‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 62 sur 189 · DE 1816A 1845.] RELATIONS RÉGENTES DE LA PERSE · texte numérisé non relu

DE 1816A 1845.] RELATIONS RÉGENTES DE LA PERSE

nents , se sont attachés à en étudier diverses provinces et en ont donné d'excellentes notices. La science a pour le moins autant à gagner à ces monographies savantes , où l'attention de l'explorateur, concentrée sur un moindre nombre d'objets, peut mieux approfondir ceux auxquels elle s'arrête , qu'aux relations plus vastes dans lesquelles il est difficile que les études et les appréciations du voyageur ne perdent pas souvent en profondeur ce qu'elles acquièrent en étendue.

Bien que le voyage de M. James Rich aux ruines de Babylone remonte par sa date (1811) à une époque antérieure à 1815, par celle de sa publication complète il appartient à la période actuelle. M. James Rich occupait à Bagdad le poste de résident de la Compagnie des Indes ; son goût éclairé pour la géographie et les recherches d'antiquités sut mettre à profit les facilités d'études locales que lui donnait sa position. On a de lui en outre un voyage dans le Kourdistan jusqu'au site de l'ancienne Ninive , et une visite à Chiràz et à Persépolis. 11 est à regretter que les nombreuses excursions géographiques de notre compatriote M. ridai, interprète du consulat de France à Bagdad où il résidait à la même époque que M. Rich , n'aient pas été publiées dans leur entier; ce que des communications partielles en ont fait connaître promettait à la science d'intéressants matériaux. Les ruines de ces deux cités fameuses du vieil Orient, Ninive et Babylone, furent de nouveau visitées et décrites en 1816 par un autre voyageur anglais, Buckingham, qui venait de parcourir la Syrie dont il donné aussi une ample relation. Dans le même temps (1817), William Heude visitait le Golfe Pcrsique, dont les relèvements de plusieurs officiers de la marine anglaise, notamment ceux de MM. IVhitelock , Beke et Carter, ont depuis lui perfectionné l'hydrographie-, et l'élégant pinceau d'un artiste anglais, M. Ker-Porter, figurait avec plus de précision que d'autres ne l'avaient fait avant lui les monuments et les antiquités les plus célèbres des rives du Tigre et de la Perse occidentale , secours toujours nécessaire aux meilleures descriptions, et dont aucune ne saurait tenir lieu. C'est à la même époque aussi qu'une ambassade russe qui se rendit à la cour de Perse valut à l'Europe l'intéressante relation de M. Kotzebue.

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Un voyageur déjà connu par une excursion aux glaciers de l'Himalaïa, M. James Baillie Fraser, parcourut diverses parties de la Perse, en 1821 et 1822, dans un but d'exploration scientifique. 11 traversa toute la largeur de l'Irân depuis le golfe Persique jusqu'à Téhérân , s'avança jusque dans le Khoraçân occidental , et n'ayant pu pénétrer jusqu'à Balk revint vers la mer Caspienne, dont il étudia les côtes méridionales que bordent le Mazandérân et le Ghilân. Cet itinéraire, d'un grand intérêt géographique, est en partie celui qu'avait tenu Forster en 1783, et qu'ont suivi depuis dans les mêmes provinces Arthur Conolly en 1830, et Alexandre Burnes en 1832. M. Fraser est retourné une seconde fois en Perse en 1834 , et a vu de nouveau une partie des lieux où l'avait conduit son premier voyage. Un de nos compatriotes, M. Charles Bélanger, a recueilli aussi, en 1825, une ample moisson d'observations scientifiques dans un voyage au nord de l'Inde par le sud de la mer Caspienne, le Khoraçân et l'Afghanistan ; mais l'auteur n'a payé qu'à demi sa dette à la science. Un seul volume de sa relation a paru , et rien n'annonce que cette belle publication, interrompue depuis dix ans, doive être jamais terminée.

Un autre voyage dans le bassin du Tigre et dans l'ouest de la Perse a été interrompu aussi , mais d'une manière plus douloureuse : c'est celui de M. Schulz. M. Schulz, quoique Allemand de naissance , avait consacré à la France ses talents distingués dans la littérature orientale ; et le Gouvernement français, sur la recommandation de la Société Asiatique de Paris, l'avait jugé digne d'une mission scientifique en Orient. Déjà d'importantes découvertes avaient signalé ses premiers pas autour du lac de Vân et dans le Kourdistân (1829), lorsque le malheureux Schulz périt assassiné , victime de la cupidité féroce des tribus de celte contrée. Par bonheur ses papiers ont'pu être recueillis, et la Société Asiatique, à laquelle a été confiée l'honorable tâche d'en préparer la publication , pourra bientôt, sans doute, satisfaire à l'impatience du monde savant.

Nous arrivons à une époque marquée par une longue série d'études topographiques sur celles des provinces de la Perse, de la Mésopotamie et du Kourdistân qui occupent le bassin de l'Euphrate et celui du Tigre , et qui bordent la côte septentrionale

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