PERSE. AFGHANISTAN
sources ainsi que la topographie du pays; en 1810, MM. Pot- Unger et Christie parcoururent le Balouchistân sans mission apparente, dans le but de s'assurer des facilités ou des obstacles que cette contrée presque sauvage pourrait offrir à la marche d'une armée. Nul voyageur européen, depuis le siècle d'Alexandre, n'avait pénétré dans ces solitudes arides où faillit s'engloutir l'armée du conquérant macédonien. Les relations de ces deux voyages ont jeté un jour tout nouveau sur la géographie de l'Iran oriental , et forment aujourd'hui encore le fonds de nos connaissances sur ces régions.
Éloignée du bruit des armes qui remplissait l'Europe , et en apparence étrangère aux préoccupations politiques, la Société du Bengale poursuivait avec une activité croissante le cours de ses savants travaux. La langue sacrée, le sanskrit, n'avait plus de secrets pour les Colebrooke et lesWilkins; et l'œil avide des nouveaux indianistes pouvait déjà sonder les profondeurs de cette littérature mystérieuse qui recèle peut-être les plus anciens titres du Genre Humain. En même temps que l'étude philologique, l'étude morale, philosophique et littéraire de l'Inde faisait de rapides progrès ; et la topographie des provinces se perfectionnait et s'étendait à chaque nouvelle acquisition de la Compagnie dans l'intérieur de la Péninsule. Les parties les moins connues étaient celles qui touchent vers le nord à la chaîne de l'IIimalaïa; l'accès difficile de ces hautes régions, joint au caractère belliqueux des peuples indépendants qui les habitent, élevaient une barrière presque infranchissable entre elles et la curiosité européenne. Aussi le gouvernement général de Calcutta, de même que la Société Asiatique, ne laissaitil échapper aucune des chances d'exploration que le hasard pouvait offrir. Depuis Kirkpatrick et Hardwicke aucune ne s'était présentée jusqu'en 1802; à cette dernière époque, sir Francis Buchanan (qui porta plus tard le nom de sir Hamilton) , dont nous avons déjà mentionné le voyage au Maïssoûr, put séjourner quatorze mois entiers à Katmandou, capitale du Népal. Les notions que ce long séjour lui avait procurées sur le pays furent beaucoup augmentées dans un second voyage de 1814, et nous en ont valu une bonne relation. En 1808, la Société de Calcutta fit explorer par M. IVtbb% accompagné des capitaines
ASIE
[19e- SIÈCLE.
Râper et Hearsay et Je M. Colebrooke, la partie supérieure du cours du Gange, dont la source, objet de longues controverses entre les géographes, fut enfin reconnue. En 1812 l'intrépide Moorcroft, parvenu à la haute vallée de Ladak que traverse le cours supérieur du Sindh et qui forme l'extrémité occidentale du Tibet, essaya en vain de franchir le massif des Monts Kouen- Loun qui sépare cette vallée de la Petite Boukhârie ; il ne put ni vaincre ni tromper l'ombrageuse politique, ou si l'on veut la sage défiance des agents du gouvernement chinois, qui étend son autorité jusqu'à cette limite extrême du Grand Plateau. Un musulman de Dehli , compagnon de Moorcroft , a dû à sa qualité d'Asiatique de pouvoir pénétrer dans les contrées interdites au voyageur européen. Mir-lzzel-Oullâh a visité larkand, Kachgâr, Kokand et Fcrghâna; et ses itinéraires ont fourni de bien précieux documents pour la géographie de ces régions centrales. Fraser , en 1815, parcourut le massif neigeux où le Gange et la Djemna ont leurs sources.
Les quinze premières années du dix-neuvième siècle n'ont rien ajouté aux notions acquises sur les extrémités orientales du Continent; l'Archipel Asiatique et le Japon présentent seuls, dans cet intervalle , quelques faits nouveaux à ajouter à leur histoire géographique. La guerre européenne avait fait passer, en 181 1, l'île de Java et les autres colonies néerlandaises aux mains de l'Angleterre. Cette possession , quoique momentanée , n'a pas été inutile à l'accroissement de nos connaissances sur cette région insulaire \ elle a surtout puissamment contribué à répandre en Europe les notions recueillies par les précédents possesseurs, et qui étaient restées en quelque sorte confinées dans la Néerlande. L'ouvrage de Marsden sur l'île de Sumatra, ceux de * Rafp.es et de John Crawfurd sur Java et l'ensemble de l'Archipel, se rattachent à cette courte période de la domination anglaise sur les îles Asiatiques.
Le dix-huitième siècle n'avaient produit qu'un seul ouvrage notable sur le Japon, celui du botaniste suédois Thunberg. Un résident néerlandais, M. Tilsingh , celui-là même qui remplit en 1794 l'office d'ambassadeur do la Compagnie Hollandaise près l'empereur de la Chine, profita d'un long séjour à Nagasaki pour y former, quarante ans après Thunberg , une ri die collée-