‹ Description historique et géographique de l'Asie Mineure, comprenant les temps anciens, le moyen age et les temps modernes, avec un précis détaillé des voyages qui ont été faits dans la péninsule, depuis l'époque des croisades jusqu'aux temps les plus récents; précédé d'un tableau de l'hstoire géographique de l'Asie, depuis les plus anciens temps jusqu'à nos joursChapitre 65 sur 189 · DE 1816 A 1845.] EXPLORATIONS RÉCENTES M CAUCASE · texte numérisé non relu

DE 1816 A 1845.] EXPLORATIONS RÉCENTES M CAUCASE

d'autant plus précieux que l'auteur y a résume aussi les notions fournies sur les pays Caucasiens par plusieurs ouvrages descriptifs publiés à S.-Pétersbourg, mais qui sont écrits en russe et conséquemment peu accessibles au reste de l'Europe. A la même époque, une commission scientifique composée de MM. Kùpffer, Ménétriès et Lenz déterminait la hauteur du mont Elbrouz , point culminant du massif caucasien , et enrichissait par ses investigations toutes les parties de l'histoire naturelle de l'Isthme.

Un motif différent conduisait dans le môme temps un savant hongrois au fond des âpres vallées du Caucase , parmi les tribus indigènes non moins rudes que leurs montagnes. M. Charles Besse venait chercher au milieu de ces tribus la trace des ancêtres de sa patrie, les Madgiars, comme Csoma de Korôs avait été chercher leur berceau au cœur de l'Asie.

D'autres voyages scientifiques ont encore ajouté, de 1830 à 1 840 , aux notions acquises par tant de remarquables travaux sur l'ensemble des pays caucasiens. M. Friedrik Parrot, dont les sciences ont eu à déplorer la perte prématurée , reprenant pour le compléter son premier voyage de 1812, a pénétré jusqu'à l'Ararat dont il a fait le premier l'objet d'une étude particulière, et dont il a constaté la nature volcanique. M. Sjëgren a exploré en 1836 les profondes vallées du massif central, pour y reprendre les études philologiques de Culdenslàdt et de Klaproth$ et le DT Nordman, en 1837, a parcouru en naturaliste les provinces qu'arrose le Phase , et qui bordent le fond de la mer Noire. Le Dr Kolénati explore en ce moment la Céorgie et d'autres parties du Caucase, en naturaliste et en ethnologue. Les recherches de ces différents voyageurs ont été dirigées par les instructions de l'Académie Impériale des Sciences de Sl- Pétersbourg. C'est aussi sous l'inspiration de cette compagnie savante, qui a pris un haut rang parmi les académies de l'Europe par l'importance de ses travaux aussi bien que par leur activité, qu'une commission a été formée en 1837 pour fixer, au moyen d'un nivellement prolongé dans toute la largeur de l'Isthme entre la mer Noire et la mer Caspienne, les incertitudes qui existaient encore sur le niveau relatif de ces doux mers. Cette commission était composée de MM. Fuss, Sabler

ASIE

[19e SIÈCLE.

et Sawitsch. Elle a complètement répondu à la confiance de l'Académie, et le problème paraît enfin résolu. Il résulte des opérations de MM. Sabler et Sawitsch que le niveau de la mer Caspienne est de 75 pieds , ou un peu moins de 25 mètres , audessous des eaux de la mer Noire. Disons cependant qu'un voyageur plus récent, M. Hommaire de Hell, a contesté la rigoureuse exactitude de ce résultat final .

Dans le temps même où ces importants travaux s'accomplissaient simultanément, un voyageur isolé recueillait avec une rare constance, par une longue suite de courses successives daus toutes les parties de l'Isthme, les matériaux de l'ouvrage le plus étendu, le plus riche de faits et le plus complet qu'on eût encore publié sur les pays du Caucase. Ce voyageur est M. Dubois de Montpèr eux. Son livre, aujourd'hui publié, ne forme pas moins de six forts volumes accompagnés d'un atlas très-considérable. La Société de Géographie de Paris a jugé ce voyage digne de sa grande médaille d'or, et jamais récompense ne fut mieux justifiée par l'importance de l'ouvrage qui en fut l'objet. Géographie, ethnologie, antiquités, histoire naturelle dans ses différentes branches, le livre de M. Dubois embrasse tout} et il n'est aucune de ces diverses ramifications du savoir humain qu'il n'ait perfectionnée dans ses détails ou enrichie de nouveaux faits.

Un nombre assez considérable de voyages plus restreints, bornés à quelques-unes des contrées particulières que l'Isthme renferme, ont complété les lacunes que des travaux d'une nature plus générale laissent inévitablement sur quelques points d'un grand ensemble. Le pays des Tchcrkesses , qui s'étend le long de la côte orientale de la mer Noire depuis le Kouban jusqu'à la Mingrélie, a été particulièrement favorisé sous ce rapport. MM. Taitbout de Marigny et Tausch en 1818, Stanislas Bell et Longworth de 1836 à 1839, en ont donné d'excellentes relations. Grâces surtout au livre de M. Bell, les pittoresques vallées delà Circassie , et les mœurs du peuple singulier qui les habite, sont aujourd'hui aussi parfaitement connus qu'aucun des pays de l'Europe elle-même. La zone maritime où demeurent les Lazes , entre le Phase et Trébizonde , a été partiellement parcourue, indépendamment des explorations de M. Nordman,

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