devient précieux , quelle qu'en soit la date : aussi doit-on attacher un grand prix à deux relations que le dix-septième siècle nous en a laissées. L'une et l'autre sont l'ouvrage de missionnaires de la compagnie de Jésus. Antonio d'Andrada se rendit en 1024 des bords du Gange à H'iassa; mais il n'est pas certain qu'il ait dépassé le bassin de la grande rivière du Tibet non loin de laquelle cette ville est située , et qui vient , après un long circuit, se perdre au fond du golfe du Bengale en confondant ses eaux avec les eaux du Gange, sous le nom vénéré de Brahmapoutra. Andrada est le premier Européen connu qui ait franchi les formidables passes de THimalaîa. Environ quarante ans plus tard, en 1661 , deux autres jésuites, les pères Gruber et Z)or- «7/c, accomplirent un voyage encore plus remarquable et que
1 Mémoire* de VAcad. de Se. , t. VII , 1729 , p. 605 et suiv.
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nul depuis eux n'a renouvelé. Partis de la frontière nord-ouest de la Chine, ils se rendirent à Bénarès en traversant les solitudes montueuses et les déserts sablonneux du Tangout, le Tibet dans toute sa largeur, puis les gorges de l'Himalaïa et les hautes vallées du Népal, d'où ils descendirent dans les provinces gangétiques. Quelle riche moisson d'observations fournirait aujourd'hui un tel itinéraire , recommencé avec tous les secours dont la science peut munir le voyageur! Longtemps avant les PP. Grûber et d'Orville, dès l'année 1603, un autre missionnaire, le P. Benedict Goez, avait suivi aussi , dans le cœur même de l'Asie, une ligne non moins intéressante pour la géographie. II n'avait pas pénétré dans le Tibet ; mais dans un voyage de l'Inde à la Chine il avait contourné l'escarpement sud-ouest du Grand Plateau central, coupé le massif où l'Oxus, le Jaxartes el la rivière de Kachgar ont leurs sources, traversé Badakchân et ïarkand , Tourfan et Hami , et avait ainsi parcouru la Boukhârie Orientale et tout l'intérieur de la Tartarie avant de gagner le territoire chinois. Un religieux de la même compagnie , le P. Avril , en cherchant à se rendre d'Europe en Chine par terre, suivit aussi, de 1685 à 1691, ou recueillit de la bouche des marchands habitués à voyager en caravanes, plusieurs itinéraires encore utiles dans l'étude géographique du centre de l'Asie.
La plupart de ces voyages , péniblement exécutés à travers des pays d'un difficile accès, avaient eu pour objet, on le voit, la recherche de nouvelles roules pour pénétrer dans la Chine. Cette vaste contrée, avec son immense population, était le grand but auquel aspiraient les missionnaires catholiques. Leurs premières tentatives d'établissement avaient été longtemps rendues infructueuses par l'interdiction du territoire de l'empire dont le gouvernement chinois s'est fait une règle à l'égard des étrangers ; mais enfin leur persévérance triompha des obstacles, et ils obtinrent, en 1583, la permission tant désirée. Les connaissances que beaucoup de religieux possédaient en mathémathiques et en astronomie les servirent puissamment dans leurs rapports avec les Chinois , près de qui ces sciences sont fort en honneur ; ces connaissances ont grandement contribué aussi à rendre fructueux pour la géographie le long séjour des jésuites à la Chine. Grâces à leur admission dans l'intérieur du Céleste IL 6
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Empire , et à l'accès que plusieurs d'entre eux se frayèrent aux sources historiques de la littérature chinoise, l'Europe reçut enfin , dans le cours du dix-septième siècle , des notions plus complètes, plus justes et plus étendues qu'elle n'en avait eu jusque-là sur cette grande portion de l'Asie orientale. Les travaux plus importants et plus approfondis des missionnaires du dix-huitième siècle ne doivent pas nous rendre injustes pour ceux du dix-septième , qui les premiers ont porté la charrue dans un champ d'études encore inculte : c'est donc un devoir de rappeler avec honneur les noms de Mendoza , de Ricci, de Tri~ gaulty à1 Alvarez Semedo , d'Adam Schall, de Navarrete, de Magaillans, de Verbiest, et surtout de Martini, auteur delà China il lustrai a , l'ensemble le plus complet des connaissances réunies sur la Chine avant le grand ouvrage rédigé un siècle plus tard par Duhalde. Le désir qu'avaient les Hollandais de s'ouvrir l'accès de l'empire, dans des vues toutes de commerce, donna lieu à deux ambassades qui servirent beaucoup moins que les travaux des missionnaires à l'avancement des connaissances géographiques -, la première dont Nieuhoff a écrit la relation, arriva à Pékin en 1656-, la seconde, en 1664.
L'année 1687 marque une grande époque dans l'histoire géographique de la Chine. C'est de cette année que date la mission française, dont les PP. Tachard, Gcrbillon , Visdelou , Lecomte et Bouvet formèrent le premier noyau : mission à jamais illustre par le grand nombre d'hommes éminents qu'elle a comptés dans son sein, et à laquelle l'Europe- doit une masse de documents précieux pour la connaissance historique, ethnologique et géographique des parties orientales et centrales de l'Asie.
