‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 60 sur 189 · I>E 1801 A 1815.] H1MALA1A. JAPON · texte numérisé non relu

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tion de livres , de cartes et d'objets de toute nature. Malheureusement on n'a publié qu'une faible partie de ces riches matériaux. Un moment on put espérer en Europe que la sévère interdiction de l'empire japonais à tous les étrangers allait devenir moins absolue, et que de nouvelles sources d'instruction sur ce singulier empire nous seraient ouvertes : cette espérance ne tarda pas à être déçue. Le gouvernement russe, qui avait cru voir un favorable augure dans quelques rapports fortuits entre des Japonais naufragés et ses propres sujets de la Sibérie orientale, se détermina, en 1804, à envoyer une ambassade au souverain du Japon. Mais l'ambassadeur lui-même n'obtint qu'à grand'peine la permission de quitter son vaisseau, et ne put se présenter devant le souverain. Cependant, quoique la mission politique et commerciale eût complètement échoué , elle n'a pas été inutile au perfectionnement de la géographie. Le capitaine Krusenstern, chef de l'expédition navale qui transportait l'ambassadeur, put faire de nombreux relèvements sur les côtes japonaises, dans la mer de Tartarie précédemment explorée par La Pérouse et par Broughton , au pourtour de l'île de Tarakaï et dans l'archipel des Kouriles; l'hydrographie de ces parages s'est ainsi notablement perfectionnée dans une assez grande étendue. Un capitaine russe nommé Golovniny qui fut en 1811 retenu comme captif par les Japonais, a fourni depuis d'intéressants détails sur Matsmaï , la dernière des iles du Japon vers le nord, et sur les Kouriles méridionales.

A la même époque où avait lieu l'infructueuse démarche du gouvernement russe près de l'empereur du Japon , une mission diplomatique envoyée de Saint-Pétersbourg vers le gouvernement chinois n'avait pas un meilleur résultat. Arrêté à Kiakhta, sur la frontière russo-tartare , par quelques différents survenus avec les autorités chinoises, l'ambassadeur se vit dans la nécessité de reprendre le chemin de la Russie. De quelque peu d'utilité directe qu'ait été cette ambassade de 1805 pour l'avancement de la Géographie, elle n'en doit pas moins être comptée parmi les événements qui ont servi de la manière la plus notable au progrès de nos connaissances générales sur l'Asie. M. Jules Klaprotà , jeune alors et qui depuis a conquis une si haute place parmi les maîtres de l'érudition orientale, était au nombre des

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personnes attachées à l'ambassade ; et c'est de ce voyage que date sûrement la première pensée de quelques-uns de ces profonds travaux de philologie et d'histoire qui ont si puissamment contribué à débrouiller l'ethnologie des parties intérieures et septentrionales du continent asiatique.

Ce fut en effet, dans la vie scientifique de M. Klaproth, un grand avantage d'avoir pu visiter lui-même une partie des peuples qui devinrent l'objet de ses travaux ultérieurs. Son voyage dans le Caucase, de 1807 à 1808, valut à l'Europe la meilleure relation et la plus complète que l'on eût encore donnée sur les parties centrales de l'isthme caucasien. MM. Steven , en 1810, Engelhardt et Par rot m 1811, ajoutèrent de nouveaux matériaux à la géographie de cette région.

Il en est une qui lui confine et sur laquelle on ne possédait encore que des données bien incomplètes, qui commençait à attirer d'une manière plus spéciale l'attention des voyageurs instruits : nous voulons parler de l'Asie Mineure. Un savant anglais, Leake, en avait parcouru en 1800 quelques parties des moins fréquentées, et s'était attaché tout à la fois à l'étude de la topographie actuelle et à la restitution de la géographie classique. Corancez, en 1809, se rendant d'Alexandrelte à Smyrne, suivit, dans l'intérieur de la Karamanie, une ligne où aucun autre voyageur ne l'avait précédé, où jusqu'à présent aucun ne l'a suivi. La cèle même de cette partie méridionale de la Péninsule, sur laquelle les marins n'avaient que des cartes d'une date ancienne, fut relevée en 1811 et 1812 par M. Beaufbrt , officier de la marine britannique. Le récit des opérations de cette campagne hydrographique, rempli d'observations sur la géographie des parties littorales, est encore aujourd'hui au nombre des meilleurs ouvrages que nous possédions sur l'Asie Mineure. MM. Andréossy et Pertwier en donnèrent vers le même temps de fort estimables sur le Bosphore; et l'officier anglais Macdonald Kînneir, qui savait allier les études savantes avec les devoirs de son état , parcourut la Péninsule dans plusieurs directions en 1813 et 1814. Nous avons déjà cité de lui un remarquable travail sur la géographie de la Perse. ^ Parmi les voyageurs dont les courses n'ont eu d'autre mobile que les progrès de la science et qui y ont contribué pour une

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