‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 126 sur 155 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Dernières réflexions sur le projet du canal des eaux supérieures, — Dérivation de ce canal pour conduire^ au besoin, une partie de ses eaux dans le Sisto.

4^16. Lfs lecteurs qui auront donné quelque attention aux détails dans lesquels nous sommes entrés sur le projet du canal des eaux supérieures, seront, nous n*en doutons pas, bien éloignés de regarder comme avantaj;eu8e la simplification de ce projet, qu on chercherait à obtenir en profilant des lits du Giunco et des Congiunte ^ pour réunir le canal projeté au Rio Fraace&cOi près le pont de S. Fecitola. L*écouomie de fouille

qaon obtiemlrait par ce chaogefnentf est ab»olumeDt insuffisante pour entrer en balance avec les motifs qui nous ont dctenninés à ne former la réunion des deux grands canaux qu'au Passo S. Donato. Nous avons vu que la partie du sol Rontin, située à Touest de la Niufa, au-dÊa6ou& de la noie Appia , est, par les affluents qui s'y jettent, dans un cas d'inondation tout particulier; Tiinmense quantité d*eau que cette* partie peut recevoir dans un temps très-court, exige des nuiyens de sûreté qui, sans Qetlc circonstance, pourraient être regardes comme superflus: c'est donc ^^e précaution rassurante que de se procurer, entre un canal qui, tout vaste qu'il est, peut être rempli en quelques instants, et les terrains quoiti veut préserver, un terre-plein de plusieurs centaines de mètres de lar*] geur, et un second canal ayant, ainsi que le premier, ses digues et coiit ^e-fossés. Si , par un accident quelconque, il survient sur la rive du premier canal une extravasiou d*eaii, ce o^ial étant supposé creusé e%j entretenu df. manière quo le courant principal soit toujours dans le senf ^ son lit, l'eau qui s'étendra sur le terre-plein arrivera au second cai Bul.aveç peAL^c vitesse;, ek, Qomaie ce&. inondations, d'orage sont, eu. général, d'autant plus courtes qu'elles sont plus fortes, le gonflement des eaux cessera avant qu'il m résulte de grands dommages. Les choses pourraient se passer bien autrement, si la totalité des eaux se trouvait renfermée dans un seul canal placé immédiatement sur la lisière des terrains qu\>u veut protéger.

Voici d'autres considérations indépendantes de celles qui précèdent, lie régime qu'aura le canal des eaux supérieures, et celui de la Ninfa , sont tout-à-lait différents : le premier recevra, dans les dift'érents temps de Tannée ,'des quantités d'eau extrêmement variables; ses changements d'état, quoique dépendants jusqu'à un oertain point des périodes des saisons, seront brusques et irréguliers: la Ninfa, au contraire, offrant peu de variations dans le produit de ses eaux , est sujette k itn régime benu- Qûup pitis rég^llie^; et ses crues n'ont, et quant aux époques et quant aux proportions entre leurs bauteurs successives., aucune relation fixe avec celles des autres eaux supérieures. De là un motif puissant pour ne troubler le iéginie de la Ninfa que le moins possible, eu égard à la navigation éjtablic dans son lit; car, en la chargeant d'eaux de torrent à un point trop élevé d« son cours., on rcmlraiti sa' navigation impossible i des époques où elfe serait praticable sans cettT» circonstance.

Ces iiK'onvénients disparaissent, ou au moins sont considérablement atténués, lorsqu'on fait la réunion des deux canaux au Passo ». DonatOi

SECTTON TV CHAPITRE X. 3a3

D'aborA on remet la grande masse des eaux k nxi poiiït plus rapptocbe de lorigine du canal délie Volte, qui (att. /|a/| ) peut être regardé comme Teinbouchure à la mer: de là une diminution sensible de rinflucnce des crues par le plus prompt et le plus facile abaissement des eaux; diminution qui sera sur-tout sensible lorsqtfon aura exécuté à la réunion'du Fiume Sisto et du canal délie Volte, et dans le lit de ce canal, les travaux nécessaires pour favoriser l'écotilemenl: ensuite, d*aprcs la quantité des eaux affluentes et la disposition du bassin dans lequel se trouve le catial , depuis le Passe S. Donato jusqu'au rivage de la mer, les bords de ce canal ne seront point sujets aux irruptions subites et destructives des eaux d'inondation, et aux désastres qui en sout ht suite; enfin le sert, dans le même intervalle , qui favorise très-peu la végétation des plantes aquatiques, est de nature à rendre l'entretien du lit du canal facile et peu dispendieux , et à fournir de très-bonne matière pour la formation des digues.