C'est aussi dans le dix-septième siècle qu'eurent lieu les premiers rapports entre la Russie et la Chine. Depuis le milieu du siècle précédent, les chasseurs russes ou kosaques avaient continué leurs excursions à l'est des monts Oural ; et un aventurier nommé Iermak s'était rendu maître, en 1581, d'un kbânat tartare (ou peut-être turk) dont la capitale, Sibir^ était située sur les bords du bas Irtisch. C'est de ce khânat de Sibir, dont Iermak fit hommage au tzar Ivan IV, que les pays ultérieurement découverts plus à l'est jusqu'à la pointe extrême du Continent
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ont pris le nom de Sibérie. A partir de cette époque , les Russes s'étendirent rapidement et sans interruption dans la zone septentrionale de l'Asie. Cette extension progressive de la domination moscovite sur les plaines monotones qui se prolongent de l'Altaï à l'Océan Glacial , trouvait moins d'obstacles dans les rares tribus disséminées sur le bord des fleuves , que dans la nature même du pays. En 1596, les Ostiaks du haut Irtisch reconnurent la suprématie du tzar; deux ans plus tard , la fondation de Tobolsk amena l'abandon , et par suite la ruine de la ville tartare de Sibir. En 1614, les chasseurs ou Promischlénis russes, race aventureuse à laquelle on dut l'exploration successive de toute la Sibérie, s'avancèrent jusqu'au bas Iéniseï, et pour la première fois se hasardèrent sur la mer Glaciale ; en 1617, ils avaient franchi la Léna et étaient arrivés sur les bords de cette portion de l'Océan oriental que nous nommons aujourd'hui mer d'Okhotsk. Une seconde tentative de navigation sur l'Océan Arctique eut pour résultat, en 1636, la reconnaissance delà côte comprise entre l'embouchure de la Léna et celle de la Kolima ; le groupe d'îles qui s'étend à quelque distance au nord de cette cote, et que nos cartes désignent sous le nom de Nouvelle- Sibérie , ne fut aperçu que plus tard, en 1670. Longtemps avant cette dernière époque, en 1647, les Promischlénis avaient poursuivi leurs excursions maritimes à partir de la Kolima ; et doublant la pointe avancée qui termine l'Asie au nord-est, ils étaient arrivés à la bouche de l'Anadir, dans le pays des Tchoutchas. On venait d'atteindre la limite extrême de l'Ancien Continent ; mais on était loin de se douter alors qu'un bras de mer étroit séparait seul ce continent de celui que Colomb avait découvert.
Pour compléter l'exploration de la Sibérie, il ne restait plus à découvrir que le Kamtchatka, qui commence à peu de distance au sud de l'Anadir. Cette grande presqu'île ne fut cependant reconnue qu'un demi-siècle plus tard, en 1697.
En même temps que des partis de chasseurs achevaient l'exploration de la région glacée qui borde la mer Arctique et se prolonge jusqu'au Cap Oriental , d'autres aventuriers , pareillement encouragés par le gouvernement moscovite, pénétraient dans les parties méridionales de la même région. Dès l'année 1639, on avait eu des notions sur la Daourie, grand pays qui
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s'étend à l'est du lac Baîkal. Cinq ans plus tard les Promischlénis avaient reconnu le cours de l'Onoûn et du Kerloûn , deux rivières considérables sorties du massif altaïque , et qui se réunissent vers la limite orientale de la Daourie pour former l'Amour • et en 1646 ils avaient descendu jusqu'à son embouchure le cours de ce dernier fleuve, qui traverse le cœur du pays des Mandchous. Nertchïnsk, sur l'Onoûn, et Selïnghïnsk sur la Sélïnga, entre le lac Baîkal et l'Altaï , furent alors fondées pour protéger contre les tribus tartares les nouveaux établissements de la Daourie.
Les Russes étaient arrivés aux confins des pays dont les habitants, Mongols ou Mandchous , reconnaissaient la suprématie de l'empereur de la Chine. Ainsi , deux grands empires, que séparaient naguère mille lieues de déserts , se trouvaient maintenant en contact au fond de l'Asie. Les premières tentatives d'envahissement des chasseurs russes au delà du Kherloûn amenèrent quelques collisions; ces collisions furent suivies de pourparlers, qui conduisirent à un traité. Ce traité, signé le 27 août 1689, régla les frontières russo-chinoises au nord du Grand Plateau , telles à peu près qu'elles subsistent encore aujourd'hui. Trois ans après cette époque, en 1692, Pierre 1er, dont le génie méditait dès lors les grandes conceptions qui ont ouvert à sa nation le chemin de la civilisation européenne , envoya en Chine une ambassade conduite par Isbrand Ides, pour élargir les bases des futures relations de commerce entre les deux empires. Kiakhta, sur la Selïnga, est devenu depuis cette époque le siège d'une foire annuelle très-importante; et cet établissement , situé au pied même des montagnes qui forment au nord l'escarpement du Plateau Central, a donné aux Russes, depuis cent cinquante ans, de grandes facilités pour perfectionner la géographie de ces hautes régions intérieures.
Sur un autre point des frontières de la Russie , dans les pays caucasiens , nous n'avons pas à citer de voyages qui aient notablement contribué à l'avancement des connaissances géographiques , depuis le milieu du seizième siècle jusqu'à la fin du dix-septième. Les missionnaires italiens Lamberto et Zampi ne donnent que des notions très-restreintes sur la Colchide et sur la Mingrélie; et plus tard, en 1637, Jean de Lucane fournit