‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 10 sur 155 · XXIV MÉMOIRE · texte numérisé non relu

XXIV MÉMOIRE

près, entrç Lçs poinj^ où i on a sondé en 18 1 1 et le mont Ciroeo ; et Ton voit qu'à partir de ces points, le fond antique de la mer s*çlèye g^*^-

< La secoude couche B est composée de la même argile, mêlée «vec une grande quanlhé de « coquillages, en {^a^'^ic entiers, et en partie broyés. U me parait que c'était le fond antique « de la mer , avaAt la formation des marais Pontins. Nous svon» k présent deux points bien « r«connus de la position de ce golfe antique : l'un , à la Jifessa jMna delV Uffente (bj , par des « sondes faites en votre présence; et l'autre, au pont de la Schiàzza. On voit que le fond va « en s*élevant graduellement, à mesure que Ton s'approche du mont Circeo, père de cette « plaine; nous pourrons vérifier ces conjectures , en faisant les fouilles des fondations du pont n de TAmazeno.

« La troisième couche C est une tourbe noire et compacte , de formation très-ancienne, et « de beaucoup antérieure a la voie Appia. Cette couche a sa base a peu près horizontale ; mais a sa surface supérieure présente des inégalités. Son épaisseur sous la voie Appia est de i «So; N mais , hors du plan de cette route , elle se relève dVnvîron i "^ao. Ainsi , il paratt que son « épaisseur totale primitive était de 3 "■, et a été diminuée de deux cinquièmes par Teffet de la « compression due au poids des matériaux qui composent la voie Appia.

« Le poids comprimant peut être évalué à 8600 kilogrammes par mètre carré. Voici le « détail :

« Le corps de la chaussée , superposé à la tourbe, est en grande partie composé d*un tiers

* de pierres calcaires , dont le mètre cube pèse , d*après mes observations aBoo^^'f ■

« et de deux tiers de cailloutage, dont le mètre cube pèse i6ao.

< Ainsi un mètre cube du massif pèse , savoir :

« Un tiers de pierre calcaire 93'i^<v-

a Deux tiers de cailloutage ' 1 080 .

« Total 2oi3.

• qu'on peut réduire à looo kilogrammes , à cause des terres dont il est mélangé. Ce nombre , « mnltiplîé par la hauteur de 4 "30 du massif au-dessus de la tourbe , donne le poidi total « comprimant de 8600 kilogrammes, comme ci-dessus.*

€ La tourbe s*est trouvée tendre, de la consistance d'un fromage frais, mais fort élastique. « Les morceaux qu'où en a tirés, placés dans un lieu scC, se sont, en trois ou quatre mois, di-

< minués de plus de la moitié de leur volume , sont devenus très -compactes , et ont perdu leur « élasticité, ainsi que vous pourrez Tobserver sur vos échantillons. Il parait que leur poids est « diminué; mais je ue puis pas déterminer cette diminution , n'ayant pas eu l'attention de les <• peser quand on les a extraits.

« On peut conclure de ces observations , que U voie Appia , établie sur la tourbe , se trouve « soutenue par l'eau qui y est contenue , et que cette voie éprouverait un affaissement total ,

< si Ton pouvait dessécher complètement la couche tourbeuse.

iff) Ceit le lieo où ont été faitM, en 1811 , 1« londei mcntionsées ci-dei*oi daai le texte, et dont on tronvel tabtean àran.a3i.

SUR LES MARAIS PONTINS. xxv

duellement jusqu'au mont dont ses eaux baignaient le pffrimètre

entier.

• Je me perrnrUrai, à propos de cette coachc, de placer ici des observations étrangères à « notre objet, mats qaî peuvent int<^resser. La conpnre de la voie Appia, avant que les culées «I du |)ont lussent élevées, était un centre d'émanation d'air délétère. Lin grand nombre d*OQ- « vricrs y sont lombds malades; trois terrassiers sont morts des suites de la maladie. Le chef ■ d'atelier dirigeant le battage des pieux , et qni n'avait jamais été malade à Terractne, où il « était occupé tous les ans, a contracté une maladie atonique dont il ne peut pas encore se « relever. J'oi été moi-même attaqué deux fois de la fièvre, l'année dernière, pour avoir seajourné deux on trois heures dans les fouilh-s.

■ La concentration de mauvais air qui avait lieu dans ces fouilles , ne pouvait, ce me sem-

^bte, être produite que par les exhalaisons de la tourbe qui y était mise en conla<?t avec l'air,

« exhalaisons dont l'abondance est indiquée par la diminution notable de volume qu'éprouve

la tourbe desséclice. Ne pourrait-on pas recueillir et analyser les gaa émanés de cette tourbe,

i«aûn d'aisigner la nature de cet air délétère qu'on ne connaît encore que par ses funestes

efTeU!

- Pardonnez cette digression sur les miasmes morbiferes à un homme qui a un aussi grand « intérêt de s'en défendre.

« La couche D, posée sur la loarbe, est une terre argileuse mêlée de petits morceaux de t carbonate de chaux, semblables à ceux que l'on a trouvés prés de là, dans la fouille de l'an- " cien lit del'Uffente. Cette couche a une épaisseur presque uniforme deo"'î5, et est toute " colorée d'an beau bleu céleste; mais cette couleur a presque entièrement disparu dans les

• échantillons , quelques jours après leur extraction cL leur séparation de la tourbe avec la- « quelle ils étaient en contact. 11 md semble que celle terre a été ■p|>ortée là par les eaux de •I ruffcnle et de ses afQucns, parmi lesquels se trouvaient anciennement la Tepia , et , avant

• 1777 1 l'Amazeno. La formation des petits morceaux de carbonate calcaire me parait due à « la combinaison d'une matière tenue en suspension dans les eaux dei GrecUli (^vojez les art. « '2ï4 et 49'.A)t avec le charbon de la tourbe; il doit y avoir du soufre et quelque principe 4 métallique; et ta conleur bleu céleste me semble provenir des émanations de la tourbe, puis-

• qu'elle disparait lorsque la matière colorée en est séparée, et qu'elle s'étend à une hauteur «constante au-dessus de la couche tourbeuse.

• La coucbe E, très-inégale , a une épaisseur moyenne de o"* ^o. Quand on en a tiré des

• ccbantillons, elle avait l'aspect d'une terre sablonneuse, et je l'aî indiquée dans la coupe « avec ce caractère. Je ne pouvais pas d'abord juger si c'était une terre :ipporléc par les eaux

- ou par la main des hommes, et je l'avais considérée comme tenant â une circonstance accî- « dentelle particulière au point où je faisais mes fouilles; mais cette terre, extraite et dessé-

- chée, m'a ensuite paru une matière cohérente, et présentant quelques caractères de terre

• argileuse , comiue vous pourrez le juger h t'iospection de l'échantillon. Je suis porté â croire

• qu'elle est de la même nature et origine que la couche qui est au-dessous d'elle, et que leur ■ différence vient du contact de celle-ci avec la tourb<?, l'autre se trouvant À une dislance de

• cette tourbe telle , qu'elle n'en a pas éprouvé Tinflucnce.

• Le plan horizontal de la basse mer est actuellement à la hauteur de la couche E : la surface

Page 1