437. Nous n'en regardons pas moins comme utile, ainsi que nous Tavons déjà dit plusieurs fois, une dérivation du canal des eaux supérieures occidentales , qui, partant du bas de la quatrième chute , et suivant le lit des Congiunte^ convenablement préparé, irait déboucher, i l'origine du Rio Francesco, près du pont de S. Fecitola. Cette dérivation pourra servir dans plusieurs circonslances à répartir moins inégalement les eaux supérieures dans les deux canaux qui doivent se réunir au Passo S. Donato; car on a vu que les crues offrent, dans Tun et dans l'autre , des phénomènes très-différents et sur-tout indépendants: elle sera, au bas des Pascoli dî Piscinara^ un très-l)Ou auxiliaire pour on faciliter et en compléter Tasséchement ; enfin elle peut procurer, par la suite, d'intéressants avantages , si l'on se détermine à établir sur le canal occidental des eaux supérieures une navigation comme celle qui existe sur le canal oriental ; et il sera aisé de faire remonter ces deux navigations au-dessus de la voie Appia, en éclusant les chûtes.

D'après ces diverses considérations, nous pensons qu'il sera convenable de tenir la communication proposée fermée, à son origine, dans les temps ordinaires, en se ménageant les moyens de l'ouvrir à volonté quand les circonstances Icxigeront.

4a8. Il ne s*agit plus maintenant que d'assigner la quantité d'eaa que ce canal de dérivation pourra conduire, sa pente, ses dimensions transversales, et la vitesse compatible avec ces divers éléments. J'observe que si, dans quelque circonstance extraordinaire, le canal occidental des eaux

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supérieures était plus chargé d'eau , et que le canal oriental le fut moins iiqu on ne Ta supposé dans les calculs relatifs à ces deux canaux, la déri< Tation serait employée k détruire ou au moins à diminuer la surcbar^ dune part et le déficit de Tautre; d après cette considération , il est ooi venable de disposer le projet de manière que« lorsque la dérivation bcra pleine, leau y coule avec la même vitesse ( l'^au ) assignée, dans le tableau cité, à la partie du canal comprise entre rembouchiue des Congiunte et le Passo S. Donato. Si à cette donnée on réunit celle de la quantité d'eau à dériver, qui ne peut pas être moindre de ao mètres cubes, et que nous porterons à ^5, on aura tous les éléments de calcul nécessaires pour déterminer la pente et la section transversale d'aprèj les équations (i) de Varticle 6i.

Les équations donnent:

Déclis'Ué =/= 0,0005187.

Largeur mojrenne\ du trapèze inférieur\ =x= S'aay.

ou cunette ;

On a ensuite, diaprés les valeurs numériques consignées dans I article"

entre les arêtes supérieures i9"6oi

k la base lô^t^SS.

entre les arêtes supérieures 6,534.

à la base 3,920.

Largeur de chacune des banquettes pratiquées au milieu

de la hauteur 5,aa^.

Hauteur totale du profil i , n^a.

Hauteur de chacun des trapèzes qui composent ce profil. . . 0,781.

■art. tvré».

Aire du profil total '■*o,4q.

419. On a vu (art. 4ï 8) que la pente totale entre le bas de la quatrième chute et le fond du Rio Francesco à lemboiichure des Congiunie ^ qui sera aussi le fond de la dérivation au même point, était de i"ïoi ; cequi donne une déclivité de o.oooa-'94. En plaçant le fond de la dérivation sur la ligne passant par ces deux points extrêmes, il aurait fallu, d'une part, s'enfoncer davantage dans le terrain, et de l'autre, vu la moindre déclivité, augmenter Taire de la section transversale pour débiter les a5 mètres cubes d'eau par seconde. Les déterminations précédentes sont plus

Largeurs du trapèze supérieur

Largeurs du trapèze inférieur ou de la cunette

SECTION IV. CHAPITRE X. :^a5

avantageuses à tous égards; mais elles exigeront que Ton pratique, à Fextrëmité de la quatrième ligne de pente du canal occidental , une double chute, dont un des versants, précédemment déterminé, établira la communication entre la quatrième et la cinquième ligne de pente , l'autre versant servant à jeter les eaux dans la dérivation. Pour calculer la hauteur, au-dessus du niveau de la mer, du point inférieur de ce dernier versant, ou du fond de la dérivation à son origine, on a:

Pente totale de la dérivation = le produite de la déclivité par la longueur = 0,0006187 X 4800" = a'^^go.

Hauteur, au-dessus de la mer, du fond de la dérivation à son

extrémité inférieure 5,890.

Hauteur, au-dessus de la mer , du fond de la dérivation à son

origine supérieure 8 , 38o.

Hauteur, au-dessus du niveau de la mer, du fond de la quatrième ligne de pente à son extrémité inférieure i î ,378.

Hauteur de la chute latérale établissant la communication entre le canal occidental des eaux supérieures et la dérivation. . 2^998

La hauteur de la chiite directe de la quatrième à la cinquième ligne de pente , est ' ^ 4*387,

Ainsi le fond de la dérivation est, au-dessus du fond du canal creusé sur la cinquième ligne de pente, aux origines respectives , de 1 , 389.

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