XIV, 292; VIII, 48; XV
ASIE-MINEURE. [12e SIÈCLE AV. J.-C.
troyen projette sur la mer Égée , vis-à-vis de la vaste Lesbos (0.
De nombreux fleuves — pour employer le langage du poète — se précipitent du haut de l'Ida et vont porter leurs eaux rapides aux mers environnantes C2). Homère nomme le Rhèsos, YHeptaporos, le Karèsos, le Rhodios, et le Granikos que devait plus tard immortaliser un autre Achille W, et le noir Aïsepos (*), et le fougueux SimoïSy qui se grossit de nombreux torrents et entraîne parfois dans sa course impétueuse les rochers et les arbres déracinés (5) ; et le divin Skamandre, qui, dans la langue des dieux, se nomme Xanthe («). Le Skamandre jaillit de deux sources limpides , non loin des murailles d'Ilion ; puis , après un cours ombragé de roseaux et semé de gouffres tournoyants (*), il va mêler ses eaux à celles du Simoïs dans la plaine troycnne (•). Le poète décrit en ces termes la double source du fleuve : « L'une des deux sources roule une onde chaude , et de son sein s'élève tout à Tentour une fumée pareille à celle d'un grand feu; l'autre, même durant l'été, coule aussi froide que la grêle, ou la neige, ou le cristal d'une onde glacée. Là furent construits de beaux et vastes bassins de pierre , où les femmes des Troyens et leurs filles charmantes venaient laver leurs vêtements magnifiques aux jours de la paix, avant l'arrivée des Grecs (•). »
Ces indications si précises, et que l'état actuel des lieux confirme de point en point , ne peuvent laisser de doutes fondés sur
» lliad. XIV, 284-5.
» Id. XII, 820.
a Homère , conformément à l'orthographe ionienne , écrit Grènlk , rp^vcxo?. 4 IL II , 825.
* Id. XXI, 311 et mi v.
0 Jd. XII, 820; XX, 74; — Sdvôoç, le blond, sans doute à cause de la couleur jaunâtre de ses eaux limoneuses. D'autres rivières portent le même nom dans l'ancienne géographie , probablement par une raison semblable.
* lliad. V, 36 ; XIV , 434 ; XXI , 2 , 21 ; XXIV , 693. —Les roseaux du Skamandre ont été illustrés longtemps après Homère'par une aventure assez scandaleuse plaisamment racontée par l'orateur Eschine dans une des lettres qui nous sont restées de lui (t. II , p. 639 , de la traduction de Démosthènes et d'Eschine de l'abbé Augcr). Barthélémy a donné place à cette aventure dans son Anacharsis.
9 Id. XXII, 147 et suiv. Nous suivons ici la traduction aussi élégante que fidèle de II. Dugas-Montbel , t. II, p. 241.